‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de Marseille (volume 2)Chapitre 27 sur 56 · AP · texte numérisé non relu

AP

La houppe branchiale rétractile est constituée par 9 à 10 feuillets pennés,. longs et étroits, d'une coloration bleu un peu pâle et hyalin, offrant le long du rachis de chaque feuillet, sur les deux côtés, une ligne jaune pâle. Le pédoncule portant les feuillets branchiaux est assez court.

Mächoires. — Ces organes offrent ici la même forme, la même disposition et la même structure que ceux du Chromodoris elegans.

Radula. — La langue offre la même forme que celle des autres espèces que nous venons d'étudier. Le nombre des rangées et celui des dents de chaque rangée varie comme toujours avec la taille de l'individu ; chez un adulte de taille ordinaire l’on compte une soixantaine de rangées ayant pour formule SO On 60:

Dans la ligne rachidienne très étroite de la radula du Chromodoris Villafranca on observe parfois quelques dents médianes si peu développées qu'il nous semble préférable de ne pas en tenir compte dans la formule. |

Les dents latérales ont toutes.la même structure, sauf les modifications que l’on constate d'ordinaire en observant ces pièces de la ligne rachidienne vers les bords de la radula ; les premières, un peu plus petites, massives (a fig.16, PI. I), puis elles s’allongent {b) et arrivent à leur maximum de taille à la fin du premier quart de la demi-rangée (fig. 17) ; ces pièces conservent ces dimensions jusqu’à la fin du troisième quart, puis elles vont en s’amoindrissant un peu et surtout en s'atrophiant.

Les dents sont crochues, seulement presque vers le sommet du crochet, du côté interne se trouve inséré un crochet secondaire, un peu plus grêle, ce qui fait paraître bifurqué le sommet de la dent, bifurcation assez divergeante. Le long du bord concave du crochet principal l’on constate la présence de petits denticules, au nombre de 2 à 3 très réduits chez les premières dents, puis ils augmentent en nombre et en grosseur chez les suivantes, sans aller au-delà de 7 à 8 ; chez les dernières dents (dents marginales) ces denticules sont moins distincts et moins nombreux. A la base du crochet secondaire, c’est-à-dire sur la face interne, chez la majeure partie des dents latérales l’on observe un petit denticule ; il ne nous parait faire défaut que chez les premières et les dernières de chaque demi-rangée.

La coloration de toutes ces pièces est jaune ambrée foncé.

DORIDIDÉS CRYPTOBRANCHIES

POROSTOMATA, BERGH. 1670.

Sous cette dénomination Bergh réunit en un même groupe les familles des Doriopsidés et des Phyllidiadés.

Le caractère principal de ce groupe réside dans la forme de l’orifice buccal qui, au lieu d'offrir une ouverture assez large dont les bords constituent de véritables lèvres, présente un simple trou d'un diamètre restreint, sorte de pore, donnant accès dans la cavité d’un tube sans renflement buccal, ou avec un renflement rudimentaire, mais toujours privé de machoires et de radula.

DORIOPSIDÉS

Corps assez mou, d'une forme analogue à celles des Dorididés vrais. Ouverture orale poriforme ; tentacules labiaux très courts ; rhinobhores comme dans les Phylldiadés et les Doridés, c'est-à-dire cylindro-coniques, un peu en massue à leur sommet, avec replis olfactifs transverses.

Manteau lisse ou luberculeux, pied très grand, bilabié en avant, bords ondulés. Branchie dorsale rétrachle, constituée par un certain nombre de fetes pennés, disposés en rosetle autour de l'anus.

Bulbe buccal rudimentaire cylindro-conique, suceur, à parois musculaires peu épaisses, privé de machoires el de la radula, sans masse glanduleuse au-dessus comme cela s'observe chez les Phyllidiadés.

Armalure pœniale conshluée par de petits crochets chitineux très nombreux.

DORIOPSIS, PEASE, 1860

Synonymes. -- RHacoporis, Morch.

HEXABRANCHUS, Gray.

DENproporis, Ehrenberg.

Corps mou, lisse au-dessus. Ganglions buccaux situés à la partie postérieure du bulbe.

DORIOPSIS LIMBATA, Cuvier

Synonymes : Doriopsis INORNATA, Abraham.

Doris GRANDIFLORA, Rapp.

Doris SETIGERA, Rapp.

Doris Rapprr, Cantraine.

Doris VIRESCENS, Risso.

Téguments lisses, d'un aspect velouté, sécrétant un abondant mucus.

Coloration générale jaune verdâtre, vert cendré, vert olive ou vert de bouteille plus ou moins sombre, avec de grandes et petites taches irrégulières fauves, brun, notrâlres ou même noires. Les bords du manteau offrent toujours une bande claire (jaune, jaune-blanchâtre, par fois orangé).

Pied bordé à sa face dorsale d’un liseré jaune, d'ordinaire moins vif que celui qui limule le manteau.

Rhinophores verl olive sombre sauf à leur extrémilé qui est plus pâle, souvent Jaune.

Branchie vert olive foncé avec nombreux points blancs ou blanc-jaunâtre aux extrémités de ses ramu fications.

Dimensions. — Longueur de 50 à 100 millimètres. Largeur de 30 à 54 millimètres.

Hauteur 16 à 23 millimètres.

HaBirAT. — Golfe de Marseille, Carry-le-Rouet, Villefranche et côtes de Nice, Cette, Banyuls, (fonds de Zostères par 10 à 40 mètres de profondeur).

La forme générale de cette espèce est toujours assez allongée et bombée, en marche l'animal a environ, comme longueur, deux fois sa largeur maximum ; ses deux extrémités sont assez arrondies.

La coloration générale de ses téguments varie du blanc jaunâtre au vert-olive foncé ; des taches de forme irrégulière, de dimensions très variables et d’une coloration gris-verdâtre, brunes ou noires se trouvent réparties sur toute l’étendue du corps mais plus spécialement sur la face dorsale du manteau, ces taches peuvent faire presque défaut chez les individus jeunes, à coloration générale très claire.

Quelle que soit l'intensité de la teinte générale de cette espèce de Doriopsis, ce qui lui a valu sa dénomination de limbala donnée par Cuvier, c'est l'existence le long des bords libres du manteau et du pied, d’une bordure assez large, variant du jaune clair au jaune orangé vif ; cette bordure ne fait jamais défaut et caractérise très bien cette espèce.

La coloration des rhinophores et celle de la houppe branchiale est en harmonie avec celle du corps, avec une tendance à être un peu plus foncée pour les rhinophores, sauf à leur sommet terminé par une tache jaune-clair ; les extrémités des feuillets branchiaux présentent aussi une coloration jaune-pâle, avec de nombreux petits points blancs.

Le manteau recouvre bien tout le corps, mais ses bords ne sont jamais très grands et sont d'ordinaire ondulés. La surface dorsale de cette partie de l'animal comme celle des autres régions est à peu près lisse ; les verrucosités très peu proéminantes que l’on observe, n’offrent aucune résistance, de telle sorte qu'au toucher cette surface n'a rien de grenu comme celle du manteau des Archidoris marmorala, des Slaurodoris verrucosa.

Dans l'épaisseur des téguments nous ne trouvons pas de spicules comme dans ceux de ces derniers Doridés.

Le pied, qui n’a que les deux tiers de la largeur maximum du manteau, est tronqué, arrondi en avant, en pointe en arrière; son bord antérieur bilabié a sa

lèvre inférieure entière et sa lèvre supérieure fendue en son milieu. Les deux bords de la fente de celle-ci se relèvent vers l’orifice buccal et se réunissent aux téguments de la base des tentacules labiaux.

Les rhinophores sont situés en avant, à très peu de distance du bord antérieur du manteau ; ils sont très rapprochés l’un de l’autre. En forme de massue un peu allongée, ces organes présentent sur toute leur partie renflée de nombreuses lamelles olfactives bien détachées, disposées obliquement d'avant en arrière et se rejoignant par paire suivant deux lignes longitudinales, l’une antérieure, l'autre postérieure.

L'ensemble des feuillets branchiaux, au nombre de 8, forme sur la partie postéro-dorsale du manteau, une houppe très étendue lorsqu'elle est tout-à-fait développée ; c'est en se basant sur les fortes dimensions de la branchie que Rapp avait dénommé grandiflora cette espèce, car Je crois que celle créée par ce naturaliste est identique au Doris vicescens de Risso et au Doriopsis limbata de Cuvier. Chaque feuillet est bipenné à ramifications assez séparées les unes des autres.

Système nerveux. — Le collier œsophagien offre ici une très grande concentration, aussi est-il assez difficile de distinguer les uns des autres les divers centres qui le constituent. Bergh, à propos du Doriopsis alropos, représente un anneau ganglionnaire sans trace de commissures sous-œæsophagiennes. Une série de dissections de D. limbala nous a permis d'étudier en détail cette partie du système nerveux.

Le collier œsophagien présente à sa face inférieure trois commissures très courtes, cachées en grande partie par le revètement conjonctif assez épais qui enveloppe les centres et qui se prolonge plus ou moins à la surface des nerfs ; à part ces trois commissures qui forment la partie inférieure de l'anneau ganglionnaire, on ne distingue nulle trace de divisions bien nettes séparant les centres qui le composent. Il faut, pour arriver à séparer approximativement ces ganglions, se baser sur la direction des nerts qui en sortent.

Ainsi, de la partie antéro-supérieure (fig. $ et 6, PI. VIT) sortent les nerfs des rhinophores, ceux du bord antérieur du manteau, des téguments susbuccaux, des yeux, .… et un peu en arrière les nerfs palléaux postérieurs et péribranchiaux. Aussi, peut-on considérer toute cette région comme représentant! les cérébroïdes ; les parties à grosses cellules, tout à fait latérales et postéroinférieures seraient les g. palléaux, portions qui donnent naissance aux nerfs palléaux proprement dits, nerf de l’orifice génital, connectifs des g. buccaux.

Ces deux régions postéro-inférieures sont réunies entre elles sous l'œsophage par une commissure assez forte et bien distincte.

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En avant de ces régions, mais tout à fait en dessous, nous avons deux gros renflements sphériques qui représentent les g. pédieux ; les cellules nerveuses de ces ganglions sont très petites et très serrées. De ces centres sortent les nerfs pédieux postérieurs, moyens et antérieurs (7, 8 et 9 de la fig. 5).

A cause de cette disposition très concentrée du collier, pour permettre d'en bien distinguer toutes les parties, nous le représentons en deux figures, l’une (fig. 6) donnant la partie dorsale et un peu postérieure (les cérébroïdes proprement dits), l'autre (fig. $) montrant la région postéro-inférieure (les palléaux et pédieux) avec les nerfs qui en partent.

Les yeux très réduits, atrophiés presque, sont rattachés par des nerfs optiques très courts, ce qui les fait paraître sessiles.

Les otocystes sphériques, insérés sur les g. pédieux (fig. 5) près des connectifs cérébro-pédieux, contenaient chacun de nombreux petits otolithes ronds ou en forme de grains de mil.

Les ganglions buccaux lenticulaires-sphériques, accolés l’un à l’autre, sont situés à l'extrémité de la face inférieure de la région proboscido-buccale, un peu en avant des deux petites masses glandulaires jaunes accolées à l’œsophage, en arrière du collier œsophagien (fig. 4 bu) ; ils sont reliés par des connectifs assez longs.

Appareil digeshif. — Ce système organique se compose d’une région proboscidienne-buccale assez longue, repliée une fois sur elle-même ; elle traverse le collier œsophagien et son calibre à l’origine peu considérable va un peu en augmentant à mesure que l’on s'éloigne de l’orifice buccal. A son extrémité cette partie s’étrangle un peu et c’est en ce point que se trouvent à la face inférieure les deux ganglions buccaux bu suivis de deux glandes salivaires s d’un beau jaune, à acinis prononcés, s’ouvrant directement dans cette région. Le tube digestif augmente alors un peu de diamètre, ses parois externes offrent des étranglements annulaires plus ou moins accentués, et cette région que l’on doit considérer comme un œsophage décrit deux ou trois circonvolutions avant d'arriver à la masse hépatique.

Lorsque le tube digestif arrive en ce point, il s'enfonce dans la portion centrale de cette masse, se renfle en une cavité stomacale dans laquelle viennent s'ouvrir plusieurs canaux hépatiques très courts.

Le foie, très volumineux, d’une coloration gris verdâtre assez foncé, et d’un aspect finement grenu, occupe avec la glande hermaphrodite près des 2/3 de la cavité viscérale (parties moyenne et postérieure) ; la glande hermaphrodite ne le recouvre pas mais se trouve intimement accolée à lui du côté droit, tandis que du côté gauche un lobe hépatique s'avance assez en avant.

L'intestin remonte à la surface du foie, puis se dirige d’avant en' arrière en obliquant légèrement à droite, et après un parcours de peu d'étendue vient s'ouvrir au centre de la houppe branchiale.

Une glande spéciale G d’un jaune grisâtre, un peu aplatie (fig. 4, PI. VII), disposée en éventail et à bords irrégulièrement dentelés, se trouve placée en arrière du collier œæsophagien dont elle couvre la face postéro-dorsale ; cette glande, peut-être à venin ? analogue à la glande supplémentaire des Pleurobranchidés, possède un conduit c d'un calibre assez fort, à parois épaisses. Ce canal excréteur, dont le diamètre va en diminuant, décrit deux ou trois replis sur lui-même, puis va déboucher à l’extérieur par un orifice placé même au-dessous de la bouche.

Appareil gémital. — Les organes qui le composent, sont en rapport avec l'extérieur par un seul orifice (0, fig. 7, PI. VIT) placé sur le flanc droit, vers la fin du premier tiers de la longueur du corps de l'animal, à égale distance du pied et du manteau.

Ces organes se composent :

1° De la glande hermaphrodite, d’une coloration jaune-grisàtre chez les individus conservés dans l'alcool, mais d’une belle teinte jaune-orangé chez l'animal frais ; cette glande, d’un volume assez considérable est enchässée à la partie antérieure de la masse hépatique et se subdivise en deux ou trois lobes.

2° Du conduit génital commun formé par la réunion des différents canaux excréteurs de la glande précédente. Ce canal, d’une coloration jaune-paille, à parois délicates, décrit dans son parcours quelques sinuosités ; il augmente d'abord de volume d’une manière progressive, puis diminue brusquement et ne tarde pas à se bifurquer, la plus forte branche constitue l’oviducte, l’autre le canal déférent.

3° Ce dernier pénètre aussitôt dans la prostate qu'il traverse dans toute sa longueur ; cette glande pr d’une coloration jaune vif, offre un aspect finement grenu et sa masse est subdivisé en nombreux lobules serrës les uns contre les autres. Le canal déférent cd en sortant de l'extrémité la plus renflée de la prostate, décrit aussitôt un grand nombre de circonvolutions repliées sur ellesmêmes, puis se renfle progressivement, pour former une gaine péniale étroite et très longue qui va déboucher dans l'espèce de cloaque © (fig. 7). Les parois de cette dernière partie du canal déférent sont jaune-violacé, de jaune clair qu'elles étaient précédemment.

4° Venant s’accoler à.la partie terminale du canal déférent se trouve un conduit c de même calibre et de même coloration, c'est le canal de la poche copulatrice pc. Celle-ci qui termine supérieurement ce conduit est assez volumineuse, à parois délicates, d'un jaune vif et d’une forme sphérique.

Plus loin adossé contre la masse glandulaire de la glaire et de l’albumine, se trouve un corps un peu comprimé, jaunâtre et paraissant être glandulaire ; ce corps pc est relié à l'oviducte par un canal c’ c’, très court qui se prolonge ensuite en décrivant plusieurs sinuosités, vers la base de la poche copulatrice sur laquelle il s'insère près du point de départ du conduit de la poche.

s° L'oviducte à peine détaché du conduit génital commun, va s’accoler à la masse glandulaire {(G. G. A.) formée par la réunion des glandes de l'albumine et de la glaire ; le calibre de l’oviducte augmente dans son parcours surtout au moment de se détacher des glandes annexes pour aller s'ouvrir dans le cloaque génital O.

6° Les glandes annexes, d’un blanc hyalin jaunâtre pour celle de la glaire G. G. et d'une coloration jaune mat pour celle de l’albumine A., forment une masse très volumineuse placée en avant de la partie droite du foie. La glande de l’albumine, finement grenue, se trouve enchâssée dans celle de la glaire qui elle offre à sa surface de nombreux replis plus ou moins sinueux.

7° Ces différents conduits vecteurs (canal déférent cd, conduit de la poche copulatrice c et oviducte or) viennent tous trois déboucher en un même point dans une sorte de cloaque génital O peu spacieux.

Quant au pénis il est constitué par la dévagination d’une partie plus ou moins considérable de la portion inférieure du canal déférent ; dans toute cette partie le canal est tapissé intérieurement, sur une grande longueur, de nombreux crochets chitineux serrés les uns contre les autres, qui par la dévagination forment une armature externe très développée à l'organe copulateur.

Ruban nidamenlaire. — Nous avons obtenu à plusieurs reprises des pontes de cette espèce de Doriopsis ; le ruban nidamentaire le plus développé avait été fourni par un individu de près de 8 centimètres de longueur, cé ruban avait les dimensions suivantes : 15 centimètres de longueur sur 1 $ millimètres de largeur et près de 3 millimètres d'épaisseur maximum. Ce ruban qui avait été fixé contre les parois du cristallisoir et auquel l’animal avait donné une disposition en spirale, présentait dans sa masse glaireuse très hyaline une multitude de petits œufs d’un beau jaune orangé ; ces œufs en nombre considérable, étaient disposés en séries linéaires transversales qui formaient une spirale continue à tours très rapprochés.

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