CHAPITRE IV
RECHERCHES SUR L’ÉTAT, PHYSICO- CHIMIQUE DU SÉRUM CHEZ LES HYPERTENDUS.!)
L’étiologie et la pathogénie de l’hypertension sont encore très obscures. Les uns voient dans des troubles rénaux la base de lhypertension. Ils invoquent le témoignage des néphrites aiguës, où, cependant, l’hypertension n’est pas un phénomène constant. Elle ne saurait d’ailleurs y être mise en doute; elle prend une valeur doctrinale importante, mais on ne peut lui assimiler, a priori, l'hypertension permanente chronique. Pour franchir cette étape, il faudrait démontrer, d’une façon indiscutable, l'existence de troubles de la sécrétion rénale durant l'installation de cette hypertension. Or, la plupart de ces recherches ont été faites sur des malades d’hôpital, déjà arrivés à un stade généralement avancé de cette affection. Cette
lacune dans l'observation du malade est importante;
les épreuves fonctionnelles rénales non seulement ne la comblent pas, mais encore ne mettent pas sans conteste en évidence, le rôle pathogénique du rein.
1) Voir MERCKLEN et CHAUMERLIAC : Recherches sur l'état physico-chimique du sérum sanguin ches les hypertendus. Société Médicale des hôpitaux de Paris. (Avril 29).
AUBERTIN et ses collaborateurs d’une part, LIAN et BARRIEU de l’autre, explorant la fonction uréique, arrivent à des conclusions discordantes.
L'épreuve de la phénolsulfonephtaléine, étudiée par MERKLEN, MINVIELLE et HiRSCHBERG, n'est pas assez probante. |
La question des chlorures est encore plus délicate à envisager. ALLEN et AMBARD lient l'hypertension à une surcharge en chlorures ; mais leur rôle dans la genèse de l'hypertension n'implique pas forcément que l’acte essentiel de leur rétention corresponde à un phénomène rénal, car cette rétention chlorurée est souvent acceptée comme un acte tissulaire.
Les observations qui suivent montrent la complexité du problème.