‹ Recherches Sur Quelques Has De Broncho-Pneumonie AiguëChapitre 9 sur 44 · DO FREE · texte numérisé non relu

DO FREE

Elle n’a eu ni point de côté, ni frissons, ni sensation de fatigue ou de courbature anormale.

Le soir, les deux bases sont remplies de râles sous-crépitants.

Le lendemain la cyanose s’installe et, quoique les foyers qui occupent les bases entrent le 2 décembre au soir en résolution, elle succombe asphyxiée, véritablement bleue, le 4 décembre.

Nous avons retrouvé ici ces crachats sanglants franchement hémorrhagiques, très étalés, visqueux, adhérents au vase, que nous avons déjà signalés. On y retrouve le diplocoque mêlé aux autres microbes ordinaires de la bouche.

La souris inoculée avec les crachats est morte en trois jours d’une septicémie à diplocoques.

Pendant la vie, le sang du bras a été mis en culture. Le tube de gélose était couvert le surlendemain d’une nappe opahHne où se détachait une pluie de colonies blanches rondes à peine saillantes et contenant à l’état de pureté le diplocoque non capsulé. Le tube de laita mal poussé (méthode anaérobie). Maisles 38: réensemencements aérobies faits sur gélose ont prouvé que les coques qu’on y trouvait étaient bien le diplocoque non capsulé.

Selon notre habitude, nous avons après la mort ensemencé le suc pulmonaire, le sang du cœur et le liquide céphalo-rachidien. PATES ROM Décemt

Voici les résultats :

Liquide céphalo-rachidien. — Lait : petites coques sans importance. — Bouillon : streptocoques en belles chaînettes et diplocoques. La séparation a été faite sur gélose aérobie. Elle a permis de séparer des belles colonies de streptocoque bien différentes des colonies rondes blanches du diplocoque également obtenu.

Suc pulmonaire. — Ensemencé en strie sur agar, ce suc a donné le long de la strie de fines colonies en gouttelettes qui sont formées par du streptocoque en longues chainettes. Certaines colonies légèrement plus grandes présentent également une forme de deux éléments. Mais les repiquages sur différents milieux nous ont montré qu'il s'agissait ici de streptocoque pur.

Histologiquement, le poumon donne les lésions semblables à celles trouvées dans les cas précédents. Cloisons alvéolaires intactes, mais desquamées. Alvéoles farcis de globules blancs sans réticulum fibrineux.

La méthode de Weigert a permis de trouver le diplocoque dansle coupes.

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Dans ce cas, comme dans les précédents, nous n'avons pas trouvé de nodules péribronchiques bien développés. Mais on sait que ces nodules apparaissent surtout dans les cas subaigus ou chroniques, et manquent souvent dans les formes qui tuent rapidement.

On voit donc que nos observations présentent une série de faits concordant bien au point de vue de la marche de l'affection, lésions inflammatoires pulmonaires avec septicémie, d’abord à diplocoques, puis mixte avec le streptocoque terminal; qu’au point de vue histologique les lésions surtout alvéolaires nous montrent presque constamment l’absence de tout exsudat fibri-

neux.

Os. IV

Ces caractères se retrouvent incomplètement chez une jeune femme de 35 ans, entrée dans le service pour un cancer de l'utérus inopérable (invasion de la vessie et du rectum) et qui a succombé à une broncho-pneumonie contractée dans la salle.

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Les dates permettent de préciser, ainsi que le rapprochement des lits. Cette jeune femme occupait le n° 3 et est morte le 22 novembre, tandis que la malade de notre première observation ‘occupait le n° 6 et est morte le 17 novembre.

[l y a là un cas évident de contagion hospitalière favorisée par le mauvais état général de la malade.

Nous publions ci-joint la courbe de sa broncho-pneumonie de la base droite. Nous insisterons peu sur cette quatrième observation parce que nous n'avons pas ensemencé le sang pendant la vie et que le diplocoque n’a été retrouvé que dans le sang du cœur après la mort. La malade ne crachait pas, donc pas d'examen de crachats. En dehors de la fièvre, pas de réaction.

Notons enfin que les coupes du poumon présentaient un réticulum fibrineux alvéolaire faible mais des plus évidents (méthode de Weigert). Ce cas est surtout intéressant comme cas de contagion hospitalière.

Nous retrouvons une observation absolument complète chez

une malade entrée le 24 novembre et dont voici l'observation détaillée :

Oss. V. — Broncho-pneumonie à foyers multiples. Septicémie à diplocoques. Autopsie.

Ernestine L..…., 65 ans, est entrée le 24 novembre 1897, salle Laennec, n° 14.

La malade a eu quatre enfants dont trois bien portants et qui actuellement sont âgés de 24 à 35 ans. Le quatrième est mort en bas âge.

Elle n’est plus réglée depuis l’âge de 52 ans.

Elle porte une hernie ombilicale volumineuse.

Il y a quelques jours la malade a été prise d’un point de côté à droite, avec dyspnée, sensation de fatigue et de courbature. Le même jour s’installait une diarrhée considérable.

Le 24 novembre, jour de l’entrée, on constate que la langue est sèche, rôtie, la malade a une très forte diarrhée, la rate est grosse.

A la base droite, on trouve de la matité dans toutle lobe inférieur, avec exagération des vibrations et souffle plus aigu que le souffle tubaire.

Même en faisant tousser la malade on ne peut obtenir aucun râle.

Les phénomènes persistent jusqu’au 28 novembre.

Le 29, il y a une fausse défervesvence seulement thermique, sans crise urinaire et on entend quelques bouffées de râles sous-crépitants fins dans le foyer.

Mais le soir, la température remontait [le foyer redevenait compact et envahissait la fosse sous-épineuse jusqu'alors indemne], pour

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retomber à 370 le rer décembre, présentant à nouveau une fausse résolution passagère du foyer.

Le cœur a toujours été normal. Le pouls bondissant donnait par sa force l’impression d’un pouls de Corrigan.

La malade n’a rendu de crachats que le 27, où elle a rendu 2 ou 3 crachats visqueux et collants au crachoir.

Nous avons pu examiner ces crachats. Bleu phéniqué, violet de - gentiane, avec et sans méthode de Gram. Nous avons trouvé des coques de diverses natures, en particulier le diplocoque de nos observations.

Le 30, du sang a été pris dans la veine médiane, céphalique et mis en culture sur bouillon anaérobie et sur gélose.

Sur bouillon anaérobie, le diplocoque a poussé. Dans les cultures sur différents milieux il s’est montré en tout semblable à celui trouvé dans

| et ART ares 24125120 [27128/29[30 le cas n° 6, salle Laennec (obésité,

etc

Sur la gélose nous avons obtenu des colonies du même diplocoque. Ila été ensemencé et a poussé abondamment en strie sur gélatine.

Nous avons incidemment ensemencé un tube de lait chargé de coli-bacille de ce diplocoque. Au bout de quarante-huit heures, nous avons été étonné de constater la presque complète disparition du coli-bacille.

Le rer décembre s’est produit un fait nouveau.

La deuxième défervescence (37° 1er décembre au matin) a été le début d’une nouvelle poussée fébrile due à l’envahissement de la base gauche. Mais cette base gauche, le 4 décembre, ne présentait encore que des signes de congestion sans hépatisation (respiration souffante, râles sous-crépitants), ce qui nous explique la marche de la fièvre.

Le 5, au soir, la température remontait à 300,5.

Malgré cela l’état général de la malade se maintient. Le cœur reste bon, la langue est moins sèche et la diarrhée diminue.

Traitement. Ventouses sèches. Quinine. Acétate d’AzH$. Quinquina. Régime lacté avec lactose.

Le nouveau foyer pulmonaire transformait radicalement la situation de notre malade, Malgré une défervescence apparente, le 4 au matin le souffle persistait à droite; il apparaissait à gauche et couvrait

les râles sous-crépitants fins. Le dimanche matin, la malade entrait dans le coma avec 400,3 et mourait dans la soirée.

L’autopsie a été pratiquée le mardi matin.

Voici les résultats de l’autopsie, des coupes histologiques et des cultures faites en anaérobie et aérobie avec le sang du cœur, le liquide céphalo-rachidien et le suc pulmonaire.

AuTorsie. — Incision de la peau est faite en évitant la grosse hernie ombilicale.

Ablation du plastron costal.

Pas de liquide dans la plèvre.

Faible quantité de liquide dans le péricarde.

Foie. — Poids, 1,150 gram. Mou. Présente sa configuration extérieure normale. Petit. Vésicule biliaire distendue ne contenant pas de calculs.

A la coupe, tissu mou congestionné. Pas de coloration cirrhotique spéciale.

Un morceau de foie est mis dans l’alcool.

Rate. — Poids, 65 gram. Petite, atrophiée. Molle. A la coupe, congestionnée et légèrement scléreuse.

Reins. — Le rein gauche pèse 175 grammes; à la coupe il présente l’atrophie de la substance corticale caractéristique du rein sénile. Aspect extérieur normal.

Le rein droit pèse 145 gram.

Les deux reins se laissent décortiquer : la capsule n’est pas adhérente.

Pancréas. — Rien de particulier.

Cerveau.— Exsudation assez notable de liquide céphalo-rachidien.

Aspect extérieur normal.

Cœur.— Poids, 290gram.

Poumon droit. — Poids, 820 gram. Le lobe inférieur présente l’aspect d’un tissu compact. Il est violemment congestionné. A la coupe, tissu dur, nettement splénisé, sans qu’il y ait tendance à la transformation purulente.

Sommet emphysémateux, présente à la coupe l'aspect du tissu normal. Tubercules. Pas de fausses membranes pleurales.

Poumon gauche. — Poids, 600 gram. Bord antérieur emphysémateux et congestionné. Base extrêmement congestionnée, presque noirâtre de congestion, sans hépatisation.

Le poumon reste au fond de l’eau.

Il présente une petite caverne au sommet.

La méthode de Ziehl nous y a fait voir des bacilles en abondance.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — Ce qui caractérise les coupes au point de vue histologique, c’est la violence de la congestion.

Loin de trouver des alvéoles remplis d’un exsudat fibrineux, et semblables les uns aux autres, on trouve la majeure partie des alvéoles gorgés de globules rouges au point de ressembler aux coupes des vaisseaux sanguins. De place en place on trouve quelques alvéoles remplis de leucocytes. Les cloisons inter-alvéolaires respectées ont encore en certains points gardé leur épithélium. C’est dans les alvéoles qu’on retrouve quelques diplocoques. Pas d’autres microbes.

Dans le rein quelques lésions épithéliales légères des tubuli contorti.

Le foie présente une légère vésiculation graisseuse.

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE. — Suc pulmonaire sur agar. — Colonies multiples de bactérium coli (cultures sur bouillon, lait, gélatine, méthode de Gram).

Sang du cœur.— Tube de lait anaérobie. Le diplocoque non capsulé. — Tube de bouillon anaérobie stérile.

Liquide céphalo-rachidien. — Tube de lait anaérobie. A peine quelques diplocoques. Mais des réensemencements faits sur gélatine et sur agar ont donné des belles colonies blanches et rondes du diplocoque non capsulé et des colonies bien plus fines, transparentes, de streptocoque.

Tube de bouillon anaérobie. Après séparation, nous avons pu séparer et obtenir en culture pure, du bactérium coli, du streptocoque et le diplocoque.

Il nous reste à parler d’une malade également très intéressante [e) par la forme migratrice qu'ont présentée ses foyers de bronchopneumonie et dont voici l'observation complète :

Ogs. VI. — Broncho-pneumonie à foyers multiples. Septicémie à diplocoques. Mort.

La nommée Louise L..., âgée de 44 ans, est entrée le 15 décembre, salle Laennec, lit n° 37.

Rien de spécial dans ses antécédents héréditaires.

Dans ses antécédents personnels, on ne relève aucune maladie antérieure. La malade s’est toujours bien portée, elle ne tousse pas, n’a pas maigri dans les derniers mois qui précèdent sa maladie. On

‘ ne retrouve aucun signe d’éthylisme.

Réglée à 18 ans, elle a eu sept enfants.

La malade était fatiguée depuis une semaine, quand, le 4 décembre, dans la journée, elle ressent de petits frissons répétés; elle ressentait également un point de côté d’intensité moyenne. Le même jour s’installait une diarrhée qui n’a jamais cessé. Notons cependant que la malade s’est purgée le deuxième jour de sa maladie, ce qui enlève au symptôme diarrhée une part de sa valeur.

Du 4 décembre au 15, la malade est demeurée chez elle. D'après les renseignements qu'elle fournit, et les traces de deux vésicatoires qu’elle porte, il semble qu’elle ait eu un foyer d’abord situé dans la fosse sous-épineuse droite, puis dans la fosse sus-épineuse.

Le 15, lorsque nous l’examinons, nous sommes frappé de l'état adynanique qu’elle présente. Le thermomètre marque 40°, le pouls est à 120, la diarrhée est fétide et intense, la rate grosse, le facies plombé, les regards éteints et la langue desséchée. Dans la poitrine, quelques râles sibilants peu abondants, mais en avant, sous la clavicule droite, le murmure vésiculaire a disparu et on entend un souffle très intense que viennent couvrir, après la toux, des bouffées de râles souscrépitants très secs.

Traitement: Bismuth. Acétate d’ammoniaque.

Extrait de quinquina. Ventouses sèches. [Inhalations d'oxygène.

Les jours suivants, la situation reste identique. Le quatorzième jour (18 décembre au soir) la base droite devient le siège d’un foyer de râles sous-crépitants et le thermomètre atteint 410,3.

Le 19, la langue est rôtie, la malade commence à délirer la nuit; le jour, elle devient incapable de répondre aux questions posées ; elle se fatigue vite et finit par répondre à des questions imaginaires.

Le 20 au matin, on constate une diminution considérable du murmure vésiculaire dans toute la base gauche. Malgré la diminution de la diarrhée, la situation empire, le délire est continu, la langue est tremblante, rôtie ; la rate reste grosse. Le cœur bat normalement, les battements sont nets et bien marqués.

Le soir on constate que la base gauche est occupée par un bloc de splénisation, matité, bronchophonie, exagération des vibrations thoraciques, souffle tubaire, bouffées abondantes de râles sous-crépitants.

Le 21 au matin, le thermomètre atteint 410,7. Malgré la caféine, le cœur est touché, le pouls est petit, filiforme, irrégulier, la malade entre dans le coma et meurt à 9 heures et demie sans connaissance.

Le sang de l’avant-bras, mis en culture le 18 décembre, a donné

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