C. Tethys
Système nerveux. — Von Jhering l’a considéré comme le plus archaïque des systèmes nerveux d'Opisthobranches; et quoique de Lacaze-Duthiers, dans une communication préliminaire #, ait mentionné l'existence d’une commissure viscérale distincte de la pédieuse, il attribue à Tethys une
« simple protocommissure » *.
Tethys possède une commissure viscérale distincte, comme les autres Tritoniens. Si l’on examine l’œsophage par la face ventrale, on voit
{ Contrairement à ce que disent Alder et Hancock (A Monograph of the british Nudibranchiate Mollusca, p. 2).
2 Henomaxn et CLupe, Second Report on the Nudibranchiata of the M. B. C. district (Proc. LiverpooL BIOL. Soc., vol. III, p. 225).
3 L'espèce étudiée est T. leporina L.; provenance : Méditerranée.
4 ne Lacaze-Durniers, Sur le système nerveux central de la Tethys leporina (Compres RENDUS, t. CI, p. 131).
5 VON JHERING, Giebl es Orthoneuren? (ZerrscHr. Fr. wiss. Zooc., Bd XLV, p. 521 : «… bei Tethys die einfache ungetheilt Protokommissur existirt ».)
RECHERCHES SUR DIVERS OPISTHOBRANCHES. il
(fig. 111) qu'il est entouré par trois troncs nerveux, dont le plus postérieur est le plus mince et le plus long : c’est la commissure viscérale, avec un ganglion abdominal au côté droit (iv), d’où sort le nerf viscéral où «génital». Sur des coupes, on peut constater que la forte commissure pédieuse (fig. 414, v) est double : pédieuse et parapédieuse, et que dans la même enveloppe conjonctive se trouve une commissure subcérébrale, que l’on peut suivre jusqu'aux ganglions cérébraux, c’est-à-dire jusqu'aux portions médianes antérieures de la masse ganglionnaire supra-æsophagienne.
D. Seyllwa !.
L’estomac, comme dans Marionia, est garni de dents cornées, constituées par la cuticule épaissie de saillies épithéliales (fig, 113, 11). L'origine de l'intestin présente, au côté droit, une suite de quelques gros plis transversaux, comme dans Melibe ?; chacun de ceux-ci est intérieurement pourvu d'un grand nombre de plis à épithélium glandulaire (fig. 112, n; c’est peut-être le rudiment du foie droit des Tritoniidæ).
L'organisation de ce genre étant assez connue, je me bornerai à faire remarquer que le système nerveux en est fort semblable à celui de Helibe (ou de Dendronotus, mais avec les ganglions pédieux écartés) et que le foie, tout entier contenu dans le corps, doit faire ranger Scyllæa parmi les Tritoniens.
E. Phyllirhoe :.
a) Système nerveux. — Tous les centres sont réunis dorsalement (fig. 115), les ganglions cérébral et pleural de chaque côté étant fusionnés et portant l'œil et l’otocyste.
Le nerf palléal (1x) sort postérieurement du ganglion pleural ; sa branche
! L'espèce étudiée est S. pelagica L.; provenance : océan Atlantique.
2 BERGH, Beitrag zur Kenntniss der Gattung Melibe (Zerrscur. r. wiss. ZooL., Bd. XLI, pl. X, fig. 15).
3 L'espèce étudiée est P. bucephalum Péron et Lesueur; provenance : Méditerranée.
la plus ventrale, à peu de distance des centres, vient en contact avec un nerf pédieux dorsal et parait former, avec lui, un plexus; mais il n’y a qu’un simple accolement sans échange de fibres ‘. Le nerf pédieux dorsal de droite innerve le pénis. Comme dans Tritonia, les deux commissures pédieuses sont encore bien séparées.
L'œil, quoique très petit et aplati sur les centres supra-æsophagiens, n’est pas formé d’une seule cellule, comme on l’a supposé autrefois; malgré sa réduction, il est constitué comme celui des formes voisines.
L'otocyste, par contre, est très développé, ce qui concorde avec la grandeur de cet organe dans tous les Mollusques nageurs (Céphalopodes, Hétéropodes).
b) Système reproducteur. — La glande hermaphrodite, comme on sait, est divisée en deux masses globuleuses (trois dans d’autres espèces). Dans chacune de celles-ci, d’après Müller et Gegenbaur ? naitraient côte à côte des produits mâles et femelles. Or, dans les autres Nudibranches, on constate que les acini femelles sont groupés autour d’un sac dans lequel prennent exclusivement naissance des spermatozoïdes. Il en est ainsi également pour chacune des masses génitales de Phyllirhoe (fig. 114).