CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Ce qui se dégage de nos observations, c’est que nos malades ont succombé à une affection causée par un diplocoque non capsulé et dont nous avons donné les caractères au fur et à mesure des observations.
Mais ce qu'il faut noter, c’est que dans nos cas, nous avons pu isoler à l’autopsie, en même temps que le diplocoque, des chaînettes de streptocoques. Dans notre dernière observation,
‘ la seule où l’autopsie ne nous ait pas donné des cultures de streptocoques, nous en avons retrouvé sur les coupes colorées à la thionine.
Si donc nous n'avions pas fait de cultures du sang pendant la vie, nous en aurions conclu, prenant le microbe de l'infection secondaire, pour le microbe de l'affection, qu’il s’agissait ici de broncho-pneumonies à streptocoques et ne pouvons-nous pas, malgré l’insuffisance en nombre de nos cas, dire que le streptocoque joue peut-être dans les affections des voïes respiratoires, au moins dans nos cas étudiés, un rôle analogue à celui du bactérium coli dans les affections de l’abdomen.
Tous nos malades, d'autre part, ont présenté un ensemble de symptômes généraux rappelant l'affection grippale. L’évolution clinique des foyers se succédant et se remplaçant rapidement, la variété des lésions pulmonaires, splénisation, alvéoles hémorrhagiques, hépatisation, donnaient à ces maladies une allure spéciale bien différente de la vraie pneumonie franche.
Nous ne pouvons nous prononcer avant de nouvelles recherches.
Enfin, qu’on nous permette un dernier détail. Désireux de vérifier notre technique (nos prises de sang dans la veine ont été faites sans pointe de feu, après un nettoyage complet de la peau ; depuis nous avons trouvé plus simple et moins pénible d’appliquer une pointe de feu) nous avons ensemencé le sang de deux syphilitiques, d’une malade atteinte de tuberculose au début et d’une malade de 46 ans présentant une pneumonie vraie du sommet droit et quia guéri. Tous ces ensemencements sont restés stériles.