‹ Recherches zoologiques et anatomiques sur les mollusques opistobranches du golfe de MarseilleChapitre 22 sur 84 · AA · texte numérisé non relu

AA

des ganglions pédieux ; elle est assez large et un peu aplatie d'avant en arrière. Son névrilème présente de nombreuses ponctuations pigmentaires noirâtres.

Une seconde commissure, la petite commissure pédieuse ou commissure postérieure des Pédieux de M.-T. (subcerebral commissur, de Jhér.), relie les ganglions pédieux par leurs bords postéro-internes; cette commissure est moins grosse que la précédente, mais un peu plus longue. Sur le milieu de celle-ci, nous avons toujours observé un petit nerf allant se perdre immédiatement dans les tissus sous-jacents.

Enfin, pour terminer ce paragraphe, il nous reste à signaler une quatrième et dernière commissure sous-æsophagienne, mais istercérébroidale, dont nous sommes le premier à avoir signalé la présence chez divers Tectibranches. Nous l'avons en effet rencontrée et décrite en 1879, chez plusieurs types de Bullidés (Gastropteron, Scaphander ...) et nous l’avons trouvé tout récemment chez l'Oscanius tuberculatus, le Notarchus punctatus......

Cette commisure excessivement grêle ne prend pas naissance directement sur les ganglions cérébroïdes, elle s’insère sur le bord inférieur d’un tronc volumineux (n. 5) quise rend à l’orifice buccal, formant en quelque sorte une ramification basilaire de ce tronc. Cette disposition n'avait point échappé (1) à M. Moquin- Tandon; seulement, n’ayant pu suivre ce nerf dans tout son parcours, il n’a pas pu constater l’existence de cette commissure.

Il existe entre les points d'insertion de cette commissure cérébroïdale inférieure chez l'Umbrella et ceux de la même commissure chez le Gastropteron et les autres Tectibranches une certaine différence qu'il est bon de signaler ; chez ces derniers mollusques, la commissure ne sort pas de la base des nerfs $, comme cela a lieu ici, mais de petits nerfs voisins (N. prob.) qui se rendent à la trompe. Toutefois il convient de faire remarquer que chez l’Umbrella, la trompe étant assez peu développée, son innervation est faite uniquement par une branche de chacun des deux troncs 5, et non par des nerfs distincts.

Cette petite commissure cérébroïdale est intimement unie au bord supérieur de la commissure pédieuse antérieure, et nous paraît être enveloppée par le même névrilème, ce qui rend sa dissection assez difficile.

Connectifs. — Les divers connectifs qui relient les ganglions entre eux sont toujours très courts, mais très volumineux ; tels sont les connectifs cérébropédieux, le long desquels se trouvent accolés les nerfs auditifs, les connectifs cérébro-viscéraux et les connectifs viscéro-pédieux. En dehors de ces trois paires

(1) Ce naturaliste écrit en effet à la page 94 de son mémoire la phrase suivante : « Enfin la cin- « quième paire nerveuse du cérébroïde envoie constamment, peu après sa naissance, un rameau qui « longe leur face antérieure et vient se perdre sur l’origine de la commissure antérieure. »

de connectifs, nous en avons une quatrième paire, que nous avons décrite en nous occupant des ganglions buccaux, c’est elle qui rattache ces derniers aux centres nerveux sus-æsophagiens.

Il nous reste à signaler encore un petit nerf qui relie un des troncs nerveux (n° 5) des ganglions cérébroïdes à un tronc des centres pédieux ; ce nerf prend naissance à côté du point de sortie de la commissure cérébroïdale sous-æsophagienne, passe en avant du connectif cérébro-pédieux auquel il adhère quelque temps, puis arrive sur la branche nerveuse 11, qu’il suit sur une certaine longueur avant de s’anastomoser avec elle, On remarque aussi, se confondant avec ce même tronc nerveux des ganglions pédieux, deux petits nerfs qui prennent naissance autour de l’otocyste et qui passent au dessus du point d'insertion du connectif cérébro-pédieux.

Arrivons maintenant à l'étude des centres eux-mêmes et à celle des nerfs, auxquels ils donnent naissance. Nous ne nous contenterons pas d’une simple énumération pour les troncs nerveux qui sortent des ganglions pédieux; nous ferons une courte description de chacun d'eux, attendu qu'aucun de nos prédécesseurs ne les a étudiés tous en détail.

Ganglions Cérébroides. — Ces centres nerveux sont les plus volumineux de l'Umbrella ; ils forment deux masses un peu pyriformes, reliées l’une à l’autre par leur partie allongée qui constitue une commissure très courte, mais large. Leur coloration est, comme nous l’avons dit plus haut, d’une belle teinte orangée.

Ces ganglions fournissent des troncs nerveux à tous les organes des sens, aux téguments dorsaux et aux tissus voisins de la bouche.

Le nerf tentaculaire (nerf 2 de nos figures) est très volumineux ; en sortant du bord supérieur du ganglion cérébroïde, il se dirige vers le tentacule dorsal de son côté et forme à la base de cet organe des sens un renflement ganglionnaire. C’est de ce renflement que partent un grand nombre de nerfs secondaires allant aboutir aux diverses parties du tentacule.

Un peu au dessous de ce ganglion olfactif, nous voyons sortir du nerf tentaculaire une ramification délicate qui se rend à la base de l'œil. Cette position du nerf optique est un peu spéciale; car, d'ordinaire, comme l’a démontré M. Lacaze- Duthiers pour un grand nombre de cas, les yeux reçoivent leur innervation directement des centres cérébroïdes. Nous sommes donc en droit de nous demander s’il n’y aurait pas ici un simple accolement du nerf optique (1) contre le nerf ten-

(1) Faisons remarquer toutefois qu’une disposition analogue se retrouve chez la 7y/odina; le nerf optique sort toujours chez ce mollusque du nerf tentaculaire, un peu au dessous du ganglion olfactif

et il ne me paraît pas exister d’accolement entre lui et le nerf tentaculaire.

= 46 taculaire sur les trois quarts de son parcours ou si c’est bien une ramification de ce dernier.

Nos recherches, pour élucider ce point, semblent donner raison à la seconde assertion, le nerf optique constituerait toujours chez l'Urbrella une branche du nerf tentaculaire, comme nous l’avons déjà observé et figuré chez le Gastropteron Meckelii.

Le nerf labial supérieur (nerf 3), après avoir longé un des côtés du bulbe buccal, va se ramifier dans le voisinage de la bouche, un peu au dessus de cet orifice.

On trouve assez souvent, à côté de ce dernier, un petit nerf (nerf 3°), formant tantôt une ramification basilaire du tronc 3, tantôt un nerf distinct. Ce petit tronc va se perdre dans les téguments buccaux.

Le nerf labial inférieur (nerf 4) préside à l’innervation des téguments inférieurs de l’orifice buccal et donne en outre une petite branche qui va se ramifier dans le petit tentacule.

Du côté droit de l’animal; on observe que ce nerf est beaucoup plus fort qu’à gauche; cette différence tient à ce que le nerf de droite envoie une branche importante à l'organe copulateur.

Le petit nerf 4 va compléter l’innervation des téguments circumbuccaux.

Le tronc 5, presque aussi fort que le nerf tentaculaire, se bifurque à peu de distance de son point de sortie; l’une de ses branches (la supérieure) se rend à la trompe, l’autre (l’inférieure) innerve les téguments latéro-dorsaux de la région antérieure du corps de l’Umérella.

C’est de la base de ce dernier tronc que sort la petite commissure sous-æsophagienne (fig. 149, com. cér. 5. æs.), et à côté de cette commissure très délicate, la seule anastomose que nous ayons constatée dans le collier nerveux de ce mollusque.

Enfin, pour terminer l’énumération des troncs nerveux qui sortent des gariglions cérébroïdes, nous signalerons le nerf auditif; ce petit nerf (0.) naît de la face inférieure du ganglion, en dedans du point d'insertion du connectif cérébropédieux, il suit ce connectif jusqu’au ganglion pédieux, au sommet duquel se trouve l’ofocyste. Nous reviendrons sur la description de ce petit nerf, en nous

occupant des organes des sens.

Ganglions Viscéraux. — Les centres viscéraux présentent ici une moins grande indépendance que chez les Bullidés et les Aplysiadés, cependant ils sont nettement distincts des ganglions cérébroïdes et des ganglions pédieux. Si ces deux masses cérébrales sont séparées des centres voisins, il n’en est pas de même pour les

ganglions qui constituent chacune d’elles.

RG ==

Pour bien se rendre compte de la disposition et du nombre des ganglions qui forment les masses viscérales, il faut, sur un animal frais, déchirer et enlever avec soin le névrilème assez résistant, parfois aussi peu transparent, qui les entoure. On observe alors, comme l’a fort bien décrit M. Moquin-Tandon, deux ganglions (1) dans chacune de ces deux masses nerveuses. Ce naturaliste fait aussi observer (p. 92), que, du côté gauche, il existe quelquefois un troisième ganglion plus petit. Dans les Umbrella que j'ai disséquées, je n’ai jamais remarqué du côté gauche ce troisième ganglion viscéral; 1l est cependant fort probable qu'il existe ; n'ayant eu à ma disposition qu’un nombre limité d'individus, il ne m'est pas permis dans mes descriptions de trop généraliser.

Les quatre nerfs qui sortent des ganglions viscéraux de gauche se rendent tous dans les tissus du manteau ou dans les téguments qui relient cette partie du corps au pied. Mais les nerfs qui naissent des ganglions viscéraux de droite ont à remplir une double fonction, ils sont chargés à la fois de l’innervation des téguments et des divers organes qui occupent ce côté du corps (branchie et appareil génital). Le volume de chacun d'eux est, pour cette raison, beaucoup plus fort; quant à leur nombre, il peut être de 4 ou de 5, ce dernier chiffre est même très fréquent, la première ramification du nerf 8 prenant souvent naissance de la masse viscérale elle-même.

Voici les attributions des troncs nerveux qui sortent des ganglions viscéraux de droite :

Le nerf 6 préside non seulement à l'innervation de la partie antérieure du manteau, mais il envoie sa plus forte branche à l'organe respiratoire.

Le nerf 7 se rend à la glande hermaphrodite et donne plusieurs petites ramifications aux tissus voisins.

Le nerf 8 peut être considéré comme un deuxième nerf génital, chargé plus spécialement de l’innervation des glandes annexes de l'appareil reproducteur.

Le nerf 8”, que nous avons figuré complètement indépendant du nerf 8 dans

nos deux dessins, se ramifie dans les téguments voisins du point d'insertion de la branchie.

Quant au nerf 9, il irait à l'organe de Bojanus.

Ganglions Pédieux. — Ces ganglions, toujours au nombre de deux, offrent une forme à peu près sphérique; ils sont reliés l’un à l’autre par deux commissures,

(1) M. Jhering figure (PI. III) un seul ganglion ‘viscéral de chaque côté du collier, et dans son texte on ne trouve rien indiquant qu’il a constaté la présence de plusieurs ganglions dans ces masses

2z viscérales,

Page 1