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OBSERVATIONS DE BRONCHO—PNEUMONIE INFANTILE

(Revue critique et clinique.)

O8s. |. — JZmpétigo. — Broncho-pneumonie à pneumocoques. . Péricardite suppurée latente à pneumocoques. Mort.

Le nommé André G..., âgé de 2 ans 1/2,est entré, le 13 février 1899, à la salle Bouchut, lit n° 10, dans le service de M. le professeur Grancher. ;

Il est né avant terme, à 8 mois, à la suite d'une grossesse pénible. Néanmoins il s’est bien porté dans les premiers mois de son existence.

Pendant les deux premiers mois, il est nourri au biberon avec du lait pur, dont il prend 1: litre 1/2 par jour. À partir du 3° mois l’enfant se décide à téter et prend le sein toutes les deux heures le jour et pas du tout la nuit. À partir du 4° mois, il est nourri à la cuillère et prend de 2 à 3 litres de lait par jour. Il a eu sa première dent à 18 mois, mais ne marche ni ne parle pas encore.

Le père est souvent malade, il tousse, a eu de SORENEE bronchites et une pneumonie.

La mère se porte bien. Ils ont eu quatre enfants dont trois sont actuellement bien portants. Pas de fausse couche.

L'histoire pathologique de l’enfant est complexe. A 3 semaines, il a eu des convulsions avec contracture du bras gauche et, de la jambe gauche pendant deux jours. Les irrégularités de son alimentation se sont traduites par des poussées de diarrhée verte, fétide, accompagnée de vomissements alimentaires qui ont cessé dans les derniers temps.

Actuellement, l’enfant a la figure couverte d’impétigo ettousse légerement. Diagnostic : Bronchite ramusculaire. Impétigo. Encéphalopâthie avec arrêt de développement.

Traitement : Eau oxygénée sur les lésions impétigineuses.

Potion. Infusion Gafé..1.:.......m000. . 50 grammes CR à 5 SIFOD TON Ne Ne Acétate d’'Az H3:....:..2.4600.0 I —

16 février. L'impétigo est en voie de guérison.

Le 23. Matité sous la clavicule gauche. En arrière, au sommet gauche, respiration à timbre souffant. à

Le 24. Souffle bronchique et râles au sommet gauche en arrière.

: [ITTTIT III “Or EpEpe

En avant, auscultation impossible par le ronchus que produit l’enfant en respirant.

Le 25. Matité à la base gauche. Le souffle s'étend à la fosse sousépineuse. Tout à fait à la base, une petite zone où la respiration ne s'entend pas.

3 mars. Ponction exploratrice : pas de liquide. En avant, sous la clavicule gauche, souffle tubaire, matité absolue, bouffées de râles crépitants.

Dans l’aisselle, râles crépitants.

En arrière, submatité et souffle dans les deux tiers supérieurs du poumon.

L'enfant s’affaiblit et se cachectise. Des râles de bronchite disséminés apparaissent dans toute la poitrine et l’enfant meurt le 12 Mars.

AUTOPSIE. — Péricarde transformé en un sac purulent, rempli d’un pus liquide jaune verdâtre. Le sac péricardique est épaissi, adhérent aux plèvres; le péricarde pariétal est dépoli et présente quelques fausses membranes le long des sillons. Le cœur est normal.

Les reins sont congestionnés.

La rate est grosse.

Le foie paraît normal à la coupe. On ne trouye nulle part de noyaux isolés tranchants par leur couleur ou leur aspect sur le reste du parenchyme.

Le cerveau etles méninges sont normaux.

Les ganglions trachéo-bronchiques ne sont pas tuberculeux.

Tout lintérêt est concentré sur les poumons. Mais tandis que le poumon droit présente peu de lésions, congestion à la base avec splénisation, le poumon gauche présente un aspect spécial qui rend difficile l’interprétation. Son aspect extérieur est couleur de chair, lisse; ce n’est qu’en regardant de très près qu’on arrive à voir un fin réseau de capillaires qui se dessine à sa périphérie. Quelques adhérences à la face externe, faciles à rompre avec les doigts.

Sur le bord inférieur de la face externe, deux petites fausses membranes peu étendues.

Au lobe inférieur, on voit cinq à six saillies de forme irrégulière, ayant environ 1 centim. dans la plus grande dimension, et de coioration jaunâtre. Une d’entre elles, qui siège au sommet, présente une dépression à son centre, due au ramollissement de son contenu.

A la coupe, le tissu est ferme ; il ne s’écoule pas de pus à la section des bronches, non plus qu’à la pression. Lorsqu'au bout de quelques secondes, le sang s’est écoulé, on constate que dans toute la hauteur le poumon présente un aspect rosé un peu blanchâtre, uniforme, sans granulations. Cet aspect est le même dans tout le lobe inférieur. Mais dans le lobe supérieur, correspondant à ces saillies jaunâtres que nous ayons signalées et même à l’intérieur du lobe, nous trouvons des petits nodules, non ramollis, de consistance ferme, limités par un contour sinueux élégant et très précis, d’une coloration franchement jaunâtre ; seul le nodule du sommet est légèrement ramolli.

Ces nodules ont environ en moyenne 2 centim. de long sur 1 centim. de large, d’autres sont plus petits.

En somme, nous ne trouvons pas l’aspect typique de la bronchopneumonie puisqu'il n’y a pas de pus dans les petites bronches, que la lésion est massive et occupe tout le poumon. L'aspect lisse, non granuleux, la teinte blanchâtre, l'existence des nodules jaunâtres éloigne l’idée de pneumonie et fait émettre l’hypothèse de syphilis pulmonaire:

Le poumon, sur lamelles, et en cultures, le liquide péricardique et le sang du cœur ont donné du pneumocoque en culture pure.

L'examen au microscope a écarté l’idée de lésions syphiliques du poumon.

Voici une observation intéressante, car elle soulève une question importante de diagnostic.

Une enfant est atteinte de broncho-pneumonie à marche subaiguë, on songe à la tuberculose. La cachexie survient (1), puis une péritonite à allure également subaiguë, et malgré la présence du pneumocoque trouvé dans le foyer pulmonaire, on est conduit à incliner vers l’idée de péritonite tuberculeuse. Or, toute la maladie est due au seul pneumocoque. Il faut donc, en clinique, que tous les mots compris dans l'énoncé du diagnostic soient justifiés par les symptômes. Si du fait que la méningite tuberculeuse est la plus fréquente, on conclut en face d’un cas de cette maladie qu’elle est due au bacille de Koch; si en face d'un cas de péritonite on se laisse guider par la même considération, on commet une erreur de diagnostic dont la conséquence est de passer sans s’en douter. à côté de péritonite à pneumocoques, ou de méningite cérébro-spinale, par exemple. Il a été amplement démontré qu'il en est de même pour les angines à fausses membranes.

O8s. II. — Broncho-pneumonie à pneumocoques. Péritonite à preumocoques. Guérison.

La nommée Hélène D..., âgée de 4 ans et 3 mois, entre salle Parrot, lit n° 10, le 13 mars 1890.

Antécédents héréditaires. — Père bien portant. La mère a presque continuellement des névralgies ; a fait deux fausses couches (de 6 semaines) au début de son mariage et a eu ensuite l'enfant en question, onze ans plus tard.

Antécédents personnels. — Née à terme, enfant superbe de 8 livres et demie. Elevée au sein par la mère, durant quatorze mois. Première dent vers 6 mois. À marché à 9 mois. Pas trace de rachitisme. N’a pas eu de maladies; s’est toujours admirablèment portée.

Histoire de la maladie. — Il y a six semaines, l'enfant prend froid, pourtant elle paraît se remettre, mais traîne depuis.

[y a dix jours, vers 6 heures du soir, après avoir été très gaie

(1) Ce sont ces cas que le D' Hutinel a décrits sous le nom de forme pseudo-tuberculeuse de la broncho-pneumonie.

toute la journée, elle se plaint du ventre et s’endort subitement. Elle dort une heure et demie puis se réveille agitée et a du délire deux heures après. Le délire persiste toute la nuit etelle vomit. Le médecin apr elé soigne l’enfant pour de l'embarras gastrique fébrile, la purge.

Toute la semaine, elle reste au lit avec de la fièvre, Pas de maux de tête, plus de vomissements, pas encore de toux.

Il y a trois jours seulement que l'enfant s’est mise à tousser en se plaignant de la poitrine.

État actuel. — L'enfant a les pommettes rouges, l’œii fiévreux, les lèvres sèches et desquamées, la langue rouge, vernissée, elle a du muguet.

Matité dans la fosse sous-épineuse gauche. A l’auscultation, souffle qui fait penser à une pleurésie, pourtant une ponction exploratrice ne donne pas de liquide.

14 mars. Le souffle est limité à la zone sous-axillaire gauche. Il est entouré de gros râles sous-crépitants. L'enfant gémit et se plaint continuellement. Les traits sont tirés. Enfant très amaigyie.

Le 15. La base droite est submate, tandis que la percussion du côté gauche redevient normale. Le souffle pourtant persiste dans Vaisselle gauche avec des râles crépitants.

Une ponction du poumon (partie moyenne poumon gauche) donne en culture du pneumocoque.

Nouveau foyer de congestion dans toute la partie moyenne du poumon droit en arrière, râles crépitants dans la région.

En avant, scodisme dans l’aisselle, au-devant du foyer gauche.

Le 16. Base gauche : Submatité.

Obscurité complète de la respiration.

Base droite : Bouquet de râles fins.

Enveloppements humides.

Le muguet reprend de plus belle, la bouche pâteuse, sanguinolente est en très mauvais état. Soif vive continuelle.

Le 17. Le souffle du côté gauche du poumon a complètement disparu. Râles crépitants en foyer à droite vers la base entre l’aisselle et la colonne vertébrale.

Petit abcès du cuir chevelu à la partie moyenne et supérieure de l’occipital, pansé à l’emplâtre rouge.

La langue est couverte de muguet, l'enfant maigrit beaucoup, a le teint plombé.

Le 18. Matité complète de la base droite. Sonorité presque normale à gauche. Gros râles aux deux bases, Un peu moins de muguet, meilleur aspect général. L’enfant parle un peu.

Le 20. Un abcès de l’aile du nez est incisé et guéri.

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L’abcès du cuir chevelu a augmenté beaucoup. La peau est décollée sur 4 centim. de surface environ. Il est incisé et donne issue à un pus grumeleux, hémorrhagique. Pansements humides.

Matité à la base droite. Râles à bulles moyennes. En avant, quelques râles disséminés.

Le 24. Le foyer droit persiste. Gros souffle et râles fins. Une nouvelle ponction a été faite, on retire un peu de sérosité sanguinolente.

Le 26. Nouveaux abcès du cuir chevelu dans la région de l’occipital. Incision. Examen : staphylocoque doré. Pansements humides.

Le 28. Abcès de la fesse droite, un autre sur la face externe de la main gauche, un tout petit de la cuisse droite. Incision, pus recueilli à la pipette de l’abcès de la cuisse gauche. L’examen y montre le staphylocoque doré.

La bouche est en meilleur état.

Au poumon, le foyer droit est en voie de guérison.

4 avril. Température 37°,4.

Mêmes signes stéthoscopiques à la base du poumon en arrière. Ventre toujours un peu ballonné. Augmente de volume.

Le 8. Température 370,2.

Bouffées de râles crépitants à la base du poumon en arrière. Foie très augmenté de volume, dépasse de deux bons travers de doigt le bord inférieur des fausses côtes.

Cœur bat normalement. Légère rétraction de la paroi.

Le muguet.est guéri. L'enfant s’alimente assez bien. Pas de diarrhée.

Le 10. Ventre très ballonné. Ascite légère apparaît.

Le 12. La poitrine se dégage. Plus de râles. Le ventre augmente de volume, les abcès sont tous guéris.

Le 14. Petit abcès de la cuisse gauche ouvert aujourd’hui.

Le 18. Respiration obscure de la base gauche. Plus de râles. Augmentation croissante du volume du ventre.

Ascite considérable, ombilic déplissé. Un peu de rougeur dans la région sous-ombilicale.

Le 20. M. le Dr Brun voit l’enfant et pense qu’une intervention sera utile.

Le 21. L'enfant est passé à la salle Bilgrain.

M. Brun pratique, le 22 avril, une laparotomie médiane et sousombilicale. Cette ouverture donne issue à une quantité considérable d’un pus crémeux et sans odeur. À l'examen bactériologique, pneumocoques. Le pus est contenu dans une vaste cavité limitée par la paroi abdominale en avant, par les anses intestinales ramassées en paquet en arrière.

: Après avoir évacué la presque totalité du liquide, M. Brun pratique un lavage de la cavité avec de l’eau bouillie et la draine par deux gros drains de caoutchouc.

Pansement à la gaze stérilisée.

Champagne et sérum les jours suivants.

. Le 23 au matin, 37°. Pouls 128. Bon facies, pas de vomissements, Le 16 mai, la plaie est cicatrisée. L'enfant a un bon état général,

Oss. III. — Broncho-pneumonie. Triple septicémie : Pneumocoque, streptocoque et cocco-bacille hémophile.

Le nommé Paul P..., âgé de 16 mois, est entré le 6 mars 1899, salle Bouchut, lit n° 5, pour des accidents pulmonaires.

Son père est bien portant, sa mère bien portante a actuellement 30 ans. Ils ont eu deux-enfants.

L'enfant est né un mois avant terme, après un accouchement nor-

Et

mal. Il a été élevée au sein par sa mère pendant deux mois, puis au biberon pendant six mois, par unenourrice. La mère l’a repris ensuite, mais l’alimentation a été très irrégulière.

Il a marché à 14 mois et n’a pas encore de dents. Pas de maladies antérieures. Eur

Depuis six semaines, à la suite d’un changement de lait (2), l'enfant est pris de diarrhée. Les selles deviennent liquides, jaunes puis vertes, et pendant trois sernaines il régurgite son lait dès qu'il l’a pris. Il a suffi de le mettre d’une façon régulière au lait maternisé pour que les troubles digestifs s’atténuent et disparaissent. Maïs l'enfant ne veut

plus prendre son lait, il se met à tousser, maigrit et entre à l’hôpital.

Sa maladie a évolué en trois phases : une premiére phase, du 6 au 15 mars, de bronchite diffuse avec râles fins aux deux bases et submatité à la base gauche.

Dans une deuxième phase, du 15 au 23 mars,a évolué une Érontce pneumonie aiguë du poumon gauche. (Souffle tubaire et râles fins.)

Puis tandis que la résolution se faisait du côté gauche, le côté droit où l’on entendait, à la deuxiéme phase seulement, des râles de bronchite, devenait dans une troisième phase le siège d’une bronchopneumonie.

La mort résulta de cette nouvelle localisation.

A l’autopsie, léger épanchement purulent à la base gauche avec fausses membranes recouvrant la base.

Tout le poumon droit est le siège d’une broncho-pneumonie (poumon dur, lésions avancées d’aspect variable à la coupe; pus dans les bronchioles). A la base gauche, lésions en voie de résolution.

Sur la base droite, légère lame sanguine sur une étendue de 4 centim. 1/2 environ autour d’un petit orifice de ponction encore visible.

L'observation suivante présente deux particularités. L'une est surtout intéressante au point de vue bactériologique, puisque l'enfant au cours d’une broncho-pneumonie à pneumocoques a présenté une ostéopériostite suppurée à pneumocoques. L'autre consiste dans l'existence à la base droite d’une légère quantité de liquide purulent, malgré la non-existence de tout signe de pleurésie. C’est un de ces cas qui font poser la nécessité de la ponction exploratrice pour le diagnostic des pleurésies purulentes de l’enfance.

Il faut ajouter que le cocco-bacille hémophile ne s’est pas dévoloppé dans le pus de la pleurésie para-broncho-pneumonique.

Os. IV. — Broncho-pneumonie à pneumocoques et à coccobacille hémophile de Pfeiffer. Pleurésie purulente à pneumocoque pur.

Le nommé André L..., âgé de 22 mois, entre salle Bouchut, lit n° 4, le 20 mars 1809.

Antécédents héréditaires. — Père âgé de 35 ans. À eu vers 20 ans

un point pleurétique, une bronchite et une congestion pulmonaire des deux sommets. Depuis bien portant.

Mère 27 ans, bien portante. Un autre enfant de 3 ans, bien portant.

Antécédents personnels. — Est né à terme. Accouchement normal. Élevé pendant deux mois au sein par la mère, puis élevé au lait stérilisé jusqu’à huit mois et depuis au lait ordinaire jusqu’à vingt mois, il n’a pris que du lait avec quelques potages.

Première dent à 11 mois.

Marche vers 1 an, 2 mois.

Aucune maladie antérieure.

Il y a environ deux mois, toux coqueluchoïde pendant quinze jours ou trois semaines. Après, toux plus grasse, bronchique, sans quintes. Deux accès fébriles à 5 ou 6 jours d’intervalle. Depuis le second accès a gardé lelit, Le médecin a diagnostiqué à ce moment une pleurésié (il y a quinze jours).

20 mars. À son entrée l'enfant est pâle. Très amaigri, les chairs sont flasques, il est légèrement rachitique, a de petits ganglions dans les aines, le cou et les aisselles.

Rate pas appréciable à la palpation.

Foie déborde de un travers de doigt les fausses côtes.

Toux coqueluchoïde, expectoration mousseuse, un peu de battement des ailes du nez.

A la percussion, on trouve de la submatité de la région inférieure de l’aisselle gauche. Matité absolue des 2/3 supérieurs du thorax gauche, en arrière submatité à la base. Matité dans la fosse sus-épineuse droite, submatité de tout le côté droit. La vue avait déjà fait constater une voussure apparente du côté gauche du thorax avec écartement des espaces intercostaux. Auscultation en arrière. À droite, dans toute la hauteur, râles muqueux à bulles fines. — À gauche, souffle aigre doux avec quelques râles humides. Résonance broncho-égophonique de voix. Respiration forte au sommet.

En avant, à droite, râles muqueux à bulles moyennes et fines; à gauche, respiration rude et soufflante avec râles muqueux à bulles moyennes sous la clavicule.

Le 22. Bien que l’espace de Traube reste sonore, la matité de tout le côté gauche s’accentue, le cœur se dévie sous le sternum, la respiration devient pénible.

Le 23. Une ponction avec la seringue de Pravaz à la base gauche, retire un liquide purulent. Une ponction évacuatrice fait retirer 10 grammes environ de liquide.

Le 24. Point douloureux au niveau du condyle interne du fémur

droit. Ce point ne tarde pas à se tuméfier ; une incision devenue nécessaire laisse sortir une quantité notable de pus [à pneumocoques].

Les jours suivants la cachexie s’installe, la dyspnée augmente, la rate devient grosse et l'enfant meurt le 13 avril.

A l’autopsie, onconstate l'existence de la broncho-pneumonie diagnostiquée pendant la vie, mais il ya aux deux bases un épanchement purulent passé inaperçu à droite et que nous croyons disparu à gauche. )

Oss. VII. — Broncho-pneumonie à cocco-bacille hémophile de Peiffer et pneumocoques. Coqueluche. Diarrhée. Présence du cocco-bacille orangé et du bacille chromogène vert dans le poumon.

Édouard P.., âgé de un an, est entré dans la crèche Husson, lit n° 4, dans le service de M. le professeur Grancher, le 27 mars

Antécédents héréditaires. — Père a 24 ans, n’a jamais été malade, mais ila des crises de nerfs, la dernière de ces crises a eu lieu en janvier à la suite d’une colère. Il est tombé brusquement, s’est débattu sans pousser de cri ni se mordre la langue.

La mère a 27 ans, est bien portante et l’a toujours été.

Ils ont eu trois enfants :

En 1804, un premier enfant actuellement bien portant, coqueluche à 2 ans et demi; |

En 1896, un deuxième enfant actuellement bien portant ;

En mars 1898, le troisième enfant qui est notre malade,

Antécédents personnels. — Édouard P.. est né à la maternité de Saint-Louis après un accouchement à terme. Il pesait 3 kilogr. 5oo à sa naissance. Élevé au biberon par une nourrice, il a eu de la diarrhée verte à l’âge de 5 mois,

Cette diarrhée a disparu au bout de huit jours à la suite d’un traitement prescrit par le médecin de Paris. Depuis, l'enfant est nourri régulièrement au biberon, il prend 90 grammes de lait toutes les deux heures, soit 1000 grammes en vingt-quatre heures,

Sa première dent est venue à huit mois, sa deuxième dent huit jours après et à ce moment est survenue un peu de diarrhée verte très fétide.

Pendant un mois, la diarrhée et la régurgitation de lait ont persisté malgré une diète de vingt-quatre heures, et le coupage du lait avec de l’eau d’Evian, ,

Actuellement, depuis mercredi dernier, l’enfant a encore de la diarrhée, il ne vomit pas, mais il maigrit depuis deux mois et a des quintes de toux coqueluchoïde.

En examinant l’enfant, on trouve de la submatité à la base du poumon gauche en arrière. Toute la base laisse entendre des râles fins, tandis que le reste des poumons est rempli de râles de bronchite. Aux sommets, la respiration a le timbre un peu bronchique.

Mais le 28 mars, un souffle tubaire se perçoit à l’auscultation du sommet droit et l’enfant succombe dans la journée.

Il avait eu six selles jaunes et liquides dans la journée,

L’autopsié a montré une broncho-pneumonie du sommet droit ; la base gauche est très splénisée.

L'observation suivante est un type de la bénignité relative des infections à cocco-bacille hémophile, pur ou associé à des microbes peu virulents. Il faudra noter dans cette observation l’évolution apyrétique de la maladie.

Os. VIII: — Broncho-pneumonie de la base gauche. Coccobacille hémophile et staphylocoque. Guérison.

Augustine M.., âgée de 8 mois, est entrée le 29 mars 1899 à la crèche Husson pour des accidents pulmonaires,

Son père a 30 ans et vient de subir l’amputation des métatarsiens. La mère est bien portante, mais elle est fatiguée. Sur huit enfants, quatre sont morts, l’un de broncho-pneumonie, les trois autres quelques semaines après leur naissance, trois fillettes de 4, 6 et 8 ans sont bien portantes ; la dernière est notre malade.

Venue à terme sans que la mère ait eu d’accidents pendant la grossesse. Dès les premiers jours de l’existence, l'enfant eut du coryza. D'abord élevée au sein, l’enfant fut mise ensuite au biberon et alimentée sans règle aucune, néanmoins elle ne présente pas de troubles gastro-intestinaux.

L'enfant n’a pas de dents. Elle a eu vers l’âge de 5 mois un peu de gourme.

Depuis un mois, Augustine M... tousse. La toux est devenue quinteuse depuis 15 jours, aussi ne l’a-t-on pas sortie. Elle a maigri, dit la mère, mais la diarrhée qui s'était installée ces jours derniers a disparu.

A l’examen on trouve dans la poitrine [ des râles sibilants et ronflants, disséminés 38° et à la base gauche un foyer de bronchopneumonie, souffles et râles fins.

Traitement. Sulfate de quinine, o gr. ro.

V2 — Acétate d’ammoniaque, 0,30. — Deux bains à 35 degrés par jour.

ii rer avril. Ponction de la base gauche :

onres[29/30f1f 1 [2 | 514 Quelques gouttes de sérosité sanguinolente. Les jours suivants les signes de bronchite s’atténuent, la matité disparaît à la base gauche et le 6 avril nous rendons à la famille l'enfant presque totalement guérie. La guérison s’est maintenue.

Pendant son séjour à l’hôpital, l’enfant n’a pas eu une seule quinte de coqueluche.

Oss. IX. — Coqueluche. Broncho-pneumonie à streptocoque et à cocco-bacille. Abcès intercostaux multiples. Septicémie. Mort. Présence du cocco-bacille orangé et du bacille chromogène vert dans les poumons.

Le nommé Auguste R..., âgé de 20 mois, est entré le 13 mars 1809 à la crèche Husson.

Sa mère a 29 ans, est journalière. Elle a été internée à l’asile de Villejuif de 14 à 19 ans. Depuis sa sortie jusqu’à 26 ans ellea eu de fréquentes attaques convulsives avec chute dans la rue. Depuis l’âge de 26 ans, les attaques ont disparu.

Le père est mort à Laennec il y asix mois, à l’âge de 53 ans (?).

Ils ont eu ftrois enfants ; le premier est mort en nourrice à trois mois, le deuxième est mort à 2 ans et demi, le troisième est notre malade.

Auguste R... est né à terme après un accouchement normal, Il pesait six livres 50 grammes à la naissance, Il a été nourri au sein parsa mère jusqu’à 17 mois; depuis trois mois il prend le biberon. Souvent

sans avoir de diarrhée véritable il a eu des selles fétides et des régurgitations de lait.

Depuis un mois l’enfant a maigri, aussi le renvoie-t-on de la crèche parce qu’il est pris d’une toux quinteuse.

À son entrée nous constatons que cet enfant est peu développé ; il pèse 5 k. 620 grammes et nous sommes frappés par la coloration ictérique de la peau et des conjonctives, les selles sont décolorées, les urines fortement foncées sont riches en pigment biliaire et contiennent de l’urobiline.

Il y a peu de dyspnée apparente.

A l’auscultation, râles de bronchite disséminés dans toute la hauteur de la poitrine.

L'enfant a eu dans la journée 7 quintes de coqueluche.

Mais le 16 mars, le tableau clinique change; aux deux sommets

le murmure vésiculaire disparaît pour faire place à un souffle rude, indiquant l’existence de foyers de broncho-pneumonie. La température atteint 390,2 le 17 où l’on constate à la base gauche l'existence d’un foyer de congestion pulmonaire. Cependant tout paraît s’atténuer. L'enfant maigrit peu (5 k. 230, le 21), l’ictère disparaît, les foyers des sommets entrent en résolution. Le bromoforme, substitué à la poudre inactive de grindelia, semble diminuer les quintes. Mais le 28 commence une nouvelle élévation thermique. La poitrine se refnplit de râles sibilants, la respiration prend par places le timbre

bronchique. L'enfant, qui commençait à augmenter en poids, maigrit, se cachectise et meurt le 9 avril, pesant 4 k.'950.

Auropsre. — Elle devait compléter cette histoire clinique. Tout l'intérêt de cet examen réside dans l’étude de l’appareil pulmonaire.

Le foie anémié, pâle, présentait à sa surface des taches blanchâtres irrégulières. Sa coupe était également pâle.

La rate, grosse, était sensiblement congestionnée.

Les autres viscères abdominaux ne paraissent pas présenter de grosses altérations.

En détachant les insertions costales du grand pectoral droit, le bistouri pénètre dans un espace intercostal {le 4e) et du pus sourd par l'orifice. Cet espace est en effet transformé en une poche purulente qui a contracté des adhérences avec le poumon intact en ce point.

Lorsque les deux poumons et le cœur sont enlevés, on constate que la cavité pleurale ne contient pas de pus, mais il existe des abcès de la paroi thoracique qui bombent vers le poumon, refoulent la plèvre et ont comme point de départ l’espace intercostal.

On trouve ces abcès, à gauche, sur le ro° espace intercostal, près de la gouttière costo-vertébrale; à droite deux volumineux abcès dépriment le sommet du poumon non adhérent.

Mais outre l’abcès décrit plus haut, on trouve en arrière, à 5 centim. de la colonne vertébrale, une saillie grosse comme une noix, et quand on l’incise, il s'écoule un flot de pus épais et verdâtre, et au fond de l’abcès qui part de l’espace intercostal, on trouve la quatrième côte dénudée et brisée.

Le tissu pulmonaire paraît presque sain. Pas de pus dans les bronches, il surnage aisément, mais la coloration inégale et la splénisation des lobules indique qu’il a été au sommet le siège d’unebronchopnéumonie.

Les ganglions trachéo-bronchiques sont normaux. Le péricarde est rempli d’une légère quantité de liquide citrin. Le cœur est normal.

Le cerveau ne présente rien à signaler.

Il faut noter l’existence, à la région postérieure du cou-de-pied, d’un abcès, sans point de départ osseux.

Des prises bactériologiques ont été faites.

Elles ont montré l'existence du streptocoque et du cocco-bacille hémophile.

Os. X

Cette observation se rapporte à un cas de broncho-pneumonie à streptocoque et à cocco-bacille hémophile.

L'enfant présentait en outre une thrombose des sinus. L'observation a été publiée par le Dr Hallé dans le journal de M. Comby (1).

Le cas de la petite Alice L..., en dehors de l'intérêt qui s’attache à ce fait qu'elle a présenté une lésion torpide de la base gauche, nous a montré la présence dans le poumon du coccobacille orangé.

Oss. XI.— Érythème polymorphe. Congestion pulmonaire chronique de la base gauche. Présence du cocco-bacille orangé.

La nommée Alice L..., âgée de 4 ans et demi, est entrée le 17 avril 18099, salle Parrot, lit n° 14.

Antécédents héréditaires. — Parents bien portants.

La mère a eu cinq enfants :

ro Fille de 9 ans, bien portante.

20 Garçon mort à 20 mois, de méningite.

30 Fille morte à 4 ans et demi, de rougeole.

4° L’enfant en question.

5° Fille de 2 ans, bien portante.

Antécédents personnels. — Née à terme, après un accouchement normal, élevée au sein jusqu’à 19 mois. À eu ses premières dents à 10 mois, a marché à 14 mois.

À 6 mois, congestion pulmonaire.

A 19 mois, rougeole suivie de bronchite capillaire. SÉPE bronchite presque tous les hivers. ;

Il y a quinze jours, a été prise de fièvre qui a duré quatre jours. Maux de tête, vomissements, diarrhée, inappétence. Elle toussait.

Depuis cinq jours apparaissent des plaques rougeset douloureuses ‘sur les jambes, si douloureuses qu’elles empêchent la marche, tandis que l’état gastrique rédevenait meilleur.

(1) Archives de médecine des enfants, 1890.

17 avril. Érythème noueux typique à la faceantérieure des jambes avec plaques érythémateuses disséminées aux jambes et à la partie extérieure des avant-bras.

A la face antérieure des cuisses, aux bras et aux avant-bras, surtout dans la zone de l'extension, papules entourées d’une zone inflammatoire et surmontées d’une vésicule avec aspect pseudo-varicelleux. Asymétrie absolue des lésions.

État général : fièvre légère, langue saburrale. Angine érythémateuse.

Thorax.— Bronchite diffuse. Toux assez fréquente. Foyer à la base gauche.

Cœur. — Rien.

Urines. — Pas d’albumine.

Traitement : Pansement à l’eau bouillie froide. Régime lacté.

18 avril. Température 380,4. Amélioration très notable aux jambes. Il n’y a pas apparition de nouveaux éléments.

. Thorax. — Submatité aux deux bases. Râles fins aux deux bases.

Le 19. Température 37°,6. État de la peau très amélioré. Induration antérieure disparue aux jambes.

Poumons. — Zone de submatité à la base gauche. Souffle congestif et râles à la base gauche (1).

Pâleur assez considérable des téguments.

Traitement : enveloppement froid.

Le 20. Guérison à peu près complète des éléments éruptifs. La toux a presque complètement disparu. \

Poumons. — Submatité à la base gauche, mêmes signes pulmonaires mais très localisés à la base du poumon gauche. j

Le 21. Poumons. — Submatité à la base gauche. Respiration rude jusqu’à la partie moyenne du poumon. Souffle à la base gauche, Broncho-égophonie à la base gauche.

Traitement : ventouses scarifiées. Potion.

Le 22. Malade apyrétique mais pâle. La congestion s'étend aux deux poumons. Mêmes signes que la veille à la base gauche.

1er mai. Température 40°, Sur l’amygdale droite la muqueuse est rouge vif.

Le 2. Température 370. Exsudat blanchâtre sur les cryptes amygdaliennes. Pas d’adénite sous-maxillaire.

Le 3. Examen bactériologique : streptocoques.

Le 9. Mêmes signes pulmonaires. Souffle à la base gauche; râles sous-crépitants dans le poumon gauche etle poumon droit,

(1) Le foyer de la base gauche avait déjà été constaté avant l’apparition de l’érythème polymorphe.

Le 10. L'enfant, pour la première fois, depuis trois semaines s’est levée hier toute la journée, et ce matin, on observe les signes suivants : dans le poumon droit, plus de râles ; dans le poumon gauche, plus de. souflle, quelques râles sibilants et crépitants à la base.

Le 13. Température 37,4. Signes physiques diminuent. Le souffle s’atténue à la base gauche.

Le 17. Mêmes signes un peu atténués.

Le 19. Température 38,

Le 20. Température 380,2. Les signes de la congestion pulmonaire se Sont de nouveau montrés : souffle, râles crépitants (surtout: à la partie moyenne du poumon gauche.

Le 26. Température 38°. Mêmes signes plus étendus peut-être. Broncho-égophonie. Aux sommets, respiration rude, Petits râles très fins.

Le 31. Température 37°. Urines, pas d’albumine.

Poumons. — Mêmes signes, peut-être un peu moins marqués.

2 juin. Le souffle est toujours persistant et s’étend de la région du hile à l’aisselle gauche. Température 38° (veille au soir), 37°,4 (matin).

Le 7. Température 370,2. Souffle persiste dans la région du hile. Quelques râles fins dans le lobe inférieur du poumon gauche, en arrière. À la percussion du poumon, en arrière, rien.

12 juillet. Rien de nouveau. Toujours le souffle et les râles à la base gauche. État général excellent.

Oss. XII. — Broncho-pneumonie à cocco-bacille hémophile de Pfeiffer et à pneumocoques, au cours d’un eczéma séborrhéique impétigineux .

La nommée Louise E..., âgée de 8 mois, est entrée le rer mars 1899, salle Husson, lit n° 7.

Le père est bien portant. ;

La mère a 31 ans. Elle a toujours été bien portante; a fait une fausse couche à 25 ans, et a eu notre malade le 3 juillet 1898. L’accouchement normal s’est fait à la Maternité de l’hôpital Beaujon, les suites ont été simples. À sa naissance, l’enfant pesait 3,500 gram.

Elle fut nourrie au sein, par la mère, pendant seize jours, puis confiée jusqu’à l’âge de 8 mois à une nourrice qui devait la nourrir au sein. L'enfant a beaucoup maigri, et la mère la voyant malade Pa reprise et l’amène à l'hôpital. ;

À son entrée, on constate que tout le cuircheveluestrecouvert d’une carapace formée par des croûtes écailleuses, sèches, dures, de couleur

de moisissure, présentant l'aspect de l’eczéma impétigineux. Les ganglions rétro-auriculaires sont engagés à droite. Sur la peau de la face, lésions eczémateuses. De même, au niveau des coudes où ces lésions suintent abondamment.

L'enfant n’a pas de dents. Le ventre est très proéminent et souple. Le foie n’est pas gros. La rate est perceptible, dépasse le rebord des fausses côtes. Il y a de la micropolyadénopathie limitée aux aines et un chapelet costal ràchitique très net, ainsi qu’une légère incurvation des tibias, Le cœur est normal; l’examen de la gorge est négatif, ainsi que celui des poumons. :

Le traitement est commencé prudemment après quelques jours de repos. On applique des compresses d’eau bouillie, territoire par territoire et on nettoie le lendemain à l’eau boriquée.

Néanmoins, le 24 mars, éclate au sommet gauche un foyer de broncho-pneumonie. Matité, souffle et râles sous-crépitants en arrière. Temp.: 38,8

Au bout d quelques jours, au moment où on s'attend à la résolution, se fait une poussée fébrile formidable sans modifications des symptômes. La température monte à 41°,4 et les lésions de la peau, déjà bien améliorées, disparaissent brusquement.

L'état général est très mauvais. Néanmoins tous ces phénomènes s’atténuent, bien que la rate reste grosse.

Le 15 avril, on constate un foyer de broncho-pneumonie au sommet droit, auquel se joignent, le 17, des signes de bronchite intense généralisée et le thermomètre atteint 39°,5.

Le 25, au niveau de la région antérieure du thorax, se fait une éruption pemphigoïde à bulles géantes, contenant un liquide clair et qui laissent une légère ulcération. Temp. : 399,8.

Le 27, l’impétigo reparaît au niveau des bras. L'état général est très mauvais, les souffles tubaires persistent aux deux sommets.

Au début de mai, nouvelle poussée de véritables phlyctènes audevant de la poitrine. x

Pendant la fin de mai, l’état reste stationnaire, mais le 20 juin, l'enfant atteint 41° et la poitrine se remplit de râles. Dès lors, la température se maintient aux environs de 39°.

L’éruption d’eczéma séborrhéique reparaît, les signes s’amendent aux sommets. Mais le 30 juin, la poitrine se remplit de râles, surtout aux bases, la température monte à 419,8 et l'enfant succombe le 1er juillet.

L'autopsie a montré comme seule lésion, de la congestion peu intense des bases, et une splénisation légère des sommets.

.’ Au milieu des observations où nous trouvons le bacille de Pfeiffer, voici la relation d’un casde broncho-pneumonie rubéolique à streptocoque pur, cas intéressant que nous avons pu étudier grâce à l'amitié de notre collègue Katz.

Oss. XIII (résumée). — Broncho-pneumonie rubéolique à streptocoque pur.

Le nommé Charles M.…., âgé de 4 ans, entre à la salle Blache, le 10 mai 1809, pour des phénomènes de toux qui durent depuis quatre jours. Ses antécédents héréditaires n’ont aucun intérêt, ses antécédents personnels nous apprennent qu’il est né à terme. Il est vacciné.

Le malade est laissé en observation, mais des phénomènes de catarrhe oculo-nasal apparaissent, et le 13, l'enfant passe à la rougeole,

Hi

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salle Guersant, lit n° 8. L'éruption, apparuë le 13, s’efface le 15 et l’apyrexie revient. Mais le 21, l’enfant est anxieux, dyspnéique ; le 22 éclate à la base droite un foyer de broncho-pneumonie. Temp. : 390,4. Resp. : 40. Le 23, apparition d'un deuxième foyer à l’aisselle gauche.

Malgré les bains froids et les stimulants, l’enfant se cyanose, des bains synapisés n’empêchent pas ses extrémités de se refroidir. Il meurt le 25 mai à 4 heures du matin.

L’autopsie, pratiquée le 26 mai, a montré les foyers de bronchopneumonie diagnostiqués pendant la vie (1).

Ons. XIV. — Broncho-pneumonie à diplostreptocoque (Entérocoque) et cocco-bacille hémophile.

Le nommé Georges C..., âgé de 14 mois, entre le 5 juin 1899, salle Bouchut, lit n° 13.

Antécédents héréditaires. — Père bien portant. Mère bien portante.

Ils ont eu deux enfants : le premier est mort aux Enfants-Malades à 11 mois et demi. Le deuxième est notre petit malade.

Bonne grossesse et accouchement normal. L'enfant est nourri au biberon avec du lait bouilli, puis du lait maternisé. L'enfant prenait peu à la fois et on lui donnait chaque fois qu’il pleurait.

Première dent à un an.

Ne marche pas.

L'enfant a toujours toussé, il a une bronchite depuis un an.

Depuis le 25 mai, l'enfant toussait davantage. On lui mit des cataplasmes sinapisés, bottes d’ouate. Il allait bien à la selle, dormait bien, mais poussait quelques gémissements. Il-lui survenait des plaques rouges sur le corps qui sont disparues assez rapidement.

L’enfant a vomi sous l’action d’un vomitif.

La mère amène l’enfant parce qu’il a des convulsions et de la diarrhée.

Examen, le 6 juin. — Dyspnée intense. Tirage latéral. Pas de modifications de sonorité à la percussion ni en avant ni en arrière. Gros râles de bronchite dans toute la poitrine, râles à bulles plus fines à la base gauche.

Convulsions au moment où l’enfant entre le 5 juin à l’hôpital. Nouvelles convulsions à 3 heures. Pas de strabisme. Un peu de raideur de la nuque. Toux quinteuse. Pas de diarrhée. Température, 5 juin au soir, 380,2, le 6 juin au matin 390,4.

Traitement : cataplasme sinapisé.

Le 7. L'enfant a eu une attaque deconvulsion hier au soir, lavement au chloral et bromure.

(1) Pour la broncho-pneumonie rubéolique, lire: Méry et BourLocne. Revue des maladies de l'enfance, 1891, p. 154. FRÆNKEL. Thèse Paris, 1808.

Bar». Nature et prophylaxie de la broncho-pneumonie rubéolique. Lyon médical, janvier 1880.

GauriEr. Broncho-pneumonie rubéolique. Thèse Lyon, 1888.

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