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dans une lamelle de rapporter à chaque microbe les éléments qui lui appartiennent.
Grassberger attribue la croissance extraordinaire des colonies d’influenza à des substances favorisantes produites par le microbe surajouté et diffusant de ses colonies. Pour démontrer que ce n'est pas une influence due à la vitalité propre du microbe surajouté, il emploie de l’agar sur lequel il ensemence abondamment du staphylocoque doré ; après vingt-quatre heures il stérilise par un séjour d’un quart d'heure à l’autoclave puis il coule l’agar dans des plaques de Pétri. En ensanglantant le milieu et en y semant du bacille d’influenza, il obtient une croissance abondante de colonies géantes du bacille d’influenza présentant comme toute différence une granulation centrale un peu diffuse, ce qui peut être attribué à la diminution de la consistance de l'agar due à cette stérilisation secondaire. Mais si on refait la même expérience en utilisant des tubes d'agar ensemencés quarante-huit heures auparavant avec du staphylocoque, on n obtient en général aucun résultat. Du reste, aucune de ces expériences ne donne un résultat absolument net et constant.
Quoique le même effet favorable fût produit par des bactéries qui modifiaient le milieu en des sens différents, Grassberger a tenu à fabriquer des milieux ayant une alcalinité variable, et à étudier linfluence de ce degré d’alcalinité sur le développement du bacille de l’influenza en culture pure et en culture mixte.
Il constate que les milieux neutres ou possédant un degré non exagéré d’alcalinité peuvent donner naissance à des colonies géantes, qui, en quarante-huit heures, atteignent jusqu’à 3 millimètres de diamètre.
De plus, le microbe dans les cultures mixtes résiste beaucoup mieux aux variations de l’alcalinité, ce qui lui fait dire:
« Dans les colonies pures de bacilles d’influenza, les colonies isolées atteignent seulement les dimensions indiquées par Pfeiffer et possèdent une certaine sensibilité à l'égard de l’exagératoin ou de la diminution de l’alcalinité, Dans les cultures
mixtes, elles atteignent des dimensions tout à fait extraordinaires et sont à un haut degré indifférentes aux variations de l’alcalinité. »
Ce surpiquage au staphylocoque a permis à l’auteur aliemand d'obtenir des cultures en remplaçant le sang par l’hémoglobine d'Hommelsen, solution alcaline à 1 p. 100. Dans ces conditions,des cultures mixtes étaient obtenues, tandis que les cultures pures restaient absolument stériles.
L'influence favorisante est tellement énergique qu'avec les solutions d'hémoglobine chauffée au point de faire paraître la raie de la méthomoglobine les résultats en culture mixte sont encore positifs.
Du reste, pour conserver le microbe il est utile de ne repiquer le bacille d’influenza qu'après surpiquage de staphylocoque, ce qui permet de le garder longtemps vivant, tandis que les réensemencements faits avec les cultures pures ne tardent pas à res-
ter stériles. Quant à la cause de cette action favorable, peut-être faut-il la chercher dans le fait que les produits bactériens unis à l’hémoglobine favorisent le développement de ce bacille; sinon il faudrait croire que l'hémoglobine modifiée par le développement du staphylocoque devient en quelque sorte plus assimilable au bacille de l’influenza.
Ceci, dit Grassberger constitue une réaction spéciale, car il lui est arrivé de surpiquer au staphylocoque des cultures qu'il avait prises par erreur pour des cultures d’infuenza, et dans ce cas il n'a obtenu aucune modification. Il est remarquable que le bacille de l'influenza possède très peu de cette propriété favorisante, car lorsqu’au lieu de colonie de staphylocoque on se sert pour surpiquer d’une colonie de cocco-bacille (en culture pure) on n'obtient aucun résultat.
Les recherches bien connues faites avec des milieux additionnés de jaunes d’œuf ou de bile stérile devront être reprises avec le procédé des cultures mixtes ; mais, en culture pure, il faut vérifier d'une façon très stricte la pureté des milieux pour croire aux résultats énoncés.
[l est, du reste, prématuré de tirer des expériences de laboratoire des conclusions cliniques sur la biologie du bacille de l'influenza dans l’organisme humain.
En tenant compte des variations du liquide de condensation, variations d’une grande importance à cause de la sensibilité à la dessiccation du microbe, Grassberger obtint des colonies qui, malgré leur grandeur de 2 millim., étaient claires et transparentes comme du verre, et qui à un grossissement de 40 diamètres montraient une fine granulation à leur surface fortement convexe. Si,au contraire,on ne tenait pas compte des variations de l’eau de condensation, et si on se servait d’agar dont la coagulabilité avait été diminuée par un excès de chaleur à l’autoclave, on obtenait par repiquage des colonies bleutées, grenues dans toute leur surface, et, chose remarquable, plus aplaties.
Ce sont là les colonies bleutées, sur lesquelles nous appellerons plus loin l'attention.
Du reste, ces modifications dela surface ont peu d’importance; nous épargnerons au lecteur les digressions de Grassberger à ce sujet. Il est plus important de signaler le procédé qu’il emploie pour avoir en culture mixte des colonies qui, tout en ayant plus d’un millim. de diamètre, ne présentent aucune granulation et restent transparentes comme des lentilles de verre.
Il suffit de mettre 15 grammes d’agar par litre, de stériliser trois jours de suite pendant dix minutes, et d’utiliser pour les cultures modèles les premières portions filtrées.
[1 faut noter que lorsque l’on emploie cet agar devenue très propre à obtenir de belles cultures, l’action de la symbiose se fait moins sentir, sans doute à cause de la fermeté plus grande du milieu qui entrave la diffusion des produits. Du reste, si au bout de vingt-quatre heures d'étuve, on retire les tubes de culture et qu’on les abandonne à la température du laboratoire, les colonies perdent cêtte transparence idéale, et cette absence de struc-' ture ; après vingt-quatre heures elles s’applatissent, deviennent granuleuses et présentent différents aspects dus à la dessiccation.
On obtient des résultats particulièrement intéressants lorsque
après avoir laissé vingt-quatre heures les cultures mixtes à 37°
on les laisse vingt-quatre heures dans l’étuve à gélatine, ou naturellement seule la colonie de staphylocoque s'accroît.
Si on remet alors le troisième jour le tube de culture dans l’étuve à 37 degrés, au bout de vingt-quatre heures on voit de nombreuses colonies granuleuses, les unes entourées d’une bande de jeunes colonies de bacille d’influenza, les autres présentant un bourrelet annulaire périphérique clair comme du verre. Ces deux modifications viennent de la variation favorable du milieu de culture, dues au staphylocoque. De tels aspects des colonies d’influenza ne se voient jamais dans les cultures pures ; elles se rencontrent par hasard lorsque des germes de l'air ont infecté les cultures. |
De tout ceci, il résulte qu'il serait utile pour le développement des cultures de bacille d’influenza d’avoir des milieux préparés avec de la viande qui aurait subi les fermentations bactériennes, et contiendrait ainsi des produits favorables que la stérilisation ne détruit pas absolument.
Grassberger citealors le travail de Lindenthal. Ce dernier en se servant de plaques de Pétri a observé en cultures pures des colonies de bacille d’influenza qui présentent les caractères suivants : elles sont bleutées, atteignent de 4 à 5 millimètres de diamètre ; au microscope leur centre a une structure inégale et granuleuse, tandis que leur périphérie n’a pas de structure apparente. Malheureusement on ne peut conclure de la description de Lindenthal s’il a pu repiquer de telles colonies et quels résultats il a obtenus.
« Certes, dit Grassberger, Lindenthal ignore l'influence des cultures mixtes puisque cette croissance exagérée et cette structure granuleuse du centre de la colonie lui semblent appartenir aux colonies typiques du bacille d’inftuenza et puisqu'il croit que ces aspects avaient, avant lui, échappé aux observateurs, et qu'il ajoute dans ses conclusions :
Les colonies de bacilles d’influenza se développent d’abord en demi-sphères, elles sont alors homogènes, transparentes comme
du verre; mais si la croissance n’est pas entravée, leur centre prend une structure grenue, elles s'aplatissent, deviennent bleutées et opaques, et atteignent une grandeur de 4 à 5 millimètres de diamètre. »
Grassberger n'accepte pas les résultats de Lindenthal, et il déclare a priori que cet auteur a dû ne pas tenir compte d’impuretés très difficiles à éviter dans un laboratoire, et très excusables, puisque d'excellents observateurs voient quelquefois leurs tubes de culture s’infecter.
L'influence favorable des cultures mixtes se fait aussi sentir par le retard que le surpiquage du staphylocoque apporte à l'apparition des formes d’involution, comme le prouve l’expérience suivante :
Ces formes d’involution sont très nombreuses lorsqu'on se sert pour les ensemencements d’une dilution de colonie d’influenza dans une goutte de sang de cheval. Les colonies obtenues diluées dans une goutte de sang de cheval servent à obtenir des colonies successives.
Grâce à ce procédé, on obtient à partir de la troisième génération des colonies formées presque uniquement de filaments ; et à partir de la cinquième on ne trouve plus de formes courtes mais uniquement des formes ayant double de longueur et d'épaisseur et des extrémités irrégulières, formes qui se colorent difficilement au Ziehl dilué, et présentent çà et là des espaces clairs, tous caractères propres aux formes de dégénérescence.
Il arrive que quelquefois des tubes soient infectés par les germes de l'air. Il se développe alors des colonies géantes, et l’examen ne montre dans ces colonies que des formes normales. A la fin de son travail, Grassberger donne les conclusions suivantes :
« Si, dans un cas mixte, les crachats ne contiennent qu’une petite quantité de bacilles d’influenza, les bacilles ne donneront que des colonies géantes et des colonies jumelles.
. « Si on note de pareilles colonies sur les tubes d’agar-sang, et que l’on constate leur absence sur les tubes d’agar ordinaire
ET = (au cas oùles crachats neseraient pas hémorrhagiques), ilimporte de faire des réensemencements de contrôle sur agar-sang et sur agar ordinaire.
« Si après vingt-quatre heures on trouve sur les cultures initiales des colonies de staphylocoque, ou de quelque autre bactérie à développement semblable, il faut avec un grossissement de 20 diamètres examiner s’il n’y a pas, tout autour, des colonies claires comme du verre et transparentes.
« En observanttoutes ces règles certainement on fera souvent avec certitude le diagnostic d’influenza dans des cas où une recherche superficielle aurait laissé passer le rôle de ce bacille. »
Tel est le travail de Grassberger. Son importance est capitale et, grâce à lui, la recherche de ce bacille doit devenir une chose aisée. Mais avant de présenter quelques observations et de parler des modifications apportées par nos recherches, je désire analyser la communication de Meunier que je reproduirai presque in extenso.
b) RecxercHes DE MEUNIER. — Voici ses conclusions :
I. — La végétation de certaines bactéries sur une surface de gélose hémoglobinée (sang nature, solution aqueuse de sang, préparation commerciale d’hémoglobine) favorise la végétabilité du bacille de Pfeiffer ensemencé simultanément dans le même milieu. ]
IT. — Si l'ensemencement du bacille grippal est fait en nappe et celui de la bactérie additionnelle en piqûre solitaire, les colonies du bacille de Pfeiffer prennent autour de la colonie surpiquée des dimensions géantes et une disposition satellitique, dans laquelle les colonies les plus centrales se montrent dix et vingt fois plus grandes que celles d’une culture témoin pure.
IIT. — Un certain nombre de bactéries exercent l’action fertilisante et déterminent le phénomène du satellitisme à l'égard du bacille de Pfeiffer (colibacille, typhique, diphtérique, sarcine, prodigiosus) ; les plus remarquables dans ce sens sont les staphylocoques doré et blanc.