‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 20 sur 84 · NN · texte numérisé non relu

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Le pied, plus développé que chez le Pleurobranchus plumula, dépasse plus ou moins le bord postérieur du manteau lorsqu'on examine un animal en marche; mais, lorsque le mollusque est au repos, il le rentre à peu près complètement, et il en est de même lorsqu'il a séjourné quelque temps dans l’alcool.

Mächoires.—Ces deux organes sont iciproportionnellement moins allongés, mais plus larges que chez les autres Pleurobranchus; ils forment un quadrilatère dont la longueur est à peine une fois et demie la largeur. Les pièces qui les composent affectent la même forme générale que celle des mêmes pièces du P/eurobranchus plumula ; seulement leur partie antérieure, plus large, offre de chaque côté de la pointe terminale une série de dentelures ou denticules (au moins 5) qui descendent presque jusqu’à la saillie latérale. Ces dentelures ne sont pas d’égale force (fig. 104), elles vont en diminuant d’une façon sensible de la première, la plus rapprochée de la pointe terminale, à la cinquième, qui parfois est à peine distincte.

Ces organes ont une coloration jaune d’ambre assez prononcé.

Radula. — La forme générale de la radula est toujours un quadrilatère, un peu plus long que large, dont la moitié antérieure est étalée sur le mamelon charnu qui occupe le fond de la cavité buccale, tandis que la moitié postérieure, enroulée sur elle-même, est contenue dans une espèce de fourreau que l’on désigne sous le nom de fourreau de la radula.

Chez cette espèce, la radula nous a offert au maximum une soixantaine de rangées de dents.

Chaque rangée présente de 68 à 72 dents /atérales, placées de chaque côté du rachis inerme; celui-ci est toujours très peu large, la première dent latérale d'une moitié touchant presque la première dent de la moitié correspondante. Ces dents, relativement petites, sont surtout massives dans leur partie basilaire ; elles présentent un seul crochet terminal, tourné vers le fond de la bouche. Comme on peut le voir sur notre figure 103, ce crochet est court et gros, proportionnellement au volume de la dent; la base est assez étendue, surtout en arrière.

Aucune de ces dents, aussi bien celles qui sont voisines du rachis que celles qui occupent les bords de la radula, ne m'a offert de traces de denticules; elles sont toutes semblables à celle que nous avons figurée (fig. 103) et qui occupait le 30° rang d’une demi-rangée. La seule petite différence que l’on peut constater entre les premières de chaque demi-rangée (les plus voisines du rachis) et les plus éloignées, c’est que celles-ci sont moins massives et ont leur crochet un peu plus long et moins recourbé.

Coquille. — Elle est solide, épaisse, par suite peu transparente, et offre peu ou

pas d'irisation; elle est plus convexe que celle du p/umula et plus auriculiforme. Sa coloration est d’un jaune ambré mat.

Ses stries d’accroissement concentriques sont très visibles à l'œil nu ; la spire est assez proéminente et se compose de deux tours et demi : seulement cette spire ne forme qu’une bien faible partie de l’ensemble de la coquille, celle-ci étant surtout constituée par la dilatation considérable de la fin du dernier tour.

Si nous observons au microscope les détails de l’ornementation de cette coquille, nous remarquons d’abord que les fortes stries concentriques que l’on distingue à l'œil nu, sont séparées les unes des autres par de plus faibles ; puis que l'intervalle compris entre deux stries consécutives offre une multitude de nodosités allongées et rayonnantes (par rapport à la spire qui en serait le point de départ), plus rapprochées et ainsi plus nombreuses que celles de la coquille du PJ. plumula.

Cette coquille ne nous a montré aucune trace de cuticule, ou du moins celle-ci doit adhérer entièrement à la substance calcaire.

De toutes les espèces de Pleurobranchus, c’est presque la seule dont la coquille occupe presque toute l'étendue du manteau, comme l’avait fort bien observé Risso; elle est, proportionnellement aux dimensions de l’animal, la plus grande et protège par suite d’une manière efficace toute la masse viscérale, ce que sont loin de faire les coquilles des autres espèces (1).

Les dimensions de la coquille de notre plus gros individu étaient de 11 millimètres de longueur sur 7 de largeur.

PLEUROBRANCHUS MONTEROSATI, Vayssière, 1880 (2). Synonyme : PLEUROBRANCHUS OBLONGUS ? Savigny (3).

ANiMaLprésentant un corps elliptique, légèrement ovale, bombé, d'une coloration générale ocre jaune rosé. Manteau recouvrant tout le corps et offrant en avant une légère échancrure ; d’une teinte ocre plus foncé avec quelques grandes taches claires et de nombreuses ponctuations ocre brun ou grisâtre. Voile buccal

(1) Il faut en excepter toutefois le P/ #embranaceus dont la coquille est, proportionneljement aux dimensions de l’animal, presque aussi grande que celle de l’avrantiacus ; seulement, comme nous le verrons plus loin, elle est de nature moïns calcaire et par suite moins résistante,

(2) Note sur les différentes espèces de Pleurobranches du golfe de Marseille, p. 8-12, fig. 5, 5a et 52 (extrait du Yowrnal de Conchyliologie, publié sous la direction de M. H. Crosse. N° de juillet 1880).

(3} Description de ? Egypte, pl. III, fig. 1 à 7.

triangulaire portant à sa base deux tentacules dorsaux tubuleux. Pied occupant toute la longueur du manteau, mais un peu moins large que celui-ci.

Branchie pennatiforme, pliée longitudinalement, assez longue et présentant de chaque côté 24 à 25 pinnules. En avant de la branchie, les orifices génitaux réunis en une sorte de cloaque ; l'anus en arrière du point d'insertion de l'organe respiratoire.

Mächoires d'aspect guilloché, constituées par des pièces chitineuses offrant en avant un fort denticule angulaire sans denticules latéraux. Radula lamelliforme ayant pour formule 80, 0,80; ces dents latérales, toutes semblables, sont crochues et ne possèdent pas de denticules sur leur côté externe.

CoquiLce allongée, peu convexe ; spire proéminente; stries d'accroissement assez visibles, d'une coloration blanche (parfois un peu ambrée), irisée, translucide; testcalcaire assez solide. Dimensions: près de 12 millimètres de long sur $ de large.

Dimensions de l'animal : $$ millimètres de longueur sur 40 de largeur.

Depuis 1880, époque à laquelle nous avons créé cette espèce d’après un individu pêché dans le golfe de Marseille, nous avons pu nous en procurer plusieurs autres, n’offrant pas de différences entre eux sous le rapport de la coloration générale du corps et de l’organisation interne, mais leur coquille nous a présenté quelquefois des variations dans ses dimensions longitudinales et transversales, ainsi que dans son plus ou moins de concavité. Ces variations peuvent parfois modifier assez le faciès de la coquille et amener le naturaliste à douter de l’identité de l’espèce, s’il ne peut consulter les autres caractères. Dans la figure que nous donnons (PI. 4) de la coquille de cette espèce, nous avons pris pour modèle celle dont les caractères nous semblaient les plus accentués.

Le corps du Pleurobranchus Monterosati est assez bombé ; avec son grand manteau qui recouvre le pied, le voile buccal etla branchie, on pourrait prendre ce mollusque, lorsqu'il est un peu contracté, pour un individu de Coriocella.

La coloration ocre jaune du manteau est souvent assez foncée vers le milieu; les taches claires, hyalines, de dimensions assez variables, présentent des contours irréguliers et sont bordées par un fin liséré blanchâtre. Ces diverses teintes ocre jaune ou blanchâtres sont toujours dues à de petites granulations ocre pâle ou blanchâtres disséminées dans les téguments presque à la surface; mais réunies en amas, elles servent alors à former les taches ocre brun ou grisâtres, ou bien le liséré blanchâtre qui circonscrit les espaces clairs.

Le manteau offre bien dans son étendue quelques nodosités verruqueuses, mais celles-ci ne sont jamais bien sensibles chez cette espèce.

Le pied, bien que complètement recouvert par le manteau, est cependant presque aussi grand que lui; les bords de sa face dorsale nous offrent de petites

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