Chartes de Fabbaye de Sainl-Gall, n* 187, p
5. Codex LaureshamensiSf a"* 21, t. I, p. 49. Voyez aussi le a* 10, p. 2i, où la limite est marquée jmr u des incisions faites aux arbres ».
A, « Istis terminis fuudus lenotur inclusus cerlis iudiciis designatus » (Wurdtwein, ^ova subsidia diplomaiicaf t. XII. p. 88-91).
o. Zeuss, Tradtliones WiuemburgenscSf n*' 213 cl 21 ô.
balneas, qui est situé sur la rive droite du Rhin, et qui a été construit, dit-il, par les empereurs Adrien et Antonin*. Il ajoute au don de ces bains celui de la marca qui en est la dépendance*. Il indique l'étendue et les limites de cette marca. Elle touche de deux côtés à la Murg, et sur les deux autres côtés, eUe a une longueur moyenne de 4 lieues gauloises. C'est donc une terre assez vaste. Est-ce une terre commune et indivise? Est-ce une terre qui soit la propriété collective des habitants d'un village oud'un canton ? En aucune manière. Le donateur en fait donation comme d'une terre qui lui appartient en propre. 11 écrit que le donataire c< fera de cette marca tout ce qu'il voudra », ce qui est la formule ordinaire pour marquer qu'on cède la pleine et absolue propriété*. Il ne s'agit donc nullement d'une terre commune. Cette marca n'est autre chose qu'un grand domaine de plusieurs lieues carrées. Avant le diplôme de 675, ce domaine appartenait en propre au roi ; après le diplôme, il appartient en propre à un monastère. Nous pouvons même penser qu'il avait été autrefois un domaine du fisc impérial, comme l'établissement thermal dont il était la dépendance. Après avoir été terre du fisc, il était devenu terre du roi, puis il devenait terre d'Église. On ne saisit pas un moment où il ait pu être terre commune. Voilà donc le mot marca qui désigne un grand domaine. A-t-il cessé pour cela d'être synonyme de terminus? Nullement. C'est que le mot terminus lui-même a étendu sa signification. Ouvrez Grégoire de Tours, et vous voyez que les expressions terminus Parisiacus^ terminus Pictavus ne signifient plus seulement la limite des territoires de Paris
1. Diplomaia, éd. Pardessus, n" 377 : « Balncas illas traDs Rhenum in pago Âuciaccnsi silas quas Antoniniis et Adriamis imperatores suo 0{)cre xdifica— Terunt, ad monastcrium concedimus. »
2. Ihid, : k Cum ipsa marcha ad ipsas balneas p<»rlinenlc. » — Nous De parlons pas d'un autre diplôme, do 655, où se trouve le mot marcha avec la même signiliailion. Ce diplôme est reconnu faux, Diplomala, n° 262.
5. Ibid, : a Ut ab hac die abbas vel monachi de suprascriplis balneis vel (et) marcha ad ipsas balneas pertinente faciant quod maluerint, hoc est, habcndi, tenendi, suisque successoribus relinqueudi habeant in omnibus potcstatcm. »
OU de Poitiers, mais signifient le territoire tout entier de ces cites*. D'autres fois, le mot s'applique à un village. Il désigne alors, non pas la limite seulement, non pas une bande de terre plus ou moins inculte qui envelopperait la partie cultivée, mais le territoire tout entier du village. Ainsi, Bertramn lègue une vigne qu'il possède en propre dans le terminus Calimarcensis, et une autre petite propriété qu'il a dans le terminus Âlaunensis'. Il en est de même du mot finis. Dans une charle de 675, la finis Vindiniaca n'est pas une limite seulement, c'est une circonscription tout entière'. I/îs mômes termes s'appliquèrent aussi à une propriété privée. On n'en sera pas surpris si l'on songe combien les deux idées de propriété et de limite étaient unies depuis des siècles dans l'esprit des hommes. Les deux idées étant à peu près inséparables, les deux mots furent pris indifféremment Tun pour l'autre. Voici un domaine nommé Elariacus ; la même charte l'appelle tantôt Elariacus terminus et tantôt Elariacus villa^. Il est d'ailleurs la propriété d'un certain Radolf qui le tient d'héritage de sa mère et qui le lègue à un couvent. Dans d'autres chartes, on écrit indifféremment villa Vernum ou terminus Vernensis, Longôviana finis ou Longoviana villa^. En Alsace, le domaine de Buxovillare est appelé dans la même charte villa et finis*. La finis Cazfeldes n'est ni une simple limite ni une terre indivise; car la charte où elle est nommée marque qu'elle se compose d'un manse dominical et de quatre tenures de colons \ La finis Mallonevillare comprend « des manses, des champs en labour, des prés, aussi bien que des forêts*. » Un do-
i, Grégoire de Tours, Hist. Fr.. V, 10; VI, 14; VU, 3.
2. TeUamenium Bertramni, Diphmala, n** 250, t. I, p. 202 et 210. Suivant Pardessus, il s'agit des deux bourgs de Calmars et d*Âlonne dans le diocèse du Mans.