TENDRES SERVILES
à peu une autre, qui fut d'abord assez rare et comme exceptionnelle, mais qui insensiblement devint fréquente et même prépondérante. Elle consistait en ce que le propriétaire plaçait un de ses esclaves isolément sur un petit lot de sa terre et le chargeait de cultiver ce lot dont il lui laissait le profit sous certaines conditions déterminées.
Caton ne mentionne pas cette seconde pratique. Elle commence à poindre chez Varron. Cet écrivain donne à entendre que Ton voyait des propriétaires concéder aux plus laborieux de leurs esclaves un pécule '. Or la manière dont il parle de ce pécule fait penser qu'il consistait en terre : « Cette concession, dit-il, a pour effet d'attacher davantage les esclaves au domaine ^ » Ce n'est pas un pécule en argent qui aurait eu cet effet. Il consistait en quelques animaux et en un coin de terre pour les nourrir \ Ailleurs, le même écrivain parle incidemment de ce pécule, et les termes qu'il emploie semblent indiquer que le maître ne concédait ainsi que son plus mauvais terrain, ses pascna\ Sans doute le maître éprouvait quelque répugnance à découper ses champs, ses vignes ou ses plants d'oliviers; mais déjà il lui plaisait de détacher de son domaine quelques parcelles de sol inculte pour en laisser la jouissance à ses esclaves.
Quelques animaux et un coin du plus mauvais terrain, voilà le début bien modeste de la tenure servile. Mais le germe va grandir. Ce que l'agronome, contemporain de
1, Varron, De re ruslicat I, 17. Varrou recommande celle sorle de concession h regard des êtiidiosiores : « Danda opéra ni haheanl pcculium. )>