TS D
très voisin de l’Aldisa Doris) zetlandica de Alder et Hancock ; nous ne pouvons identifier ces deux espèces, car les naturalistes anglais indiquent que leur mollusque est d’une coloration blanche, tandis que le nôtre avait tous ses téguments d'une couleur jaune.
Ce petit mollusque (fig. 26, PI. [) avait à peine 7"/" de longueur sur un peu plus de 3 “/" de largeur maximum ; le corps est assez bombé.
Le manteau recouvre presque tout l'animal, l'extrémité postérieure du pied dépassant seule un peu lorsque ce mollusque est en marche ; dans son épaisseur se trouvent de nombreux spicules allongés qui donnent une certaine consistance aux téguments de cette région.
Le pied est très grand, tronqué arrondi en avant, pointu très arrondi en arrière.
La surface dorsale du manteau présente un assez grand nombre de verrucosités peu élevées mais presque sphériques (fig. 27) dont la grosseur varie du simple au double, et affectant quelque peu une disposition en séries parallèles.
Les rhinophores assez allongés et fusiformes, sont perfoliés supérieurement. La houppe branchiale est constituée par sept feuillets pennés simples.
La coloration générale du corps de cette espèce d’Aldisa est jaune d'œuf, plus accentuée à la face antérieure (region circumbuccale) et à la face inférieure du pied. Sur toute l'étendue du dos cette teinte est un peu atténuée par de petites ponctuations blanchâtres, surtout assez abondantes à la surface des verrucosités ; ces dernières offrent en outre une, parfois deux grosses taches brunes dues à la présence à leur intérieur d’un amas pigmentaire de cette teinte.
Quant aux rhinophores ils offrent une coloration jaune très pâle, blanche le long des bords de leurs lamelles olfactives.
Les ramifications branchiales sont aussi d’une teinte jaune claire qui ajoutée à la demi-transparence des tissus de ces organes et à la présence de ponctuations blanches et brunes répandues à leur surface donne à l'ensemble une couleur grisâtre.
N'ayant eu à ma disposition que ce seul spécimen, apporté vivant, mais pas très vigoureux, je n'ai pu obtenir la ponte du ruban nidamentaire.
Au point de vue de son organisation interne n'ayant pu disséquer cet individu que plusieurs années après ce n’est que l'étude du bulbe, du pénis et du collier œsophagien, qui a pu être suffisante pour pouvoir en faire des descriptions.
Dans l'intérieur du bulbe, à l'entrée de la cavité buccale je n'ai observé aucune trace de machoires.
Radula. — La radula offre par contre un assez fort développement. Elle est constituée par une lame quadrangulaire un peu plus longue que large, la moitié
antérieure étalée sur le mamelon lingual, le reste replié sur lui-même et contenu dans le fourreau radulaire dont l'extrémité cœcale fait légèrement saillie à la face postéro-inférieure du bulbe.
Le rachis est inerme sur toute son étendue.
Les dents latérales affectent dans ce genre une forme spéciale s'éloignant beaucoup de celle que l’on constate chez tous nos autres types de Doridés. Ce sont des pièces chitineuses très grêles, sorte de petites lames étroites, dont la longueur s'accroît assez rapidement de la première dent interne à celles qui occupent le milieu de chaque demi-rangée, puis ces pièces diminuent progressivement de longueur sans arriver toutefois à une taille aussi petite que celle de la première dent interne.
La formule radulaire était 100, ©, 100 chez cet individu, mais elle doit varier probablement d'une vingtaine de dents en plus ou en moins suivant la taille de l'animal. Le dénombrement est aussi très difficile par suite de la longueur des dents qui amène un chevauchement des unes sur les autres.
Si l'on examine avec soin l’une de ces pièces, l'on constate qu'elle présente d'abord inférieurement une portion élargie, sorte de talon (fig. 1) qui sert de base d'insertion, puis la lame se rétrécit, s'épaissit un peu et sur les deux tiers de la longueur cette pièce conserve le même aspect ; à partir de ce dernier point le bord lamelleux dirigé vers le fond de la cavité buccale, commence à présenter de fins denticules, très acérés, qui garnissent ce bord sur le reste de la longueur de la pièce ainsi que sur le pourtour de son sommet élargi et arrondi en forme de cuilleron. La forme de ce sommet n’a été ni signalée ni figurée par Alder et Hancock (PI. 46, fig. 2, a et b) ; les bords de cette partie élargie se recourbent un peu en arrière sur toute l'étendue du sommet denté pour former une sorte de spatule creuse (fig. 2).
La coloration de ces dents était jaune très pâle.
Organe copulateur. — Nous n'avons pu observer de l'appareil génital que le pénis complètement développé. Cet organe constitue un corps cylindrique, légèrement conique à sa base et à sommet arrondi ; sa coloration est blanchâtre un peu hyaline (fig. 7). À sa surface l’on ne trouve aucune trace de crochets chitineux.
En comprimant légèrement le pénis et grâce à la transparence des tissus, l’on peut suivre sur toute sa longueur la marche du canal déférent qui est ici d’un calibre assez fort.
Collier æsophagien. — Avec beaucoup de peine j'ai pu arriver à dégager et à isoler cette partie du système nerveux.
Comme chez les précédentes espèces de Doridés le collier œsophagien ne
présente que quatre ganglions ; les g. cérébro-palléaux assez volumineux, reliés l'un à l’autre sur une petite étendue par une courte commissure, sont un peu oviformes et peuvent se subdiviser en une portion supérieure, cérébroïdale, et une inférieure palléale ou viscérale. Quant aux g. pédieux, ils sont placés en dehors des précédents et accolés à eux ; leur forme est à peu près sphérique (Ge A4 BI:
Je ne puis rien préciser concernant la longueur de la commissure sous-æsophagienne, celle-ci s'étant brisée dès le début de notre préparation et n’ayant pu, vu Ja petitesse de l'individu, rapprocher suffisamment les bouts ; elle m'a paru cependant être assez longue et constituer au moins les 3/5 de la longueur totale du collier.
Sur le bord supérieur de chaque g. cérébro-palléal on observe un petit renflement qui est le point de départ du nerf olfactif (nerf du rhinophore).
Près de ce renflement sort le nerf optique qui est très grèle mais long et qui va aboutir à la base de l'œil non atrophié chez l'Aldisa Berghi.
A la face inférieure de ces ganglions, sortent deux nerfs de chaque côté, l’un représentant le nerf viscéral, l’autre le connectif cérébro-buccal.
De l'extrémité postérieure des g. pédieux partent les gros nerfs pédieux postérieurs p, chargés de l’innervation de la musculature des parties moyenne et postérieure du pied.
KENTRODORIDIDÉS
Corps assez mou, non déprimé, à manteau faiblement granuleux, à bords palléaux larges ; rhinophores coniques ; branchie tribennée ; pied assez large, à bord antérieur avec un sillon profond dont la lèvre supérieure est fendue en son milieu.
Armature labiale nulle : radula à rachis nu, à dents latérales en forme de hamecçon.
Pénis armé d'un stylel ou inermie.
JORUNNA, BERGH, 1876
Corps allongé, dos arrondi ; face supérieure du manteau parsemée de très nombreuses petites granulations ; bords palléaux cachant complètement le reste du corps. — Rhinophores cylindro-coniques et perfoliés.— Branchie composée d'une dizaine de feuillets pennés.
Pied étroit à bord antérieur arrondi, bilabié, la lèvre supérieure profondément fendue. -
Armature labiale rudimentaire ; radula à rachis nu, avec nombreuses dents latérales crochues, toutes semblables.
Pénis inerme ; glande et organe excitateur.
JORUNNA JOHNSTONI, Az. ET Hanc.
Corps blanc-cendré, blanc-bleuâlre ou blanc-jaunâtre avec quelques petites taches d'un gris foncé ; la face dorsale peut présenter parfois des taches brunes. Branchte blanchätre ; rhinophores également blanc uniforme ou avec quelques taches brunes.
Tubercules palléaux grêles et longs, nombreux, serrés les uns contre les autres el donnant à l’ensemble de la face dorsale du manteau un aspect velouté. Formule radulaire 20, o, 20 à 25, 0, 25.
DimENsIoNs. — 45 millimètres de long sur 19 millimètres de large. Hagirar. — Golfe de Marseille.
Nous n'avons trouvé qu'une seule fois cette espèce dans le golfe de Marseille, à l'entrée des ports neufs, le long du quai aux Soufres, parmi les algues.
Le Jorunna Johnstoni est bien caractéristique avec sa surface dorsale comme veloutée, aspect que j'ai essayé de rendre dans mon dessin (fig. 24, PI. III) de l'animal, grandeur naturelle, vu par sa face supérieure.
Au lieu de présenter, comme la plupart des Doridés, des granulations arrondies plus ou moins fortes à la surface de son manteau, cette espèce possède une multitude de tubercules grêles, assez longs et légèrement coniques, entourés chacun de 6 à 6 longs spicules ; — ces tubercules, très serrés les uns contre les autres, donnent à l'ensemble de la surface palléale l’aspect du velours.
La coloration générale des téguments est d'un jaune-pâle bleuté qui prend une teinte blanc-bleutée chez l'animal conservé dans l'alcool.
Ces deux caractères toujours bien marqués suffisent pour déterminer avec précision cette espèce quelle que soit sa provenance, comme nous avons pu le constater en comparant notre spécimen avec ceux de Wimereux que nous devons à l'obligeance de M. le professeur A. Giard.
La surface dorsale des bords du pied offre aussi un léger aspect velouté dû au revêtement de tubercules longs et très grèles qui la recouvrent, seulement sur cette portion du corps ces tubercules étant plus courts, l'on ne peut arriver à les distinguer, même avec l’aide d'une loups, qu'en promenant entre eux la pointe d’un scalpel.
L’orifice buccal est placé au sommet d’un fort mamelon charnu placé entre le pied et le manteau ; de chaque côté de ce mamelon se trouve un petit tentacule labial conique et court, qui disparaît presque chez les individus conservés dans l'alcool. -
Rhinophores proportionnellement gros, courts et coniques, avec de nombreuses lamelles olfactives accentuées, disposées obliquement.
La houppe branchiale possède onze plumes bipennées qui me semblent plus indépendantes entre elles que ce que Alder et Hancock paraissent les avoir trouvées et figurées.
Le pénis est inerme et cylindro-conique.
Mächotres. — Ces organes forment à l'entrée de la cavité buccale un anneau presque complet mais peu large, d'une coloration gris-jaunâtre ; par suite de cette teinte peu accentuée par rapport aux tissus voisins, les mâchoires ne sont pas trop visibles même sous une forte loupe.
Chaque plaque est constituée par une multitude de petits bâtonnets chitineux, striés transversalement avec nodosités ; ces pièces quadrangulaires à leur face externe, sont assez difficiles à dissocier chez les individus conservés dans l'alcool.
Notre fig. 20, PI. III, en représente trois accolés, vus à un grossissement de 250 fois en diamètre.
Radula. — La membrane radulaire est une fois et demie plus longue que large lorsqu'elle est complètement étalée. Elle présente dans son étendue une vingtaine de rangées de dents unciformes allongées, ayant pour formule chez notre spécimen 23, 0,23. — Le rachis, inerme et large, pourrait supporter dans son étendue 7 à 8 dents ; il montre de forts replis transverses correspondant à ceux qui retiennent latéralement les dents.
La différence de taille entre les dents d’une même demi-rangée ne dépasse pas le simple au double ; il n’y a guère que les quatre ou cinq premières et les trois dernières qui soient inférieures aux autres par leurs dimensions. Ces dents (fig. 25, PI. IT) sont assez remarquables par la présence sur le milieu de leur côté externe ou convexe, d’une sorte de pointe en angle obtus qui divise ce côté en deux portions presque égales, la partie basilaire d’une part et la partie crochue d’autre part.
Toutes ces dents sont d’une belle couleur jaune d'ambre.
NT
CHROMODORIDÉS
Corps allongé, comprimé, de consistance molle ; aux couleurs vives, souvent très belles, presque toujours avec des raies ou des taches. Manteau d'ordinaire lisse, à bord palléal en avant très étendu, ailleurs, mais surtout en arrière, très réduit.
Tentacules dorsaux petits, coniques, presque toujours inclinés ; feuillets branchiaux simplement pennés.
Machotres fortes constituées par de très petits crochets. — Radula avec un rachis très étroit, souvent garni de fausses petites dents comprimées ; nombreuses dents latérales à cuspide crochue et denticulée sur l'un ou ses deux côtés.
Pénis inerme.
CHROMODORIS, Arper ET Hancock, 1855
Manteau très étroit, ne recouvrant pas la partie postérieure du pied.
CHROMODORIS LUTEO-ROSEA, Rapp
Synonymes : CHR. JHERINGI — Bergh » Dar — Bergh
Doris PARTHENOPIA — Delle Chiaje
> LUTESCENS — Delle Chiaje
Coloration générale d'un violet plus ou moins accentué (du violet vif au violet-rose très pâle). Le bord du manteau est orné d'une bande assez large d'un beau jaune d'or, et sur l'étendue de sa surface dorsale se trouve une vingtaine de laches assez grandes, rondes et de la même teinte, mais cerclées de blanc. Les bords du pied offrent une bordure d'un jaune plus pâle ; le long des flancs et
] 5 ë sur la face dorsale de l'extrénuté du pied on observe également quelques taches
Jaunes. pas Rhinophores violet sombre. — Branchie violet pâle, formée de 8 feuillets
pennés, les deux postérieurs toujours très réduits. Anneau mandibulaire continu ne présentant pas l'aspect de deux mandibules distinctes.
Radula à dents latérales nombreuses (50, 1, 50) crochues, denticules seulement le long de leur bord externe, avec une dent médiane presque atrophiée.
DimENsiONs. — Longueur : 30 à 40 "/" Largeur : 7 à 10 mm Hauteur : s à 8 mm
HAB1iTAT. — Golfe de Marseille, Carry-le-Rouet, Rade de Villefranche (dans les fonds de Zostères ou dans les fonds coralligènes par 10 à 25 mètres de profondeur).
Nous avons trouvé assez rarement cette belle espèce de Chromodoris le long de nos côtes méditerranéennes.
La coloration est normalement d’un beau violet, mais chez certains individus, surtout chez les jeunes, la teinte est plus claire et un peurosée. Une bande d’un beau jaune d’or borde dorsalement le manteau sur toute l'étendue de son pourtour, il en est de mème pour le pied, seulement ici la bande est moins accentuée, sauf dans sa partie postérieure (fig. 7, PI. 1).
Sur la surface du manteau l’on observe un certain nombre de taches arrondies (15 à 20) d’un beau jaune, bordées d’une raie blanche ; une ou plusieurs taches de même forme et de la même teinte, mais plus pâle, se trouvent à la face dorsale de l'extrémité postérieure du pied. Le nombre, la disposition et même la forme de ces taches peuvent varier quelque peu suivant la taille de l'individu ou la localité où il a été pris.
La forme générale de cette espèce est oblongue très allongé, surtout lorsque l'animal est en marche ; le corps est assez haut, très bombé dorsalement, plat inférieurement.
Le manteau, arrondi à ses deux extrémités, offre de chaque côté, un peu en arrière des rhinophores, un étranglement qui semble séparer la région céphalique du reste.
Le pied est étroit, très allongé, à bords latéraux parallèles, sauf tout à fait en arrière où ils se rapprochent assez rapidement pour former l'extrémité en pointe du pied ; le bord antérieur est en arc de cercle donnant naissance de chaque côté à un petit prolongement aigu (fig. 13, PI. III).
Entre le pied et le manteau règne tout autour un sillon assez profond, occupé en avant par le renflement au centre duquel se trouve l'orifice buccal ; sur les côtés de ce mamelon nous avons les deux petits tentacules labiaux, de forme conique.
Les rhinophores sont longs, peu contractiles, de forme cylindro-conique, présentant dans leur partie supérieure de nombreuses lamelles olfactives, disposées symétriquement de chaque côté. La teinte de ces organes est toujours plus foncée que celle des téguments voisins.
- La houppe branchiale assez petite comme chez tous les Chromodoris, est située assez en arrière ; elle est constituée par 6 à 8 feuillets pennés, rayonnant autour de l'orifice anal ; les deux feuillets postérieurs peuvent être quelquefois si réduits qu'ils passent inaperçus. La coloration de cet organe est d’un violet pâle, un peu hyalin.
Appareil digestif. — La portion antérieure de cet appareil est divisée en deux dès le début ; une région à parois épaisses, pouvant être projetée à l'extérieur, constitue la trompe (é, fig. 14, PI. III), elle est retenue inférieurement et sur les côtés, par quelques bandelettes musculaires m, m destinées à la ramener à l'intérieur du corps.
Le bulbe buccal D qui fait suite, a sa partie antérieure enchâssée dans le refoulement des parois de la trompe lorsque celle-ci est rétractée. Les parois musculaires du bulbe sont très épaisses, surtout inférieurement et en arrière, c'est-à-dire dans toute la partie occupée par le muscle lingual.
Le bulbe est ovoïde, un peu comprimé de bas en haut ; postérieurement, audessous du point de départ de l'œsophage, un petitrenflement indique l'extrémité cœcale du fourreau radulaire et entre lui et l’œsophage se trouvent les deux petits ganglions buccaux ; sur les côtés de cette face postérieure viennent aboutir les conduits excréteurs des deux petites glandes salivaires s. s. de ce mollusque.
Chez d’autres espèces (Chr. Villafranca), les glandes salivaires sont très longues. L’œsophage de cette espèce, d’un calibre assez fort, est long, et arrivé dans la masse hépatique forme une vaste cavité stomacale en fuseau renfé, dilatation qui se continue par un tube intestinal large ; après avoir décrit une circonvolution à gauche et en avant, ce dernier se dirige postérieurement et aboutit au centre de l'appareil branchial où se trouve l'anus.
Mächoires. — Ces organes forment chez le Chromodoris luteo-rosea un anneau complet, sans trace de divisions en deux parties symétriques, entourant l’orifice de la cavité buccale et se prolongeant un peu à l'intérieur de celle-ci ; cet anneau sert de limite entre la trompe et le bulbe proprement dit.
Cette bande a une teinte jaune ambré pâle ; si l’on la détache et que l’on observe sa face interne, on constate qu'elle est formée par une multitude de petits bâtonnets chitineux, serrés les uns contre les autres, dont on ne distingue que les sommets terminés par une ou deux pointes recourbées. En dissociant un fragment de cette lame on peut isoler quelques uns de ces petits bâtonnets ; ce sont de petits corps lisses, légèrement en forme S (fig. 17, PI. LIL), tronqués à leur partie inférieure, terminés par une pointe ou par deux pointes égales à leur sommet.
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Radula. — Complètement étalée elle forme une lame presque carrée portant de 40 à 50 rangées transversales de dents chitineuses crochues, chaque rangée ayant pour formule 40, 1, 40 à 50, 1, $0 suivant la taille de l'individu.
Il peut exister une dent médiane, très petite, atrophiée (fig. 18, PI. III, ») un peu triangulaire et d’un jaune pâle ; cette dent occupe le rachis assez étroit de la radula, mais fréquemment elle fait défaut, soit qu'en manipulant la langue pour l'étaler, on l'ait fait tomber, soit qu'une atrophie complète l'ait fait disparaître.
Les dents latérales sont crochues, la pointe dirigée vers le fond de la bouche ; sur le côté interne de ce crochet, près de la base, l’on distingue chez la première dent, un ou deux petits denticules, et sur le côté externe de 4 à 9 denticules. Il n'existe pas une bien grande inégalité dans la grosseur des dents latérales suivant le point qu'elles occupent, les variations sont surtout dans l'aspect général présenté par elles ; les premières sont un peu plus courtes mais très trapues, celles du milieu de chaque demi-rangée ont leur crochet plus élancé ; les dernières ont leur crochet plus ou moins atrophié.
Nous avons représenté ces dents sous différents aspects pour en bien montrer les formes réelles (fig. 18, 18" et 18“); chez les plus internes la base d'insertion est plus large et le crochet présente moins de denticules ; celles du milieu ont une base plus étroite mais un crochet plus élancé et avec plus de denticules ; enfin chez les dernières, les denticules du bord externe sont peu marqués.
En terminant l'étude du Chromodoris luleo-rosea nous donnerons quelques indications sur la structure du collier œsophagien et de l'appareil génital, indications qui se rapportent également à la structure de ces mêmes organes chez les deux espèces suivantes.
Système nerveux. — Le collier œsophagien est très étroit chez ces mollusques, les 2/3 de son étendue sont occupés par les centres nerveux. Les ganglions sont au nombre de 4 ; les deux du milieu, les g. cérébro-palléaux sont allongés, ellipsoïdaux avec une petite concavité sur le milieu de leur face externe, c’est dans ce creux que se trouve un peu enchâssé le g. pédieux. Celui-ci est moitié plus petit que le centre cérébroïde auquel il est accolé, quant à sa forme, elle est à peu près sphérique.
Ces ganglions sont réunis entre eux au-dessous de l'œsophage par trois commissures larges et très courtes.
Les g. buccaux sont oviformes et accolés directement l’un à l’autre. Les yeux à peine enchâssés dans les téguments céphaliques sont reliés aux centres cérébroïdes par des nerfs optiques très courts.
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Les otocystes, de forme lenticulaire, sont insérés sur les pédieux, dans le voisinage de leur point d'insertion sur les cérébroïdes ; ces organes contiennent de nombreux petits otolithes fusiformes ou arrondis.
Appareil génital. — Ce système organique se compose :
1° De la glande hermaphrodite qui est accolée au foie.
2° D'un canal génital commun, d’abord très étroit, qui se renfle ensuite et passe au-dessus de la masse glandulaire de la glaire et de l’albumine, pénètre dans cette masse mais se subdivise aussitôt en deux canaux, l’un qui se continue directement vers l’orifice génital et forme l’oviducte ;
3° L'autre qui s’en détache et donne un grand nombre de circonvolutions, en conservant un calibre assez petit, c'est le canal déférent ;
4 Près de la gaîne du pénis, ce dernier canal se renfle un peu, pénètre à l'intérieur de celle-ci et forme alors le pénis qui est un corps cylindro-conique, inerme chez ces mollusques.
5’ Del’oviducte, peu après sa pénétration dans la masse des glandes annexes, se détache un fin conduit qui va aboutir à la face inférieure de la poche copulatrice ; celle-ci complètement sphérique, à parois minces, est accompagnée d’une poche ou cœæcum cylindrique, court et d’un calibre assez fort, inséré à côté du point de départ du canal reliant l’oviducte à la poche copulatrice, et près du conduit qui met en rapport cette dernière avec l’orifice génital.
CHROMODORIS ELEGANS, CANTRAINE, 1840
Synonyme : Doris VALENCIENNESH, Cantraine.
Forme du corps assez grêle ; pédoncule des feullels branchiaux allongé.
Coloration générale d'un bleu ciel très pâle avec de nombreuses taches d'un beau jaune, réparties sur toute l'étendue du corps ; ces taches forment des lignes disposées longitudinalement et fréquemment interrompues ; le nombre de ces séries longitudinales varie avec l'âge de l'individu et est toujours assez considérable. Les bords du manteau offrent le plus souvent une large ligne jaune peu ou pas interrompue.
Les rhinophores et la branchie sont d’un bleu marin accentué.
Face ventrale du pied d'un bleu cendré uniforme.
Dents radulaires avec un fort denticule au sommet du bord interne.
Dimensions. — Longueur 40 à so millimètres.
Largeur 16 à 20 millimètres.
Hauteur 10 à 15 millimètres. Ÿ
HABITAT. — Golfe de Marseille (rare) ; rade de Villefranche et côtes de Nice.
Au sujet de la coloration générale de cette espèce je n'ai rien à ajouter à la diagnose, car celle-ci indique suffisamment l'aspect présenté par ce beau type de Chromodoris. Nous ne l'avons pas figuré mais on peut se reporter au dessin colorié donné par Philippi (PI. 19, fig, 10 du 2°*° tome de sa Fauna-Molluscorum.…. utriusque Siciliæ, 1844) ; ce dessin donne bien l'aspect de cette espèce, tant au point de vue de la couleur que de l'allure de l'animal en marche, vu de profil.
Du groupe des Chromodoris, c’est celle qui arrive à la taille la plus considérable, les plus gros individus ont de 4 à $ centimètres de longueur ; sa coloration générale d'un bleu clair très pâle, avec ses nombreuses taches d’un beau jaune, de dimensions et de forme très variables, permet de la distinguer facilement de toutes les autres espèces de nos côtes.
Le manteau assez réduit, laisse largement à découvert les parties latérales et postérieure du pied ; celui-ci lorsqu'il est bien étalé et que l'animal est au repos, a près de deux fois la largeur du manteau. Les côtés du corps, assez inelinés, n'offrent inférieurement aucune démarcation pouvant les séparer de la région pédieuse ; sur le flanc droit, assez en avant et en haut, caché d'ordinaire par le rebord du manteau, se trouve l'orifice génital.
Les rhinophores, en forme de massue allongée, offrent sur toute leur partie renflée de nombreuses lamelles olfactives dirigées obliquement d'avant en arrière et de haut en bas ; la coloration de ces organes est d’un bleu intense, presque foncé, qui tranche sur la coloration pâle des téguments palléaux.
La houppe branchiale, rétractile, portée sur un pédoncule assez long et fort, se compose de o à 11 petits feuillets pennés, d’une coloration bleu assez vive, avec une raie jaune pâle le long de la partie externe et de la partie interne du rachis de chacune d'elles.
Mâchoires. — A l'entrée de la cavité buccale se trouvent deux grandes plaques carrées dont les bords supérieurs se touchent presque (fig. 21, PI. II) et dont les bords inférieurs sont l’un de l’autre à une distance égale à une demi-largeur d’une de ces plaques. La surface de ces plaques à un grossissement de 8 à 10 fois en diamètre paraît presque lisse, à peine si l’on distingue une certaine striation transversale et longitudinale ; l'épaisseur de ces organes est peu considérable (2 à ; dixièmes de millimètre) et leur coloration d’un jaune d'ambre accentué en avant, pâle en arrière.
Ces lames sont constituées par l'agencement d’une multitude de petits bâtonnets chitineux, engagés inférieurement dans une couche de tissu conjonctif amorphe ; sous le microscope, les sommets en pointe recourbée de ces bâtonnets donnent à la surface des machoires un aspect un peu hérissé,
suivant des lignes sinueuses transversales. Cinq de ces bâtonnets ont été représentés (fig. 22) avec leur base engagée dans le substratum conjonctif.
Radula. — La langue forme une grande lame quadrilatère un peu plus large que longue, pliée suivant la ligne médiane longitudinale comme les feuillets d’un livre. Cet organe est constitué par une cinquantaine de rangées transversales de dents chitineuses crochues, chaque rangée ayant pour formule 150, 0, 150.
Le rachis, à peine indiqué, ne m'a présenté aucune trace de dents médianes même rudimentaires ; sur chaque côté de ce sillon très étroit sont disposées avec alternance les demi-rangées transversales de dents latérales.
Chez le Chromodoris elegans ces dents n'offrent pas une bien grande inégalité dans leur taille, suivant le rang qu'elles occupent, comme on peut le constater sur nos dessins de la fig. 20 (PI. II) ; elles sont plus trapues dans le voisinage du rachis (a), puis elles s’allongent et s'amincissent un peu vers le milieu de la demirangée (b), diminuent ensuite de longueur (c), et les dernières (d) en s’atrophiant voient leur crochet se raccourcir.
Toutes les dents sont semblables comme forme générale sauf les plus marginales. Ces pièces chitineuses, en dehors de leur crochet fort et assez recourbé, offrent sur le côté externe un denticule bien développé, crochu, dirigé comme l’autre vers le fond de la bouche ; mais chez les dernières dents le crochet s'est presque complètement atrophié et sur le point élargi où s’insère chez les autres le denticule, on observe un bord avec 4 ou ; dentelures peu marquées.
Ces dents sont toutes d’une belle coloration jaune ambré, sauf celles qui se trouvent au fond du fourreau radulaire, dents nouvellement formées qui ont une teinte jaune pâle.
CHROMODORIS VILLAFRANCA, Risso, 1828
Synonymes : Doris CŒRULEA, Risso.
Doris Picra, Schultz.
Doris GrAciLis, Rapp.
Doris PuLCHERRIMA, Cantraine.
Doris Tricozor, Cantraine.
CHroMoDpoRiIs CANTRAINEI, Bergh.
Forme du corps grêle ; pédoncule branchial court. Couleur générale bleu indigo, offrant un aspect veloulé, avec nombreuses lignes d'un jaune fauve ou jaune orangé, disposées longitudinalement el reliées entre elles par des lignes obliques et transversales plus fines. Un large liseré
jaune-d'or borde la face dorsale du manteau, et est accompagné en dehors d'une bande bleu très pâle.
La face ventrale du pied offre la même coloration bleu foncé du reste du corps.
Rhinophores d'un bleu plus pâle, de même pour les feuillets branchiaux qui montrent une ligne jaune pâle sur l’arêle des deux côtés.
Radula ayant pour formule 150, 0, 150; les dents sont unciformes, larges, terminées par un double crochet ; en dessous le long du bord du crochet interne plusieurs petits denticules (3 à 7), et au-dessous du crochet externe d'ordinaire un petit denticule.
Dimensions. — Longueur 30 à 40 millimètres. Largeur 9 à 12 millimètres.
Hauteur 6 à 8 millimètres.
HABITAT. — Golfe de Marseille ; Carry-le-Rouet : rade de Villefranche : Cette ; Banyuls.
Le Chromodoris Villafranca est certainement l'espèce la plus répandue le long du littoral méditerranéen, nous l’avons pris sur tout le littoral français de Banyuls à Villefranche : elle habite les fonds de Zostères ou au milieu des rochers couverts d'algues par 2 à 20 mètres de profondeur.
On a créé pour ce type un assez grand nombre d'espèces en se basant seulement sur quelques variations de teintes des divers parties du corps et sur le nombre des raies jaunes ou blanchâtres distribuées à la surface des téguments ; ces variations me paraissent tenir toutes à l’âge de l'individu observé. Chez les petits de $ à 6 millimètres de longueur, le dos n'offre d'ordinaire que trois lignes longitudinales d'un jaune pâle, parallèles, une médiane et deux latérales, se rejoignant en avant et en arrière, en outre du liseré bordant le manteau ; sur les flancs une ou deux lignes longitudinales, souvent interrompues, forment avec une légère bordure jaune du contour du pied, toute l’ornementation tranchant sur la coloration uniforme bleu de ciel des téguments.
Chez les individus de 10 à 15 millimètres on voit apparaître quelques fragments de lignes longitudinales, intercalées entre les précédentes, et des lignes transverses et obliques dont le nombre et l’accentuation augmentent avec la taille du mollusque.
L'on voit aussi apparaître en ce moment entre les lignes du dos et des flancs quelques grandes taches blanc-jaunâtre ; certains espaces compris entre des lignes longitudinales et obliques, circonscrits par elles, ont une teinte bleu-pâle dûe peut-être à un commencement de dépôt blanchâtre.
L’orifice branchial est bordé d’une ligne blanche, ainsi que les orifices des cavités des rhinophores.