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LK SALTUS BUnUMTAMJS. 3.'
Celle insci'iplion est incomplète par suite d'une brisure. Des quatre colonnes qu'elle contenait, la première est perdue. Ce qui en reste forme environ 80 lignes bien lisibles. Telle qu'elle est, elle fournit de précieuses lumières sur la condi* lion de la classe agricole au second siècle de notre ère\
Elle se compose de deux parties d'inégale étendue. On y lit d'abord une longue supplique adressée à l'empereur Commode; puis vient une courte réponse du prince. 11 y a lieu de croire que la supplique et le rescrit sont des années 181 et 182*. La supplique est rédigée par des paysans. La réponse est adressée, sinon à eux-mêmes, du moins à des fonctionnaires chargés de la leur faire parvenir. Elle leur est en effet parvenue ; car ce sont ces mêmes paysans qui, par reconnaissance ou pour conserver un titre utile, ont gravé sur la pierre leur longue lettre et la réponse impériale.
Les paysans dont il s'agit occupent, dans la province d'Afrique, un domaine qui appartient à l'empereur. Ce domaine est du genre de ceux qu'on appelait saltus, et il a nom mltus Burunitamis^ . Mais en dépit de cette dénomination, c'est un domaine en culture, car l'inscription porte qu'on y laboure et qu'on y moissonne*.
Peut-être ce domaine ressemble-t-il assez à ces vastes
1. CetU^ iuscriplioa est dans le Corpus inscr. Latin., 1. Vlll, u" 10570, |>. 933. Elle a été publiée, d'abord, dans les Comptes rendus de V Académie des inscriptions f séance du 1 avril 1880, avec les observations de MM. Tissot cl Desjardins ; puis, dans V Hermès, avec un commentaire de 31. Mommsen, année 1880, p. 385-411 ; puis, dans le Journal des Savants, avec im commentaire de M. Esmein, novembre 1880; enfm, dans la Revue archéologique, février 1881, article de MM. Cagnat et Fernique.
2. Voyez 4"* colonne, lignes 27-t28 : (( Consummala et dedicata Idibus Maiis Aureliano et Corneliano consulibus. » Ces deux noms ne sont pas dans les listes de consuls connus; ce sont peut-être des consuls suffecti. En tout cas, la date de la lettre de Tempereur ressort des titres qu'il prend. Gomme il n'a pas ceux de Pius et de Britannicus, qu'il n'adopta qu'en 185 et 184, comme il a li*. prénom de Marcus qu'il substitua à celui de Lucius à la fin de 180, notre lettre se place entre ces deux dates, c'est-à-dire en 181 ou 182. Voy. un article de M. Mowat dans la Revue archéologique, 1881, p. 285-291.