‹ Recherches sur quelques problèmes d'histoireChapitre 72 sur 178 · ESCLAVES ET AFFRANCHIS · texte numérisé non relu

ESCLAVES ET AFFRANCHIS

hommes libres des esclaves*. Il mentionne encore des esclaves dans deux autres passages*.

Il ne marque pas qu'il y ail différence de nature entre cette servitude et celle qu'il voyait dans la société romaine. L'esclave germain est un servns et son maître est un dominus. La seule particularité que l'historien signale est que, tandis que les lois romaines défendaient à l'homme libre de se donner en servitude, les coutumes germaniques le lui permettaient, ce Les jeux de hasard, dit-il, sont chez eux chose séi'ieuse, et ils y portent une si folle ardeur que, lorsqu'ils ont tout perdu, ils jouent encore sur un dernier coup de dé leur personne et leur liberté; le perdant se livre lui-même en servitude'. »

Puis il nous donne une idée du pouvoir que le maître exerçait sur son esclave. Il dit que cet esclave est lié et vendu ^, et il signale comme un fait habituel le commerce des esclaves*. Il est vrai qu'un peu plus loin il remarque que l'on ne voit pas en Germanie aussi souvent qu'à Rome le maître frapper l'esclave ou le charger de fers : c'est chose rare, dit l'historien*. Mais son observation même implique que le maître a le droit de frapper et d'enchaîner, et qu'il use quelquefois de ce droit. Car Tacite ne dit pas que la condition de l'esclave germain soit légalement plus douce; il dit seulement que le maître est plus clément.

Il faut ajouter que le droit du maître va jusqu'à tuer

1. Tacite, Germanie^ 58 : « Sic ingenui a servis separantur. »

2. Ibid,j 40 : « Servi ministrant. » — 44 : (( unus iuiperitat; arma clausa 8ub custode et quidem servo. )>

3. Ibid., 24 : « Alcain intcr séria exercent, tanta lucrandi perdendive (emeritatc ut, cum omnia defecerunt, extrême jactu de libertate et de corpore contendant; victus voluntariam scrvitutem adit. » Tacite dc dit pas que le jeu fût Tunique source de la servitude chez les Germains. Il est vraisemblahle que des dettes d'autre nature entraînaient la même conséquence. Cela se retrouvera dans les codes germaniques.

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