Tacite, Annales, I, 57 : « Inerant fominœ nohiles
4. ïbid., XI, 10 : a Gheruscorum gens rcgem Roma petivit, amissis pcr interna bella nobilibus. »
5. lbid.,W, 17: « Accitum momorahat quando nobilitate ccteros anteirel ; virtutem exiHTireutur. » Ici encore, nobiiitas s'oppose à virtus.
6. Voyez, (Kir exemple, Histoires, IV, 14, où primores gentis s'op))Ose k promptissimos viilgi; Histoires, V, 25, où proceres s'oppose à vulgus» Les deux passages concernent les Germains.
au-dessous d'elle, il la désigne par le terme relativement honorable de ingenui^; mais, s'il la compare à la classe supérieure, il l'appelle des termes déd'aigneux de vulgm^ mulli" tudojplebs^. « Ségeste conseillait à Varus de s'emparer de sa personne, de celle d'Arminius et des autres grands; la plèbe n'oserait rien si les grands étaient loin d'elle*. »
Ainsi Tacite marque en traits bien nets l'existence d'une noblesse germanique*. De quelle natui'e était-elle? On ne saurait le dire. Était-elle issue d'une ancienne conquête et représenlait-elle des vainqueurs? C'est une supposition que l'on peut faire, mais que Tacite n'a pas faite. Son origine se perdait-elle dans l'âge héroïque et religieux de la race? Ce n'est encore ici qu'une autre supposition. On voit bien que cette noblesse avait le goût et l'habitude des armes; rien d'ailleurs n'empêchait ses membres d'être prêtres aussi, car il n'existait pas chez les Germains, comme chez les Gaulois, un ordre sacerdotal distinct de l'ordre noble*.
Quand même le livre de Tacite ne serait pas parvenu jusqu'à nous, nous pourrions encore saisir dans d'autres documents l'existence d'une vieille noblesse germanique. Jordanès mentionne chez les Goths a une classe noble de naissance, dans laquelle on prenait les rois et les prêtres*».