‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 14 sur 84 · ORGANES DES SENS · texte numérisé non relu

ORGANES DES SENS

Les yeux sont placés près de la base des tentacules dorsaux, du côté externe et un peu antérieurement; ces organes, enfoncés dans les téguments, sont peu visibles, bien que les tissus soient très hyalins tout autour d’eux. Ils sont de forme ovoïde (voir, pour l’œil du Notarchus, notre fig. 94), leur région la plus pointue étant tournée du côté de l'insertion du nerf optique ; leur cristallin sphérique est enfoncé au milieu d’un pigment noir violacé, qui le recouvre aux trois quarts, ne laissant de libre que la surface tournée vers l'extérieur.

Les otocystes sont situés près des bords antéro-supérieurs des ganglions pédieux et contractent, avec les enveloppes de ces ganglions, une profonde adhérence, aussi n'est-il guère possible de les isoler. Chez le Notarchus, comme chez l’Aplysiella, ils présentent une forme lenticulaire peu aplatie, et contiennent, à leur intérieur, de nombreux otolithes arrondis ou allongés et très hyalins. Le nerf auditif, pour arriver jusqu’à eux, après avoir suivi le connectif cérébro-pédieux, passe au dessus du ganglion pédieux, entre les points d’insertion des deux connectifs qui relient ce ganglion aux autres centres du collier œsophagien (fig. 94 et 95 aud.).

Il nous reste maintenant à signaler les divergences qui existent, entre M. Jhering et nous, au sujet de la disposition des centres nerveux chez le Notarchus.

Ce naturaliste a, dit-il, fait ses observations sur une espèce de Notarchus qu'il n’a pu déterminer Le collier œsophagien de ce mollusque serait, pour lui, intermédiaire entre celui de l’Aplysia et celui de l’Elysia : il se composerait de deux ganglions cérébroides qui seraient confondus en une seule masse, appliquée sur l’æsophage. Ces deux ganglions, bien que reliés l’un à l’autre par une très courte commissure, se sont toujours présentés, dans nos diverses dissections, comme bien distincts.

Quelques lignes plus loin, M. Jhering, en parlant des ganglions viscéraux (il les désigne sous les noms de Commissuralganglion et de Génitobranchialganglion, suivant qu’ils sont en rapport direct avec les connectifs cérébro-viscéral et viscéral pédieux, ou bien avec les organes respiratoires et génitaux), il dit que ces ganglions ne se comportent pas de la même manière des deux côtés. « Le ganglion viscéral « gauche est placé sur le ganglion pédieux, avec lequel il est relié par une très « courte commissure, une commissure plus longue le met en rapport avec le « ganglion cérébroïde, » ce qui, jusque-là, est fort exact, puis il continue : « Du « côté droit, le ganglion viscéral est fusionné, avec le Génitobranchialganglion, en « un seul grand ganglion, situé un peu en arrière et au dessous du ganglion pédieux « droit, une commissure courte le reliant à ce dernier. La commissure droite « viscéro-cérébroïdale est 47 peu plus longue que lacommissure viscéro-cérébroïdale

= 69 « de gauche. Cette masse ganglionnaire viscérale est reliée au ganglion viscéral « gauche par une commissure assez longue. » Toute cette description ne concorde pas avec ce que nous avons vu sur plus d’une dizaine d'individus, comme il sera facile au lecteur de s’en rendre compte, après avoir lu nos descriptions, p. 94 et suivantes, et avoir examiné nos figures 94 et 95.

M. Jhering, à la fin du paragraphe consacré au Notarchus, revient sur la disposition des divers ganglions viscéraux, pour mieux établir les différences qui existent, d’après lui, entre l’Elysia, l’Aplysia et le Notarchus : « Chez l’Elysia, les « ganglions commissuraux et le ganglion génitobranchial se touchent entre eux ; « chez le Notarchus, ces rapports n'existent plus que du côté droit, tandis qu’à « gauche, il s'est développé une longue commissure entre le ganglion viscéral (ou « génitobranchial) et le ganglion commissural. Dès que cette séparation s’est « opérée des deux côtés, on obtient le système nerveux de l’Aplysia. »

Le Notarchus, comme on l’a vu par nos descriptions, ne peut pas servir d’intermédiaire entre l'Elysia et l’Aplysia, puisque son système nerveux est identique à la description faite par Jhering de celui de l’Elysia. Nous ajouterons qu'il en est de même pour l’Aplysiella, dans le système nerveux duquel on n'aurait pas été étonné de trouver une disposition analogue à celle décrite par le naturaliste allemand, pour le Notarchus, puisque ce genre est plus rapproché de l’Aplysia; ici encore, l'identité est complète et, parmi les Aplysiadés de nos côtes, nous n’en connaissons aucune offrant cette disposition intermédiaire.

MICOR—

FAMILLE DES OXYNOËIDÆ

Synonyme : LoPxocercipÆ, Apams.

Nous croyons devoir laisser provisoirement cette famille dans la section des Anaspidea, à la suite des Aplysiadés ; c'est en effet dans le voisinage de ces derniers mollusques que Krohn et Souleyet la plaçaient. Depuis lors, plusieurs naturalistes, se basant sur la structure de diverses parties de leur corps et plus spécialement sur celle de leur radula, ont séparé les Oxynoéidæ des Tectibranches pour les rapprocher des Elysia et des Limapontia. Pagenstecher est le premier qui ait fait ressortir les nombreuses analogies qui existent entre les Oxynoé d’une part, et les Elysia et les Limapontia d'autre part. Il créa même pour ces trois types de mollusques un ordre qu'il a nommé celui des Monostichoglossadés.

Bergh et après lui Jhering ont adopté la même manière de voir; seulement, ils ont augmenté ce groupe de plusieurs autres genres (Hermea, Phyllobranchus et Placobranchus) et ont changé sa dénomination; pour le premier, ce sont les Ascoglossa, pour le second, les Sacoglossa.

Si nous ne nous rangeons pas de l’avis de ces derniers naturalistes, c’est qu'il nous semble que l’on doit accorder plus d'importance qu'ils ne le font à l’existence de la coquille extérieure de ces mollusques, et surtout à celle de la branchie que l’on trouve dans la cavité palléale. Ces deux organes, comme on le sait, font complètement défaut dans tous les autres genres qui composent le groupe des Ascoglossa ou des Sacoglossa.

Selon nous, si l’on veut rapprocher les Oxynoéidæ des Elysia, Limapontia, etc, il faut former pour eux seuls dans l’ordre des Tectibranches, un groupe distinct qui servirait de passage vers les Nudibranches, et alors en tête de ces derniers on pourrait placer les Elysiadés.

GENRE LOBIGER, KRoHN, 1847.

ANIMAL allongé et étroit, couvert de papilles coniques. Tête munie de deux tentacules auriformes, homologues des tentacules labiaux des Aplysiadés. Manteau

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