‹ Recherches sur plusieurs points de l'astronomie égyptienneChapitre 27 sur 33 · ND£RAH · texte numérisé non relu

ND£RAH

pas été assez considérée par les personnes qui 0^t voalu attribuer aux prêtres égyptiens une astronomie très^avancée comme science , parce que Faspect des astres était , depuis uqe trèsibaute antiquité , \\n des objets constant de leur atten* tion. Voir et connaître sont deux opérations qu^ se succèdent, mais qui u'o^t ei^tre elles aucune relation fixe de temps,

Après avoir tiré du moniiment les indications astronomiques qui semblent les plus susceptibles d'évaluation précise, il peut encore être utile de signaler certains rapports , spit de position ,r9oit de direction qui s'qbsîeFvent dans les spulptures, amsi que dans les légendes hiéroglyphiques .qui l'environnent. Car ces rapports se trouvent précir sèment àppartepir aux points du monument que UK^vis avons reconnus comme indiquant des épor ques reQ)a?quab}es de la péi^iode annuelle.

Pour les saisir il faut d'abord faire attention que les douze figures placées autour du médailloii circulaire, et qui semblent soutenir le dévelppr pement de la sphère céleste, sont évidemxi^ent disposées d'une manière symétrique. I^s huit hommes SQUt distribués par couples aux extréfni* tés des quatre rayons qui forment les a^es.prinoipaux du monument. Les quatre femmes • sont intermédiaires , et leur corps . est dirigé suivant les- diagons^es du carré circouscrit au médaillon*

A'.GÔié de chacune de oes quatre femmes-, dans la portion du carré comprise entre leur corps et

Il4 ^DK LE -ZODIAQUE CIRCULAIRE

Taxe du médaillon vers lequel leur visage est tourné , on voit quatre légendes hiéroglyphiques 'sculptées, chacune composée de plusieurs comparlimens , séparés les uns des autres par des lignes sculptées sensiblement parallèles entre elles. Une seule de ces légendes a trois compartimehs , toutes lès autres en ont quatre. Les légendes opposées diagonalement n'ont aucune de leurs lignes dirigée suivant un même diamètre. Seulement ces lignes sont toutes parallèles à l'une des deux dia* gonales menées par les angles du carré circonscârit ; ^'où il suit qu'elles forment toutes , avec les axes du monument, des angles égaux entre eux, dont la valeur est 45"*. Toutefois, comme aucune d'elles ne coïncide avec les diagonales , il s'ensuit que lorsqu'on les prolonge , celleis qui sont du même nang ne se coupent pas au centre du médaillon. Par exemple, si l'on prolonge toutes celles qui sont les plus longues , dans chaque légende , elles isoleront , autour du centre , un carré parfait qui contiendra justement et précisément les deux Ourses.

D'après ces rapports de position , les légendes situées entre les figures de femme qui se régartlent , 'doivent , très-probablement , être envisagées comme correspondantes aux mêmes objets , ou au moins à des objets situés du même côté du diamètM trâiàsversal , mené de la Yi^ge à Cassiopée.

Nous ne parlons jusqu'ici que des quatre légendes extérieures. Mais , au-dessus des deux lé-

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grades parallèles à la diagonale voisine d^ soU titices ^ il y a deux légendes d'une dimension moindre ^ situées dans une zone circulaire plus in^ térieure que les grandes. Chacune de ces petites légendes est composée d'une «seule bande , com-r prise entre deux lignes sculptées qui , dan$ chaque légende, soat paraQèles lune à l'autre, maïs dont la direction absolue » dans les deux légendes , est ibrt diverse,

Dans la légende située du coté du solstice d'été , ces deux lignes .sont presque parallèles à ceUes de la grande légende, H leur prolongement embrasse ;» d'une p^t^ la tête de la vache lais; de l'autre, l'épervier placé sur la tige de lotus où Syrûjii se projette. Leur diredion semble donc indiquer que la petite légende se rapporte à cett^ partie du tableau où fiyrius, ainsi que le solstice d'été ^ se trouvent ccrniprîs.

Dans la légende située du coté du solstice d'fai* ver, les lignes font un angle de la ou i3^ avec la direction générale des lignes de la grande légende. Leur prc^ongement va couper le colure des solstices dans le corps du C^ricorne , dont ^Ues embrassent ta^o la partie solsticiale. Elles sembla:it' aîasî indiquer que c'est à ce sign^ que se rapporte la petite légende que nous codsadàrons.

Ainsi donc par les simples considérati0«^ de cHreolion et de fome , auxquelles nous aommes auUrainls de boqs borner ea exâmins^t d» sifnies que nous ne pouvons plus interpréter « des

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légendes que nous ne savons point lire, nous sommes encore nécessairement ramenés à reconnaître rimportance des points auxqueb ils se rapportent, et que le calcul. nous avait indiqués comme signalant les époques les plus remarquables «de l'année solaire.

Il nous reste enfin à signaler deux caractères particuliers qui se trouvent hors du . médaillon , mais près de son bord , dans la zone circulaire qui Tenvironne. Ces caractères sont tous les deux placés à l'occident des solstices , précisément à une distance angulaire de: 4 5^ de ces points et des équinoxes. Us se trouvent ainsi aux deuxex'trémités d'un même diamètre du médaillon circu-* laire ; l'un , sous les pieds d'Orion , devant la portion du bord où l'on. voit la grosse étoile sculptée que nous présumons représenter Achamar > la brillante du fleuve ; l'autre , devant la portion de ce même bord , où l'on voit une espèce d'autel surmonté d'une tête de porc. La forme de ces deux caractères, sans être tout-à-fait pareille, offre de l'analogie. Tous, deux sont allongés vers le mé»daillon , comme pourraient être > des . indices en forme de flèche dans nos dessins modernes. Toutefois il est essentiel de remarquer qu'ils ne sont , ni l'un ni l'autre, dirigés exactement vers le centre du médaillon circulaire , comme , les vreprésente la gravure ' publiée par la Commi3sipn ; d'£g}^pte^ X*€urs axes de figure prolongés vont , autaintqilL'on) en peut juger, aboutir aux deux Ourses^ l'un k

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I^extréInité du timon de la petite , au bout du museau du petit Chacal; l'autre, au carré de It grande>, àuï^ie signe hiéroglyphique qui s*y trouve placé ;' précisément comme il le faudrait pour les pousser^ suivant le sens de leur rotation diurne. Rien ne serait en eÉfet plus naturel que d'avoir indiqué ce setis par de pareils emblèmes , puisque c'est ainisi que nous-niémes nous employons les flèches sur nos cartes; et cela serait sui^tout conforme aux idées que les anciens se faisaient , au f^)port dfe Plutàrque , sur l'existence des tourbillons ' circulaires » par lesquels ils supposaient que la ' sphère céleste était entraînée. Quelque plausible qufe cette interprétation puisse nous paraître, nous ne la donnons ici que comme une conjecturé ; car les signes don t il s'agit se trouvant , par leur position , hors de la sphère célesle , semblent échapper à toute épreuve astronomique rigoureuse. Mais, par cela même ^ les détails que nous avons donnés sur leur position et leur direction réelles, deviennent plus nécessaires à remarquer , et à conserver , dans les significations qu'on peut vouloir letu: attribuer, puisque ce sont là les "seules conditions certaines qu'ils présentent. Par l- ensemble de tous lès caractères que nous venons de reconnaître , le zodiaque circulaire de Denderah , nous parait être un monument* sur lequel des positions astronomiques précises sont exprimées ^conformément aux règles d'une géo-^ toélrie exacte, av^c l'intentian fonhelle'de dési-

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giier spécialement certains phénomènes remar* quables de i^année solaire et de la révolatioii diurne du ciel, tels qu'ils s'opéraient environ 700 ans avant Tère chrétienne dans le lieu où ce monument était placé. Mais quel était son but! était-il purement astronomique et servait-il à di^ tiget les observations des prêtres ? ou était^il astrologique et servait-il à tirer les horoscopes en quoi ces prêtres avaient la réputation d'être fort habiles ? ou enfin exprimait^il seulement l'état du ciel à l'époque de quelque circonstance ménKK rable? voilà ce que la seule étude astronomique et géométrique du monument ne permet pas de décider , du moins quand on ne peut j retrouver que des positions d'étoiles. On irait évidemment beaucoup phis loin si l'on parvenait à y recon* naître des positions de la lune ou des planètes ^ parce que les mouvemens de ces astres ^ incom^» parablement plus rapides que les changeraens de longitude relatifs , produits par la précession ^ donneraient nécessairement une date beaucoup plus précise. C'est maintenant aux archéologes à nous découvrir ces caractères. Nous nous borne» rons ici à faire remarquer que ^ si le monument est seulement relatif à une circonstance astrono-^ miqne ou historique mémorable ^ il en est deux correspondantes à l'époque qu'il désigne^ et qui auraient bien pu, même long^^temps après cette époque , sembler dignes d'être ainsi retracées ! l'une est la fondation de Rome , 764 ans avant

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Vère chrétienne , l'autre , l'origine des années de Nabonassari 747 ans avant cette méme>ère. Car^ pourquoi Tune ou l'autre de ces époques u'aurait-elle pas pu devenir le sujet d'un tableau astronomique , même au temps des empereu|rs ?

Si Ton considère que toifs les résultats auxquels nous venons de parvenir successivemeirt: ^ ont ét4 numériquement déduits de deux mesures de dû^ tances; qu'aucune autre donnée tirée du monu* ment ji'est entrée dans nos calculs ; et quç^ néan* moins , ces deux distances astronomiquement combinées, ont suffi pour reconstruire tout le monument que nous examinons; pour le faire coïncider avec le ciel , dans son ensemble comme dans ses détails; pour donner des applications astronomiques importantes à tous les points qui s'y trouvent signalés par des marques d'indication spéciale ; pour assigner un but rationnel à ceu^^ de;^ epablémes inconnus qu'il renferme, dont la signification peut se lier à des pbénoinènes astronomiques; pour rendre raison de sa situation, de sa direction dans l'édifice où il était placé; enfin pour expliquer ses rapports avec la déviation même de cet édifice , relativement à la ligne méridienne; tout cela en nombres, et avec un degré de précision que l'on n'aurait vraisemblablement guère supposé possible ; sans cepen* dant avoir besoin d'attribuer aux inventeurs autre chose que les procédés d'observation les plus simples, et les seules notions d'une science pra-

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tique qui pouvait être' encore théoriquement trèsbornée; oh jugera, peut^tre, qu'un pai^eil enseinble d'inducitions, de preuves et de vérifications numériques , qui se suivent et s'appuient les unes les autres ^ suffit pour établir que nous ne nous sommes pas égaré en interprétant ce vieux monument. Et si, comme tout deVait le^faire pi'ésumei', cette interprétation ne peut ajouter rien aux procédés incomparabiemeiit plus parfaits des sciences modernes, elle pourra du moins faire mieux connaître Tétât de Tàstrononiie dans les temps lés plus reculés où elle nous apparaisse; die nous indiquera quelqueis-uns de ces premiers essais par lesquels Fesprit humain a dû passer et îs'arréter long-temps, avant d'avoir atteint les notions sublimes auxquelles la science du calcul lui a ddnné le moyen de s'élever; et, souà ce rappoî't, elle pburra encore nous être utile à nous mêmes ^ eu nous montrant , d'une manière plus positive ^ ce qu'il faut raisonnablement accorder, ce qu'il faut refuser aux anciens.

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