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VI. À PROPOS D'UNE OBSERVATION DE LEROY DES BARRES ET WEINBERG

Si une confirmation de notre conception de l’Entérocoque est nécessaire, on la trouve tout au long dans les observations bactériologiques publiées ces temps-ci. N'’est-il pas frappant que, étudiant le méningocoque, Bezançon et Griffon (2), frappés de ses caractères mixtes, l’appellent pneumostreptocoque. Notre ami Dujardin-Beaumetz del'Institut Pasteur, nous a parlé de cas où le diagnostic bactériologique avait hésité entre le pneumocoque et le streptocoque.

* (1) Consulter : PozcuÈre. Thèse 1888.

Barmier, Arch. de Médecine expérimentale, 1891. VeiLLox. Thèse Paris, 1895.

Nosécourr. Thèse Paris, 1899. Journal de Physiologie, 1900. SPIEGELBERG. Entérite à streptocoque. Centralblatt für Bacteriologie, 1897. Éscuerica. Jahrbuch für Kind., mars 1899.

BEzancon. Manuel de médecine de Debove. Art. Streptocoque. (2) Soc. méd. hôp., 9 déc. 1898.

Un des faits les.plus intéressants est celui publié par MM. Le Roy des Barres et Weinberg dansles Archives de médecine expérimentale. I s'agit d'un cas de septicémie due à un microbe qui avait certains caractères du pneumocoque et d'autres du streptocoque et que l’action du sérum de Marmorek permit seule d’assimiler au streptocoque. Dans cet article, les auteurs citent à l'appui de leur idée les opinions de Tavel et Krumbein (Annales suisses des sciences médicales,1894-95) et de Roberto Binaghi dansle Centralblatt de 1897. Nous nous reservons de revenir sur ces travaux.

Dans le cas de Weinberg et Leroy des Barres, il s’agit d’un malade qui se pique en dépeçant un cheval, se fait un phlegmon du bras et meurt de septicémie. |

Or, l'examen bactériologique pratiqué après l’autopsie ne permet pas de dire, ainsi que les auteurs même le constatent, s’il s’agit du pneumocoque ou du streptocoque. |

L'étude très approfondie qu'ils en font ensuite, leur donne des caractères surtout streptococciques, inexplicables avec l’existence fort nette de la capsule constatée à maintes reprises.

Sur bouillon-ascite et sur bouillon, il pousse avec des caractères de streptocoque, en formant après vingt-quatre heures un seul et énorme flocon qui tombe au fond du tube.

Sur gélatine, il pousse, ce qui est contraire à la biologie du pneumocoque, mais il pousse lentement et mal, moins bien par conséquent que le streptocoque.

Il pousse moins bien sur sérum liquide que sur bouillon-ascite, alors que Bezançon et Griffon nous ont appris que le sérum liquide est le milieu de choix pour cultiver le pneumocoque.

Il est aérobie facultatif. Sa vitalité est très grande. « Nous avons pu, disent les auteurs, obtenir des cultures sur bouillonascite en faisant des prises dans des tubes qui avaient séjourné quatre mois (du mois d'octobre au mois de février) dans le laboratoire, exposés à la température ambiante, et il faut remarquer que, pendant cette période de l’année,ila température du laboratoire n’est pas du tout constante et même assez basse la nuit. »

Nous passons sur les autres analogies (difficulté et variabilité de la coloration de la capsule). Comme nous l'avons fait nousmême, les auteurs ont fait passer leur microbe quatorze fois par la souris sans en faire un pneumocoque typique. Enfin, ce microbetue le lapin, de septicémie, avec épanchement hémorrhagique dans le péricarde à la dose de 1 millième de centimètre cube de culture en bouillon-ascite.

Les expériences faites avec le sérum de Marmorek qui immunisa les animaux font affirmer aux auteurs qu’ils’agit d’un streptocoque.

Quant à nous, nous retenons qu’une étude bactériologique attentive n’a pu faire affirmer aux auteurs qu’il s'agissait de pneumocoque et de streptocoque, et cela parce qu’il s'agissait du « diplostreptocoque ou Entérocoque » type intermédiaire au pneumocoque et au streptocoque, et dont les variations permettent d'établir une ligne ininterrompue entre le streptocoque de Fehleisen, et le streptococcus lanceolatus.

Notre excellent maître, le Dr Caussade, a observé des faits semblables à ceux que nous venons de publier.

VII. — A PROPOS D’UNE NOTE SUR UN STREPTOCOQUE ENCAPSULÉ par TAVEL ET KrumMBEImM (Annales suisses des Sciences médicales, 1894-1895).

Voici une autre confirmation. Elle est éclatante. Deux auteurs suisses ont trouvé le « diplostreptocoque » dans une vésicule qui s’était formée sur le doigt d’un enfant atteint de pneumonie, cinq mois après la rougeole. Dans toute l'étude, on sent que les auteurs désirent, sans y réussir, classer l'organisme étudié, soit parmi les pneumocoques, soit parmi les streptocoques, et comme il s’agit, ainsi que nous l’avons démontré, d’un type de passage, leurs efforts n’aboutissent pas.

Le premier caractère qui les frappe, c’est la présence dans l'organisme des capsules ou auréoles inconstantes que présentent les microbes. « Ils sont, disent-ils, presque toujours entou-

rés d’une gangue presque incolore et tranchant par une zone fortement colorée avec le fond de la préparation. Dans les cultures, les formes en diplocoques sont rares, et ce qui abonde ce sontles courtes chaînettes.» Comme nous, les auteurs ont obtenu. dans les cultures, des chaînettes capsulées ; mais ils ont eu le mérite, en pratiquant un mordançage analogue à celui qui sert à colorer les cils de l'Eberth, de. montrer que la capsule existait le plus souvent même lorsqu'elle n’était pas apparente.

Si la présence de capsules sépare le microbe du streptocoque, sa croissance abondante à la température de la chambre le sépare du pneumocoque, et notre conclusion s’impose.

Enfin, les auteurs notent ce caractère biologique essentiel qui est, à notre avis, le fait capital pour le diplostreptocoque. Après deux ou trois mois,kes repiquages sont positifs. Le fait ne se présente jamais pour le pneumocoque ; il est extrêmementexceptionnel pour le streptocoque de Fehleisen; ici, il est banal.

Le microbe est pathogène pour la souris.

Certes, cependant, il y a des différences entre les échantillons que nous avons étudiés et ceux décrits par les auteurs suisses. Ainsi, leur microbe a coagulé le lait rapidement; il est vrai qu’il a perdu cette propriété au bout de six mois.

Sur la gélatine, les cultures ont été plus abondantes que les nôtres, et, d'après ce que disentles auteurs, presque staphylococciennes.

Ce ne sont pas là des différences essentielles qui peuvent supprimer la nécessité de faire rentrer ce mierobe dans la forme intermédiaire qui réunit le pneumocoque et le streptocoque,. c'est-à-dire dans le « diplostreptocoque » que nous dénommons Entérocoque.

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