CHAPITRE III
LE PNEUMOCOQUE DE TALAMON—FRAENKEL
Dans un grand nombre de nos cas, nous avons trouvé le pneumocoque de Talamon-Fränkel (1). Nous ne voulons pas insister sur ses caractères généraux bien étudiés aujourd’hui et très bien décrits dans les différents ouvrages; mais nous voulons seulement signaler quelques faits qui nous ont semblé intéressants. Ce sont la facilité de sa culture et la nécessité de la culture à la température de la chambre pour fixer le diagnostic, et la multiplicité des formes involutives. ;
a) Dans la thèse de Mosny sur la broncho-pneumonie, nous trouvons émis cette opinion que dans toute affection à pneumocoques, il est nécessaire de faire des inoculations à la souris si l’on veut éviter les erreurs. Nous ne pouvons souscrire à cette opinion.
Sur nos tubes de culture (gélose simple) dont nous vérifions, il est vrai, à deux reprises l’alcalinité, point très important, puisque, comme Achalme l’a montré, c’est à cause de l’acidité de sa culture que le pneumocoque ne vit que quelques jours sur nos tubes de culture, le pneumocoque a toujours couvert la surface de l’agar en telle abondance, qu'il a été facile à obtenir pur dès le premier repiquage. De plus, l’inoculation à la souris ne saurait être considérée comme une garantie, car je me rappelle avoir inoculé une souris avec du bouillon stérile où j'avais trituré un morceau de poumon de pneumonique — le fait se passait en été ; — la souris est morte de septicémie à bacterium-
(1) Voir NETTER. Étude sur les broncho-pneumonies. Arch. méd. expér., 1892. Soc. médicale, 1897. — Mosny. Les broncho-pneumonies. Thèse Paris,
nr ES
coli. Les cultures faites directement avec le poumon du malade permirent d’isoler aisément le pneumocoque.
b) Le second point ne nous arrêtera pas longtemps. Les études de Bonome sur le méningocoque, les recherches de Netter, Chantemesse et Millet, Bezançon et Griffon, Thiercelin et Rosenthal ont montré que le méningocoque se présentait sous l'aspect d'un pneumocoque typique ; de même pour l’entérocoque de Thiercelin, que Thiercelin et Rosenthal ont réuni au méningocoque sous le nom de diplostreptocoque ou d’entérocoque. Or, une des différences capitales des deux espèces est la possibilité pour le diplostreptocoque de pousser à la température de la chambre. Il y a là un contrôle indispensable qui augmentera rapidement le territoire du diplostreptocoque ou entérocoque. '
c) Le troisième point est de beaucoup le plus important. Notre attention y a été attirée par une remarque excellente de Zuber et Veillon. On sait que ces auteurs ont été conduits à la recherche des anaérobies par la différence qu’ils observaient entre les aspects observés par frottis directs des organes sur lamelles et les microbes obtenus dans les cultures. Il importe de tenir grand compte de la possibilité des formes d’involution.
Or, ces formes d’involution sont extrêmement nombreuses et se retrouvent dans tous nos cas, en ne tenant compte, bien entendu, que des formes observées dans les cultures pures après séparation, ce qui élimine toute cause d'erreur.
En parcourant notre cahier d'observations bactériologiques, nous voyons des notes comme celles-ci :
21 mars. Cas n° 4. — Culture pure de diplocoque lancéolé sur gélose. Aspect typique en gouttelettes de rosée. A l’examen, diplocoques lancéolés prédominants, chaînettes de deux à quatre diplocoques. Mais il faut noter l'extrême variabilité des dimensions des grains constituant les diplocoques. Il en est de géants, d’autres tout petits. |
31 mars. Cas n° 7. — Dans les lamelles faites avec le diplocoque lancéolé, on constate une grande différence entre les