‹ Recherches sur quelques corps gras d'origine végétaleChapitre 29 sur 33 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

RECHERCHE DE LA CHOLESTÉRINE

En présence des difficultés que j’ai rencontrées pour isoler ce produit, j’ai dû modifier en partie les traitements suivis dans l’étude du Lactarius vellereus. En effet, si, comme je l’ai fait précédemment, je saponifie 50 grammes de la matière grasse du L. piperatus par la soude avec saturation de l’excès d’alcali au moyen d’un courant d’acide carbonique, j’obtiens, en traitant par l’éther, le savon desséché, une solution très colorée.

Après évaporation de l’éther, il reste un extrait abondant, noir, résineux, qui empêche toute cristallisation de la cholestérine. L’explication de cet insuccès est facile : les résines acides qui souillent la matière grasse et que l’éther de pétrole n’a pu séparer, se combinent à la soude pendant la saponification ; le courant d’acide carbonique employé pour saturer l’excès d’alcali met ces substances résineuses en liberté. Ces dernières se dissolvent dès lors dans l’éther en même temps que la cholestérine. L’emploi d’autres dissolvants, tels que le chloroforme, le sulfure de carbone et l’éther de pétrole, dans le but d’opérer uue séparation, ne donne pas de meilleurs résultats.

Devant ces essais infructueux, j’ai eu recours à une autre méthode. J’ai utilisé la facilité avec laquelle ces résines donnent, en présence des alcalis, des combinai-

sons solubles dans beau. J'ai donc soumis l’extrait éthérê provenant du traitement du savon brut desséché à l’action dissolvante d’une solution faible de soude. La liqueur obtenue a été agitée avec une grande quantité d’éther. L’éther surnageant, décanté et distillé, laisse un petit résidu rempli de fines aiguilles. Ces cristaux sont purifiés par dissolution dans l’alcool bouillant. Par refroidissement, il se dépose des tables rhomboédriques d’un aspect nacré ; elles constituent la cholestérine du Lactarius piperatus.

On voit donc que, de cette façon, la cholestérine pourra être retirée directement de l’extrait éthéré provenant de la purification du savon. Il suffira, en effet, de traiter cet extrait par Peau distillée qui dissoudra les savons de résine et d’agiter le liquidé avec de l’éther qui entraînera la cholestérine.

Comme je l’ai dit plus haut, cette cholestérine a toutes les propriétés physiques et chimiques dû produit que Tanret a retiré de l’ergot dé seigle et qu’il appelle ergostérine. Elle fond comme cette efgostérine â 134° et, comme elle, se colore à l’air en devenant odorante. Elle donne des réactions colorées identiques à celles que j’ai décrites pour la cholestérine du Lactarius veîlereus.

J’ai montré que cés réactions étaient en tout point semblables à celles du produit de Tanret. De plus, la cholestérine du Lactarius piperatus dévie fortement à gauche le plan de la lumière polarisée. Son pouvoir rotatoire a été déterminé,à la lumière du sodium avec un tube de o centimètres.

Poids de la substance employée : 0 gr. 10.

Volume de la solution chloroformique : 10 cent.cubes. Observation au tube de 3 centimètres : *=*^-31',

Le pouvoir rotatoire de cette cholestérine est donc de — 103°2, celui de l’ergostérine étant—114°. Je ferai remarquer que n’ayant qu’une très petite quantité de matière, j’ai dû opérer cette détermination sur une solution chloroformique très faible et la plus petite erreur commise dans les lectures justifie bien cet écart entre les deux chiffres.

La cholestérine du Lcictarius piperatus paraît donc identique à Fergostérine de Tanret. D’après cet auteur, la composition de çette substance cristallisée est différente de la cholestérine animale ; il la représente par la formule C !2 H 40 O 2 ,H 3 O 2 .

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