OBSERVATION VI
W. P...., âgé de 16 ans, vient à l’hôpital, le 14 mars 1927, pour néphrite subaiguë albuminurique. Trois mois auparavant, après un refroidissement, il fut frappé de voir à son réveil ses paupières œdématiées. Au bout de deux jours, il eut de l’æœdème généralisé ; son médecin le mit au régime déchloruré, qui amena une disparition presque totale des œdèmes mais qui n’empêcha pas l’albuminurie de persister. C’est pour ce dernier symptôme que son médecin l’envoie en observation à la Clinique. |
Nous fîmes chez lui les mêmes déterminations que plus haut ; le tableau ci-joint en groupe les éléments. Diveres données s'offrent à nous.
10 Rapport de l'indice réfractométrique du sérum et de l’albuminurie (tableau I). — On peut dire qu'il existé un parallélisme appréciable entre les deux éléments, analogue à celui qu'ont déjà constaté Hanns et Chaumerliaci. La chose découle nettement de la lecture des deux courbes du 15 au 25 mars ; les hausses et les baisses sont simultanées. Discordance le 27; mais le 30, les deux valeurs sont de nouveau élevées, et elles marchent parallèlement le lendemain et le sur-
1 HANNS et CHAUMERLIAC. — «Albuminurie et indice réfractométrique du sérum». Soc. de Biol. de Strasbourg, 18 novembre 1927, in C. R. de la Soc. de Biol., 1927, p. 1567.
lendemain. Du 4 au 10-11 avril, baisse de part et d'autre ; les 12 et 13, deux jours de hausse. Chiffres élevés aussi les 15 et 16 avril. En conclusion, les mesures relatives au poids d’albumine et à l'indice réfractométrique ont été faites fous les jours pendant deux mois avec seulement trois discordances. Pour ne pas allonger les courbes, nous n'avons reproduit que le second mois.
20 Rapport entre les globules rouges et l’albuminurie. — Ici, il y a eu encore un certain parallélisme mais moindre que dans le rapport précédent. Nous l’avons noté les 14, 15 et 16 mars; puis il s’est estompé, mais pour redevenir perceptible du 22 au 31 mars. De même, le fut-il du 4 au 9 avril.
39 Les variations de x et À ont évolué en sens inverse (tableau Il).
4° Il y a eu parallélisme entre x et le CI plasmatique.
5° L'étude des courbes traduisant les variations de «, x et C1 comprennent trois périodes :
a) 20 mars-3 avril. À a baissé, de même que le CI plasmatique. « est resté constant. Ces phénomènes ont coïncidé avec une faible variation de l'indice de réfraction et une augmentation de la viscosité. L’abaissement cryoscopique a subi une légère décroissance, ce qui a été contemporain d’une baisse de la concentration moléculaire. Il y a également eu baisse de la densité. Le poids a augmenté et les globules rouges ont diminué par suite d’une reprise de l’hydrémie.
6) 3-10 avril. Les chlorures plasmatiques ont augmenté ; À s’est élevé, « a baissé. L'augmentation des sels et la diminution de leur dissociation est à mettre en parallèle avec une augmentation de l'indice réfractométrique et de la viscosité, les choses étant comparables à ce qui s’est passé dans l’observation IV.
c) 10-30 avril. Il y a eu légère baisse du chlore plasmatique, forte baisse de à, forte augmentation de ». La faible variation du chlore ne peut expliquer la forte diminution de À. D’autres électrolytes doivent entrer en ligne. Ces phénomènes ont été parallèles à une diminution de la densité, de l'indice de réfraction, de la
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viscosité, données témoignant de remaniements au niveau des protéides. |
6° La quantité des électrolytes ayant augmenté, leur dissociation a diminué, ce qui représente probablement un mécanisme régulateur de la pression osmotique.
7° L'indice de réfraction et la viscosité ont subi dans les deux dernières périodes des variations parallèles indiquant des variations qualitatives et quantitatives des albumines.
Conclusions : De ces observations se dégagent les conclusions générales suivantes :
1° Variations du chlore plasmatique observées dans les néphrites azotémiques. — Ces variations ont été parallèles à celles de la conductivité x, c’est-à-dire à celles de la quantité totale des ions du sérum. Cette donnée affirme l'importance de l’ion Cl dans la pathogénie de la maladie. Pour admettre que les autres ions aient une prépondérance marquée, il aurait fallu que les mesures de CI et de À n’eussent pas été parallèles.
2° Variañions du chlore plasmatique dans les né-
Dhriles albumineuses simples. — Ici les variations
du chlore plasmatique ne sont pas parallèles à celles de la conductivité x. Des remaniements essentiels interviennent dans le domaine des protéides. Peut-être même sont-ils en rapport avec l'apparition de l’albumine.
3° Chlore globulaire. — Nous avons retrouvé les phé-
nomènes d’hyperchlorurémie globulaire dans les néphrites azotémiques, d’hypochlorurémie dans les néphrites œdémateuses, signalés par L. Blum et par Ambard. k
4° Chlore du plasma et chlore du liquide céphalorachdien. — Dans les phases terminales de l’urémie,
le chlore du plasma s’abaisse et celui du liquide céphalo-rachidien s'élève.
5° Dissoctiation des élecérolytes. — Le degré de dis-
sociation des électrolytes semble avoir un réel intérêt, comme le montre clairement notre observation IV (néphrite aiguë). Lorsque le pourcentage des molécules dissociés est élevé, on est en présence de phénomènes morbides importants.
6° Pression osmotique. — On peut observer des perturbations d'ordre chimique dans le plasma sanguin, susceptibles de provoquer un déséquilibre de la pression osmotique en plus ou en moïns. Deux mécanismes régulateurs au moins semblent alors intervenir.
a) Une baisse des chlorures accompagnant l’augmentation du taux de l’urée (obs. I, II, II, IV). b) À taux d’urée constant, une baisse du degré de
dissociation accompagnant une augmentation des électrolytes,