RECHERCHE DES ACIDES LIBRES
L’acidité de la matière grasse m’a conduit à rechercher les acides libres. Pour effectuer cette recherche, il est nécessaire de transformer les acides libres seuls en sels alcalins solubles dans l’eau qu’on sépare ensuite de la graisse neutre. Le point délicat était donc d éviter, dans cette opération, toute saponification de la matière grasse elle-même.
Voici le procédé que j’ai employé ; on verse 5 grammes de graisse dans un grand flacon contenant deux litres d’eau distillée, additionnée de quelques gouttes de phtaléïne du phénol et on ajoute, en agitant continuellement, une solution étendue et titrée de soude et cela, goutte à goutte, de façon à éviter l’alcalinité de la liqueur. On s’arrête à la première goutte de liqueur qui amène la coloration du réactif. Il a fallu ainsi, pour saturer les acides libres de 5 grammes de matières grasses, 0 gr. 40 de MO 2 .
La solution savonneuse obtenue, filtrée sur un filtre mouillé, est décomposée par l’acide sulfurique dilué. A la surface du liquide, vient surnager un produit huileux coloré qui est formé d’acide oléique altéré et oxydé. En effet, le sel de plomb que l’on obtient avec cet acide devient visqueux à la température de l’eau bouillante.
Pçms la crainte que l’acide stéarique libre, si lagraisse
en contenait, ne fût pas dissous en liqueur alcaline aussi faible, j’ai fait digérer au bain-marie S grammes de nouvelle matière grasse avec une solution étendue de carbonate de soude qui ne décompose pas les glycérides. La solution, filtrée au papier mouillé, ne contenait que le sel de soude de Vacide olèique. Cet acide existe donc bien seul à l’état libre dans la matière grasse du Lactarius vellereus.