‹ Recherches sur quelques problèmes d'histoireChapitre 12 sur 178 · colonne, ligne 12 : «in saltum Burunîtanum · texte numérisé non relu

colonne, ligne 12 : «in saltum Burunîtanum

4. 3* colonne, ligne 12 : (( opéras aratorins... messorias. n

sahus que décrivait Frontin, et qui appartenaient à des particuliers. Aussi y trouverons-nous ce populus plebeim dont Frontin parlait. La situation qui va se montrer à nous dans rinscription, ne parait donc pas être une situation très exceptionnelle. J'imagine qu'on aurait pu trouver une inscription analogue qui eût appartenu à Tune de ces vastes propriétés « qui étaient plus grandes que le territoire d'une cité ». Peut-être y verrions-nous ce qu'était « ce peuple de petites gens », que le propriétaire « avait » sur sa terre, et ce qu'étaient ces villages <c qui entouraient sa villa comme d'une ceinture ». Mais, sur le saltus Burunilauus^ c'est l'empereur qui est le propriétaire.

Il y est d'ailleurs représenté, d'après notre inscription, par un certain personnage nommé Âtlius Maximus, lequel est un véritable fermier par contrat*. A des intervalles réguliers, tous les cinq ans, la ferme de ce grand domaine est adjugée aux enchères par les soins du procurateur impérial de la province*. Allius, qui l'a obtenue, doit payera l'empereur un prix déterminé, comme fait tout fermier; moyennant cela, il exploite le domaine pour son propre compte, et par conséquent il y exerce, dans les termes fixés par le bail, tous les droits du propriétaire.

Au-dessous de ce fermier, qui est plutôt un spéculateur qu'un cultivateur, il y a ceux qui cultivent. Dans l'inscription, ils se donnent la qualification de f'mtici ou de coloni. Leur nombre n'est pas indiqué; peut-être sont-ils plusieurs centaines de familles; i)eut-êtœ sont-ils distribués en plusieurs vici autour de la grande villa qui forme le chef-lieu du $aUm. C'est d'eux, c'est de leurs obligations et de leui*s droits, qu'il s'agit dans notre inscription.

lieur supplique à l'empereur a pour objet de porter plainte contre Allius qui leur a imposé des conditions injustes. Ils se plaignent en même temps du procurateur de la province

1. Il est ap|K>l(* comlucior, 2' coloimr, )igu<? 10, et 5' coloiiiio. ligue ^U. i» 3* colooDo, lignes H-i^ : u procufatores quibus notus est AUius per viais •ucceMioQÎs per conditiooeDi conduclionis. f

LK SALTVS BVRVNITAjSLS. 35

u qui ils ont adressé, comme à leur juge nalurel, de prc^ mières doléances et qui ne leur a pas répondu. « 11 n'a pas fait droit à nos plaintes, disent-ils, et il n*a pas instruit notre affaire depuis tant d'années que nous l'en prions'; bien plus, il s'est fait le complice d'Âllius au point qu'ayant envoyé des soldats sur le domaine, il a ordonné que plusieurs -d'entre nous fussent arrêtés et maltraités, d'autres mis en prison, quelques-uns même battus de verges, quoiqu'ils fussent citoyens romains*. Notre seule faute, pourtant, était d'avoir, en présence d'une iniquité manifeste, imploré le secours de Ta Majesté par une lettre. Nous sommes obligés, étant si malheureux, de recourir encore à ta divine Providence; nous te prions, très saint empereur, de nous secourir'. »

(( Nous te demandons que, conformément au chapitre du règlement d'Hadrien que nous avons transcrit plus haut, ni le procurateur ni à plus forte raison l'adjudicataire n'ait h droit d'augmenter les redevances agraires non plus que lé nombre des journées de travail ou les prestations de bêtes de somme*. Que les choses restent telles qu'elles ont été lixées dans les lettres de tes procurateurs, lettres qui sont déposées dans les archives de l'arrondissement de Carthage. Que nous ne soyons pas astreints à plus qu'à deux journées de labour, deux de sarclage et deux de moisson, chaque année; c'est d'ailleurs ce qui est marqué dans le règlement perpétuel qui est gi'avé sur la table de bronze*. »

i. ((Ut non solum cognoscei'e per toi relit) annos inslanlibus ac supplican-* tibus nobis vcstramque divinam subscriptionem allegantibus supersederit... » -

2. a Missis militibus in eumdem saltum Burunitanum alios noslrum adprehendi et Texari, alios vinciri, nonnuUos cives etiam Romanes virgis et fustibus eflligi jusserit... »

3. a ...Eo solo nierito uostro quod in tam gruvi pro module mediocritatis nosti*» tamque manifesta injuiia imploratuin majestatem tuam acerba epistola usi fuisseraus... Impulit nos miserrimos homlnes riirsum divinœ providentiic live supplicare et ideo rogamus, sacratissinle imp.^ subvenias.»

4. « Ut kapite legis Hadrianae quod suprascriptum est, ademptum est, ademptum sit jus etiam procuraloribus nedUm conductori adversus colonos ampliandi partes agrarias aut operarum prsebitioneiil jugoruinve... »

5. « Ut se habent liter» proc(uratorbm) qtlae sunt in tabulario tractus Kar-

(c Nous ne sommes que de petits paysans qui gagnons notre vie par le travail de nos mains, tandis que l'adjudicataire est un riche personnage qui peut acheter la faveur par de beaux cadeaux, et qui d*aillcurs est bien connu de tes procurateurs, car voilà plusieurs fois de suite qu'il obtient la ferme. Aie donc pitié de nous et daigne ordonner, par un sacré rescrit, que nous n'ayons pas à fournir plus que ce qui est établi par le règlement d'Hadrien, c'est-à-dire trois fois deux journées par an', afin que nous, tes paysans, enfants de ta terre, nés et nourris sur elle, nous ne soyons plus molestés par les fermiers de ton domaine'. »

Voici 1 1 réponse impériale : « L'empereur Caesar Marcus Aurelius Commodus Ântoninus Âugustus, à Lurius Lucullus et autres es noms : Considérant les règlements et mes décisions antérieures, je prescris que mes procurateurs veillent à ce qu'il n'y ait pas plus de trois fois deux journées de travail chaque année et à ce qu'il ne soit rien exigé qui soit contraire au règlement établi \ »

Cette inscription serait curieuse par les renseignemenls qu'elle fournit sur l'administration du domaine impérial; mais nous ne voulons y chercher que ceux qu'elle donne sur la condition des paysans. Le premier point à noter est que ces hommes y sont appelés colonie C*est le même mot

thag. non amplius anauas quam binas ai'atorias, binas sartoriaSi binas messoriiis opéras debeauius... ut }K)te cum in aTC inciso et undiquc veniuin vicinis no8tri> perpétua in hodiernum forma pncslilutuui et proc. literis coutmiiatuin. n

1 . « Miscrearis ac sacro rescripto tuo non auiplius pinrstare nos quaiu ex legr Hadriana et ex litteris proc(uratonun) tuor. dobeuius, id est ter binas oiieniN praeciperc digneris. »

2. « Rustici tui vernulo; etaluinni saltuuui tuoruni non ultra» conductoribu^ agrorum ûscaliuinin quietc... i»

3. « luip. Css. M. AuHius Commodus... Lurio LucuUo et uoniinc aliorum. Procuratorcs contemplatione discipulinos et instituti mei ne plus quam ter binas o|>eras curabuiit, ne quit per injuriam contra perpetuam fonuain a \obis eiigatur. » — M. Cagnat a trouve en Tunisie un fragment d'inscription où se lisent les trois premières lignes de ce même rescrit (tôt. Exploration en TunUie^ 1881, p. 14 1-1 45). 11 conclut ou que le ialtuê Burunitanut était fort grand, puisque les deux inscriptions étaient à 30 kilomètres Tune de Tautre, ou que le rescrit impérial s'appliquait à plusieurs domaines.

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