‹ Recherches sur quelques problèmes d'histoireChapitre 82 sur 178 · Lex Wisigothoi-um, III · texte numérisé non relu

Lex Wisigothoi-um, III

5. Lex Burgundionum, XXXY; Lex Langobardorum, Rotliaris, 221. L Tacite, Annales, lY, 72.

222 LES GERMATMS.

Germains comme dans beaucoup d'anciennes sociétés, le chef de famille était revêtu d'un caractère sacerdotal. Tacite dit que c'est ce chef de famille qui préside au culte, qui prononce la prière et consulte les dieux*. C'était le contraire de ce qui se passait en Gaule, où il n'y avait pas ' d'actes religieux, même dans la famille, sans la présence d'un druide'. La famille germaine n'obéissait à aucun prêtre étranger; elle avait en elle son sacerdoce, et son chef était en même temps son prêtre.

On a fait de nos jours une théorie d'après laquelle le jeune Germain aurait été émancipé de la puissance paternelle dès le jour où il avait revêtu les armes pour la première fois '. Mais Tacite ne dit pas cela. Dans le chapitre où il parle de la prise d'armes, vous ne trouvez pas un mot qui marque une émancipation. 11 procède par comparaison, suivant son habitude dans ce livre, et il dit que la cérémonie de la prise d'armes pour le Germain équivaut à la prise de la toge pour le jeune Romain \ Mais, de même que la prise de la toge n'émancipait pas le fils à Rome, nous ne voyons pas que la prise d'armes l'émancipât en Germanie. En Germanie comme à Rome, le jeune homme commence ce jour-là à faire partie de la société publique, pars reipublicXy tandis que la veille il ne faisait partie que de la famille, pars domm^. A Rome, il devient citoyen, magistrat, sénateur, consul; il n'en reste pas moins soumis à l'autorité paternelle. En Germanie, il devient guerrier, il peut même être chef de guerre ; en est-il moins soumis au père? C'est ce que Tacite ne dit pas. Il n'indique pas que ce

i. Tacite, Germanie^ iO : « si privatim consulitur, ipsc patcr familias prccatus (leos c?plumque suspicieas... » — Les (lermains avaient aussi dos prêtres publics : « siicerdos civitalis. » Strabon cite un prêtre des (battes, VU, I, 4.

2. (k^sar, De hello GalUco^ VI, 13 : « Dniitles rébus divinis intersunt, sacriHcia publica ac privata procurant. »

5. Voyez cette théorie, présentée avec une exngênilion singulière, dans Sohm, Procédure de la loi salique, trad., p. 182-185.

4. Tacite, Germaniet 13: u Scuto fraineaquc juvenem ornant; hxc apud illos toga. n

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