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ration brune qui est d’autant moins marquée qu’on évite plus soigneusement de laisser s’échauffer le mélange en le maintenant dans la glace fondante. Le produit de la réaction est généralement visqueux, plus ou moins coloré en brun; parfois il cristallise spontanément après un certain temps.
Les amines que j'ai utilisées sont au nombre de neuf : la propylamine, l’allylamine, la cyclohexylamine et la benzylamine comme bases primaires; la diéthylamine, la dipropylamine, la pipéridine, la méthylaniline et léthylaniline comme bases secondaires. J’ai pu facilement me procurer la plupart de ces diverses amines à l’état pur dans le commerce. J’ai préparé moi-même la benzylamine par l’élégante méthode indiquée par Delépine (1). Elle m’a fourni d'excellents rendements. J’ai préparé également l’allylamine à partir de l’allylsénevol en suivant le procédé de Gabriel et Eschenbach (?).
J'ai fait réagir ces différentes amines sur huit cétones acétyléniques dont six dériveni du phénylacétylène : l'acétyl, le propionyl, le butyryl, l'isovaléryl, le caproylphénylacétylène; une dérive du phénylbutine, le propionylphénylbutne; une enfin dérive de l’isoheptine, le propionylisoheptine. Le benzoylphénylacétylène possède une aptitude réactionnelle beaucoup plus marquée que les autres cétones. Cette particularité est due, sans doute, à la présence de deux groupements C6 H5 encadrant la fonction cétone et la fonction acétylénique.
La réaction des neuf amines précitées sur ces huit cétones acétyléniques devrait théoriquement conduire à l'obtention d’un nombre considérable de composés (72). Mes essais ont porté sur une trentaine de cas environ. J’ai pu obtenir à l’état pur onze produits dont dix cristallisés
(1) Bull. Soc. chim., 3° série, t. XVIX, p.294. (?) Berichte, t: XXX, p.125.
ENS: Pr
et un liquide. Pour la commodité de l'exposition, je les diviserai en deux groupes :
A. Cétones acétyléniques et amines primaires. B. Cétones acétyléniques et amines secondaires.
Quelle formule convient-il d'attribuer à ces combinaisons ? L’analyse montre qu’elles proviennent de la fixation pure et simple de l’amine par la cétone acétylénique. L’action des acides les dédouble en 8 dicétone et régénère l’amine (1); on doit donc les considérer comme des aminocétones éthyléniques 8 substituées (?) :
AAC EHIS COS RTE RCE CHE COL RE | | N(HR”) N(R'}
A. Amines primaires et cétones acétyléniques. — Comme je l’ai indiqué, la réaction s'effectue avec mise en liberté de fines gouttelettes d’eau qui troublent le mélange. Le produit noireli irès vite et d’une façon intense. La benzylamine, la propylamine, l’allylamine en réagissant sur les cétones de la forme Cf H5—C—=C—CO—R, où R est un radical aliphatique, m'ont fourni des produits gou-
dronneux dont je n’ai encore rien pu tirer.
La cyclohexylamine m’a donné des résultats différents. Ceite base, en réagissant sur le propionyl et le butyrylphénylacétylène m’a fourni, dans chaque cas, deux produits cristallisés.
Cyclohexylaminopropionylstyrolène C5 H5— C — CH — CO — C2H5 C17H?3 ON.
| NH C6 H11
. (‘) Voir au Chapitre IV l'étude des propriété ehimiques de ces composés.
(2) Ces combinaisons peuvent exister sous deux formes isomériques. Une seule semble prendre naissance dans la réaction indiquée. L'étude stéréochimique de ces composés fera l’objet d’un autre travail.