‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 18 sur 84 · SOUS-SECTION. DES NOTASPIDEA · texte numérisé non relu

SOUS-SECTION. DES NOTASPIDEA

Cette deuxième sous-section est formée par les Notaspidea vrais ; les mollusques qui la composent n’offrent pas de parenté bien étroite avec aucun des types faisant partie des deux sections précédentes.

Comme nous l'avons déjà dit, leur caractère principal est de posséder une paire de rhinophores ou tentacules dorsaux, auriformes, insérés à la base d’un voile buccal triangulaire.

Les deux familles, qui forment à elles seules ce groupe des T'ectibranches, sont les Pleurobranchidæ et les Umbrellidæ. L’une et l’autre ont plusieurs représentants dans le golfe de Marseille et le long

des côtes de Nice.

FAMILLE DES PLEUROBRANCHIDÆ

On réunissait autrefois sous cette dénomination non seulement les mollusques appartenant aux genres Pleurobranchus et Pleurobranchæa, mais encore les Pelta ou Runcina, les Umbrella et les Tylodina, ainsi que quelques genres plus ou moins bien établis, et dont l’existence était assez incertaine. En séparant complètement les Pleurobranchus et les Pleurobranchæa de tous ces autres mollusques, nous ne faisons que suivre la classification adoptée par plusieurs de nos devanciers, et particulièrement Cantraine, classification que M. P. Fischer a conservée dans son Manuel de Conchyliologie (1).

Les Pleurobranchidæ présentent les caractères suivants : « Un manteau plus « ou moins étendu; un voile buccal, de forme trapézoïde, à la naissance duquel se « trouve une paire de rhinophores auriculés; yeux sessiles; pied large; branchie « libre, bipinnatiforme, disposée sur le flanc droit de l’animal, entre le manteau « et le pied ; orifices génitaux très rapprochés (se trouvant quelquefois placés tous « les deux dans une sorte de petite cavité), situés en avant de l'organe respira- « toire ; anus en arrière du point d'insertion de la branchie. Bouche probosci- « diforme, Mandibules ovales, écailleuses, guillochées. Radula très large, multi-

« seriée, ne présentant que des dents latérales. »

(1) Manuel de Comchyliologie et de Paléontologie conchyliologique, par le docteur Paul Fischer, 1884 (p«571 à 573).

Quant à la coquille, il en existe généralement une peu développée, enfermée dans une cavité placée entre le manteau et la masse viscérale. Cantraine avait remarqué cette disposition, comme le prouve la phrase suivante, que l’on lit dans son ouvrage sur la Malacologie méditerranéenne, à la page 88: « Cette coquille « n'est pas engagée dans son épaisseur, mais elle se trouve entre le péritoine « et lui. »

Les diagnoses spécifiques qui ont été données jusqu’à ce jour sont pour la plupart si incomplètes, que souvent l’on a confondu certaines espèces entre elles, ou bien l’on a établi de nouvelles espèces pour de simples variétés.

Aidé des différents ouvrages de Delle Chiaje, de Risso, de Philippi et de Cantraine, nous allons tâcher avec nos recherches personnelles de mieux fixer les caractères de chacune de ces espèces. Déjà, en 1880, nous avions fait une première tentative pour arriver à ce but, en publiant dans le Yowrnal de Conchyliologie de M. H. Crosse, les diagnoses des cinq espèces de Pleurobranches pêchées dans le golfe de Marseille, diagnoses établies d’après les coquilles. Ces descriptions basées sur ce seul caractère étaient insuffisantes; mais notre intention en publiant ce petit travail dans une revue de conchyliologie, était, comme nous le disions à la fin, d'attirer l'attention des collectionneurs sur ces petites coquilles.

Dans le présent mémoire, nous joindrons aux caractères de la coquille ceux plus importants tirés du faciès de l’animal, de sa coloration et dela structure intime des mâchoires et de la radula. Ces descriptions sont accompagnées de nombreuses figures, permettant de bien juger l'importance des analogies et des différences que nous signalons dans le texte. De cette manière, nous espérons pouvoir établir avec certitude les cinq espèces de Pleurobranches de nos côtes.

Nous nous baserons sur la connaissance des mêmes caractères, pour fixer la diagnose des Pleurobranchæa que nous avons pris à Villefranche et qui sont identiques à un individu que M. le professeur Marion s’est procuré en 1877, en draguant près d'Alger.

Mais, avant de décrire ces divers mollusques, nous allons faire connaître quelques détails anatomiques, se rapportant surtout à des espèces de Pleurobranchus que M. Lacaze-Duthiers n'avait pu se procurer lorsqu'il a fait sa monographie du Pleurobranche orangé.

Nous décrirons d'abord la disposition de la cavité sous-palléale des Pleurobranchus, dans laquelle se trouve la coquille; c’est plus spécialement celle du Pleur. tuberculatus que nous avons étudiée.

Nous ferons ensuite la description d’une glande pédieuse que nous avons observée à la face inférieure et postérieure du pied chez les P/eur. membranaceus et tuberculatus, et que l’on retrouve avec quelques modifications à l’extrémité dorsale du pied, chez le P/eurobranchæa Meckelii.

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