‹ Recherches sur plusieurs points de l'astronomie égyptienneChapitre 29 sur 33 · II · texte numérisé non relu

II

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a sent le nombre entier de jours que contient « l'année. » Or, si un astronome aussi habile et d'un aussi grand génie qu'Hipparque , a mis tant de soin à constater cette petite différence, et a eu tant d'efforts à faire pour en déterminer une valeur qui n'est pas même encore tout -à-fait exacte; si, de son temps, l'excès du quart de jour était le seul connu et employé par les mathématiciens , c'est-à-dire par les savans les plus spécialement appliqués à ce genre de recherche ; si , ensuite, après Hipparque, Ptolémée,, égyptien de naissance, et placé au milieu de toutes les richesses littéraires d'Alexandrie, n'a trouvé rien de plus parfait à citer sur cet objet que le travail de ce. grand astronome; ne doit-on pas en conclure, avec une vraisemblance excessive , ce que d'ailleurs Ptolémée nous apprend lui-même , savoir : que la différence dont il s'agit n'avait j'amais été déterminée jusqu'alors, et que les astronomes les plus savants de cette époque ne connaissaient pas de période tropique plus parfaite que 365 jours { ? Mais , même , ce n'était pas seulement ce résultat plus parfait qui devait leur manquer , c'était jusqu'aux élémens sur lesquels il se fonde. En effet , si l'on songe à l'intérêt qu'il y avait, pour Ptolémée , comme pour Hipparque , à découvrir des observations de solstices ou d'équinoxes plus anciennes, et surtout plus précises que celles de Méton et d'Euctémon , d'Aristylle, et de Timocaris , dont Hipparque fut cependant réduit à faire

DE DENDERAH. iOJ

usage, peut -on supposer que l'un et l'autre n'aient pas fait toutes les recherches imaginables pour s'en procurer? Et puisque Ptolémée surtout éiait à la source même de toutes les connaissances égyptiennes, s'il n'y a puisé aucune ancienne observation de ce genre , ni aucune notion numérique qui méritât d'être mentionnée, n'en résulte-t-il pas la présomption la plus forte , la plus évidente, qu'il n'existait rien de pareil chez les prêtres d'Egypte, dont il avçiit les mémoiriBS ; et que , tout au plus , leur science allait jusqu'à connaître et appliquer , pour leurs calculs secrets, l'approximation commune de 365 jours ^-? Quoi qu'il en soit, on ne peut dire qu'il y ait, dans Ptolémée , le moindre vestige d'une période de cette espèce, appliquée à autre chose qu'à l'année tropique : et l'on n'y trouve j non plus , aucune trace quelconque de la grande année composée de 1461 années vagues. Il faut descendre de plus d'un siècle, après Ptolémée, pour avoir de nouveaux détails sur cette période, et pour la voir enfin liée aux levers héliaques de Syrius. Ces détails se trouvent dans Censorinus , auteur latin qui écrivait à Rome l'an 238 de l'ère chrétienne. Ils sont consignés dans une petite dissertation intitulée : de die natali , laquelle se compose de tous les lieux communs qu'un rhéteur astrologue peut débiter à son protecteur , sur un jour de naissance. Cependant , quelques indications nupiériques précises , disséminées parmi

l66 SDR LE ZODIAQUE CU1CULÂ.IRE

ces rêveries, les rendent aujom'd'hui précieuses , et leur ont valu l'honneur d'être conservées par la postérité. Après avoir exposé rapidement la réformation du calendrier romain par Jules César, Censorinus, dans son xxi® chapitre, donne la concordance du calendrier Julien, avec les formes d'années les plus usitées. Puis il ajoute (i) ; « Les « Égyptiens ont aussi diverses espèce^ d'années, « desquelles ils oi?i,t, comme nous, tenu des « registres. Telles sont celles quç l'on appelle a de Nabonassar^ parce qu'elles partent de la pre- « mière année du règne de ce prince. L'année <c actuelle en est la gSô*'. Telles sont encore les anic nées de Philippe , qui se comptent de la mort « d'Alexandre-le-Grand, et qui, prises jusqu'à Tance née aj3tuelle, sont au nombre de 562. Les com- « mencemen3 de ces deux espèces d'années , se « placent toujours au premier jour du mois qqe « les Egytiens appellent Thot; jour qui s'est trouvé « cette année le septième avant les calendes de cf juillet ; et il y a cent ans^ sous le consulat d'An- « tbnin fte et de Bruttius Prœsens , ce même prei<, mier jour de Thot s'est trouvé le i2« avant les « calçndes d'août , époque à laquelle la canicule « se lève habituellement poui; l'Egypte. » Ce premier passage ne nous fournit aucun renseignement réellenient nouveau sur les années égyptiennes ; car nous savons déjà par Ptolémée que celles de Nabonassar et de Philippe sont des ann^çs

(i) Censormus , rfe die natali , cliap. xxi.

D% peivdsrab;. 167

va^u^çs 4^ 365 jouurs. Oa poijurr^U s^euleœ^iat inférer du récit de Censorii^us que le$ Égyptiens n'employaient pas d'autres formes de périodes. stpnueUe^ pQ\ir Iei.\rs usages. pMblic& ^ puisque celles-ci sopt les seules qu'il soientionne. Quant à la coïncidence di^ lever de la canicule ayec le jour qu'ij assigne dajQS le calendrier romai^y c'est; wie simple i^dicatioi;! physique , dont Texactitudë pourK*^, ai^séi^ent ^'apprécier par le calci^d, qua^nd on le jugera nécessaire. Mais, voici un autre passage qui se rapporte plus sj^eialement à Tobjet qui nous occupe. Jl est tiré du cfc^p. xvni. Censori^ys y parle dies périodes plus longues que les années, ordinaires , et qu'il appelle par cette râfison{les grandes aimées. Apçès avoir mentionné; le^ périodes de ce genre, usitées cb^z les Gipeçs^ la d^êtéride, la triétéride, la tétraétéride, etc., et expljiqué lei^r foçmatioa successive , è< peu pi^è^ cpmme Gen^w^us ; i,l ajoute : ce La longueui: dir « veiç^ae die ^^% grandes a,nnées vient de ce qu'il « n'est pasi eff^ore généralement reconnu parmi ce lea ^tronome^, de combien une année solaire c( excède 365 joMrs, el; combien un mois lunaire « est. plus coiwt que 3o jours. Mais le mouvement ce de: la lupe nfest poyr rien dans, la grande année « des Égypti^ena que les Grecs appellent Cynique^ « et quje nous autres Latins appelons Caniculaire^ « paifce q]ue sojjk origine se compte de l'époque « oui Vaslre de la capiicule se lève le premiei: jour Cf. du moia (]^ les Égyptiens appellienti Thot. Ca;:

l68 SUR LE ZODIAQUE GIRCUL4IRE.

« Tannée civile des Égyptiens n'a que 365 jours « sans aucune intercallation ; de sorte que quatre ff de ces années forment un intervalle moindre a d'un jour que quatre années naturelles; ce ce qui fait qu'après i46i ans, elles se trouvent « ramenées à leur origine primitive ( dans la pé- « ripde solaire annuelle ). Cette ( grande ) année tf est aussi appelée par quelques personnes Vante née héUaque^ et par d'autres \ année de dieu, »' De là Censorinus passe à l'explication des grandes périodes systématiques qui étaient supposées devoir accorder les mouvemens du soleil, de la lune , des cinq planètes , et dont l'hiver devait amener un déluge , l'été un embrasement univer- , sel. Mais , à la fin du xxi* chapitre , dont nous avons cité tout à l'heure un passage , il revient encore sur la grande année égyptienne ; et après avoir donné , comme nous l'avons dit , la date romaine du jour où le premier de Thot a coïncidé avec le lever de l'astre de la canicule en Egypte, il ajoute: « Par là on peut connaître que nous sommes « maintenant dans la centième année courante i( de cette grande année, qui, ainsi qu'il est dit « plus haut, est appelée héliaque et caniculaire, « et aussi année divine. » Ce dernier passage, rapproché du précédent , montre avec évidence que Censorinus n'attache la dénomination d'année héliaque qu'à la grande période de i46i années courantes égyptiennes de 365 jours. En outre , lorsqu'il dit que quatre de ces années courantes

1>Ê DEWDERAfl. î6g

forment un intervalle d'un jour moindre que quatre années naturelles , lesquelles doivent en conséquence contenir chacune 365 j. f , il faut savoir que par ce mot d'année naturelle , il entend toujours l'année solaire tropique , fixée par la réforme julienne à 365 j. j; car c'est ainsi qu'il s'exprime formellement dans le chapitre xx* où il traite de cette réforme. 11 prévient même à ce sujet que, lorsqu'il aura à indiquer par la suite quelque intervalle de temps , il regardera comme à propos de l'énoncer toujours en années naturelles de cette espèce ; et même , ajoute- t-il : « Si a l'origine du monde pouvait être connue , il fau- « drait y fixer l'origine de ces années.» Toutes les expressions employées par Censorinùs , se trouvant ainsi bien nettement définies et expliquées, on voit que, dans le passage cité plus haut, il ne rappelle lé lever de la canicule que comme ouvrs^nt la grande année divine, composée de i46i années vagues ; sans dire un seul mot qui' indique que le même phénomène dût servir aussi d'origine à une petite période annuelle , qui aurait été employée en Egypte pour des usages publics, de son temps ou dans des temps antérieurs. On peut même présumer avec vraisemblance , que , si un pareil usage eût existé, ou du moins si Censorinùs eût connu qu'il existait, il l'aurait spécialement indiqué ; car , après avoir donné les origines des années de Nabonassar*, de Philippe, et de la grande année caniculaire, il ajoute : «J'ai

170 SUR LEZOPIAQUE CIRCULAIRE

c( noté ^près les origines de ces diverses années , « de peur que Ton n'imaginât qu'elles commence cent aux calendes de janvier , ou à quelque aucc tre époque pareille ; car les intentions de ceux « qui les ont établies , ne sont pas moins variées <c que les opinions des philosophes. Les uns conte sidérant l'année naturelle, comme devant prence dre son origine au solstice d'hiver, d'autres au <c solstice d'été , d'autres à l'équinoxe du printemps a ou à l'équiijioxe d'automne ; quelques-uns au c( lever des Pléiades , quelques autres à leur çout « cher, et un grand nombre au lever de l'étoile ce du Chien, n Or, quand, p£q:vcii toutes ces opinions sur la manière la plus convenable ^e çom-, mencer l'a^néç , Censorinus n'omet pas celle qi^i en mettrait l'origine au lever de la canicule, peloton croire, que , s'il eût existé anciennement çn. Egypte ijine année agricole publique , dont Ifi cpm* mencement aurait été fixé ainsi, au lever héliaque de Syrius , il n'en eût pas fait ai^ssi u^e mention spéciale , surtout lorsqu'il indique avec di^ta^ les diverses espèces de périodes autrefois, usitées dana cette contrée, qu'il en marque soign^eusement les origines diverses , et qu'il rapporte méi^e Vune d'elles, celle de la grande année divinjç, au, lever â^ l'astre du Chien? Une telle oijuission. a évidemment toutes les vraisemblances.contre elle; et il est bien plus naturel de conclure du silence de Çensoriniis sur cet ajiiicle , .comice, dç cçlui 4^, Géq^i^s., que , s'ils n'ont rien dit d'une telle péariode an,-

nuelle, c'est qu'il n'çp existait pas. d^ telle ^ à leur connaissance , dans Içs coptrées dont ils parlaient. Ayant ainsi limité le témoignage de Cen^rinu& à la grande période de 1461 années vagues, la seule à laquelle il ^'appliquç, cherchoas à vérifier la concordance qu'il étajplit entre son origine et le lever héliaqxie de Syrius , pour l'Egypte. Et, comme la date romaine qu'il, indique pour cette concordance, répond au ao juillet i3g après l'ère chrétienne , cherchons si le lever héHaque de Syrius a__eu liçu en effet en Egypte à cette époque. C'est là un i^it s^tronpmique qui mérite d'être vérifié avec exactiti^e, et il pouirait aisément l'être à l'aide dç nos. tables actuelles , s'il exigeait seulepiept u^ç certaine valeur fiae de diistance angulaire entire Syrius et le soleil. Mais il dépend aussi de plu^ieura autres données qui font que le calcul en est; to]aj6urs plqs. oui moins hypothétique. En çffet, le lever héliaque d'un astre a lieu lorsque cet astre, jusqu'alors efiEsicé pa^ les rayons du soleil, cçmi^ence à devenir

visible le matin eu se levant avçc l'aurore.' Ce

Il • . ■

phénomène doit dx:>i;Lc dépendre, et dépend en effet , nop seulement d,u temps et du lieu pour lequel, ofli le calcule , ipais, encoi^e de l'éclat d.^. l'astre, dç la, transparence de l'a^r presse l'horis^on» dans Iç lieu où on l'obsei;ve, enfin de la vue p\u^ ou moins perçante de roJ)serya^teur. Se trouvant ainsi sujet à des difficultés accidentellement variables.5 et imppssibles à prévoii: ou même à éva-

luer avec certitude, on conçoit que sa détermination physique ne peut jamais comporter une rigueur absolue ; car , cette rigueur consisterait à dire : « hier l'astre n'était pas visible à son lever à « cause de la trop grande proximité du soleil, tandis « qu'il est visible aujourd'hui ». Or, il n'est aucun observateur véridique qui voulût soutenir, à plusieurs jours près, la responsabilité d'unepareille annonce. Mais , en substituant , par hypothèse , à ces accidens variables, des circonstances constantes; en supposant , par exemple , que l'astre devient toujours visible, et est toujours effectivement aperçu à l'horizon , lorsque le soleil est abaissé audessous de ce plan d'un certain nombre de degrés fixe, l'époque hypothétique du phénomène devient exactement calculable, et peut être déterminée rigoureusement. Lorsqu'on effectue ce calcul pour Syrius et pour le climat de la Basse- Egypte , en admettant une dépression verticale du soleil égale à dix ou douze degrés, comme il paraît que Ptolèmée l'a fait assez généralement pour les étoiles de première grandeur , on trouve, ainsi qu'il était naturel de le prévoir, que l'intervalle des levers héliaques consécutifs de cet astre varie , dans les différens siècles , en vertu de l'effet différent que la précession produit sur son lever et sur celui du soleil ; mais , par une circonstance singulière que les célèbres chronologistes Pétaii et Baimbridge avaient déjà depuis long-temps remarquée , et que M. Fourrier confirme , la variation

^ DE DEITDERAH. I73

dont il s'agit s'est trouvée excessivement petite et absolument inappréciable, pendant lesjvingt ou trente siècles qui ont précédé l'ère chrétienne. Et, en outre , pendant tout ce temps , Tinteryalle mathématique compris entre deux levers héliaques consécutifs de Syrius , a été presque exactement de trois cent soixante-cinq jours et un quart; de sorte, qu'après i46i années vagues égyptiennes, ce phénomène devait se trouver revenu au même jour de l'année vague. Quant à la date précise et annuelle du phénomène, elle a été pareiileraetit déterminée par les deux chronologistes que j'ai cités tout à l'heure. Mais elle l'a été plus récemment encore par M. Ideler ; et , comme les résultats de ces divers calculs s'accordent parfaitement dans leurs circonstances générales, quoiqu'ils diffèrent toujours un peu dans les dates précises, je rapporterai de préférence les derniers, comme étant fondés sur des élémens astronomiques plus perfectionnés ( f ). Cela posé , en calculant les lieux

(i) On trouvera plus loin une nouvelle vérification de ces calculs. Car , afin d'en rendre l'application plus spéciale à nos monumens , je les ai recommencés pour Denderah et pour les trois époques — a78a, — iBaa, 4- iSg, les mêmes que M. Ideler a considérées. Mais, quoique la méthode dont j'ai fait usage pour remonter aux anciennes positions de Syrius y me semble devoir offrir plus d'exactitude que celle dont M. Ideler a fait usage, néanmoins, comme la différence des . résultats est fort légère , j'ai cru devoir employer d 'abord ici les siens, afin que les uns et les autres se co!;ifirment par leur accord.

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du soleil et de Syrius, poùtlfe 10 juillet 1 89 apk*ès l'ère chrétienne ; et pour là latitude de 36**, qui était celle dej villes dé Memphis et d'Hélîôpoli^ ^ ancien séjour des prêtres égyptiens les plujà Irenommés par leurs connaissances astronomiques ^ M. Ideler trouve , qu'au momeiit du lever de Syrius , le soleil était abaissé de dix degrés sous l'horizon: -de sorte que, si l'on adopte cette dépression ct>mme la plus petite qui put rendre Syrius visible à l'horizon même, il s'ensuivra qile le lever héllaque de cet astre a eu lieu mathématiquement ce jour- là, sous la latitude dont il s'agit. En répétant le même calcul , avec la même latitude et les mêriles conditions de visibilité, poUr des époques antérieures aux précédentes, d'uhe et de deux périodes de i4^i années vagues, c'eôtà-dire, pour les années juliennes t322 et lySsi , avant l'ère chrétieiine^ M. Ideler trouve que le même abaissement du soleil , au moitterit du lever de Syrius , s'est reproduit aussi le 20 juillet de ces années-là , de sorte que Syrius s'y est retrouvé dans les mêmes conditions mathématiques de son lever héliaque. Si donc on admet ces conditions comme des réalités physiques , on poiirra^, sans être en contradiction avec l'astronobale, supposer, si l'on veut, comtne M. Fourriet, que la grande année égyptienne de 1461 années vagues , exprimait l'intervalle connu de temps qui , pendant les vingt-cinq ou trente siècles antérieurs à l'ère chrétienne, ramenait le premier jour dé l'année

DK BENDERAH. I75

vàgite au lever héliaque de Syrius; et ctoite qûé lés anciens Égyptiens ayant constaté ce fait , avaient fixé ainsi l'origine de leur grande année , par une observation effective ; on pourra également , si l'on veut , faille pemontel: cette preBàièrè détermination à l'un quelconque des renouvellemens de cette coïncidence, par exemple, à Fan i^^ii ou 2782 , avant l'été chrétienne ; de sorte que les prêtres égyjitiens auraient ainsi effectivement observé plusieurs révolutions dé la période entière. Toutes ces suppositions, dis-je, sont astronomiquement admissibles dans les conditions de visibilité adoptées; elles sont rtiême les seules qui puissent cottdlidr la durée de 1^61 ans assignée à là période avec l'hypothèsfe d'uhe haute antiquité d'obiservàtion ; car cela ne serait plus possible si on la considérait comme exprimant seulement la concôï^dance de l'année vague avec l'aiinée tropique de 365 joui^ -* , puisque la valeur réelle de l'aimée solaire donnerait à là période une autre durée. Mais il est essentiel de remarquer que 'cette interprétation de là grande année égyptienne , et des particularités qu'on y Rattache -^ n'est aucunement légitimée , ni même sêulemerlt indiquée le moins du monde , par lés autorités histoi^iéjues que nous venons de réunir. Car^ Oéminus, aittsi que nous l'avons vu d'abord, ne fait intervenir en rien le levet* de SyriUs dans là période de 1461 années vagues; et , pour Censorinus , il compte bien , à la vérité , les knhéié!% coiirante^ dé téité pé-

riode à partir de celle où le premier de Thot s'est accordé en Egypte avec le lever de Syrius ; mais , il ne dit pas du tout , si cette fixation résulte «d'une observation effective, ou d'un usage ancien, ou d'une computation rétrograde pareille à celle par laquelle il propose de donner pour origine aux années juliennes le commencement du monde. Il ne dit pas davantage que la période dont il s'agit fut connue en Egypte depuis une haute antiquité comme cycle caniculaire; ni que son renouvellement y eût été observé une fois ou plusieurs ; ni mçme qu'on y eût embrassé sa révolution entière, comprise entre deux retours des levers héliaques de Syrius au premier de Thot. L'unique chose qu'il exprime , c'est qu'à l'époque où il écrit on se trouve dans la centième année courante du cycle , en comptant depuis lorigine qu'il a assignée ; -et cette indication se trouve en effet concordante avec le calcul astronomique. Mais , si l'on veut bien peser attentivement ses expressions, on verra qu'elles tendraient à présenter la liaison de la période avec le lever de Syrius, plutôt comme une application récente que comme un résultat établi par l'observfition d'une longue suite de siècles. Car, il ne dit pas du tout, comme M. Fourrier le rapporte , que le cycle s'est renou^^elé en telle année, ce qui semblerait indiquer que l'on en a déjà observé plusieurs révolutions antérieures; il dit seulement que l'année actuelle est la centième du cycle, comme il dit , quelques lignes

plus haut , qu'elle est la 56l® de Philippe , et la 986* de Nabonassar. Or , puisque , dans ces deux dernierià cas, nous voyons que les origines qu'il indique sont réellement les origines primitives , ne devrait-on pas penser qu'il agit de même pour la grande année égyptienne, lorsqu'il ne donne aucun avertissement contraire? Et, s'il se fût déjà accompli précédemment plusieurs révolutions observées de cette grande année , est-il présumable qu'il n'en aurait fait aucune mention, surtout dans un passage expressément consacré à l'exposition des diverses périodes de temps que les Égyptiens employaient?

Je n'ignore pas que ces doutes paraîtront bien contraires aux opinions adoptées, jpar la plupart des chronologistes modernes, qui considèrent le cycle caniculaire comme appartenant à une antiquité très-reculée j et qui en font remonter rétablissement primitif à la première,, ou même à la seconde époque de son renouvellement avant l'ère chrétienne, dans les années i3îi2 ou 2782. Mais , dans une question pareille , les opinions ne valent que par les autorités historiques qu'elles représentent. On vient de voir que Geminus • Ptolémée, Censorinus, c'est-à-dire, les auteurs qui ont traité le plus spécialement et avec le plus de détail des périodes astronomiques ou chronologiques, ne fournissent absolument aucun indicé qui puisse prouver , ou seulement faire soupçonner à celle-ci une si haute antiquité; Voyons

lyB SUR L£ ZODIAQUE CI1ICULAIA£

maintenant quels sont les témoignages contraires : de pareils témoignages ^ on n'en voit pas un seul dan$ les écrivains antérieurs à Tère chrétienne, dont les ouvrages se sont transmis directement jusqu à nous. On trouve seulement dans des au-^ teurs fort postérieurs à cette ère , deux fragmens plus anciens, dans lesquels ie cycle cynique est nommé, comme période chronologique. Un de ces fragmens est une chronique égyptienne dont Tauteur ainsi que l'époque exacte sont inconnus, et qui , d'abord rapportée par le prêtre égyptien Mauéthon dans un livre de chronologie composé par ordre de Ptolémée Philadelphe , en a été extraite dans le troisième siècle de l'ère chrétienne par JuUus Africanus, puis, a été tirée de ce dernier, daûs le huitième siècle , par le moine George$ Le Syncelle , qui nous l'a transmise ; de sorte que Ton conçoit combien d'altérations elle a pu subir en passant par tant de mains. A la suite des assortions fabuleuses dont cette chronique abonde, en ce qui concerne les règnes des dieux et des demi - dieux en Egypte , on y trouve ces expressions énigmatiques : « Après eux, on compte, quinze générations du cycle caniculaire, en 443 ans. » En outre , l'espace total de temps qu'elle assigne depuis le règne du dieu Soleil jusqu'à celui de Nectanebus II, n'est pas moindre que 365aS années chacune de 365 jours, ce que Le SyuceUe interprète être vingt-cinq révolutions du cycle cynique de ï46i années vagues. Sans doute

4>JB J^EWBVKiiiB. 179

petsoDUe ne jugera cette assertion suffisante pour attester utie antiquité si peu historique ^ et pour faire croire que le cycle cynique fut connu à de pareilles époques ; mais on en doit au moins conclure qu'il Tétait à Vépoque où la chronique qui le nomme fut composée 4 si toutefois elle n'a pas subi postérieurement d'additions en ce point. Or,comme le roi Nectanebus qu'elle cite est de l'an 35o avant l'ère chrétienne , il s'ensuivrait que cette date serait aussi la. plus ancienne que l'on pût lui attribuer. Se trouvant ainsi postérieure à Thaïes de trois siècles, et même d'un siècle à Méton, il ne serait nullement surprenant que l'on eut remarqtié alors la concordance des levers héliaques de Sy^ rids avec l'année solaire dt 365 jours un quarts qui était généralement connue. Car, on verra plus loin que l'observation de cett^ concordance est la chose du monde la phis sîiBiple quand on connaît l'année de 365 jours un quart. Toutefois l'autorité de Le Syncelle n'est pas tellement irrécu-sable que l'on doive croire sans réserve à l'antiquité réelle de cette chronique, surtout venant d'Égyptiens qui cherchaient toujours à enfoncer l'origine de leur nation dans la nnit des siècles; et par conséquent il se pourpait très-bien que ^ quoique s'arrètant à Nectanebus ^ elle lui fut en efïet postérieure. Le livre de Manétl]K>n ^ où cette chronique était , dit - on , primitivement rapportée i n'est pai non plus arrivé jusqu'à nous , et pn ne le connaît ^ comme je l'ai dit , que par des

l8o SUR LE ZODIAQUE CmCULAIRB

extraits qu'en ont donné divers écrivains fort postérieurs à l'ère chrétienne. Il parait que Manéthon présentait, son ouvrage comme tiré des archives sacrées de l'Egypte; mais Le Syncelle qui le cite, quoique probablement sans l'avoir connu lui-même en original , inspirerait pour cette assertion une médiocre confiance ; car il présente les récits de Manéthon avec la réprobation la plus constante , comme des tissus de mensonges et d'extravagances accumulées avec l'intention la plus évidente de rehausser ainsi l'origine de sa nation. Or, en marquant l'époque d'un roi égyptien appelé Concharis, le 26* de la seizième dynastie, Le Syncelle dit : «Qu'entre « ce prince et le roi Mestrem, premier roi de l'É- «gypte, on compte 700 années du cycle, apa pelé dans Manéthon , caniculaire. » Maintenant, comme les concordances historiques tendent à placer le règne de ce Concharis , non loin de la vocation d'Abraham, c'est-à-dire, environ 2000 ans avant l'ère chrétienne, on a conclu, et, oseraije dire que c'est Frère t qui a tiré le premier cette conséquence, on a conclu, dis -je, que la date assignée par Manéthon , devait se rapporter à la seconde période antérieure à l'ère chrétienne, la-' quelle commence à Tan — 278a ; et l'on a considéré cette relation comme une preuve suffisante que le cycle caniculaire existait effectivement dèsce tempslà. Ce passage, et le texte de la vieille chronique, sont le3 deux seules autorités anciennes que l'on ait

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pu alléguer eu faveur de l'antiquité du cycle. Mais on y a joint encore un témoignage d'une date plus moderne, celui de Saint-Clément d'Alexandrie. Saint Clément qui écrivait dans le troisième siècle de l'ère chrétienne , à peu près dans le même temps que Censorinus , place la naissance de Moïse 345 ans avant l'établissement de la période sothiaque. Or, par les limites historiques entre lesquelles cette naissance est comprise, on voit que l'établissement dont saint Clément parle doit se rapporter au premier renouvellement de la période avant l'ère chrétienne, c'est-à-dire, à l'an i32a. De là , Baimbridge , et, après lui, Pétau et Fréret , ont cru pouvoir conclure que le cycle caniculaire existait réellement alors. Ce sont là, du moins à ma connaissance, les seuls témoignages historiques qui aient été apportés pour établir la haute antiquité de ce cycle. Néanmoins je puis encore y joindre , si l'on veut, l'énoncé d'une règle donnée parle second Théon sous le règne de t)ioclétien , pour trouver le jom- de l'année auquel correspond le lever héliaque de Syrius, règle qui n'avait pas encore été publiée, mais que je rapporterai textuellement à la fin de cet ouvrage (i). Théon y prescrit de supputer les

(i) Ce fragment avait déjà été mentionné par Larcher, et après lui par Volney ; mais je ne sais pourquoi Tun et l'autre n'en avaient rapporté que les premières lignes. L'intérêt extrême qu'il y avait à le connaître en entier m'a fait prier M. Hase^ savant aussi obligeant que profond , de vouloir bien l'extraire

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années écoulées à partir d'un certain roi égyptien qu'il appelle Ménophrès , lequel ne se trouve mentionné sous ce nom dans aucune chronologie , mais que la forme de son calcul fait remonter à Tan i32a avant Fère chrétienne; époque où en effet le lever héliaque de Syrius dut coïncider avec le premier de Thot , ainsi que nous, l'avons expliqué plus haut. Mais que prouvent de semblables computations , sinon l'existence actuelle de la période aux époques où on les a faites? Qui ne voit que, relativement à son existence antérieure, leur autorité est sans force, et n*a pas même la valeur d'une assertion effective, enccM'e moins d'une attestation présente et contemporaine? Car, ce ne sont pas ici des auteurs trèsanciens, qui vous attestent expressément que le cycle existait à telle ou telle époque dont ils peuvent avoir la tradition certaine. Des témoignages de ce genre, on n'en a pas à citer un seul. Ce sont des auteurs récens , des chroniques très- confuses , et même souvent fabuleuses , qui expriment iine date très-ancienne , presque sur la dernière limite

pour moi d'on manuscrit de la bibtiothèque du roi où il se trouve ^ sous )e n^ siSgo. M. Hase a eu la bonté de prendra cetl^ peine, et Ton trouvera dans la note Y le texte avec la traduction qu*il m'en a donnée. JjA suite des procédés employés par Théon m*a fait aisément retrouver la marche ainsi que l'esprit de sou calcul. Il en résulte une oonfirmatiûi^ nmivelle , tant de l'origine matkénuitique assignée par Censorinus au cycle » que do phisieurs autres dates intéreasatites pour la chrottdQgie^

DE DENDERAU. l83

des teaips' historiqaes y en fonction d'une période connue de leur temps , et qu'il était naturel qu'ik employassent , soit pour pouvoir enlbrasser dajtis un même système de date» toutes les chronologies y soit pour donner ainsi du relief à leurs ré» cits, en les faisant remonter à une fabuleuse antiquité. Conclure de ces seuls énoncés l'usage réel et antique de la période , c'est confondre deux idées totalement différentes; c'est absolument comme si l'on voulait prétendre que notre manière ac'^ tnelle de compter les années à partir de la naissance de Jésus * Christ , a du être réellement établie lors de cet événement ^ tandis^ qu'elle n'a été imaginée que plus de cinq cents an» après; ou bien encore, comme si l'on voulait soutenir que les anciens ont connu, de tout temps, la période julienne de Scalîger, parce que les évènemens,' les plus reculés de l'histoiFre, siocil maintenant ainsi exprimés. On pourrait aivec moins^ d'invrat* semblance avïmcer la proposition contraire ; sa-** voir, que l'adoption d'une ère est généralement et même est quelquefois de beaucoup postérieure à r<^K>qi:œ astronomique quà lui sert d'origine : ear, cette assertion ne se trouverailt en défaut pour aucune des grandes ères oûnnues», si ce n'est, peut-être, pour celle de l'hégiife* Au reste^ la généralité (le ot fésttttal n'est ici nullentient nécessaire. Il vigopim mS&X de diacuteiï le cas partiicu-' lier de la période cynique , et de voir sîil eMiste ès% antofités» hislaviqueS' qui prooveAl qu'elfe ait

été réellement connue et employée dans celte haute antiquité de i3a2 ans , et même de 12783 ans avant Tère chrétienne à laquelle on a voulu faire remonter son existence. Or, sur ce point, on a d'une part les deux seules inductions que l!on peut tirer des fabuleux fragmens de Manéthou , et de la vieille chronique ; fragmens que nous né possédons pas même en original , mais que nous trouvons seulement cités par des auteurs fort postérieurs k l'ère chrétienne et dépourvus de toute connaissance astronomique; tandis que, de l'autre part , nous avons le silence complet et unanime de tous les auteurs anciens d'astronomie , de géographie, de chronologie ou d'histoire ,^dont les ouvrages originaux nous sont parvenus. On conviendra qu'ici la vraisemblance est du côté du plus grand nombre ; car, il serait bien extraordinaire que tant de savans hommes, qui ont re* cueilli avec les plus grands soins les résultats, même les premiers essais de l'astronomie ancienne , et qui nous les ont transmis avec une fidélité tellement parfaite qu'elle est souvent minutieuse, se fussent tous accordés pour omettre une chose aussi importante que la période cynique, considérée dans les rapports des levers héliaques de Syrius avec l'année vague , si ces rapports eussent été en effet aussi anciennement connus et déterminés chez les nations dont ils parlaient.

Mais , si l'on est contraint d'abandonner les auto-

DE DEFTDERAH. ]85

t rites historiques, on aura peut-être recours à des

B indications d'un autre genre, tirées de l'exalctitude

ï même du cycle et de son parfait accord avec le

i calcul , quand on le considère comme exprimant

1 le rapport de l'année vague , non pas avec l'année

tropique , mais avec le lever héliaque de Syrius i en Egypte. On demandera s'il n'a pas fallu des

I observations continuées pendant une longue suite

de siècles pour atteindre une si grande justesse; et s'il est possible de concevoir qu'on y soit parvenu autrement. L'accord trouvé plus haiit entre le calcul astronomique et la date fixée par Gensorinus pour le commencement, ou, si l'on veut, le renouvellement de la période ^n l'an i ig de l'ère chrétienne , semblera donner un grand poids à cette'assértion; et ainsi , à défaut d'autres témoignages, l'antiquité du cycle paraîtra encore pouvoir être démontrée par la nécessité même dont elle a dû être pour le découvrir, et pour en fixer l'époque initiale avec une si grande précision.

Réduisons d'abord l'accord dont il s'agit à sa valeur véritable. Il est loin d'être réellement aussi merveilleux qu'il le paraît au premier coup d'œil ; car l'épreuve astronomique , dont, nous avons fait usage , n'est pas , au fond, aussi sévère qu'elle semble l'être. Le choix de l'arc de dépression que l'on emploie dans le calcul , offre toujours une certaine facilité pour faire concorder l'époque mathématique du phénomène avec la date qu'on lui donne; et, pourvu que cette date n'exige pas une

l86 SUR L£ ZODIAQUE dmCULMRE.

valeur delà dépression trop en ddiors des limites où l'observation physique est possible^ rien n'eni. péchera qu'on ne l'admette. Par exemple y en recommençant le calcul pow l'année iSg avant r^e chrétienne , avec la même latitdde de 3a^ , mais en adoptant un arc de dépression de la^ au lieu de lo^ , et personne ne saurait réellement affirmer lequel des deux est préf éraUe j on trouverait le rk% au lieu du 30 juillet pour Tépoque du lever béliaqoe de Syrios cette année-^là. Couséquemmenty si Censorinus eut assigné le as j iiîllet au fieu du 20 pour le renouvellement de la pé-^ riode, on aurait encore pu trouver son récit exact. Et ceci n'est pas une pure spéculation sans application réelle ; car Ptolémée , dans son Traité des apparitions des étoiles fixes , place précisément au iA épiphi fixe ou au a^ juillet j le lever béliaque de Syrius, soos la latitude de ZgP 22'; de sorte que , pour trouver cette annonice exacte , il faut la considéra comme faite d'après une valemr de la dépression ^ale à 12^. Or y personne ne peut dire que ce soit là la dernière limite que Fon puisse attribuer à cet élément. Yoilà donc déjà ^ par cela seul , ime tcdérance de deiaoL on tf ois jours accordée an calcul pour s'accommodec aux dates indi* qùées^La latitude diu lieâ est encore une autre donh née, qui fait varier l'époque a^olue du phénomène; de sorte que , si elle n'est point rigoureusement assignée , msôs seulement liaûtée par dbssi consi* dérations antiques, comme dans le récit de Gcoh

DE DENPBRAH. 187

soriims que nous discutiotis tout à l'heure, les diverses valeurs que Ton peut lui attribuer sont encore un moyen de faire accorder plus exactement le calcul avec les époques indiquées par les auteurs. Or, toutes ces facilités diminuent considérablement la valeur de Paccord auquel on ar* rive avec leur secours ; et elles donnent ainsi à la vérification que l'on cherche, une probabilité, beaucoup plus faible qu^elle ne le serait, si elle était déduite d'élémens absolument fixes.

La détermination de la date donnée par Çenso^ rinus étant ainsi réduite à son degré de justesse et par conséquent de difficulté véritable, nous avons à examiner comment on a pu la découvrir. Mais d'abord , il n'est pas du tout certain que ce fùkt par des observations effectives de levers héliaques', car Censorinus ne le dit nullement ; et comme , à Tépoque où il écrivait , le calcul direct de ces phénomènes , d'après les positions des étoiles et du soleil, était connu, puisque Ptolémée les avait déterminés ainsi pour plusieurs climats et plusieurs étoiles , dans son Traité de l'apparition des fixes; qu'on avait même, depuis plusieurs siècles, l'usage de les annoncer, dans les calen-* drîers publics, soit d'après le calcul soit, Wen plus vraisemblablement , d'après des observations antérieures , rien ne prouve qu*on ne fiit parti de ces résultats , dont la constance de date dans l'an^ née julienne, relativement à Syrius, était évidente^ pour remonter, en suivant la marche rétrc^ade

l88 SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

de l'année vague, jusqu'à l'époque antérieure où le jour julien indiqué par cette date avait dû coïncider avec le premier de Thot. Les seules annonces de levers héliaques, faites depuis plusieurs siècles dans les calendriers annuels, suffisaient , je le répète , pour cette détermination , et of&aient assurément le procédé le plus simple pour l'obtenir. L'origine mathématique de la période étant une fois fixée , rien n'empêchait de l'étendre par rétrogradation à tous les siècles antérieurs. Le silence de Cehsorinus et des autres auteurs sur l'époque à laquelle cette détermination fut faite et adoptée pour les coihputations chronologiques, ne permet pas d'affirmer qu'elle l'ait été de cette manière plutôt que de toute autre. Seulement on conviendra que celle-ci serait de beaucoup la plus simple. Mais alors que devient l'abyme d'antiquité, dans lequel on a voulu rejeter l'origine de ces résultats? Toutefois, ne pouvant rien prononcer d'absolu sur ce point de fait, puisque les preuves histori ques., les seules qui pussent l'établir avec certitude , nous manquent, discutons la supposition de cette antiquité dans les circonstances qui lui sont les plus favorables , c'est-à-dire , en considérant là période de i46i années vagues, comme primitivement liée aux levers héliaques de Syrius, et trouvée par l'observation effective de ces phénomènes; puis examinons comment les anciens astronomes auraient pu déterminer ces levers avec une approximation aussi grande , et assigner avec

DE DEKDJmAH. 189

tant de justesse la période de leurs retours. C'esrt • ce qu'il sera fecile de concevoir d'après la marche ordinaire que les anciens ont suivie dans la recherche des autres périodes qu'ils ont découvertes ; et il ne leur aurait fallu , pour celle-ci , ni beaucoup d'années, ni des Connaissances astronomiques bien profondes ; car elle s'offrait d'elfemême comme une conséquence évidente des observations les plus simples. Pour s'en convaincre il faut d'abord se former une idée nette des circonstances qui déterminent annuellement le retour du lever héliaque d'une étoile quelconque, et les combiner avec la période de 3653 ~ que nous avons vu être celle des retours mathématiques de ce phénomène pour Syrius , aux époques anciennes, dont nous nous occupons.

A cet effet, supposons que OLH , fîg. i , pi. i , représente sur la sphère céleste le grand percïe de l'horizon du lieu où Fon observe , et que S LE représente la position du grand cercle de l'écliptique sur cet horizon, au moment où l'étoile observée se lève en O. Si le soleil se trouvait sur l'horizon en même temps que l'étoile , elle ne serait pas aperçue; il faudra même qu'il soit abaissé d'un certain nombre de degrés au-dessous de l'horizon , pour qu'elle puisse devenir visible. Supposons que la limite de cet abaissement, mesuré sur l'écliptiqué , soit fixée au point b ; en sorte que l'étoile soit toujours' visible à son lever 'en O , quand le Soleil sera plus loin de l'horizon

190 SUR LE aOOIAQUE CIRCULAI JEtE

que le point b ; et qu'au contraire elle soit toujours invisible quand il se trouvera en-deça de ce point. Cela posé , marquons sur Técliptique quatre autres points a , c , ^ , e , de manière à former les quatre intervalles ab^ étr, cd^ de^ tous égaux entre eux , et à l'arc que le soleil décrit sur l'éclip tique en un quart de jour> arc qui e$t environ de 1-5'; puis^ revenant à Syrius et à la latitude de l'Egypte y supposons qu'au dernier jour épagomène d'une certaine année vague , le soleil se ^it trouvé le matin en a dans l'écliptique au moment où Syrius se levait en O. U est clair, d'après nos définitions précédentes ^ que Syrius ne sera pas aperçu ce jour-là à son lever ; mais après une révolution diurne de la sphère céleste, c'est-à-dire le lendemain matin , au premier de Thot) le soleil aura décrit un degré de plus dans l'écliptique en vertu de son mouvement propre» Il se sera ainsi avancé de' a en ^ ; conséquemment l'étoile qui n'était pas visible à son lever la veille^ le deviendra ce jour -^ là et les jours suivants, jusqu'à ce que, par l'effet de son mouvement propre , le soleil revenant sur l'horizon avec elle par l'occident , la fa^se de nouveau disparaître. Gela posé, quand il se sera ainsi écouté une année vague de 365 jours , c'est-à-dire , le i*' de Thot de l'année suivante , le soleil ne sera pas encore revenu au même point e de l'écliptique où il s'était trouvé Iprs du premier lever héliaque. Il lui restera encore^. pour y parvcàiir , à décrire

DB DClTDEmAH. igi

l'arc cx)iTespondant à peu près à un quart de jour; de sorte qu'il se trouvera ce jour-là en ^ au moment où l'étoile se lèvera en O ; elle sera donc encore visible à son lever. Mais , elle ne l'aurait pas été la veille , ear le soleil se trouvait alors au point a, entre le point b et l'horizon. Après une autre période de 365 jours, c'est-à-dire , le i*' Thot de la troisième année , le soleil se trouvera en c au momeYit du lever de l'étoile , et ainsi elle deviendra encore visible ce jour-là, d'invisible qu'elle était la veille , le soleil se trouvant alors plus voisin d^ l'horizon d'un degré. La même chose arrivera encore au commencement de la quatrième année va^e ; le soleil sera en b le premier de Thot , au- moment du lever de l'étoile qui devicDH dra ainsi visible ce jour-là pour la première fois; Mais, il n'en sera plus ainsi au commencement de la cinquième année , car le soleil se trouvant en a au moment du lever de l'étoile le premier de Thot, elle ne sera pas encore dans ses conditions de visibilité ; mais elle s'y trouvera le lendemain , c'est-à-dire le deuxième jour de Thot.^ parce que le soleil ayant décrit un degré de l'écliptique dans cet intervalle , sera passé eo ^ , au même point où il s'était trouvé le premier de Thot quatre années auparavant. Le lever héliaque de l'étoile aura donc lieu de même le deuxième jour de Thot de cette année et des trois swvantes jusqu'au commencement de k neuvième ; après quoi il passera au troisième jour de Thot 9

au quatrième , au cinquième , et ainsi de suite ; jusqu'à ce que i46f années vagues s'étant écoulées, il se trouve revenu de nouveau au premier jour de Thot , pour recommencer le même ordre progressif de déplacement. On voit en outre , par cet ordre même , qu'en désignant par i la première année du cycle , les changemens de jour

s'opèrent aut années i,5,9,i3, c'est-à-dire

à celles dont les rangs sont exprimés par un multiple de 4 augmenté de l'unité ; et les nombres de changemens révolus qui expriment les dates* du phénomène dans l'année vague, sont respectivement 1 , a, 3, 4* • ••- P^ où il est facile de déter-^ miner le rang de chaque année changeante dans le cycle, lorsque l'on connaît le jour auquel le lever héliaque s'y opère ; car il suffit pour cela , de compter le nombre de jours qui précèdent celuilà dans Tannée vague , de multiplier ce uoinbi*e par 4 5 et d'y ajouter une unité ; par exemple , si l'on sait qu'une certaine année est retardataire , et que le lever héliaque ait sauté au troisième jour de Thot ^ comme le nombre des jours antérieurs de cette même année est 2 , son rang dans le

grand cycle sera a fois 4 phis r , ou 9 , ainsi que nous l'avons reconnu directement tout à l'heure. Si le passage s'était opéré sur le quatrième jour, le rang serait 3 fois 4 pliis i , ou 1 3 , comme nous l'avons reconnu également. Les années où le passage s'opère sont les seules dont le rang puisse être ainsi directement assigné dans le cycle ; pour

DE DEXfJDERAH. igS

les autres qui sont comprises entre elles , il faut ajouter à leur rang calculé comme nous venons de le dire 9 la quantité dont elles suivent la première année retardataire qui les a précédées.

Le raisonnement que nous venons de faire pouvant être indifféremment appliqué à toutes les étoiles , il semble que la même conséquence doit valoir pour toutes ; c'est-à-dire , que Fintervalle des levers héliaques consécutifs de chacune d'elles,^ doit êtr« pareillement constant et égal à 365 j. ~. C'est aussi ce que les anciens sypposaient généralement ; car , Ptolémée lui-même , dans soq traité de l'apparition des fixes , iparque les leyejrs hér liaques des principales étoiles à des jours jd^ter^ minés de l'année fixe alexandrine , ce qui présente ces levers comme pareillement fixes dans ja.pér riode solaire de 365 j. un }. Cependant il savait très-bien , que cette fixité n'était pas ab^jç^upaenit rigoureuse, et il en avertit d'une manière e3çprç;^$f ^ mais il jugeait avec raison qu'elle se soutienait pendant de très-longs espaces de temps avec unç ^xçictitude suffisante , pour de simples annonces de phénomènes toujours impossibles à observer avec précision- Dans le raisonnement que nous venons d'appliquer à ces phénomènes, nous ne les avons trouvés constans que parce que nous avons employé comme des données fixes, plu*' sieurs élémens dont les valeurs éprouvent des variations, à la vérité très-lentes, mais néanmoins progressives et qui deviennent sensibles dans la

f94 ' SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

suite des siècles par tetrr accumulation. Ainsi Fétoile que nous avons snppôsé placée en O à une (fistance fixe du pôle de Féquateur et de Téquinoxe venial , change en effet continuellement de position relativement à ces deux points, en vertu du continuel déplacement des équjnoxes : en outre , le mouvement diurne du soleil dans Fécliptique , que nous avons supposé de 1 5' ou { de degré, n'est pas exactement de cette quantité; et même , sa valeur en chaque point de Féfcliptîque varie avec la suite des siècles, parce qu'elle dépend de la distance actuelle de la terre à Fapcrgée de son ellipse, et que cet apogée se déplace continuellement dans le ciel, en vertu de l'attraction des planètes sur le sphéroïde terrestre. Ces diverses variations , que l'on appelle séculaires', étant excessivement lentes , leur effet sur les levers héliaqUes n'^est pas sensible en un petit nombre d'années; et la vraie valeur de Tannée tropique est aussi trop rapprochée de 365 jours j pour que la différence puisse être aperçue en peu de temps , surtout dans des phénomènes qui ne sont pas susceptibles d'être observés avec rigueur. Ainsi, pendant un nombre d*années qui peut même être considérable, l'intervalle des levers héliaques consécutifs d'une même étoile peut pax^ître sensiblement constant , et peut , avec une approximation suffisante, être considéré comme égal à ?65 jours ^ ; mais cette supputation , continuée pendant long-temps, finit par s'écarter con-

D£ DfKDERAH. IqS

sidérablement des observations, à moins que, par une circonstance de position toute particulière , on ne l'applique à une étoile tellement située , que les causes de variations exposées phis haut se. compensent mutuellement pour elle , au moins durant une longue suite de siècles. Or, cette condition a précisément eu lieu potir les levers héliaques de Syrîus en Egypte , pendant les vingt ou trente siècles qui ont précédé l'ère chrétienne, du moins en supposant ce phénomène assujetti aux seules circonstances de visibilité que nous avons plus haut éhoneées* Si la preuve de cette vérité exige aujourd'hui dès calculs! savans , fondés sur la connaissance et là mesure précise du mouvement des équinoxes et de l'àpofgée solaire, l'observation du fait, lorsqu'il existait, tie demandait que des yeux ; et ainsi elle ç'offre en elle-même rien d'invraisemblable. Mais on la coifnprend bien mieux encore , en la supposant , comme on doit le faire, précédée par l'usage de l'aivnée vague de 365 jours. Car, avec ce secours , elle était la chose du monde la plus simple.

£n effet, imaginons d'abord que, sans connaître, sans soupçonner même , la période quadriennale, les prêtres de Memphis ou de tout autre lieu de l'Egypte aient observé le lever héliaque de Syrius un certain jour de l'année vague , par exemple , le 6* jour du mois phanemôth , jour qui était le 1 86® de l'année. Si cette observation eût pu être mathématiquement rigoureuse , il

aurait sufB de la répéter quatre années de suite pour découvrir la variation quadriennale ^^et pour en déduire la durée entière du cycle. Mais on conçoit qu'il n'en a pu être ainsi; et que, pendant quel<^s années ^ le déplacement progressif du lever Jbéliaque dans l'année vague a dû se confondre avec les erreurs inévitablement attachées à ce ^nre 'd'observation. Mais ^ifin , le fait de ce déplacei»ent ^ sinon sa quantité , a dû se manifester pai* son accumulation même, précisément comme: Gemiims le remarque pour le déplacement processif du solstice ; et , en supposant les (Nervations continuées par le collège des prêtres «seulewenit pendant cent années , le retard total né^llemesxt !oh»ervé n'a pas pu être moindre que de 20 à 3o jours, ce qui était certainement beau^ coup trop cOnstdârable pour échapper à la plus j^èrfii attention. Or, un retar^i de ao jours en TOQ . «ans aurait donné ^^ de jour par année ; . ^ ma reÉard de trente jours aurait donné i. En admettant donc que les observations pattielles n'excédassent point ces limites d'erreur , ce qu'elles n'auraient pu faire sans être excessivement grossières, la moyenne la plus simple etitre elles était -J- , ce qui donnait 365^ | pour le rétour annuel du phénomène. Alors , selon l'^rit de toute l'antiquité , où la nature des signes arithmétiques reodait le calcul des fractions très-pénible , on aura cherché à se débarrasser de celle-ci en composant une période qui la fît disparaître , préci-

DE ]>£NI)(BRAH. 19^

sèment conuM Gremmus , Ceosoriaus , Macrobe et tous les autres auteurs rapportent que les Chat déens et les Grecs ont constamment opéré pour découvrir leurs périodes lunaires et solaires. Ici rien n^étsût phis facile; car la fraction j étant aussi simple, il suffisait de multiplier 365 ps^ 4*9 et d'y ajouter i , pour avoir 1460. retours du lever hélilaque, eompris dans i46i années vagues,, ce qui est précisément la période sothiaque ou ca^ jaiculaire ( \). Mais , si l'évaluation directe de la fraction | appliquée à ces phénomènes était tellement facile en elle-même , indépendamment de toute analogie étrangère , combien sou adoption n'a-t-elle pas dû être encore plus naturelle et plus 'évidemment provoquée , si , comme cela est très- ;vraisemblable , Tannée solaire de 365 j. -^ , avec laquelle elle offrait une si singulière concordance^ était déjà connue antérieurement! Il ne fallait alors que borner à Syrius seul cette idée de constance dans Tannée tropique que Ton avait

(i) En effet, puisque, après les 365 jours qui composent une année vague , le lever héliaque de Syrius est supposé se trouver en retard d'un quart de jo^r , il s'ensuit qu'après 4 années vagues il sera en retard de 1 jour, et après 365 fois 4 ou 1460 années vagues , il le sera de 365 jovirs. Donc e^ ajoutant encore une année vague, ce qui en fait 1461 , le lever de Syrius se trouvera retardé de 365 jours un quart, c'est-à-dire du temps juste qui sépare deux levers héliaques consécutifs ; et par conséquent dans cet intervalle, il y aura un lever héliaque de «ooins que le nombre entier d'années, c'est-à-dire 1460.

jgS SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

d'abord supposée généralement vraie pour les levers héliaques de toutes les étoiles ; et la nécessité d'une telle limitation se trouvait indiquée par le temps seul et par les faits mêmes, sans aucune science , même sans aucun effort d'esprit.

, Quant à l'origine de cette période qui , selon le témoignage de Censorinus^ se comptait de l'époque où le lever héliaque de Syrius arrivait en Egypte le premier de Thot , il n'est pas du tout nécessaire qu'elle ait été fixée par une observation immédiate ; et cela serait même très-peu vraisemblable. Car chaque détermination partielle du lever héliaque pouvant très - aisément donner une erreur de plusieurs jours , on n'aurait jamais pu compter sur quelque exactitude en se bornant à des observations faites aux seules époques de son renouvellement. Mais, si cette origine a été en effet déterminée d'après des levers héliaques , on aura pu très^aisément la conclure par computation rétrograde , en partant d'observations faites à une époque quelconque de l'année vague de 365 jours , laquelle par sa simplicité a du, comme les témoignages historiques l'attestent , être la première et la plus anciennement établie. En effet , lorsqu'on eut déterminé, à une époque quelconque, la durée de la période entière, d'après des observations * distantes, comme nous l'avons expliqué tout à l'heure , on a pu aisément calculer , par cette période même, le nombre d'années vagues écoulées

DR DSNDJSRAH. igç^

depuis la date actuelle du lever héliaque de Syrius dans Tannée vague, jusqu'à l'époque antérieure où ce phénomène avait dû coïncider av^ le premier de Thot. U ne fallait pour cela que le faire graduellement reculer d'un jour pour quatre ans , jusqu'à ce qu'on l'eût fait remonter au premier jour de l'année. Chacune des observations successives , réellement faites dans cet intervalle^ donnait donc ainsi , arithmétiguement, une époque mathématique de l'origine fictive du cycle ; et la moyenne de toutes ces époques a dû fournir une détermination aussi exacte que la nature du phénomène le comportait. Bien n'empêche que la date rapportée par Censorinus n'ait été obtenue de cette manière ; et ainsi l'on n'a pas besoin de rechercher , comme l'ont fait les chronologistes , si la période a été établie pour la première fois lors de son renouvellement l'an iSaa , ou l'an 278a avant l'ère chrétienne , puisqu'elle a pu l'être également à une époque quelconque intermédiaire entre celles-là, et même postérieure à la dernière. Mais^ ne trouvant dans les auteurs aucune indication du procédé employé pour fixer l'origine du cycle , et n y trouvant non plus aucune preuve positive de la haute antiquité de cette détermination, rien, comme nous l'avons dit plus haut 9 ne nous autorise à supposer qu'elle ait été fondée ainsi sur des observations réelles de levers héliaques , plutôt que conclue , à posteriori , par le , calcul des lieux de Syrius et du soleil , précisé*

ment comme l'ont été les époques dés levers héliaques consignées dans le calendrier de Ptolémée. Et , si Ton considère le doute absolu dans lequel les autorités historiques nous laissent sur le temps où l'origine héliaque du cycle fut ainsi fixée ; le silence absolu des plus anciens auteurs sur la relation même du cycle avec le lever de Syrius ; enfin, l'emploi de cette relation paraissant seulement à une époque où le calcul des levers héliaques était connu et habituellement pratiqué, on trouvera, peut-être, que la détermination de l'origine du cycle , par un simple calcul pareil , n'est pas la moios vraisemblable. . Néanmoins , sans prétendre rien prononcer à cet égard , nous nous bornerons à conclure de la discussion précédente que la longue durée du cycle caniculaire , et la nature du phénomène astronomique assigné pour son origine , ne prouvent nullement son antiquité. S'il ekprime l'accord de l'année vague avec l'année tropique de 365 jours j, sa date ne saurait être ancienne , et il ne pourrait pas avoir été fondé sur des observations effectives continuées pendant cet intervalle , puisque de telles observations lui auraient assigné une durée différente. Si on le considère comme exprimant l'intervalle des retours du' lever héliaque de Syrius au premier de Thot, son ancienneté n'en deviendra ni plus nécessaire , ni plus vraisemblable. Car, l'époque à laquelle il commence à recevoir cette destination n'étant indiquée par

DE IXEITDERAH. ^OI

aucun témoignage historique, et rien absolument ne pouvant autoriser à la supposer ancienne , il se pourrait d'abord qu'elle lui eut été assignée par le seul calcul , dans des temps très*postérieurs à ceux auxquels son origine fictive remonte ; ou , si cette liaison avec les levers héliaques est supposée le résultat d'observations efifectives, le petit nombre d'années qui suffit pour établir ainsi la durée aussi bien que l'origine fictive de la période, exclura encore cette nécessité d'antiquité qu'on lui supposait. De sorte qu'en définitif, on ne trouvera pour cette antiquité aucune preuve positive , ni même aucune induction , et toutes les analogies contre.

La même discussion ne nous a également donné aucun indice qu'il existât depuis une très -haute antiquité, en Egypte, une période annuelle vulgaire de 365 jours ~ , appliquée , non pas au mouvement tropique du soleil , mais à la mesure de l'intervalle de temps cdmpris entre deux retours consécutifs du lever héliaqué de Syrius. Cependant, puisque M. Fourrier suppose comme une chose reconnue, qu'une telle période avait été exactement déterminée, et publiquement employée depuis des temps très - anciens , sous le nom d'année agricole, et puisque cette supposition même est un des points fondamentaux du système d'interprétation qu'il applique aux monumens astronomiques , il convient de rechercher spécialement /les preuves que lui ou d'autres sa-

aoa SUR LE ZODIAQUE CiaCULAIBE

vans en ont apportées. Or , celles dont ils ont Toulu s'appuyer , sont très-peu nombreuses , et surtout très-peu anciennes. Ce sont quelques passages isolés, extraits d'Horus-ApoUo, de Yettius- Yalens , de Porphyre et du scholiaste grec d'Aratus. Je vais successivemefit rapporter ces passages, et essayer d'apprécier le degré de confiance qu'ils peuvent mériter.

L'ouvrage grec qui porte le nom d'Horus-Apollo, est un traité ex professo , dont l'objet n'est rien moins que l'interprétation des hiéroglyphes égyptiens. Sur ce titre , et d'après la ressemblance du nom de l'auteur avec celui d'Orus fils d'Osiris, on a voulu prétendre qu'il avait dû être composé très- anciennement en Egypte , par ce fabuleux personnage ; et on l'a fait remonter ainsi au-delà de l'époque de la guerre de Troie. Mais une si £siible induction n'a pas suffi pour accréditer une opinion si peu vraisemblable. On croit généralement aujourd'hui que ce traité des hiéroglyphes a été composé par un grammairien égyptien, dont Suidas parle, et qui, après avoir enseigné à Alexandrie et en Egypte , vivait à Constantinpple dans le quatrième siècfe de l'ère chrétienne , du temps de Théodose. L'ouvrage , tel que nous l'avons , est donné comme traduit de l'égyptien par un greè nommé Philippe, dont le style semble indiquer une très-grande altération de la langue' grecque. Au reste, le peu d'antiquité de cette composition se peut inférer d'un passage où Tépoque

DE BEITDEBAH. ao3

véritable de l'auteur se décèle. Il est relatif à la manière de figurer en langage hiéroglyphique Tinondation du Nil ( i ). « Les Égyptiens, dit - il , désignent or ce phénomène par l'emblème d'un lion , parce que ce lorsque le soleil entre dans le Lion, la crue du ce Nil devient très-considérable ; et , pendant qu'il « reste dans cette constellation (J^cd^ico) , l'inonda* <c tion atteint souvent les deux tiers de sa hauteur a totale. » Or, selon tous les témoignages des voyageurs anciens et modernes^ depuis Hérodote jusqu'à nos jours , le Nil commence à croître au-dessous de la dernière cataracte , immédiatement après le solstice d'été. Il se passe quarante ou cinquante jours avant qu'il ait atteint la moitié de sa plus grande hauteur , et il ne parvient au dernier terme de son accroissement qu'environ cent jours après le solstice. Conséquemment, à cette premièrç phase de la crue du Nil, que le passage cité désigne comme étant déjà très-considérable, le solstice devait être passé depuis un assez grand nombre de jours ; et il l'eût été , par exemple , de trente jours , si l'on supposait que cette phase répondît seulement au tiers de la crue totale; or, puisque , selon l'auteur, le soleil devait se trouver alors dans le commencement du Lion , si l'on suppose qu'il cite cet emblème comme signe, c'est-à-dire, comme douzième du zodiaque , il fallait que le solstice, antérieur de trente jours, s'opérât dans un point de

(i) Horus Apolloy ai* hiérog. , liv. i.

:»o4 SUR LE ZODIAQUB CI1ICUL1.IRE

l'édiptique qat fut de 3ô^ plu5 occidental , ce qui le reporte au conimencement du signe du Cancer; ^ ^ comme cette disposition , qui place les deux équiuoxes et les deux solstices au commencement des signet y ne fut généraleinent admise qu'après Hippiarque, il. s'ensuivrait que FouTrage qui remploie comme telle est écrit après cet astronome ( i ) , sans que l'on pût toutefois assigner de combien il loi est post^eur. Cette conséquence se trouverait confirmée par la seconde partie du même pas- ^aage, où il est dit que la crue atteint souvent les y de sa plus grande hauteur pendant que le soleil est ^ns le Lion; car, en calculant le nombre de jours

(i) Delanibre a remarqué avec raison ^e cette division ^'Hipparque était une consé({uence aatarelle de l'usage qu'U faisait de la trigonométrie sphérique pour calculer les déclinaisons du soleil et des autres astres relativement à Téquateur. Car y dans ce système, et dans ce système seul, la division de récliptique en degrés , minutes et secondes a la même «ngîne que les arcs de l'éclipdque et de Féquateur qui entrent dans les triangles sphériques; de sorte qne ces arcs se trouvent alors exprimés et donnés par la division même, sans <}u'il soit nécessaire d'y faire aucune réduction. Cet avantage n'a plus lieu si l'on met l'origine de la division dans tout autre point que les intersections équinoxiales ; ainsi un système de division qui place cette origine ailleurs qu'en ces peints , par exemple , an milieu des signes comme celui d'£u« doxe, décèle par cela même l'absence de la trigonométrie sphérique dans les applications. Aussi ne trouvç-t^on pas la moindre trace iTune opération qui la nécessite dans ce qui nous reste d'Ëudoxe et dans le poërae d'Àratus. C'est seulement à Hipparque qu'on la voit commencer. .

écoulés depuis le solstice, proparttonnellemetit k cette indication, il en résulterait que la phase qu'elle désigne serait postérieure de deux mois à ce phénomène , ce qui^qui ramène encore le solstice à l'origine du signe du Cancer, même en appliquant le passage à la fia du signe du Lion. Mais si, au lieu de supposer que l'auteur nommé le Lion comme signe , on veut qu'il le ïiomme comme constellation , ce qui, en effet, d'après Tes usages qu'il cite et les expressions qu'il emploie j pourrait être plus vraisesablabie , son époque ^èra encore récente mais o^ins indéterminée ; car afors ^ la première phase reportant ,lé soktice k 3o** à l'occident des premières étoiles du liott, lui fera

dépasser les étoiles du Caxieer, et le raitiéhera jusque dan^ les étoile^ iles Gémealutx; à qudî s^acçord^a auspi^la s0Ci»de phase plus tardtve rf'éhviron trente Jours, parce qu'en revenant dû ïiioH vers le Ca^er , ces deux cansladlations ensemble occupent, .çiiufrépliptique , beaucoup ftiotnsdë^dèûx dodécateinpries. Daiais ce cas, d'après le lieii qu'il donnerait aw solstice paismi' les étoiles, Retraité des hi^f[^lypbes s^ait dû quatrième Siècle aprè^ l'ère chrétienne ,. conformément à l'indication donnée par Suidas. Au reste, les ^pressions de Fauteur , en lesj appliqiiiant aux signes , dans ce passage, seraient kfû mêmes iqu'emploient Pline, Théon , et les autres auteurs postérieurs à Hipparque , pour dfeésigner le lieu du soleil dans i'é-

ao6 SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

cliptique, pendant l'inondation du Nil. Ainsi , Pline nous dit : €< Le Nil commence à croître avec a la nouvelle lune qui suit le solstice d'été. Ses ce eaux s'élèvent à une certaine hauteur pendant le i< passage du soleil dans le Cancer ; à ime trèsoc grande dans le Lion ; elles s'arrêtent dans la «c Vierge ^ et descendent ensuite par les mêmes a. degréis. » Si l'on supprime de ce passage Finterv^tion de .la lune-, qui est une supposition hypothétique ».lc reste exprime le progrès du phénomène dans le sens des signes, précisément comme nous le décririons encore aujourd'hui : car , les voyageurs français eli Egypte fixent ; par exemple , le comjiiepcement de la crue au solstice ou au 22 juin, à l'entrée du soleil au signe du Cancer; le milieu au 1,5 août, le soleil étant dans le signe du Lion,, son maximum vers la fin du signe dé la Yîerge^ ou au commencettient dé la Balance, du 20 au 3o septembre; après quoi les eaux baissent .. et vers le ,10 novémbreellès se trouvent descendues à la moitié dé leur- hauteur totale,- le soleil étant dans le Scorpion. Ayant constaté par cet indice physique le peu d*aritiquitë de. l'ouvrage dTIorus-Apollo , nous examinerons plus loin ce qu'il dit des rapports de Syriusavec Tannée égyptienne •; mais je préfère discuter d'abord un passage du scholiaste d'Aratus qui semble beaucoup plus propre à nous éclairer sur la nature réelle de ces rapports. Ce scholiaste que l'on

D£ BEKDERAH. SCT

croit être Théon d'Alexandrie, s'exprime de la manière suivante (i) « Les vents étésiehs , dit-il , ence vahissent la mer , lorsque le soleil est dans le « Lion ; et chez les Égyptiens, les clefs des temples « portent des figures de lion , desquelles pence dent des chaînes auxquelles un cœur est att»- « ché (â). Ils ont consacré toute cette constellation « (a<yTpov) au soleil ; car , alors le Nil se déborde , « et le lever héliaque dé l'étoile du Chien s'opère ce vers la onzième heure (3). Ils placent ^ à cet ince stant , le commencement de l'année ; et ils concc sidèrent l'astre du Chien, ainsi que son lever; ce comme consacrés à Isis. Ils sacrifient aussi à ce cette époque une caille, considérant. le ;..;.. ce de cet oiseau comme l'indice du temps de Tan-» « njée où ce phénomène à lieu (4). » Le mot «oJtpov employé par l'auteur , semble indiquer déjà qa'il veut désigner ici le Lion comme constellation' et non pas comme signe; mais le lever héliaque du

(f ) Arat. Phén. scol. sur le vers i55, éd'. Lîps., p. 45. ,

(a) Horus Apolio ciit que les Égyptiens désignent le Nil par un cceur auquel une langue est attachée. Ainsi le cœur suspendu par des chaînes à une figure de Lion, indiquait vraisenil>lablement le débordement du Nil dépendant de ce, signe céleste. Voyez la note I""*.

(3) Il s'agit vraisemblablement ici d'heures naturelles, et de la onzième heure de la nuit ; ce qui répond à une heure avant le lever du soleil. ,

(A) Le substantif qui indique le point de comparaison, est dans les manuscrits, «t(x>.[ao;. ou irrof fjtoç: Mais Tun et l'autre ck i'cs mots n'offrent pas de sens raisonnable.

ao8 SUR LE 2&ODIAQUB CIRCULAIRE

Chien, en Egypte, dont il £ciit une circonstance co-existante avec la prés^ice du soleil dans le Lion, achève de confirmer ce sens, en démontrant que c'est de la constellation qu'il parle. En e£fet, l'auteur des scholies existait vers le ir^ siècle de l'ère chrétienne, et il cite le lever du Chien, pour l'Egypte, comme une chose présente et qui a Ueu de son temps. Qr , à cette époque, lorsque SyriuÀ se^ levait héliaquement pour l'Egypte ; ce qui arrivât environ 27 jours après le solstice , le soleil ne se trouvait pas dans le Lion conféré pomocie signe; mais il était à la même longitude que les étoiles de la tête du lion. Car, par une circon* stance astronomique Jusqu'ici non ren^arquée, Boai$ d<>nt je donnerai toiït à l'heure la démonstrar tion évidente, depuis plus de 3ooo ans avant l'ère chrétienne, jusqu'à plus de 1000 ans après cette ère , c'est toujours dans cette i^ème constellation dû Lion, mdis en des parties différen^tes, que s'est trouvé le soleil au moment de l'année où lé lever héliaqae de Syrius a eu lieu en Egypte ; et en outre, depuis plus de f)oo ans avant jusque vers iooo ans après Fère chrétienne , c^est aussi lorsque le soleil était dans les étoiles du Lion , que le débordement du Nil s'est opéré : deux circonstances qui , sans doute , expliquent suffisamment pourquoi les Égyptiens avaient consacré la constellation du Lion au soleil , et pourquoi des âgures de lion étaient partout reproduites sur les clefs des temples ainsi que sur les tuyaux des

DE DEITDERAH. HOCf

fontaines sacrées comme Plutarque et Horus- Apollo l'attestent. Il parait donc par ce passage du scholiaste, que les Egyptiens de son temps considéraient le lever héliaque de Syrius qui coïncidait alors avec le débordement du Nil , comme le renouvellement de leur année agricole. Mais il ne nous dit pas si le même usage subsistait également dans les siècles antérieurs, où la même coïncidence n'avait pas lieu ; et surtout il ne nous fait pas distinguer si c'était alors la première apparition du débordement, bu le lever liéliaque qui déterminait l'origine agricole de Tannée. Il serait très-naturel de croire que ce devait être le débordement , puisque ce phénomène seul servait effectivement de règle fixe à l'agriculture, tandis que le lever héliaque ne lui offrait qu'un pronostic plus ou moiiïs vague et éloigné. En tout cas, on voit par un autre passage du même scholiaste, que cette idée du renouvellement de l'année agricole, était purement l'expression des rapports qui subordonnaient les travaux de la terre à l'état du fleuve, sans aucune application à la mesure du temps ; car il fait dépendre cette mesure de l'année fixe, chez ces mêmes Égyptiens,, dont il vient de faire mention. Le passage qui met ceci en évidence est relatif à la constellation de l'Hydre que le scholiaste décrit comme embrassant l'étendue de trois dodécatemories zodiacales ( Tptwv (xoipaç ^(oJwov ), celles du Cancer, du Lion et

2IO SUR LE ZODrAQIIE CIRCULAIRE

de la Vierge ( i) ; puis il ajoute : tf Les Égyptiens ont « appelé cette constellation le Nil ^ et ils en don - « nent des raisons très-plausibles. Car, sa tête se « trouve située dans la dodécateraorie sacrée ( rep <f TT^v Ufh^f (jLoîpav) , vers le mois d'épiphi , qui est t chez les Romains juillet; le milieu de son corps « répond au commencement du Lion , dans le « mois de mesori , qui est chez les Romains au* ce guste , et qui est aussi le milieu précis de ta « crue du Nil. L'extrémité de ce même corps se « trouve dans la Vierge vers le mois de tbot , qui ce est chez les Romains septembre , lequel est aussi « celui où le Nil cesse de croître. De là sa queue « s'étend sur la tête du Centaure et se prolonge « jusqu'aux serres du Scorpion. Car , dans le mois « de paophi , qui répond à octobre , le Nil s'a- « baisse ; et c'est ce que le corbeau , placé sur la <c queue de l'hydre , annonce avec évidence ; si- « gnifiant, par sa couleur noire, que le Nil va « disparaître. » Il est évident , d'abord , que , dans tout ce passage , le scholiaste décrit la position de la constellation de l'Hydre dans les dodécatemories zodiacales, puisqu'il caractérise la première de ces subdivisions par le nom de (xolpa, et qu*îl la rapporte, ainsi que les suivantes à des moiségyp' tiens présentés en concordance constante avec

(i) Schol. ad. Arat. Phén. , v. 443, p. 3o2^ et page io3, ià. Leip.

XME IHENBERAH. 311

lesknoîs de Tannée romaine) lesquels étaient fixes, ou censés Ë^es^ relativement aux solstices et aux équinoxes, en vertu de l'intercalation julienne. Qr, lorsque l'année -égyptienne devint fixe, le premier jour du moi3 de tbot répondait , comme on sait, et répc^nclit toujours depuis, au ag août julien ; d'où il est facile de conclure que les com^ mencemens de tous les autres mois répondaient aux jours dé l'ajpnée julienne que le tableau suivant désigne.

Thot. ....>..! tiQ août

Phaophi \ aS septembre.

Athyr. ,..* «.»<•.. « aS octobre.

Choïak «» «.«.<. 37 iioveai]i>re.

> Tybi* ...• 5 •••.«.» 4 ..••••-... •. %^ décembre.

Mecbir. ^ .a6 janvier.

Phanemôtb. . , a5 février.

Pbarmonthi 27 mars.

Pâcboû. ..... • «6 avril.

Payni. ..... 4 . « « . * . . s6 mai.

Cpiphi.. •.•• ^ ...«•>.*». V ... • a5 juin.

Mespn». • . ^ • . • . . »5 juillet. .^^

z^'' des jours complémentaires. ^4 août.

Maintenant , si l'on considère qu^ tous ces commencemens répondent k la fin d'un mois julien , on en conclura que chacun des mois égyptiens coïncide dans presque sa totalité avec le mois julien suivant; dilorson verra que les dates ,as^gnées par le Scholîaste aux diverses phases de la criife du ïîil, ainsi que les divisions du zodiaque auxquelles

il les rapporte, coïncident préciisément avec celles que nous avons données plus haut , d'après les voyageurs français; et ainsi Ton conclura encore de cette coïncidence qu'elles sont , de même qUe celles-ci , rapportées au zodiaque mobile. Mais , en outre, par là, nous pouvons^ connaître quelle était cette première dodécatémorie que le Scholiaste appelle sacrée ; car , puisqu'elle répondait au mois d'epiphi qui commence au 2 5 juin, c'està-dire exactement ou presque exactement avec le solstice, on voit que c'était celle qui suivait ce phénomène y et que nous nommerions aujourd'hui la dodécatémorie du Cancer (i). Etait-elle appelée sacrée à cause de sa coïncidence avec le solstice , époque constante du renouvellement àe la crue annuelle , ou parce que, depuis les temps les plus anciens, c'était toujours dans cette première dodécatémorie du Cancer que s'était trouvé le soleil , lors du lever héliaque de Syrius ? JLa première supposition semblerait préférable, puiâqu'en effet c'était le solstice et non pas Syrius qui ser- .vait d'époque fixe à là crue <ïu Ml*, objet de tous les vœux et principe de tous les travaux. Néanmoins, sans prétendre décider cette question, je me bornerai à conclure des citations précédentes

(i) C'est ce qui, est en eiïet oonfirmé par im autre manuscrit des mêmes schoUes également cité dans réd..de Leip., p. io3; car on n'y trouve- pas seulement, comme dans l'autre, les

mots : iteçt TTiv Upinv fAoTpav, mais Trept ttiv Upiv aotpav tou xapxivcû-

0E OEITDISllAH. . ai3

loe fait incontestable j savCNtr : . ^e , vers le quar jtrième siècle de l'ère, chrétienne , il y avait en Egypte des cér^onies, sacrées,, attachées à des époques fixes d^ Tannée solaire; et c'est , en effet, ce que noua atteste également Plutarque, pour 4!ép.oque à laqudle. il écrivait son traité dlsis ou jd'Osiris, puisqu'il y; rapporte aussiçertaines cérémonies, à dès dates fixes, et à des circonstances physiques, fixes dans la marche des saisons* Mai$ quelle preuve a?t-on que ices . cérémonies , :toujpurs relatives ^x. phases dju !N< il , qui sont ellesçaérnes fixes datis l'année spjiiire,: fussent liées à autre <;hose qu'à ces phases;, et se rappoitassent à une forme particulière d'année commençunt au .lever héliaque de.Syriu^; surtout dans les temps ^slnciens, où ce^leverne coïncidant ni aveic Finondation,' ni .avec. le commencement de la crue::, n'^î^frait qu'ûtx indicp vague, beaucoup plus difficile à observer que le solstice même? Rien assurâBenL' dans les passages qui précèdent, ne peut autoriser à tirer ceUe conséquence, à moins (qu'on ne leur donne une application rétrogr^^de, qui »n*y est nullement exprimée, Peut^on ayec plus de vraisemblance , l'établir sur le passage suivant d'Horos-ApoUo , que nous avona prouvé être d'une époque à. peu près pareille (i)?.« Lors- « que les Égyptiens veulent indiquer l'année , ils « disent seulement un quart ; parce que ;, selon

(i) Horus-Apollo, 5* hiéroglyphe.

2l4 SUR LE ZOÙlhXfO^ GUtCULAIRE

tt tuXy entre \m lever de Syrhis «< le leYor^uivant, 4t il faut ajouter nu quart de pur (au nombre en* « tier de jours écoulée. ) Car Tuinée sacrée est « Gomposée de 365 jours, ee qui feit qu'après « quatre ans il faut ajouter uu: jour enttôr. i» Mais <^t auteur étent postérieur > à 14n;trôduction de l'année fixe en É^pte, son témoignage relativemant à Pintercalaiion ne prouve rien pour les temps antérieurs ; surtout cette extension étant formellement contredite par tous les écrivains plus anciens; et, q^iant au i^dode emblématique •par lequel, selon lui, les Égyptiens indiquaient l'année de Syrius, il ne dit pas pon plifis qti^I fi!it andennemeni usité , mais seuletpent qu'il Test à l'époque ou il écrit. Or nous savons en effet , que l'intervalle constant des levers héUaques de Syrius âevait être connu alors. Et, de même ^ l'astrologue Vettius Valens, qui^vivaitdii temps d'Adrien, parlant de la détermination dû point du ciel, dont l'inQuence dopoiine tons lès événemens de l'année , a pu écrire : « Les anciens ont «( généralementehoisilanéoméme deThoth^ popr « l'époque dominante de l'année et de tons les « mouvemens qui s'opèrent dans l'umvers ; car « ils domptaient le commencement jde Tannée de* « puis cet instant, et pius Ttatureilement^ depuis « le lever héliaque du Chien (i). » Dans un au-

(i) Voyez la discussion critique du texte de ce passage, dans la note 6,

DE ]>£ND£RAH. ai5

teur ]K>stérietir de lao ans à Tère chrétienae; cette dénomination êi anciens employée eu passant, d'une manière générale et vague, peut très -bien désigner des écrivains antérieurs de quelques siècles , tel que pouvait être , par exemple ^ Ëudoxe de Guide qui, au rapport de Plioe, considérait la succession de tous les évènemens naturels comme embrassée par une période quadriennale ^ ayant son origine et sa fin marquées par le lever hé- Itaque de Syrius; mais ce serait étemlre le sens de ttXtei e!x:pression d'une façon étrange que de vouloir, eomme Baimbridge jet Fréret même, la faire remonter jusqu'à treize ou quatorze rsiècles avant l'ère chrétienne, pour l'appliquer aux anciens égyptiens. D'autant, ,qne l'alternative de choisi cque Vettius laisse entre le lever de Syrius et la ii^éoménie de Tbot, ^eux phénomènes générale- 'metat d'époques biea différentes ., montre que l'origine dont il parle n'a qu'une application astrolojgique, c'est-à-dîjPQ qu'elle marque seulement le point duquel il faut partir pour marquer riiifluence à laquelle chaque instant suivant de l'aïuiée est soumis* Or , ce choix n'a pas le moindre rapport avec isme forme spiéciale d'année agricole ou civile que l'on cotàmencerait à l'instant ainsi dési-- ^gné. C'est aussi ce que montre évidemment li^ |>assage lui-même, lorsqu'au lieu de le présenter isolément connoe l'ont fait jusqu'ici tous les au-* teurs qui l'ont rapporté ; on le rapproche de tout l'ensemble .du chapitre qu'il renferme, lequel traite

ai6 SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

Du signe dominateur de Vannée. Il nous reste ezifih a discuter le passage souvent cité de Porphyre, qui , dans sa bizarre dissertation, sur un passage de l'Odyssée , dit : « Les Égyptiens ne commencent pas c( leur année comme les Romains au Verseau , mais « au Cancer : car , près du Cancer , paraît l'étoile a Sothis que les Grecs appellent l'astre du Chien; et « le lever du Chien est pour eux le renouvellement ce de l'année ( veo|jLriVÎa ) , parce que cet astre do- « mine l'époque de la nativité du monde. » Il n'est pas facile de donner un sens précis et rigoureux à ce mélange d'idées astronomiques et astrologiques ; cependant on pourrait encore le comprendre en supposant qu'il s'agit ici du Cancer comme signe et non pas comme constellation.

Car, depuis 2800 ans avant l'ère chrétienne jusqu'à près de 1000 ans après cette même ère, c'est toujours dans la dodécatémorie du Cancer que s'est trouvé le soleil à l'époque de l'année où Syrius se levait héliaquement pout l'Egypte. Ainsi Porphyre pouvait dire qu'une année dont le commencement était fixé au lever de Syrius, commençait aussi au Cancer , quoique non pas au premier point de ce signe. Si de plus on fait attention qu'au temps de Porphjrre le. lever héliaque de Syrius en Egypte, devait, à fort peu près, coïncider avec le débordement du, Nil , origine naturelle des travaux agricoles, on verra que ce passage dit absolument la même chose, que , le scholie de Théon rapporté plus haut ; et qu'ainsi

DE DENDERA.H. ÎÏIT'

l'on ne peut absolument rien en conclure pour les temps antérieurs. Quant à ce , que Porphyre ajoute que le lever de Sothis domine la nativité du» monde, ceci parait être une allusion aux idée» astrologiques que l'on avait attachées à la période caniculaire, bien certainement connue du temps de Porphyre, et dont le renouvellement matbé^ matique s'opérait, comme nous l'avons dit^ aux époques distantes de i4^i années vagues où le^ lever héliaque de Syrius se trouvait coïncider avec le premier jour de Thot. Les astrologues considérant tous les évènemeus de chaque année comme soumis à l'influence de l'aspect céleste qui la commençait , avaient jugé que l'origine de la grande année héliaque devait présider à un événement beaucoup plus général, et ils l'avaient appliquée à la naissance du monde. Quelques-uns d'entre eux , par exemple , Firmicus , croyaient que cette grande année marquait le temps après lequel toutes les planètes devaient se retrouver à la fois en conjonction. D'autres en avaient composé la durée de la vie du phénix qui renaissait de ses cendres après i^6î ans, et cette fable se trouve dans Tacite. Sans doute des interprétations pareilles prouvent des notions fort imparfaites d'astronomie. Mais rie semblent-elles pas déceler aussi une application bien peu ancienne , et bien peu usuelle, de la période même? car, si. elle eût été depuis une haute, antiquité réellement connue et employée; si, par exemple, on en eût

!llB SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

embrassé uoe révolution entière par des observations effectives, est-il probable que le sens en eût été assez peu répandu pour qu'on ledéfigurât ainsi ? Quoi qu'il en soit , il nous suffit d avoir montré par la ^iscu^ision précédente , que le passage de Porphyre dont on a voulu s'appuyer pour prouver Fantique usage d'une forme d'année égyptienne commençant au lever héliaque de Syrius , n'est d'aucune autorité à cet égard ; et cela , par la tnéme raison qui s'applique aux passages d'Horus-Apollo, de Théon, de Veltius Valens ; savoir : parce que ces écrivains, tous postérieurs à l'ère ehi^tienne , expriment uniquement ce qui se fai- «sait de leur temps,. sans en étendre Tapplication à l'antiquité ; et , que pour leur temps même ^ •èe qu'ils disent peut très-bien ne concerner que iàtH usages religieux ou astrologiques , indépen- ^lans de ta forme de l'année. Tirer de là la preuve, fckï seulement la présomption , que les mêmes dé* Germinations fussent connues et emplc^ées sçien<- •*ifiqùement depuis une très-haute antiquité ^ ea Egypte , avec un degré d'exactitude qu'elle* n'onl; ^s même dans les auteurs qui les citent , c'est ee ^ui semble absolument contraire aux règles de îa logique; car les écrivains dont il s'i^it^ n'indiquant point cette haute antiquité , dans le sens •qu'on lui donne ^ et n'étant pas même y à raison <le leur époque récente , suffisans pour l'attester , ^^ouloir l'établir sur des expressions qu'ils appli- -quent à une chose actuelle^ c'est donner à leur

témoignage une application antérieure qu'il ne comporte en aucune manière, qu'ils ne lui ont pas donnée eux-mêmes , et qui se trouve démentie par le silence absolu de tous les écrivains plus anciens qui se sont spécialement occupés de chronologie ou d'astronomie. Rejeter ceux-ci pour suivre indéfiniment quelques indications vagues; détachées des autres, c'est, autant qu'il soit possible de le faire , conclure du particulier au général, et du présent au passé le plus éloigné. Tout ce que l'on pourrait inférer de ces indications avec quelque vraisemblance , en leur donnant la plus grande extension possible , ce serait que l'époque annuelle de l'inondation , si importante pour l'Egypte , ayant dû être de tout temps , dans ce pays, l'objet de l'intérêt le plus puissant, et des observations les plus attentives , on a dû , fort, anciennement, s'attacher à remarquer les circonstances de toute nature qui pouvaient ou l'annoncer , ou la signaler. Dans ce nombre , la plus régulière , la plus frappante, la plus facile à reconnaître était , sans doute , le solstice d'été dont le retour annuel coïncidait nécessairement, et d'une manière absolument fixe, avec le premier accroissement des eaux. Les plus simples observations de longueurs d'ombres sur des gnomons perpendiculaires , ou la seule remarque du retour du soleil levant aux points de l'horizon qui limitaient annuellement sa marche vers le nord, suffisaient pour trouver très-exactement cette époque

aaO suit LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

importante des solstices , ainsi que la durée approchée de l'année tropique, durée que l'on put supposer d'abord égale à 365 jours, puis bientôt à 365 jours j. C'était assez de ces résultats pour toutes les applications usuelles. Mais , on peut remarquer encore que, vers l'époque du débordement, et toujours plus ou moins long- temps avant ce phénomène, une étoile très-brillante, la plus brillante du ciel, en un mot Syrius, se montrait le matin près de l'horizon , avant le lever du soleil. On put donc joindre ce pronostic aux indications plus savantes des longueurs ou des directions d'ombres solsticiales, commje on y joignit également le premier souffle des vents étésiens, l'apparition de certaines espèces de poissons dans les eaux du Nil , et cette particularité inconnue qui faisait sacrifier une caille vers le même temps. Rien n'empêche que ces remarques n'aient été très - anciennement faites, puisqu'elles supposaient seulement des yeux et un motif d'observer. On avait donc pu aussi, dans des temps très-reculés et sans aucune notion précise d'astronomie , remarquer qu'à l'époque de l'année où Syrius commençait ainsi à reparaître , le soleil se trouvait toujours dans un même groupe d'étoiles zpdiacales; car, cela a eu lieu constamment ainsi depuis plus de trente siècles avant l'ère chrétienne jusque bien long-temps après cette même ère. Il était donc aussi naturel que facile de consacrer ce. groupe au soleil, en l'appelant Je Lion; et cela se pouvait faire sans aucune science. On

DE DEITDERAH. 121

pouvait de même, sans science, faire dire à Isis,' sur ces antiques colonnes dont parle Diodore : « Je « me lève avec l'astre de la Canicule. » Mais, entre ces simples indications et des déterminations pré* cises, entre ces annonces larges et des fixations astronomiques dé date rigoureuse , il y a une diffé rence infinie , et il peut s'être interjposé beaucoup tle siècles; non pas tant à cause de la difficulté d'obtenir de pareils résultats, qui n'était pas trèsgrande en elle-même, ainsi que nous l'avons plus haut fait voir, mais à cause de l'esprit d'exactitude et de calcul que leur recherche suppose; esprit qui a pu tarder aussi long-temps à naître chez les Égyptiens , qu'il a tardé chez les Chinois où , depuis un temps immémorial , l'observation , disons mieux , la contemplation des astre^, forme de même une partie essentielle du gouvernement et de la religion.. Or, poiu* prouver qu'un tel esprit existe dans une nation , ce n'est pas assez de quelques idées isolées , sur le' système du monde , où sur le retour des comètes que nous reconnaissons aujourd*hui , comme conformes à la nature. Dépareillés idées peuvent naître sans aucune science , et sul)sistOT long-temps sans aucune fécondité. Il faut bien qu'acnés se? développent comme d'autres , dans la multitude des chances qu'offrent les combinaisons de l'esprit systématique, lorsque lé frein du calcul et de l'expérience ne le retient pas. Ce qui peut attester l'existence d'une science véritable, et ce qui seul peut l'attester, c'est la précision dés

'^QlIX sur le %ODlA.qUE G1EC13LÂIRE

résultats, et la recherche méthodique de leurs déterminations. Or, de telles preuves , nous n'eu trouvons aucune dans l'ancienne Egypte. A la vérité y nous voyous bien que l'époque précise du lever héliaque de Syrius , et la période exacte de ses retours, y sont connus et employés après Hipparque et Ptolémée ; mais , sachant que ces ;grands astronomes avaient enseigné les moyens de calculer théoriquement ces phénomènes,^ et ne trouvant, avant eux, aucune trace certaine qui jnontre que l'on sut le &ire , nous n'avons ^ucun droit d'aflBrmer que cette connaissance leur fut antérieure. Et même, d'après l'intérêt puissant et personnel qu'ils avaient à rechercher des résultats astronomiques pareils, afin de s'en ^ervir pour donner à leurs propres travaux des fondemens plus solides , nous devrons plutôt être portés à croire, que s'ils n'ont pu eux-m^êmes eu découvrir aucun vestige , c'est qu'en effet ils n'existaient pas auparavant. En général, on ne peut se faire à priori, une idée du temps qu'il a fallu, ou qu'il faudra, pour développer, dans une nation , l'esprit de précision et de recherche. Qu'on nous dise pourquoi l'antiquité grecque, si féconde en guerriers, en orateurs, en poètes, en philosophes, et même en géomètres pleins d.e ^nie^ n'a pas produit un seul homme qui sut observer lés lois de la nature physique , les conistater par des mesures précises, les développer |>ar des expériences imaginées à dessein. Pour-

DE BEKBERAH. %Vk'S

quoi , après des Eucikie et des Arcbimède ^ a-t-il fallu qu'il s'écoulât vingt siècles , avant que cette idée si simple , de faire des expériences pour constater les lois abstraites des phénotoiènes^, sortit de la tête d'un Galilée? Personne , sans, doute^ ne saurait le dire. Mais, il n'en est pas moins certain que cette seule idée , si tardive , a ouvert Ik route fermée jusqu'alors , et a produit ^ en deux cents ans, mille fois plus de découvertes^ que n'en, avait fait l'antiquité tout entière, et que n'en aurait fait une autre antiquité , qui aurait suivi: celle-là , sur les mêmes erremens. Il se peut que^ l'astronomie, l'astronomie exacte qui calculé et qui mesure , ait eu , dans son développement , d^s phases pareilles. Il se peut qu'elle ait été bornée ,. pendant des siècles, aux seuls résultats qu'une longue contemplation du ciel peut faire reconnaître , sans trigonométrie sphérique ^ sans calcul mathématique et presque sans instrumens ^ jusqu'à l'époque où le génie de l'observation a paru et en a fait une science féconde. Sur cela nos propres réflexions ne peuvent nous kistruire ^ et les restes littéraires de l'antiquité peuvent seuls nous apprendre quelles ont été ces périodes suc^ cessives par lesquelles a passé l'esprit humain* Or ^ aucun document pareil ne nous montre Fastrono^ mie mathématique existante avant Hipparque; nous assistons même, pour ainsi dire, à sa première en£aince ; nous la voyons naître avec les observations de Méton , d'Aristille et de Timocharis.

-ai^ SUÂ LE ZOBIAQUE CIRCULAIRE

<5iiene raison aurions -nous de leur enlever cette gloire pour Fattribuer aux anciens Egyptiens dont nous ne connaissons absolument aucun résultat qui -suppose plus que la simple inspection du ciel. Il serait évidemment contraire aux règles de la critique d'agir ainsi , et une pareille extension de conjectures appliquée aux questions historiques produirait les plus grandes erreurs. Mais, ici, un autre motif très-grave doit contribuer encore à nous rendre cette ancienne science fort douteuse ; c'est qu'à l'absence des résultats , il se joint l'existence d'une circonstance physique qui devait les rendre presqu'impossibles à obtenir. Car, au rapport de tous les astronomes qui ont essayé d'observer en Egypte, a L'horizon y est toujours si chargé de « vapeurs que , dans les belles nuits , on ne voit « jamais d'étoiles au-dessus de l'horizon, dans la te seconde et troisième grandeur ; et que le soleil , « même , à son lever et à son coucher, se trouve ente tièrement déformé ( i ).» Ces expressions de Nouet, l'astronome de l'expédition d'Egypte, ne sont pas obscures : lui-même a tenté d'observer , en Egypte , des levers héliaques , et n'a jamais pu y réussir. On en sera peu surpris si l'on veut, comme je l'ai fait, essayer par l'expérience combien de pareilles observations sont difficiles et incertaines, même dans nos climats septentrionaux, et dans

\x) Mémoire de Nouet sur les antiquités de Denderah, inséré dans les œuvres de Volney, tome v, p. 425,

DE DENDEUAH. !ia5

les horizons les plus tranchés de nos nuits d'hiver» La nébulosité constante que Nouet attribue à rhorizon de TÉgy pte , ainsi que la déformation du disque du soleil à son lever , semblent devoir y résulter , non seulement des vapeurs répandues dans l'atmosphère , mais encore du mirage perpétuellement existant sur les plaines arides et sabloneuses du désert. Un horizon nébuleux n'est point un obstacle pour nos observations actuelles qui se font toutes à de grandes hauteurs des astres ; afin d'éviter les irrégularités des réfractions atmosphéi^iques. Mais c'en était un très*grand pour les anciens 9 dont l'astronomie, avant Hipparque, se fondait presque entièrement sur des observations de levers et de couchers. Peut-être , sous ce rapport , les habitans de la Chaldée étaient-ils plus favorablement placés que ceux de l'Egypte ; et c'est aussi pour cela, peut-être., que c'est d'eux, et d'eux seuls , qu'Hipparque et Ptolémée ,ont pu .tirer d'anciennes observations. Lorsque les écrivains latins ou grecs veulent citer d'anciennes méthodes d'astrologie ou d'astronomie , ils nomment presque toujours les astronomjes chaldéens et les méthodes chatdéennes; rarement ou jamais les Égyptiens. N'y a-t-il pas une singulière force dans ce silence , constant et unanime ? Pour moi, je voudrais pouvoir trouver les anciens Égyptiens plus savans en astronomie. Je crains que les efforts de ceux qui ont voulu relever leur science, dans ces derniers temps , n'aient contribué à dimi-

a!l6 SUR LE ZODIAQUC CntCCLAIRE

nuer l'idée que l'on s'en formait , en la jugeant iVun point de Tue plus éloigné. On ras^mbte aujourd'hui de toutes parts, avec le plus grand zèle , toutes les citations qui pourraient leur faille attribuer quelque découverte précise ; pout suppléer au silence de tous les grands astronotkies de l'antiquité , on a rapporté quelques passages isolés d'auteurs arabes qui leur attribuent tardivement la connaissance assez approchée de Tannée sydérale ; on a présenté cette connaissance comme étant mystérieusement renfermée dans une sorte d'ériîgme proposée à Hérodote par les prêtres d'HéKopolis, et que ce père de l'histoire rapporte avec sa fidélité ordinaire; quoi qîiHl soit évident , par ses paroles mêmes , que le nbtfabre que l'on prétend interpréter, n'est pas dans renoncé égyptien, et qu'il résulte seulement du mode arbitraire d'évaluation qu'Hérodote y applique (i)! Mais ne doit-ôn pas s'étonner de trouver si peu à leiir donner, après tant de concessions ? Au lieu d'admirer qu'ils eussent reconnu à peu près exactement l'année tropique et Tannée sidérale , s'il était vrai toutefois qu'ils lés eussent ainsi déterminées , on devrait être isurpris qu'ils n'eussent pas fait davantage en <ant de siècles , et qu'ils n'aient pas transmis autre <îhose à la postérité. Lés pyi^amides, dit*on, sont

(ï) On vevra plus loin, dans la note 7% Texposé des diverses interprétations que Von a voulu donner à ce récit.

fort bilen orientées ; n^is cette orientation était très^facile à l'aide des amplitudes ôrtîves et oc- •eases des étoiles, ou du soleil aux époques des solstices. Or il paraît qu'ils observaient de pareilles amplitudes; car, la direction des temples de Denderah et d'Esné, si exactement appropriée à l'observation des levers et des couchers de Syrius, semble en être une confirmation évidente. Maïs, avec ce seul procédé , ils auraient pu aisément découvrir en quelques siècles tous les fondemens dé l'astronomie ancienne , et même }a précession des équinoxes. Comment ne l'ont^ils pas fait? Ou, s'ils l'ont fait^ comment ies astronomes qui sont venus après eux , l'ontHls éntîèreikient ignoré ; quoique à l'époque où plusieui^ d'entre eux existaient , la langiie hiéroglyphique fût encore intelligible , et qu'oni eût même traduit en grec les {mémoires des prêtres ? Je ne vois réellement qu'un seul moyen de concilier ce silence général dès faits et des écrits aVec la suj^po^tion de cette ancienne science astronomique si étendue, que l'on veut continuer d'attribuer aux Égyptiens. C'est de dire ^ et on l'a dit en effet, que toute cette science, principes, méthodes, résultats, a péri lors de l'invasidri des Perses, par conséquent ^ avant l'époque d'Hérodote et de tous les écrivains qui nous ont décrit l'Égyptci après lui ; que ^ dans ce désastre général 4. tolis ies prêtres qui possédaient la lahguè sacrée des anciens Méroglyphes où se trouvaient consignés les

22l8 SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

trésors de la science , ont péri également. En sorte . qu'il n'y a plus eu après >eux , que des imposteurs ignorans , qui se flattaient faussement de les connaître. Il est évident que cette supiposition expliquerait parfaitement pourquoi les historiens et les astronomes qui ont étudié les sciences et les connaissances de rÉgypte depuis cette époque fatale , n'auraient rien pu recueillir d'un si riche héritage , ou ne nous en auraient transmis tout au plus que quelques débris. Grâces à cette supposition ^ l'on peut encore conserver pour l'antiquité égyptienne toute la vénération possible , sans qu'on puisse y rien objecter, sinon qu'avec un semblable mode de raisonnement , fondé sur des faits inconnus qui arrivent et disparaissent , en ne laissant point de traces, il n'y a plus du tout d'histoire. Pour nous, et, à ce que nous espérons, pour tons ceux qui veulent encore s'en tenir à la méthode critique dont les faits réels et attestés sont la base, il nous suf&ra ici d'avoir montré que le grand cycle sothiaque de 1460 années juliennes, et l'année héliaque de 365 J~ dépendante dé Syrius, sont des résultats qui ne portent pas en euxmêmes la preuve nécessaire d^ine antiquité reculée ; et qu'il n'aurait pas fallu de longs espaces de temps pour les déduire d'observations même fort grossières. Nous avons vu d'ailleurs que les traditions littéraires qui nous les sont transmis, n'assignent point l'époque où on^ Içs a imaginés. Si donc on prétend en reconnaître Timageisur des

DE DElVDEEilll. a 29

mônomens que Ton suppose avoir été construite , k des époques très-reculées et très-distantes les unes des autres, il faudra faire sortir cette con- ' clusion, des monumens mêmes, et rétablir par la seule discussion des tableaux astronomiques qui y sont tracés. Car, agir autrement, ce serait tomber dans l^icercle vicieux le plus palpable; puisqu'après avoir établi l'antiquité . des ibohu* mfns par celle de la science, on préfendrait prouver celle de la science par les mbnumens.

Examinons dbnc, sous ce point de vue , le sys^ téme d'interprétation que M, Fourrier applique aux zodiaque» d'Egypte , H que nous avons plus haut textuellement rapporté. Selon lui , ce sont des représenta tions,: et dés représentations faites à dix<i huit siècles de distance les unes des autres de cette période héliàque iunuelle., dont nous venons de voir l'existence tardive attejAéé sieulement par quelques témoignages douteux ;^et dont. T^utiquité, qui devrait être prodigieuse , n'eit absolument établie sur. aucune autorité historique^ Selon lui encore, les différens modes, d'a|)^ès lesquels la; série des douze signes du zodiaque, y est partagée , répondent aux différentes consleliations ds^us lesquelles le .soleil s'est successivement ixouvé, lors du lever béliaque de Syriu^ ,, d^ns le temps où chaque monum^ent a été <:ônstruit. Quie l'objet de ces tableaux soit une périQde.hélia;que, M. Fourrier le conclut uniquement , et peut imiquement le conclure, de ce que^surVun d'eux ^ on voit une tête

a3o SUR LE ZODIÀ4^IJE CIRCULAIRE

d'Isis/enveloppée par des rayons qui sjemblait n'être pas tout-à*^ait s^métriquemeiït dirigés par rapport à ses deux feces latérales : mais cette inter*^ prétatioh n'a rien de nécessaire, car on peut aussi bien considérer un pareil emblème comme Tiraage d'un lever simultané , ou presque simultané de Syrkis avec le soleil , ainsi que 1^ calcul du zodiaque circulaire nous l'a indiqué. M. Fourrief suppçse ensuite qne celui des douàe- signes cfui est le premier, de la série sortante dans les 20^ diaques^ rectangulaires , désigne la constellation que le soleil parcourait la première »prè^ le renou-^ Tellement de Taanée héliaque ; et qpe le dernier signé de la série entrante , siérie qui peut être considérée comme la suite de Pautie , désigne la constellation dans laquelle le soleil se trouvait à la fin de cette même atinée, lors; du kt^ér hé-^ liaque de Syriu^. Il fotidé cette interprétation sur deux motifs ; run< est' la substitution de* là tétp d'Isi^ à la place du deit^ier signe de la série en^ trante dans le zodiaque rectangulaire de- Denderah; en effet, si cette tété enveloppée de rayons désigne le lever béliaque de Syrius , sa:substittt'^ tion à la place que devrait occuper le Cancer, doit vraisemblablement signifier que le phénomène qu'elle exprime arrivait dans cette constellation. L'autre métif consiste en ce que j sur le zodiaque circulaire, la disposition des douze signes lui paraît former une spirale continue , dont le Cancer , plus rapproché du centre que tous l<fs

autres > est le dernier terme , et le Lioq le preiniei*. £n efFet , si l'oa suppose que le développepieMt ^e cette spirale se fasse du coté que les signes regardent, il s^e, trouvera conforme à Tordre de mapcbe du zodiaque rectangulaire ^ et confirr 9^,ra ainsi Tidée de premier et de dernier appliquée au Lion et au Cancer. Mais, de ces deux n^oti& j Tun dépend de Tinterprétation précédemmenit attribuée k la f^éte d'Isis ,. de sorte qu'il n'apporte piir lui-Ufcepie aucune probabilité non* velie , et est sujet aux mêmes objections ; qusm!: k l'autre qui se tirerait de la disposition spirale des $i^^ da,us le zodiaque circulaire, cette disposition me siçmble absolua»yit inadmissible ; c^r , nQn-sçji^ leraent on peut^ comme l'a i^it Yisconti, et coxnme IQ0US avons été ^ussi qçmduits k le faijris • consi>dérer ce Cancer exqentrûji^e conmoie rejeté entièj^emçnt, et expçèsj.hoçs de la série générale^ afi43L die pouvoir mettre à sa place, çt en Û^e, la figurç qu^ poi*te une légende ei^pUçatiye ; m^^^s ffi^fiWj^^ f^ l'on accpr^ait qu'il ^ût çtre géométriquempiih liié avec les autres emblépoies , cela ne sei^a^t pais encore asses pour établir entre ceux-ci une .spii|f cpntinriie ; car , cette spire se trouverait Tpvy fiée et inten?(Hnpue sa,i Bélier et à la Salaççe^ qiii ^iit évidemment plus rapf»rqchéç du centre qu'il ne conviendrait à la continuité d'une pareille Cpurl)e; et dont la disposition propre , ain^i que qelle des.sigfies qui les avoisinent, ne saurait japaafs se plier à cette coniplète uniformité d'in-

â3a SUR LE ZODIAQUE GIRGULAÎRE

flexion sous laquelle M. Fourrier les représente dans les planches qui accompagnent ses mémoires. Du reste , M. Fourrier n'assigne entre leà parties de ces zodiaques aucune relation géométrique rigmireùse. Il ne voit même dans le zodiaque circulaire aucun indice d'un mode régulier de projection , ce qui serait , en effet , incompatible avec la disposition spirale des signes sur laquelle il se fondé. Ainsi donc ce système d'interprétation , ne reposant pas, du moins à ce qu'il nous semble, sur des autorités historiques que l'on doive admettre, et n'offrant dans ses bases , ou dans ses applications , aucun élément géométrique précis par lequel on puissse le saisir et Téprotiver , il est évident qu'il ne saurait lui rester pour appui que lès inductions plus ou moins' plausibles qu'îl peut suggérer pour l'explication des emblèmes ^physiques ou astronomiques * distribués sur ces m onUmens. Or, si de telles explications sont toujours en elles-mêmes assez incei-taines , que sera-ce, si on les transporte des zodiaques de Dénderah à ceux d'Esné , où 1 on ne ti'ouVe flus ni le Aiênie mode de partage des signés , ni une tête d'Isfe dans les rayons du soleil , ni rien absôlumesft qui indique le moins du monde que l'on ait voulu y désigner des levers héliaqties de Syrius. Alors, pour appliquer à ces monumens la même ititerprétation , on pourra uniquement s'autoriser de ce qu'ils offrent aussi la série des douze signes du zodiaque distribués en deux bandes parallèles.^

ms D£jsr]>£BAH. i a33

dont l'une entre dans le temfile , et Tautce en sort. Et ; coznme le zodiaquç céleste n'a pu , à ce que M. Fo;urrier suppose , être parf agéainsi par le com-; mencçment et lafin de l'aiinée héliaque qu'à de$ époques antérieures de quinze ou vingt siècle&.à celle quç le monument de Denderafa désigne, il fau^lrà^ pom* suivre une si frêle analogie, soutenir sans aucune autre preuve et contre toutes les 6b* jections historiques les plus puissantes, qu'tm pa-» ireil étàt'du zodiaque ja été en e£fet anciennement observé, éf sculpté sur les portiques où lesta^* btetiux existent. Enfin , comme la coriiposition de ces tableaux, la forme des emblèmes, le style dés sculptures et de toute l'architecture même des temples où ils se trouvent^ offre à l'observateur attentif un état de l'art presque absolument identique, on se trouvera encore engagé k affirmer, contré- toutes les vraisemblances mo»raies , et contre le témoignage de l'expérience la plus universelle , que la ràain , la pensée , la vo.- Idnté , sont demeurées invariablement fixés pèn** dont trente ou quarante génération^ succe^tes;, tant chez ceux qui ont exécuté ces monûmens.^ que chez ceux qui les ont érigés. Nous faisonsnous illusion en pensant que la série des coiisé» quences quç nous venons d'exposer ^ devrait suffire pour faire abandonner le système dont elles dérivent, quand nous n'aurions pas montré d'a> bord combien ses bases sont ^ peu solidement établies? ' ,

^4 SUR LE ZOOIAQDB CinCUIAlRE

Maïs j qu*est-iL besoin de hii opposer des iaduc^ tions tirées de la critiqae. Le prinetpe même , le priacipe mathéœattque sur lequel toute l'explicar tion repose n*a rien de réel. Jamaî&, à t'époqiie du^ lever hélîaque de Syrius en Egypte ^ le. soleil lie, s'est trouvé occuper dans le ciel les positions successives que M. Fourrier lui assigne, e$ quit prétend reconnaître dan& les zodiaques de Dep* derak et d'Esné.

Pour ne laisser à cet égard aucun doute, je rappelerai de nouveau ici les propres tenpes dans lesquels M. Fourrier a décrit les lois astronomiques de ces dëplacemens , tels qu'il les supposéi^ Je le tire de son mémoire intitulé : Recherches sui^ les Sciences et le Gouvernement de TÉgypte , pages i4 et t5. « Le point , dit-il, où se teroiijae: Tanuée « d'isis , c'est-à-dire, celui où le soleil doit p^u^Ve- ^.nir pour renouveler le lever héliaque de Syrius «!• nrest point fixé dans le ciel ; il se meut par r£ip- « 'port aux étoiiies : il était encore dans le signe «.du Lion vers le milieu du xxv^ siècle ayaot. Tère «chrétienne, lorsqu'on imposa en Egypte^ aux 4t' constellations zodiacales' des qpiQS et des figures « propres. à ce climat. Environ trois siècle^ après,* « il était au poânt de division qui sépare le Lion à du Cancer ,' et il s'est avancé dâ plus eu plus « dans cette deroière consteUtUibimj... •« » Dan^.le paragraphe suivant , M. Fourvier sgou^ç .: « Les « 'Égyptiens ont connu , par le lopgiusage de 1 4U- « née caniculaire , le déplacement progressif du

« point héliaque. Ils ont vu autrefois celte année fc se temiinei? lorsque le soleil était entré dans le « signe, dn Lion. A cette époque le lever de Syrius « suivait de pçu de jotirs le solstice d'été. L'inon- « dation avait lieu un mois après, dans le signe tf de la' Vierge. Ce premier état est représenté dans

a les deux temples deLatopolis ils observèrent

« dans la suite, que le soleil n'était point encore « sorti» de la constellation an Cancer lorsque le le- « vev hélkque de Syrius désignait la fin de Tannée fit naturelle de 365 jours ~. Ils représentèrent l'an- « née dans cette nouvelle position , c^ que Fon « obs^pve sur les deux monumens de Tentyriâ.

«îQn reconnaît distinctement, dans le zodiaque * yecrangulaire du temple d'Isis , que le terme de «t.rannée agric^ole est marqué dans le ciel par la fc première apparition de Sothis, le soleil étant » dans le s^ne duCancer. »

Dans ce pas^ge , et dans les autres pai^ties du mëmqiré de M; Fourrier, le mot signé alterne souvent avec celui de consteiêaiion. Néanmoins , l© sens veut qu'ici ce soient lei constellations que Mi Fourrier désig^ie. Gar^ il dit, que, vers le xxv*^ siècle de rère chrétiennq, le soleil se trouvait dans le sigoie dti Lion, lors dix lever bélikqiié de Sytitis ; tu il ajoute : que ce lever suivait alors de peu de jours le soltice d*été^ Or le soleil au solstice d'été ne peut jamais se trouver dans le Lion , considéré comme signe. Il est nécessairement dans le signe du Cancer. Mais il peut se trouver dans le Lion ,

236 SUR LE ZODIAQUfi.CflfeCnLAII^E

comme constellation; et il s'y trouvait en'efiet au xxv« siècle avant l'ère chrétienne : c'est donc aux constellations, et non pas aux signes 4 qiie M. Fourrier a entendu rapporter ces positions, • En. tout cas , les constellations et les signes étant des choses très-différentes , puisque les unes sont fixes dans le. ciel., tandis que les autres. sont mobiles avec Tintersection équinoxalç , il est évident que les expressions qui les désignent doivent toujours, être prises suivant une acception constante dAn$ le même système* Ainsi, lorsque M. Fourriuer ^qppose que,, depuis le xxv* siècle de l'ère chrétienne, jusqu'aux derniers siècles qui ont {Mi*écédé cette ère , le soleil , k l'époque du lever héliaque de Syrius en Egypte , a successivement passé du Lion dans le Cancer, cette transition doit s'entendre', §oit des deux signes, si M. Fourrier a voulu nommer le Lion et le Cancer comme signes, ce qui est toutefois. peu probable, soit des deux constellations , si ce sont les constellations .qu'il » voulu désigner. Cela posé, il est très ai^é de dé« montrer que;, depuis 2782 ans avant, l'ère chrétienne, ju^u'à j3i^ atis après cette ère.>:et l'on pourrait encore étendre, plus loin ces limites, le soleil lors du l^ver.héliaque de Syrius en Egypte , s'est toujours! trouvé , soit d{ins le Cancer, si Ton veut le rapporter aux signes mobiles , àoit dans le Lion , si l'on veut considérer son lieu réel parmi les constellations^ En sorte que la circonstance commune à ee» deux énoncés , c'est que , pendant

DE DEKDBRAH. fÀ^'J

tout ce' temps , il est constamment resté dans k même constellation et dans le même signe ce qui est diamétralement contraire au changement de constellation ou de signe que M. Fourrier lui suppose, et par lequel il explique les modes divers de partage de la série des douze signes dans les zodiaques de Denderah et d'Esnë.

J'aurais pu déduire ce résultat des lieux du soleil , calculés par M. Ideler pour les trois époques des Thots caniculaires correspondans aux années — 2782, — i3îi2 et 139. Mais, afin d'éviter toute difficulté , j'ai refait de nouveau les mêmes calculs pour ces trois époques en déterminant les positions de Syriuspar la méthode que j'ai indiquée plus haut, page 58, et que l'on trouvera ici exposée dans les notes. £n outre , afin que l'application aux zodiaques fut plus positive, j'ai employé pour latitude celle de Denderah , a6** 8' 36" qui leur est à très-peu près commune. Enfin, au lieu de supposer, comme M. Ideler 10® de dépression., j'ai employé 12^9' 36", à peu près la même dont Nouet avait fait usage. Ce n'est pas toutefois que je veuille présenter cette valeur particulière de la dépression , ccmime étant physiquement plus exacte. Je crois, au contraire, que l'incertitude du phénomène ne permet pas d'assigner à 'cet élément une valeur précise ; mais je me suis servi de celle-diy qui d'ailleurs est très-admissible, parée qu'elle fait coïncider exactement le lever du soleil avec le^solstice à l'époque du premier Thot ca-

a38 SUR LE ZODIAQUX CIRCULAIRE

niculàire en — aySa, Ces nouveaux élémens m'ont <lonné des résultats qui diffèrent de quelques minutes de ceux qu'avait obtenus M. Ideler, cbmme cela devait natiirellement arriver, ne fût-ce ;que par la dissimilitude des méthodes dont nous avons fait usage pour calculer les anciennes positions de Syrius. Mais de pareilles différences ne sont d'au<^une importance pour le fait que je me propose d'établir. J'ai donc cônnti ainsi les trois longitudes du soleil lors du lever héliaque de Syrius à Oenderah aux trois époques proposées. Ces longitudes, étant toutes trois comptées à pat'tir de l'équinoxe vernal dé leur époque, marquent les lieux correspondans du soleil dans les signes mobiles. Pour connaître à quelles constellations ils répondent, il n'y a qu'à déterminer, par les formules de la ifnéçanique céleste, l'arc de rétrogradatioki que l'éqùinoxe vernal a décrit sur Técliptiqùe mobile depuis chacune des troi^ époques assignées, jusqu'à une même époque postérieure, pour laquelle ont ait des catalqgues d'étoiles , par exemple, pour l'année 1700 après l'ère chrétienne, à laquelle se rapporte le catalogue de La Caille. Alors , en ajoutant à chaque longitude cora^plée de l'éqùinoxe mobile , l'arc de rétrogradation que cet équinôxe a décrit pour arriver à l'année i7:5o, il est clair que les sommes seront les Icnagitudes des mêmes points du ciel rapportées à l'éqùinoxe vernal de 1750. Il ne restera donc plus qu'à regarder dans le catalogue de La Caille quelles sont

page 239.

DU SOLJ?

— ii"ERAH.

En + 139

Longitude du t que du lever héli

Rétrogradation mobile, depuis c

Somme, ou lo ques, comptée d

Dénomination longitude

aa^ 41' ^^

Lion.

Pour se coff *es yeux sur Tableau suivj^tellations du Lion et du Cf^^ai de 1750.

les étoiles de Tédiptique située^ à ces mêmes lon<gitlitles j et ce seront celles parmi lesquelles le soleil se l^ôuVait lors du lever béliaque de Syrîns:, aux Crois époques assignées.

Ces estpliiîatioits données on comprendra sans peine le tableau ci -joint qui contient les résultaet^ des diveris Calculs que nous venons d'indiquer. .

On voit que les étoiles <le la constellation 'dii lion^ et celles de la constellation du Cancer se mêlent les unes parmi les autres ^ yers la Xongiftnde de quatre signes plus onze ou douze degrés^ Mais, en deçà et au delà de cette limite commune', eliies se séparent. Lés longitudes moindresappartiennent à la constellation du Cancer, les plus grandes à celle du Lion. Or , la plus petite de jios trois ionr gitudes calculées, qui est celle de Tannée -f- 189, appartient évidemment à ces dernières : elle plaëe donc encore le soleil dans le Lion. Ainsi il est bien certain que, pendant toute la durée embrassée par les deux périodes sothiaques antérieures à l'ère chrétienne^ le soleil , au moment du lever héiîaqœ de Syiius' lï 'a point , comme M. Fourrier le suppose, successivement passé de la constellation du Lion à celle du Cancer, tl est resté constamment dans celle du Lion. Et il ne s'dft pas déplacé davantage parmi les signes mobiles , comme* on peut le voir par la première ligne des longitudes qui est rapportée à Téquinoxe vernàl de chaque époque; car il en Insulte évidemment qcie, pendant toute la durée des deu^ périodes , le soleil , ati moment du

fkl^O SUR LE. ZODIAQUE CIRCULAIRE

lever héliaquede Syrius en Egypte, s'est toujours trouvé daa» le signe du Cancer. Ce serait donc sa permanence et non son déplacement successif, soit dans les constellations, soit ds^ns les signes, qui devrait être représentée sur les zodiaques égyptiens , si le mode de partage des douze signes y était déterminé d'après la position du soleil à la fin de l'année béliaque , ainsi que M. Fourrier l'a supposé : et alors , au lieu de commencer par des constellations différentes , comme M. Fourrier le suppose encore, ils devraient tous cominencer par la même; car personne ne contestera que les époques qu'ils représentent tombent dans les li- * mites de temps embrassées par les deux périodes que nous venons de calculer.

Si l'on. avait quelques doute&. sur l'exactitude des résultats aumériques qui nous conduisent à ces conclusions , il serait très-facile de les vérifier avec une approximation suffisante, sans recommencer les calculs des trois. levers héliaques, et sans recourir aux formules de la mécanique céleste pour calculer. Tare de précession correspondant à chacun d'eux. On n'aurait qu'à prendre dans Baimbridge, ou dans M. Ideler, ou dans quelqu'autre auteur, les longitudes du soleil aux instans des trois levers héliaques , longitudes qui se trouvent toujours rapportées à l'équinoxe mobile de diacune de ces époques , et Ton y ajouterait l'arc de précession Calculé avec la valeur constante de 5o", par année; ce qui reviendrait à négliger seule-

DE pEKDEAAH. , a^t

mçnt les inégalités séculaires de ce phénomène. Les nombres ainsi obtenus, différeraient très-peu de ceux que nous avons trouvés par des calculs plus précis, et ils conduiraient absolument aux mêmes conclusions.

Le mode divers de partage des signes célestes dans les zodiaques rectangulaires de Denderah et d'Esné , n'est évidemment pas un résultat que , l'on puisse exiger comme une déduction , et par conséquent comme une vérification nécessaire de la construction quç nous avons assignée au premier de ces monumens. Rien ne prouve , en effet , que les uns et les autres eussent la même destination , ni qu'ils durent seulement exprimer des choses analogues; mais je signalerai cependant une relation singulière qui existe , de fait , entre ce mode de partage e^ la direction aaûmutale de Taxe longitudinal des temples où les monumens sont sculptés.

Les trois temples ont leur façade extérieure tournée vers la partie boréale de l'horizon , mais leurs axes longitudinaux ne sont point dirigés sui*vaut la ligne méridienne. Les extrémités nord de ces axes , qui aboutissent aux portiques , dévient toutes vers l'est. Pour le temple de Denderah , cette déviation est d'environ 17 degrés; à Esné elle est de 46 ou 47 degrés pour le grand temple , et de 71 pour le petit temple situé un peu phis au nord.

Nous avons remarqué qu'à Denderah le zo-

a4^ SUR LE ZODIAQÙC CIRCULAIRE

chaque circulaire était placé de manière que la tige de lotus , sur laquelle Syrius tombe eh' position astronomique , se trouvait dans l'àxe longitudinal du temple du côté dû nord ; nous avons également reconnu que le solstice d'été tombant sur un cercle horaire plus occidental de 1 7 degrés, se trouvait ainsi ramené sur îa direction du Vrai nord. Si donc, sur le monument ainsi disposé, l'on conçoit une ligne méridienne passant par son centre , cette ligne ira couper l'anneau zodiacal au nord sur le Cancer , ou plutôt sur l'emblème qui en tient la place , et au sud sur l'extrémité de là tête du Capricorne. Elle isolera aitisi du côté de l'ouest six signes et six signes du côté de l'est. La série occidentale comprendra toutes les constellations qufi , à l'époqtié de la période diurne que le monument représente, ont traversé lé méridien supérieur, et marchent Vers le méridien inférieur; ce sont ceux que l'on appelle descendans . La série orientale , comprendra lés six autres signes qui , au même instant, marchent vers le méridien supérieur, et que l'on appelle pour cette raison nscendans. A la tête de la série descendante est le Lion qui va le premier traverser le méridien inférieur et rentrer dans la série orientale , à la suite du Cancer qui l'y a immédiatement précédé. De rtiême , à la tête de la série ascendante ou orientale est le Verseau qui va passer au méridien supérieur et rentrer dans la série occidentale , à la suite du Capricorne qui la termine. Or , on peut remarquer

que ce mode di^p^tqg^ diea dquze signes, e^t précisément le même, que pressente le zodiaque rect-; angulaire du pcoflique; la sérb orientale et ascendante clu zodiaque, circulaire répondant à la série quientne d^s. le temple et qiji se t|X)uve composer la bande brieniale, tandis que la série occidentale et diescendaiitâ i répond à la série qui sort du temple , et qui est comprise. dans la bande occidentale du 2(o4iaq]ii^ rectangulaire.

^ TraDàpôrtonsîmaintenantparrla.p^aée, le zodiaque cipcuhfr^. . de Denderah<^ dans le petit tempië au nord. )d'Esné,t dont, la- déviation orientale est.deiyi*^ , et plaçons-le de piéme àsa^voùte, de £|çon que Tembléme: de Sj^rius se trouve en- » cfire sur raxe;loiigitudin9dl du temple du coté du nord. Ailors;, si peu:* Je ceniare^âu médaition, nous oomcevons, comme taiit àrheoriày.une ligne noixl el;sud^:ell6 ii6:tooupera plù3 l'anneau, zodiacal. 3I1X mêmes '.points à: cause d^ l^diri^ction différente* du temple; n^ais eUe.le! partagera eppore. eh deux séries 4q six signes, cbacunis; l'un^ pc-' cidentaleet de^en4aDte , qui Cpn^n^ni^çra parla Yiierge et finisà pw le VwsjÇ^U, l'autre a^ceq-, danti^ et oriènjU^e^^ .qui; p<>lm»Q^eera par |e^ P.oidsons' et (wm iparle Ui0ny dQnV la tçte. et presque tout te icorps a^ont déjà: passé a» méridien inférieur- Or ce mode de p^fetage se trouve encore être le .«tiéme.. que retrace le zodiaque rectangulaire seuiptéi^ujr. le por^tiq^e du temple; , et, comme àrDseiiKltiïrfdi) ^ série dei^ signes desjçç^- ,

Sl44 SUR I^ ZODIiLQUE CIRCULAIRE

dans marche vers le temple, la série des signes ascendans se dispose à en sortir.

Répétons enfin la même construction pour le grand temple d'Ësné , dont la déviation orientale, est seulement de tfi^^ et plaçons-y toujours Tem-r blême de Syrius sur Taxe longitudinal du temple du coté du nord. Dans ce cas , si Ton conçoit , conir me tout à l'heure , une ligne méridienne menée par le cercle du médaillon circulaire ^ ou trouvera qa^etle rcoupe Tanneau zodiacal du câté du nord au milieu de la poitrine du Lion ^ presque sur le cerde horaire de Régulus ; en sorte qu'à la vé* rite le |HNsmier signe entièreme^t descendant sera encore la Vierge comme dans l'autre temple , mais cependant on ne pourra pas^ -considérer le Lion comme complètement pkssé de l'autre côté du méridien : il &udra dqnc le figurer comme étant à moitié oriental et 4 moitié ocoidentaL Vers le sud, une pareille aonbiguité n'existerapoint, et la ligne de partage passera encore entre le Verseau et les Poissonsi' Or c'est encore là précisément le mode Ae partage qu^ofire le zo^ diaque rectangulaire sculpté sur le portique de ce temple ; seulement ^ pai: une paiticularité dont on ne sauiiaitse rendre comptp, ^ elle est réelle, le sens général de la marche des signes est con^* traire à celui des; deux autres • iodiaques ; et la situation des bandes est aussi renversée ; celle qui se compose des -signes orieqtattx étant à Foc* cident de l'autre. Il est vrai q(ie l'on a seulement

DE DEKDERAfi. ^^5

une moitié de plafond de ce portique qui est la partie orientale, et peut-être la connaissance de Fautre donnerait-elle quelque lumière sur cette inversion ; mais , quant au mode de partage des signes, il est lié avec la déviation du temple comme dans les deux autres zodiaques rectangulaires.

Les relations que nous venons de décrire peuvent également se vérifiar , et même d'une manière encore plus intelligible, en se servant d'une sphère à pôles mobiles que Ton monte pour l'époque de 700 ans avant l'ère chrétienne, et dont on place le pôle au zénith. Car, en orientant d'abord cette sphère de manière que le solstiee d'été se trouve au nord, si on la fait tourner ensuite autour de son axe vertical de manière^ à amener successivement Syrius dans les trois directions assignées aux trois SLxes des trois temples , on verra à chaque fois que le plan du méridien supposé fixe , coupera la sphère et les douze signes du zodiaque , conformément au mode de subdi*vision que les tableaux des portiques présentent. : rignore quel peut avoir été le motif de ces rapports; mais c'est assez qu'ils existent pour montrer que le partage différent du zodiaque dans ces trois monumens n n'est pas un signe de précession aussi certain, aussi caractéristique qu'on l'avait voulu supposer y puisque les relation^jprécédentes, et peut-être bien d'auttes. enitQW ep peutent donner une raison suffisante. La haute antiquité que Ton attribuait aux zodiaques

ixtfi SUR LE 20ÛIAQUE GIRCULAlIRE

d'Esné , d'après la Certitude que Ton accoi^ait à ce caractère, n'en est donc plus une ûoriséqtience inévitable ; et ainsi la détermination de l'époque à laquelle ils ont été construits , ou plutôt celle des phénomènes astronomiques qu'ils représentent , se doit tirer d'ailleurs que de cette apparente nécessité.

Or, sans rien prononcer sur la nature du sujet que peuvent expriirier les zodiaques d'Esné , ce que l'on ne saurait foire que par conjecture , puisque leur construction n'offre point de rapports géométriques qui puissent déceler âveC précision l'intention de leurs auteurs, nous ferons remarquer dans les emblèmes astronomiques qu'ils renferment, certaines particularités qui indiquent que 1-état du ciel auquel ils se rapportent, est, ou le même, ou du moins très-peu différent de celui que représentent les zodiaques de I>enderah. Le zodiaque du petit temple au nord d'Esné en offre surtout des preuves manifestes. Car , outre le petit Harpocrate sortant d'ime fleur de lotus qui s'y trouve accompagner le Bélier comme dans les monutnens de Denderah , et qui semble par conséquent désigner de même la position de l'équinoxe vcrnal dans cette constellation, l'on petit -remarquer que le médaillon des sacrifices s'y trouve , comme dans les premiers zodiaques, placé entre ie Verseau et le Capricot^ue y par conséquent dans -fe même point àe la ^période annuelle. On y voit de mêmej, sou^â le Cadcer,

un personnage d'une apparence supérieure a^ix: autres, dont la tête esjt environnée d'étoiles , et auquel répopd une légende hiéroglyphique,, précisément la même que portent dans le zodiaque circulaire les personnages placés sur l,e cercle horaire du Cancer , et que nous avons interprétés comme désignant les diverses parties de la constellation du Navire , dilatées et séparées parla nature de la projection. Mais ici, comme dans le zodiaque rectangulaire de Denderah , cette dilatation n'a pas lieu ; et le chef de la constellation , Canppus , a pu être seul employé pour la désigner. Conformément à la mênae analogie, le Sagittaire du petit temple d'Esné est également figuré avec une barque souis ses pieds , emblème dont nous avons trouvé le sens dans les rapports de position qui exifitaient entre cette constellation et celle du Navire à l'époque représentée! sur les zodiaques de Denderah. Enfin; la direction même de ce petit temple, correspond exactement à l'observation du coucher de Syrius pour le même temps. Le zodi^qu^e du grand temple d'Esné offre des indices moins npmbreux de cette correspondance; et, en: général, on peut remarquer qu^ les emblèmes . astronomiques y semblent figurés et disposés avec ^moins d'intention; mais. on y trouve cependant .up caractère saillant d'analogie dans la fi£;ure d'un JbQmme> tenant à la main une fleur de lotus et porté sur le dos du Capricorne. Car ce personnage, qui a aussi son correspon-

a48 sua le zodiaque circulaire

dant sur le zodiaque rectangulaire de Denderah , se voit de même , et se voit porté sur le dos du Capricorne, dans le zodiaque circulaire, où , à la vérité, il tient une légende hiéroglyphique au lieu d'une fleur de lotus. Or nous avons trouvé que l'étoile marquée dans cette légende, fixe précisément le lieu astronomique du quadrilatère du Dauphin , lequel, à l'époque représentée sur le zodiaque circulaire, avait une relation de position extrêmement remarquable et importante avec le point équinoxial. Si donc une relation pareille existait aussi dans l'état du ciel que les monumens d'Esné représentent ; si le Sagittaire étant au méridien supérieur, le Navire se trouvait sous ses pieds ; si les parties principales de cette même constellation du Navire se trouvaient sur le cercle horaire du Cancer; si les emblèmes religieux y répondaient aux mêmes temps de l'année ; si enfin le Bélier s'y trouvait également désigné avec les caractères de l'équinoxe vernal; il faut incontestablement reconnaître que cet état du ciel appartient à la même époque céleste que représentent les zodiaques de Denderah, ou à une époque très-peu différente ; et cette conclusion qui concilie toutes les autres analogies de dessin, d'exécution, de lieu même, que ces monumens rassemblent , achève de faire évanouir le prestige de cette antiquité prodigieuse ddnt on les avait revêtus. '

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