‹ Recherches Urologiques Dans La TuberculoseChapitre 11 sur 17 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Albuminurie dans la tuberculose.

L’albuminerie a été signalée par presque tous les auteurs, mais ils sont loin d'être d'accord sur sa fréquence. C’est ainsi que Cailleret en 1881 conclut dans sa thèse inaugurale que l’albumine se rencontre dans un seizième des cas environ, tandis que Le Noir,en 1890, estime qu’on la rencontre une fois sur trois malades.

D’autres auteurs étaient arrivés aux résultats suivants :

Finger sur 180 malades a trouvé 46 fois de l’albumine. soit 25,5 p. 100

Parck sur 28 — 1 fois, soit 3,6 p. 100 Abeille sur 100 = 890358": p.100 Landrieux sur 40 — 8%) ), 40 p.100 Lacombe sur 100 — RS) dal A LD Piédale sur 90 — J 006000 ,0 0.100 Gauché sur 46 —- 9» y» 20*p. 100

CT me

Nous avons recherché l’albumine d’une façon systématique chez 100 malades, 50 enfants et 50 adultes. Nous avons employé des tubes à essai volumineux afin que grâce à l'épaisseur de la couche de l'urine, les traces même légères d’albumine ne nous échappent pas. De plus les analyses ont été recommencées trois fois et par trois opérateurs différents.

Dans les 50 urines d'enfants nous avons trouvé : 29 fois une trace d’albumine. | 6 fois une quantité dosable (de 0 gr. 20 à 0,50). 2 fois une grande quantité (plus de 4 gr.).

18 fois absence d’albumine.

Chez les adultes :

22 fois une trace d’albumine, 4 fois une quantité dosable (de 0 g. 20 à 0 g. 50) 3 fois une grande quantité (plus de 1 gr.) 21 fois absence d’albumine.

On voit par cette statistique que dans la tuberculose comme dans toutes les maladies qui la produisent, l’albuminerie est plus fréquente chez les enfants que chez les adultes. Le Noir trouvait de l’albumine une fois sur trois chez ses malades adultes. Notre proportion est plus élevée puisque nous en trouvons dans la moitié de cas. Il faut tenir compte dans notre statistique de l'âge de nos malades (18 à 22 ans) car d’après plusieurs auteurs, dans la tuberculose il y aurait de l’albumine chez 50 0/0 des malades au-dessous de 20 ans et seulement chez 38 0/0 audessus de 30 ans. Peut-être le sexe de nos malades n'est-il.

pas sans influence, car diverses statistiques donnent un chi-

îre un peu plus élevé d’albuminuriques chez les femmes que

chez les hommes. Quant aux auteurs qui ne trouvent de l’albumine que chez 5 à 10 00 des malades, ils ne tiennent évidemment pas compte des trace:, ni même des faibles quantités.

Voici donc un fait établi : jé tuberculeux ont fréquemment de l’albuminurie, parfois même beaucoup d’albuminurie. D’autre part, ces malades n’ont presque jamais de grands accidents urémiques, ni même les petits accidents du Brightisme ; à peine ont-ils un léger œdème. C’est à ce phénomène que M. le professeur Dieulafoy a donné le nom de dissociation des actes morbides du rein.

Au point de vue de la cause et aussi du pronostic il faut diviser les albuminuries de la tuberculose en deux classes : les albuminuries permanentes et les albuminuries passagères, les premières en général abondantes, les secondes légères.

L’albuminurie passagère survient en dehors de toute altération rénale. Elle existe pendant plusieurs jours, puis disparait pour reparaître ensuite. Chez certains malades on ne la trouve que dans les urines du soir. Elle ressemble

beaucoup dans son évolution à ces albuminuries qu'on a décrites sous le nom d’albuminuries physiologiques, intermittentes, cycliques et qui surviennent à la suite de fatigue où de malaise. Chez les tuberculeux ou l’a appelée avec

raison l’albuminurie des mauvais jours.

Dee FLE

An point de vue du pronostic, elle n’a aucune influencé sur la marche de la maladie. |

Elle semble associée à un processus vicieux des substances albuminoïdes. Cette notion est due à Gubler et à Jaccoud. Elle serait produite par une perturbation dans les phénomènes d’assimilation des matières albuminoïdes par suite du rétrécissement du champ de l’hématose qui diminue l'oxigène et par là les oxydations. L'albumine n'étant pas employée, surchargerait le torrent sanguin et de là passerait dans les urines.

On tend maintenant à considérer ces albuminuries légères et passagères comme le résultat d’une altération rénale, le plus souvent une simple congestion sans lésion de l’épithélium des glomérues.

Parmi quelques autres causes qui peuvent produire chez les tuberculeux ces albuminuries légères et passagères nous signälerons :

La dyspnée (albuminurie dyspnéique, Jaccoud).

La dyspepsie (albuminurie dyspeptique. Bouchard, Marfan.)

L’élimination des toxines (albuminurie toxique).

L’élimination des toxines peut à la longue produire des lésions du rein et donner lieu à une néphrite spécia!e dont nous parlerons plus loin.

Les albuminuries permanentes peuvent être produites par plusieurs causes.

Les lésions bacillaires du rein sont assez fréquentes < elles sont habituellement unilatérales. Dans ce cas l’ab-

Page 1