Tacite, ibid
4. Nous faisons la même observation sur Pomponms Mêla. Ce géographe connaît peu et mal la Germanie. Il exagère la férocité germaine. Mais il réserve pour les Sarmates les traits qui caractérisent l'état nomade : a Sarmat» non se statis quidem sedibus tencnt » (III, 4).
5. Tacite, Germanie, 16 : (( Nullas Germanorum populisurbes habitari. »
6. Âsciburgium sur le Rhin (Tacite, Germanie, 3; Histoires, IV, 33; cf. Ptoléméo, II, 2. 27); Mattium, capitale des Caltes (Annales, I, 56. Cf. Plolémée, II, 11, 29); et chez les Marcoinans, une capitale, regia castellumr' que, où vivaient des commerçants romains (ÂnnaUt, II, 62).
i96 LES GERMAINS.
lent*, » I^ géographe Ploléméeen nomme un grand nombre. Sans doute ce n'étaient pas des villes à la façon de celles qu'il y avait en Italie; et c'est apparemment ce que Tacite veut dire. Il avertit ses lecteurs qu'ils ne doivent pas s'attendre à trouver en Germanie ce que la langue latine appelait urbes^ c'est-à-dire des villes closes d'une enceinte et d'un pameriurriy avec des maisons agglomérées et des rues tirées au cordeau. Mais il existait certainement en Germanie des centres de population , dont quelques-uns étaient importants comme résidence des rois. Il est certain d'ailleurs que les Germains avaient beaucoup de villages, vici*; tous les historiens en parlent. Ils avaient aussi des constructions fortifiées, que César appelle oppida^ et Tacite caUella^. Il s'en faut de tout que les écrivains anciens dépeignent les Germains avec les traits qui conviennent à des populations nomades.
La pensée que les Germains fussent des « tribus errantes » n'est jamais exprimée par Tacite. Vous ne trouvez dans son livre ni un mot qui signifie errant ni un mot qui signifie tribu. Il voit en Germanie ou croit y voir des États, civitatcs^ des peuples organisés, populi^. Je reconnais que l'esprit moderne ne peut guère s'empocher de se figurer ces Germains comme ce une société flottante », comme une société « en voie de formation ». Je ne cherche pas si cette manière
1 . II<^rodieD, YH, 2, 4 : rà; XM{j.a; xxl ràc iroXitç A; (yyjQx,
2. C(^8ar, De bello GaUico, IV, 19 : « omnibus vicis acdificiisquc. » — Tacite, Germanie, 12 : « Jura |)cr pagos vicosquo rcddunt. » Ibid., iO : a |K*r omocm vicum. » — Annaies, I, 50 : «t Vcnluin ad vicos Marsorum. n XllI, 57 : « Villas, arfa, vicos. » I, 5C : « Chalti, omissis pagis vicisque, in silvas dis{)ergun(ur. » — Capitolinus, Vita Maximini : « (îermanoruni vicos inc(*ndimus. » — Ammicn, XVII, 10, 7 : « viconim rcliquias. »
3. César, V, 19 : « Sucvos.... ut de oppidis deniigran^nl. » — /J., VI, 10 : a Ubiis imporat ut sua omnia ex agris in oppida conférant. »
A, Tacite signale des castella chez les Suèves (.4 un., XII, 29 et 30).
5. « Germanorum {wpulis » (c. iO). — o Gennanoruni populi » (c. 28). — « Gormaniae populos » (c. 29). — « Goniianonun populis » (c. 51). — « civitaturn » (c. 8). — « Pars mulctœ civitati exsolvitur » (c. 12). — « (livilns » (c. 13). — « Si civilas in longa pace tor|)cat » (14). — « Mos est civitatihus » (c. 15). — « Cetera; civitates » (c. 30). — « Cimhri, parva civilas w (c. 57). — « llermunduroruiii civitas » (c. 41). — uSuionuin civibtes » (c. 44).
de voir d'aujourd'hui est juste ou fausse ; je constate seulement qu'elle n'est pas dans Tacite. Quand il fait la géographie du pays, il indique la place de 38 peuples, comme si chacun d'eux avait sa place bien marquée et constante*. Il ne signale pas qu'ils y soient depuis peu, ou qu'ils doivent en changer bientôt. Il indique quelquefois qu'ils ont leurs frontières bien tracées par des rivières ou des forêts". Quand il décrit les institutions, il parle toujours comme s'il s'agissait d'institutions arrêtées, achevées, stables. L'idée que les Germains soient dans un état de transition n'est pas dans son esprit. Je ne me demande pas s'il s'est trompé, s'il a mal vu. Tacite étant mon unique document, je cherche seulement à bien voir la pensée de Tacite. Or Tacite n'a pas songé à décrire une société flottante.
1. Tacite, Germanie, 28-46. Il parle de déplacements anciens (ch. 28), mais il n'en signale aucun qui ait eu lieu depuis un demi-siècle. Les seuls changements qu'il indique sont la destruction des Bructères et l'afTaiblissement des Chërusques ; ce ne sont pas Va des déplacements.
2. Tacite, ihid,, 40 : « Fluminibus aut silvis muniuntur. » — Nous ne voulons pas dire que la géographie de Tacite soit bien précise. Nous Youdrions qu'il nommât plus souvent ces rivières ou ces forêts.