CHAPITRE IV
RECHERCHE DE LA LÉCITHINE
Comme dans le cas du Lactarius vellereus et pour les raisons que j’ai mentionnées plus haut, la matière grasse du L. piperàtus, additionnée de soude pure, est calcinée avec l’azotate de potasse. Le produit est repris par l’eau distillée. La solution, saturée par l’acide azotique, donne avec le molybdate d’ammoniaque le précipité caractéristique de l’acide phosphorique.
J’ai pu déterminer, à l’aide de la liqueur titrée d’acétate d’urane la quantité d’acide phosphorique anhydre contenue dans cette graisse.
Deux dosages, portant chacun sur deux grammes de matière grasse m’ont donné les résultats suivants :
1° 0 gr. 0344 d’acide phosphorique anhydre ;
2° 0 gr. 0342 — —
soit pour 100 grammes de graisse ;
1° 1 gr. 74 d’acide phosphorique anhydre ;
2° 1 gr. 71 — —
La matière grasse du L. piperàtus contient donc 1 gr. 725 d’acide phosphorique 0/0 (moyenne de deux dosages) provenant de la lécithine puisque c’est le seul composé phosphoré soluble dans l’éther de pétrole employé à l’extraction de cette graisse.
En résumé, les matières grasses du Lactarius vellereus
et du Lactarius piperatus ont donc une composition chimique presque identique. Elles contiennent :
1° les acides oléïque et stéarique à l’état libre et à l’état de glycérides ;
2° les acides gras volatils : acide formique, acide acétique et acide butyrique ;
3° de la cholestérine ;
4° de la lécithine.
Ces graisses renferment chacune une cholestérine différant nettement, comme je l’ai montré, de la cholestérine animale. De plus, le produit cristallisé extrait du Lactarius piperatus paraît être identique à l’ergostérine de Tanret. Ces deux substances ont, en effet, le même point de fusion, le même pouvoir rotatoire et donnent une même réaction colorée bien différente de celle que l’on obtient, dans les mêmes conditions, avec la cholestérine animale.
Enfin, je ferai remarquer la forte proportion d’acide phosphorique provenant de la décomposition de la lécithine renfermée dans les deux matières grasses étudiées.