‹ Recherches sur quelques problèmes d'histoireChapitre 61 sur 178 · Strabon, VII, 1, 3, éd. Didot, p. 2 il · texte numérisé non relu

Strabon, VII, 1, 3, éd. Didot, p. 2 il

Xftl Xv^KÔ^x^i'A, vuvl ^1 cîç TT.v «ipxîav o'jToî ^i ix7Ee7:7tâxx<r. QiO'ycvTE;. Slrahon ajoute : xowov ^' iaùt irraai tcîç tx'Jtt:, c\'st uiir rhns«' coiiiiiiune aux hahitiinls de celle réj^iou-lh... I/advrrhe -raj-r. ne s'a|»|)li(|ue |»as à la Germanie rnlirre, mais seulrmenl à la contrée dont Siralion jiaiie en ce nioinml, c'eï.l-à-dire k la n'jrion de l'hlhe.

de dire vingt lignes plus haut que ce les Germains ressemblent fort aux Gaulois pour les mœurs et le genre de vie *. » Or il n'a jamais représenté les Gaulois comme des peuples errants. Ce qu'il dit de ces peuples d'au-delà de l'Elbe est une exception qu'il signale. Pour lui, l'ensemble des Germains est une population, sinon très stable à cause des luttes perpétuelles qu'ils ont entre eux, du moins sédentaire. Il remarque même, à propos des Cimbres, que, si leurs guerriers ont jadis envahi la Gaule, leur peuple du moins « est encore de son temps à la même place qu'autrefois * ».

Tacite indique plusieurs déplacements, mais il montre que chacun d'eux a été la conséquence d'une guerre qui a mis un peuple plus faible dans la nécessité de céder ses terres à un peuple plus fort. Il n'y a pas eu déplacement volontaire, il y a eu expulsion'.

Même quand ils changent de place, c'est avec la pensée de s'établir à demeure. S'ils cmigrent, ils ont l'idée fixe de s'arrêter. Ils veulent posséder des terres quelque part. Voyez tous ces Germains, depuis les Cimbres et les Teutons jusqu*aux Lombards, aussi bien les ennemis de Rome que ses amis, aussi bien les envahisseurs que les auxiliaires à son service, tous demandent des terres*. Et remarquez encore qu'ils ne demandent pas ces terres pour y faire paître des troupeaux; car beaucoup d'entre eux n'en ont pas; ils les demandent « pour les cultiver ». Ainsi, la grande instabilité de ces Germains n'est pas un état de nature; elle

1. Strubon, VU, 2, 1. Après avoir dit que les Germains diffcreat a un peu )) des Gaulois par plus de grossièreté, une taille plus élevée, des cheveux plus blonds, il ajoute : tx $k itXoL raparXiiotct xal inOi9t xa*. ^ict;.

2. Slrabon, VU, 2, i : vôv v/ouai rf.v x^?^"* ^^ ''x''"* «p^^pw,

3. Tacite, Germanie^ 9 : « Batavî, Chatlorum populus, scdilione domestica in eas scdcs transgi-essus. » — 33 : « pulsis Bructeris. » — Strabon dit de même que les Germains se déplacent quand ils sont chassés par de plus forts ; Strabon, IV, 4, 2, édit. Didot, p. 165.

4. Tacite, Histoires, IV, 73 : « Causa transcendendi in Gallias... mutandas sedis amor ut, relictis paludibus et soliludinibus suis, fecundissimum hoc solum possiderent. » Notez ce trait : suivant Tacite, les Germains convoitent des terres plus fertiles, plus propres à la culture.

est le résullat des guerres intestines et du désordre qui règne dans la Germanie. Elle est un fait de guerre, non un trait de mœurs *.

Aussi Tacite signale-t-il un assez bon nombre de peuples, qui sont à la même place depuis plusieurs générations, et qui veulent y rester. Tels sont les Catles, les Chauques, les Chcrusques, les Semnons, les Hermondures*. Il note que les Marcomans occupent encore les mêmes terres qu'ils ont enlevées aux Boïcns. Qu'on lise sans prévention ce petit livre de Tacite sur la Germanie, on y verra une série de luttes et de troubles, avec quelques émigrations, mais on n'y trouvera pas un seul des traits qui caractérisent une race errante par nature et par goût. Quelques historiens modernes ont pu se figurer « une Germanie en marche )s une Germanie qui s'avançait d'un mouvement incessant vers l'Ouest' »; mais c'est là une idée que Tacite n'exprime jamais.

Tacite connaît de vrais nomades: ce sont les Sarmates. Il ne les confond jamais avec les Germains. Tout au contraire, il oppose toujours les deux races l'une à l'autre*. Il dit des Sarmates qu'ils vivent sur des chariots *; il dit des Germains qu'ils ont des maisons*. Si leurs maisons étaient en bois, cela tenait, non pas à ce qu'il leur répugniU d'avoir des demeures durables, mais à ce « qu'ils ne savaient ni extraire la pierre du sol ni faire la brique'. » D'ailleurs ces maisons n*étaient pas des huttes; elles étaient fixées au sol; fiffunt domos est l'expression qu'emploie Tacite pour dési-

1. Thucydide (1, 2) signale le même trait de mœurs chez les anciens Crées ; ils se dépla^'aieut souvent, dit-il, ^ticL^6u.t»'A 0)io rtvwv eut itXitovttv. En quoi Thucydide ne veut \nis dire que les anciens (îrecs eussent été des nomades.

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