‹ Recherches sur quelques problèmes d'histoireChapitre 80 sur 178 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la constitution de la famille.

Il n'est pas inutile d'observer ce qu'était la famille chez ces anciens Germains. Nul homme habitué aux recherches historiques ne niera que cette étude soit en rapport avec le problème qui nous occupe.

Au temps de César et de Tacite, la famille germaine est constituée tout autrement qu'elle ne le sera au temps des invasions. César observe que chez les Germains la terre <c est assignée aux familles et aux parentés d'hommes qui sont groupés ensemble, gentibm cognationibmque hominum qui utia coierunV. » Or le mot gem avait dans la langue latine le sens précis d'une famille embrassant tous ceux qui pouvaient faire remonter leur généalogie de mâle en mâle jusqu'à un ancêtre commun. Le mot cognatio indiquait une parenté d'une nature différente, dans laquelle les descendants par les femmes étaient comptés. César applique les deux expressions à la famille germaine. Sa phrase n'est pas assez claire pour que nous soyons en droit de dire que cette famille ressemblât à l'antique gens grecque ou romaine. La seule chose qui en ressorte clairement, c'est qu'elle formait un groupe étendu et singulièrement uni. Or c'était ce groupe qui, d'après César, cultivait la terre en commun et indivisément*.

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