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Tube initial du sang de cœur. — Colonies de pneumocoques. Fin pointillé, formé de colonies transparentes comprenant les formes les plus variées, quelques cocco-bacilles normaux, formes longues très fines, ou trapues, courbes ou droites.
En continuant la culture on voit le Pfeiffer à formes courtes du poumon devenir un Pfeiffer à formeslongues et même l'ensemencement d’un organe donne naissance dans deux tubes, une fois au Pfeiffer courtetune fois au Pfeiffer long.
Vendredi 7 juillet. — Un deuxième tube du poumon, qui paraissait stérile, a été surpiqué au staphylocoque. Après trois jours, pluies de colonies transparentes, non confluentes, légèrement bleutées formées d’un bacille perdant le Gram à formes très variables : quelques rares cocco-bacilles, mais des formes longues, irrégulières, à renflements terminaux ou médians, droites, courbes, en massue
Ce tube est repiqué sur 3 tubes, deux donnent des formes longues, l’autre la forme courte.
Voici la note :
Lundi 10 juillet. — Les repiquages du deuxième tube du poumon repiqué au streptocoque donnent les colonies bleutées transparentes types du Pfeiffer. — Sur lamelles de deux des tubes, bacilles à formes courtes (environ un quart), le reste présente des formes ovales, bâtonnets trapus, cn massue, à renflement médian, à lacune claire, etc.
Les lamelles du troisième tube ne donnent que des formes courtes.
Le deuxième tube de cete série repiqué donne des formes courtes, et une série donne la permanence des formes courtes.
Nous n'avons pu garder le Pfeiffer du cas n° 12 que jusqu'au 20 juillet.
Ajoutons pour être complet, que le Pfeiffer du sang du cœur après quelques repiquages montrait des formes courtes en beaucoup plus grande quantité. Il suffit quelquefois d'un changement de milieu pour transformer le Pfeiffer d’une forme dans l'autre, |
: Dansle cas n° 15,nousavonsisoléun P teifferà formes courtes: repiqué sur agar hydrocèle après repiquage au staphylocoque, ila donné le résultat suivant: Formes longues, diplocoques, bacilles renflés droits et courbes, formes de pseudo-streptocoques, à grains allongés, reliés par un mince trait d'union.
d) Le rravain D'ELmassian. — La deuxième question n’est point malheureusement aussi facile à trancher. Elle est née avec le travail d'Elmassian dont nous trouvons l’analyse dans sa note à la Société de Biologie, 10 juin 1890.
Voici sa communication
« Note sur un bacille des voies respiratoires. — Au cours de recherches bactériologiques sur l'étiologie de la coqueluche, mon attention a été attirée sur un petit bacille fin, présentant avec le bacille de l’influenza décritpar Pfeiffer les plus grandes analogies. Ce bacille, que j'ai isolé 8 fois sur 32 examens d’expectoration de coquelucheux, se cultive bien sur la gélose sanguine ; il y forme dé petites colonies visibles à la loupe seulement. Il ne se développe pas sur la gélose ordinaire non additionnée de sang ou de sérum.
Il existe en plus ou moins grande abondance dans la sécrétion bronchique et peut être aussi reconnu par l'examen microscopique. Il se colore faiblement et ne prend pas le Gram. Comme aspect et comme dimensions, il ne se différencie en rien du bacille de Pfeiffer. J’ai examiné ensuite comparativement l'expectoration bronchique de malades adultes ou enfants atteints de tuberculose pulmonaire, de pneumonie franche, de bronchopneumonie,et j'ai pu dans un certain nombre de cas isoler un bacille absolument identique.
J'ai pu comparer mon microbe à celui que Meunieravaitisolé d’un certain nombre de cas de broncho-pneumonie infantile et dont M. Dujardin-Beaumetz a eu l’obligeance de nous donner une race. [ci aussi il y a une identité absolue.
Enfin j'ai étudié dans de bonnes conditions six cas de bronchite grippale au cours de l'épidémie d'influenza qui a sévi ce printemps sur Paris. Trois fois 1l m'a été impossible de déceler,
tant par l'examen microscopique que par la culture, la présence du bacille de Pfeiffer.
Chez les trois autres malades qui appartenaient à la même famille, l expectoration bronchique renfermait en abondance un petit bacille identique à celui que j'avais retiréde l’expectoration decoquelucheux, de tuberculeux et depneumoniques. Ce bacille présente tous les caractères assignés par Pfeiffer au bacille de l’influenza.
Je ferai remarquer cependant qu'au point de vue de la culture, j'ai obtenu un développement aussi marqué sur gélose sérum, que sur gélose ensanglantée, mais que le même faits est produit pour le bacille isolé des cas d’influenza que pour celui reuré de Pexpectoration des coquelucheux.
En raison des analogies frappantes qui existent entre le bacille décrit par Pfeiffer et celui que j'aiisolé, je pense que le bacille de l’influenza ne constitue qu’une variété d’une espèce extrêmementfréquente sur la muqueusedes voies respiratoires humaines. Nous croyons qu'il peut en résulter des confusions et que de nouvelles recherches à la fois bactériologiques et cliniques pourront seules nous renseigner sur le rôle joué par ce bacille dans la pathologie broncho-pulmonaire. »
En somme, Elmassian hésite à réunir ce bacille au bacille de Pfeiffer, uniquement parce qu'il pousse sur agar-ascite. Nous savons d'autre part que le microbe décrit par Meunier a pu être également cultivé sur agar-ascite malgré l’analogie évidente avec celui décrit par Pfeiffer.
Enfin dans son article des Annales de l'Institut Pasteur, Elmassian a écrit ceci : « Le sérum de cheval par contre ne nous a pas paru se prêter à la culture de notre microbe. » Or Pfeiffer en 1893 parle uniquement du sérum de sang de cheval (Pferdblutserum).
Nous avons essayé à notre tour de cultiver nos échantillons sur milieux additionnés de liquide organique. Nous noussommes servi de sérum humain tyndalisé, de sérum de cheval et de liquide d'hydrocèle. Nous avons obtenu des résultats remar-
quables par leur inconstance et variant avec le liquide organique employé. Le sérum de cheval ne nous a donné aucun résultat. Seul le liquide de l'hydrocèle nous a donné des cultures apparentes après repiquages au staphylocoque, mais les colonies restaient petites, elles étaient loin de la force, de la richesse, de l'extension des tubestémoins d'agar sang. En somme,ces milieux étaient des milieux de culture iuférieurs ou inconstants.
J'insiste sur le motinconstant, car c’est là selon moi qu'existe la solution du problème. Nous ne croyons pas que du fait qu’un microbe ne pousse pas sur gélose additionnée d'un certain liquide organique albumineux (ascite, sérum, hydrocèle), on puisse conclure que tout milieu analogue lui sera contraire. M. Metchnikoff, à qui nous avons soumis cette proposition, lui a donné l'appui de sa haute compétence.
Or j'ai relu à ce point de vue le mémoire de Pfeiffer. Celuici a essayé uniquement le sérum de sang de cheval. Il n'a eu aucun résultat; Elmassian non plus et nous de même. Peutêtre aurait-on eu plus de succès avec d'autres sérums ou d’autres liquides.
Il faut bien admettre l’inconstance de ces milieux puisque des observateurs de la haute valeur de Meunier ont cru à tort que
leur échantillon ne poussait pas dans ces conditions.
Etant donné ce qu'a écrit Meunier, étant donné l'emploi exclusif fait par Pfeiffer du sérum de sang de cheval, étant donnés nos résultats différents avec des liquides organiques de différentes origines, je conclus qu'il n y a pas lieu de diviser les divers échantillons du bacille de Pfeiffer que rapproche l’ensemble des propriétés biologiques.
Maisil y a plus. Nous avons sur cette question l’opinion anticipée de Pfeiffer et cette opinion est conforme à la nôtre.
Pfeiffer admetque des expérimentatcurs réussiront peut-être à cultiver son bacille dans des milieux non-sanglants. Voici le paragraphe (Deutsche med. Wochenschrift, 26 mai 1892): « Comment, dit-il, concilier nos résultats avec ceux obtenus par Kitasato quiest parvenu à cultiver jusqu'à la dixième génération le bacille de l’influenza sur agar glycériné. Ou bien
Te
Kitasato a été abusé par la similitude de bacilles qui peuvent se rencontrer dans les crachats, ou bien il existe des conditions qui permettent au bacille de l’influenza de se développer sur agar glycériné, conditions qui peuvent tenir à un degré spécial d’alcalinité, de la teneur en peptone, et que nous n’avons pas su réaliser (1). Peut-être d'autres observateurs seront dans l’avenir plus heureux. »
Nous concluons donc à l'unité du cocco-bacille de Pfeiffer. [1 faut lui réunir le microbe d'Elmassian, et c’est pourquoi nous proposons le nom de cocco-bacillle hémophile, inscrit en tête de cette étude. |