DE I>£ND£R4H
deux fois, Tuue dans sa position astronomique^ Vautre conrnie Femblénie d'un phéaomèae avec lequel il se trouvait lié alors. La position astrono-* mique est facile à découvrir: pour nous , et ne peut même nous offrir aucun sujet d'hésitation. Car nous n'avons qu'à déterminer par le calcul l'ascension droite et la déclix^ison de Syrius ponr l'é* pdque de 700 ans avant l'ère chrétienne; et, en portant ces coordonnées sur notre projection, à partir de l'équinoxe vrai dont la situation nous est connue, cette opération nous donnera directement, in&illiblemient la position précise à laquelle Syrius , doit répondre. Seulement ici, comme nous l'a* vions prévu en cherchant les emblèmes des deux Ourses, nous devrons être conduits par le calcul à quelque emblème remarquable à caasie de l'importance de Tartre qui sy rapportera. £t cette condition que nous devons admettre comme pres^ que indispensablement nécessaire , deviendra aussi ^ étant satis&ite , une confirmation décisive , éclatante , de ia vérité , de la précision de nos calculs, (k" , elle se trouve en effet remplie , et de la manière la plus complète; car, Tascension droite calculée de Syrius, amène cet astre dans un emblème isolé, inoccupé, dont la fic^rme, la situation. Us rapports avec tout le reste du monument ^.sont i^lemeot remarquables. Elle l'amène dans l'axe étroit d'une longue tige de lotus surmontée d'un épervier , 6)^Eabole connu de la divinité ^ de l'éolait, de Ifi puissance. Et ce lotus n'a pas uxm position
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vulgaire : il est situé sur Tun des axes principaux du monument , précisément sur celui de ces axes qui était parallèle au grand axe du temple et dirigé suivant sa longueur; toutes circonstances spéciales, singulières, qui, ainsi qu'on le verra tout à rheuré , étaient liées aux relations qui exis^laient alors entre l'orientation de cet édifice , sa latitude, et la position absolue dé Syrius dans le ciel.
Ce résultat est trop saillant par lui-même, il est trop fécond dans les conséquences qui en dérivent , siurtout il ofiîpe une dissemblance trop tranchée avec toutes les opinions jusqu'à présent émises ou annoncées relativeuieïit au zo^ diaque circulaire, pour que je n'aie pas cru devoir l'établir avec une recherche particulière de certitude. Pour cela ayant calculé, comme je l'ai dit, l'ascension droite de Syrius, et sa distance polaire, pour l'an 700 avant l'ère chrétienne, je n'ai plus porté directement sur la projectioû la pre^ mière de ces coordonnés; mais j'ai pris séparément ses différences avec lés ascensions droite^ calculées de toutes les étoiles que notre monument indiquait d'xme manière spéciale, en exceptant toutefois Fomalhaut que nous avons vu donner un écart propre d'un ordre sensiblement plus élevé que les autres ; et j'ai appliqué ces différences^ à chaque étoile , à partir de la position particulière qu'elle avait sur le monument J'ai obtenu ainsi autant de déterminations particU-
DE DENDfiRAH. lO^
lières du lieu qu'il fallait donner à Syrius; et^ comme elles s'écartaient, toutes fort peu de l'axe du lotus indiqué par son ascension droite absolue., j'ai formé seulement le tablieau de ces écarts par-: tiels, où les quantités prises positivement doivent être considérées comme additives à l'ascension droite de cet axe désigné par L.
Par AtJMurus L + i*5a' 27*
Antarès — i 18 46
P Pégase -+- 1 II o
V) Pléiade — i 34 17
Aldebaran — 1 47 !ia
iloyenne. L «^ 0^19' a6*
L'accord de ces évaluations est ûrop frappant pour qu'il soit besoin de le faire remarquer. On voit que la moyenne entre elles toutes ^ place Syrius presque exactement dans l'axe du lotus dont nous avons parlé ; mais cependant à une ascei^* ^ion droite moindre de o** 19' 26"; ce qui le met un peu à côté de cet axe, à peu près comme il est %uré dans la projection qui est sous les yeux d^ l'Académie. Ce petit écart: peut être dû >ea partie aux mouvem^ns propres; il peut dépendre aussi., et vraisemblablement bien davantage, des erreurs de tout genre, tant d'observation , que démesure ^ qui entrent dans nos détermiiiations.
Tel est donc le lieu réel , le lieu astronomique de Syrius sur notre monumei^t. Mais cet astre s-y trouve encore indiqué d'une^ autre manière
loi SUR LE ZODIAQLTÎ CÎBCIJLAIRE
pitrement. emblématique. On s'accorde généra» lement à le reconnaître dans une grosse étoile sculptée, placée au dessus de la tête d'une vache couchée dans un bateau , sur le prolongement du rayon mené du centre à la figure emblématique qui remplace le Cancer. Cette interprétation a. pour elle toutes les vraisemblances : car , la vache, selon le témoignage de Plutarque, est Fembléme ordinaire d'Isis, à laquejle Syrius était consacré. De plus, cette vache est ici figurée couchée dans un bateau ^ ce qui, au rapport du même historien , était un mode fréquemment usité chez les Egyptiens , pour la représentatioa des divinités. Elle se trouve donc ici comme déesse caractéristique de l'étoile qu'elle accompagna, et qui, par conséquent, doit être Syrius. Maïs, d'après ce qui vient d'être démontré tout à l'heure, Syrius ne pouvait se trouver astronomiquement à cette pkce , puisque les lois de la projection , et même le plus simple examen de ses rapports réels de position avec les autres astres , forcent de le placer ailleurs. Il ne peut donc avoir été mar* que ici que comme un emblème; c'est-à-dire, tcomme l'indice sensible de quelque usage ou de quelque phénomène astronomique que l'on avait l'intention de désigner. Or, le mode de construction du monument, et même son simple aspect, nons montrent que tout y est rapporté par rayonnement an centre du médaillon circulaire. C'est donc sur le rayon mené au centre , par conséquent
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dans l'alignement de la figure emblématique substituée au Cancer y qu'il faut chercher le rapport dant il s'agit. La projection , ou plutôt le calcul plus exact qu'elle , limite encorj^ cette recherche d'une manière plus précise. Car, tous deux s's^ccordent à montrer que le rayon qui contient la gi^osse étoile sculptée contient aussi ^ du Cancer. Conséquemment, si le motif qui a fait rappeler ' Syrius sur la direction de ce rayon est astronomique , il fallait qu'il existât quelque relation singulière entre cet astre et p du Cancer. Or^ il en existait en effet une très remarquable. C'est que ,.700/ ans avant l'ère chrétienne, et sôus la latitude précise de 5i6® 8' 36" boréale, qui, selon les obsenrattons de Nouet, est celle du temple de Denderah, Syrius se levait avec les étoiles du Cancer, où se trouvait alors le solstice d'été; et même il se levait précisément avec cette même étoile ^ du Cancer, que la projection vient mettre ici juste devant son emblème. La coïncidence est si parfaite qu'on ne trouve pas 4' àe différence sur la longitude des points orient de l'écliptique correspondaixts aux deux astres, en tenant compte de la réfraction horizontale qu'ils subissent , car celte longitude est 92^ 2 5a" pour Syrius et 91^ . 58' 59'' pour p du cancer. La représentation emblématique de Syrius sur l'alignement de ^ du Cancer, était donc un moyen ti^s-simple de rappeler, à l'esprit et au yeux , la partie dé l'écliptique où le solstice d'été se trcmvajyt alors^ et avec laquelle
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«;e levait Syria^. On sait, par une foulede docuraeiïs littéraires, que les anciens astronoipes faisaient un fréquent usage dés levers simultanés, pour indiquer les points de l'écliptique qu'ils voulaient désigner spétialement à l'attention ; et cette indication, toute imparfaite qu'elle doit nous paraître , était encore un des meilleiirs moyens qu'ils 'pussent prendre pour suppléer à l'ignorance du calcul trigonométrique , et au manque de procédés exacts pour mesurer le temps. D'après la précision singulière avec laquelle nous trouvons ici Tembléme de Syrius placé sur notre monument près div solstice , il paraîtrait que les astronomes qui ont tracé ce tableau céleste ont iau , avec une habileté peu commune , faire usage de ce procéd^. On trouve aussi, dans le ciel d'alors, un autre phénomène de position qui pouvait leur être fort ^ Utile , et qui suffisait bien sans doute pour motive^ la spécialité de désignation qu'ils avaient donnée au' quadrilatère du Dauphin , en le faisant porter par une figure rnontée sur le dos du Capricorne* Sous la latitude de Dendérah , 700 ans avant l'ère chrétienne, le quadrilatère du Dauphin montait sur l'horizon uii peu avant les premières étoiles de la tête du Capricorne; et, à cet instant les points équinoxiaux étaient dans le méridien, au nîilieu du ciel, les points solsticiaux de l'équateùr étaiit dans rhorizori. La différence est seulement de 3' 9' S*' en ascension droite, pour a du Dauphin, en ayant égard à la réfraction horizontale. Or on sait
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que la connaissance du cercle horaire actuel sur lequel lés points solsticiaux ou équinoxiaux se trouvent , est un élément indispensable pour déterminer la situation de Técliptique sur l'horizon, à une époque quelconque de la révolution diurne, et. pour connaître les astres qui se lèvent* et se couclient alors. L'indication du quadrilatère du Dau* phin était donc parfaitement convenable pour faciliter ces détermipations qui servaient de base à^ toutes les applications scientifiques , religieuses ou astrologiques de l'astronomie ancienne.
Un ^autre élément non .moins essentiel chez les anciens, pour les usages astronomiques , c'était la connaissance de l'instant où les points équinoxiaux étaient dans l'horizon , et les points solsticiaux dans le méridien. On trouve sur le monument de Denderah, un signe placé précisément ^e manière à donner aussi cette indication ini^ portante. J'ai dit que , dans la partie du médaillon où l'équinoxe du printeinps se trouve placé en ascen^on droite, on voyait deux figures symboliques qui, n'ayant point ailleurs d'analogues, Remblaient devoir se rapporter à ce phénomène* Le colure des équinoxes passe précisément au milieu de ces deux figures ; et l'on ne trouve d'ailleurs, sur s^ direction au bord du médaillon, aucun indice ou emblème remarquable : mais , tout auprès, à cinq degrés plus à l'occident en ascension droite , le bord du médaillon préseriïe un petit Harpocrate sortant d'une fleur de lotus ,
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et ayant , au-dessus de sa tête, une étoile sculptée accompagnée d^une expression hiéroglyphique.
Or , sur le même rayon mené de ce symbole au centre, et dans Tintérieur d'une des denx figures, la projection calculée place « du lien des Poissons , que les anciens mentionnent souvent dans leurs pronostics. Maintenant, Plutarque , dans le traité d'Isis et d'Osiris, nous apprend que les Égyptiens avaient coutume de repr^penter le soleil levant et naissant par lemblême d'un enfant sortant d'une fleur de lotus , et il répète la même indication dans le traité des oracles de la Pythie (i). Ceci nous conduit donc à chercher s'il n'aurait pas existé alors quelque relation entre a du lien et le lever du soleil , à l'époque de l'équiiioxe du printemps. En efFet , le calcul montre que , sous la latitude de Denderah, 700 ans avant l'ère chrétienne , « du lien , affecté de la réfiraction , se levait avec le point de l'écliptique qui avait 2^ i4' 29" de longitude ; de sorje que son apparition sur l'horizon donnait une indication fort approchée de la position du point équinoxial oà le soleil semblait renaître. Et, quant à ce que j'ai dit plus haut,
(1) Plutarque, Traité d*Isis et d'Osiris, xi. Traité ties grades de là Pythie. Plut. Reiske y tom. tu, p. S74- L'appUca-* Uon emblématique du lotus dont il est question ici, était probablement fondée sur ce que les Égyptiens croyaient que la fleur de cette plante s'élève au-dessus de la surface des eaux au lever du soleil , et s'y plpnge à son coucher. Plin., lib. a;iit , ]f>ar. XXXII.
DE DEKMBAir. lO^
que les anciens employaient ot du lien pour des désignations de ce genre , Geminus va y répondre pour moi; car, dans son calendrier, que Ton sait être un recueil de toutes sortes de traditions astronomiques plus anciennes , on trouve au signe du Bélier ces paroles: « Le soleil parcourt le Bélier « en 3i jours. Le premier, suivant Calippe, lever « du nœud des^oissons i équinoxe du printemps.» À la vérité Geminus ne dit pas à quelle latitude et à quelle époque se rapportait cette indication de Calippe , qui vivait encore 3oo ans avant l'ère chrétienne. Mais , quoi qu'il en soit , cette citation suffit pour attester l'emploi que j'ai supposé.
Après avoir tiré du monument , sous le rapport astronomique , tout ce qui paraissait s'offrir avec te plus d'évidence 9 il nous reste à considérer la position qu'on lui avait donnée dans le temple où il était placé , et à chérclier quelles relations elle pouvait avoir avec sa construction* Or, on en découvre de très-frappantes. En effet, d'après les plans publiés dans le grand ouvrage sur TÉgypte , Taxe longitudinal de cet édifice différait de la méridienne exacte , et son extrémité bcnréale s'en écartait, vers l'est, d'environ 17*. Le zodiaque circulaire était sculpté au plafond d une salie recf angulaire , dont les patois étaient parallèles aux murs extérieurs du temple. Il était dirigé de manière que la longueur de la tige du lotus où Syrius se trouve en^positibn astronomique, était parallèle à la longueur dé cet édifice, la base
(de la tige ét^nt tournée vers la paroi boréale. Dans cette situation, qu'il faut se représenter en ren-» versant, le dessin , ou comme on le verrait en le regardant à l'envers à travers l'épaisseur du papier; les têtes de toutes les figures se trouvaient tour^ nées dans le sens du mouvement diurne. De plus; ]e point solsticial vrai se trouvait ainsi dirigé au vrai nord. Car, l'ascension droite de Syrius, relatir vementitféquinoxe vrai, 700 ans avant l'ère chtér tiennev était Ji^^i' 49", ce qui donne 18® î>8' 11'pour sa distance au colure des solstices. Or , dans la situation assignée au tableau , la tige de lotus , ou plutôt le rayon sur lequel se trouvait Syrius^ déviait à l'est du point boréal de l'horizon , comme en déviait l'axe du temple ,c'est7à-dire,. de 17% Mais ^ en vertu de la distance aQgulaii*e.de7Syrius au solstice 9 le rayon solsticial se trouvait ramené vers l'ouest d'une quantitl^ égale à cette même distunce, ç'est-à-îdire , de lÔ^aS' i i'\ Il s'écartait donc «duvrainordde 18^28' ïi" — 17% oadei'2«'3i" yers l'ouest; en supposant toutefois la déviation du temj^ exactement de #7®, telle que les planches gavées la donnent. Mais, si ce relèvement a été fait à k: boussdie, comme semble l'indiquer là double désignation qu'on y troumdu nord vrai et du nord magnétique (i), il se pourrait que la valeur de là déviation, ainsi déterminée, corn-
(i) Ort m'a depuis assuré^qu-èci cfïet o'étût aiasi que ce relèvement avait été exécuté.
DE DElfDERAH. lOC)
portât quelque incertitude, et queTerreuF se par* tageât entre elle et le monument. Au reste, mémo ^t^n Tattribuant tout entière à celui-ci , elle pa-j raitra , sans doute , bien petite pour des déter^ minations graphiques aussi compliquées , et déf pendantes de tant d'élémens d'une observation diffîtiile. Le point solsticial d'été étant ainsi toumd au vrai nord , Téquinoxe du printemps^e trounaît "d l'est , ainsi que le petit Harpocrate sortant d'unf fleur de lotus , lequel , au rappoï*t dé Plutarque i désignait le soleil levant ; et,, par une conséqueuo^ nécessaire, le point solsticial d'hiver répondait ait sud, l'équinoxe d'autonine à l'ouest. Le. monii* ment offrait ainsi l'image et la pQyjdon de la «phère céleste à l'instant où les quatre grandes "divisions de' l'écliptique étaient dirigées vers les quatre points cardinaux. £t le. sens dans lequel toutes les figures étaient circulairemeut tournée^ marquait la direction du mouvement général , du mouvement diurne , par lequel elles allaient siç suivr<e et se succéder à l'horizon. '
La construction du ja^onument , sa . ait wlioii !, la direction qu'on lui avait donnée , se trouvaient ainsi industrieusem^it appropriées .àla. déviation du temple , xçlativement a là ligne méridienne. Mais cette déviation même o£fre , avec la position astronomique de Syrius à cette époque , une te^ lation bien remarquable. Car, sous la: latitude dé a6® 8' 36*^*, 700 ans av£^t fève chrétienne, le calcul montre que Syrius, affecté de la réfraction,
IIO SUR LE XOPIAQUIS CIRCULAIRE
avait une amplitude ortive égale à rog'^aS' aS" comptée du point du nord , ce aui placerait le point de son lever à 19** a3' 28", au sud du point orient véritable, par conséquent exactement ou presque exactement, dans la direction horizontale, suivant laquelle les parois sud. et nord du temple étaient tournées. On pouvait donc , avec la plus grande facilité, trouver Syrius k spn lever et l'observer à cet instant, en s'alignant sur la di^ rection horizontale dç ces parois transversales, comme M. Delambre a siipposé que les Égyptiens avaient pu s'aligner sur la direction horiacontale des bases des pyramides, pour observer les ampli* tudes soit ortives, soit occases du soleil au sol* stice et en conclure la longueur de l'année (f). £t même, ce n'était pas seulement Syrius qui pou- ^vait, à Denderah, s'observer de cette manière: on avait le même avantage p6ur Antarès qui ayant une distance polaire de io6^a4'56'\ par conséquent presque égale à celle de Syriusr, se levait aussi dans une amplitude presque égale , savoirà i8^4''^"ausadduvrai point est; et, par une rencontre qui serait bien extracnrdinairesi elle était fortuite, Sheat, cette autre étoile spéciale-
(1) On a objecté, contre ce vode d'observation, que les parois extérieures des temples égyptiens ne sont pas vertijcales. Mais il est évident que leur inclinaison n'altère point' le sens hotizontal suivant lequel elles se dirigent; par conséquent n'empécbe pas de s'aligner sur elles ponr observer le point de l'horizon situé sur leur prolongeftient.
DE DEJTDERAH. III
ment désignée sur le monument, dans Tintérieur de Fanneau zodiacal, se trouvait à son coucher, dans la direction exacte de ces mêmes miœailles ; puisqu'ayant 74°5o'57" de distance polaire, elle avait une amplitude occase de 'jt? ^'j' ^o" ; de sorte qu'elle se couchait à 17^ la'ao'' au nord du vrai point ouest. Ce qui appuie encore Tidée que ce n'était pas sans intention que la direction du temple de Denderah avait été vainsi tracée , c'est qu'elle a été répétée en un sens précisément inverse , dans un autre temple situé au nord d'Esné , à une si petite distance de Denderah , en latitude , que l'aspect de la sphère céleste y devait paraître tout-à-fait le même, aux observateurs de cette époque. Car , ce temple , dont le portique se trouva.it , comme celui de Denderah , orné d'un zodiaque rectangulaire , avait aussi sa façade déviée vers l'est, mais d'une quantité beaucoup plus considérable, puisqu'elle allait à 71^ Or, 71^ étant le complément de 1 9^, on voit que les parois longitudinales de ce second temple étaient exactement alignées sur le lever de Sheat, et sur le coucher d'Antarès et de Syrius. Si donc on était assuré que les deux temples eussent réellement existé à l'époque reculée que représente le zodiaque circulaire ; si de plus on supposait que les prêtres égyptiens eussent été alors assez instruits pour profiter des avantages que leur offraient les directions de ces édifices ; on concevrait qu'ils auraient pu , même en assez peu d'années , reoai;!-
lia S(JB LE ZODIAQUE CIRCULAIRE
naître que les points du lever et du coucher des diverses étoiles , changeaient de place sur Thorizon, et ne répondaient plus, après un certain temps, au même alignement terrestre. Ils auraient v donc pu constater ainsi le déplacement général et progressif de, la sphère céleste , relati* vement à fe ligne méridienne ; c'est-à-dire, l'effet le plus apparent de la précession des équinoxes. Mais ces résultats' qui leur étaient immédiatement offerts par l'aspect du ciel , étaient les seuls qu'ils pussent ainsi reconnaître. Car, pour la loi même , la loi abstraite et trigonométrique de la précession , consistant en un mouvement général de toute la sphère céleste autour de l'axe de l'éçliptique , sa découverte était d'un tout autre ordre. Elle exigeait des connaissances de calcul , et de trigonométrie sphérique , auxquelles des siècles d'observations pareilles ne pouvaient suppléer , et dont on ne voit alors aucune trace ; elle exigeait des déterminations numériques excessivement précises; et, par-dessus tout , un effort intellectuel, qui ne pouvait être fait que par un de ces rares génies , dont l'apparition fortuite ne se règle pas sur la longueur du temps écoulé. Ainsi une telle découverte est réellement elle-même un phénomène scientifique dont l'histoire littéraire peut seule nous apprendre la date, et que la. contemplation du ciel , si long-temps prolongée qu'on la suppose, ne suffit nullement pour faire conjecturer. Ceci est une distinction qui n'a peut-être