NUDIBRANCHES EN GÉNÉRAL
a) Système nerveux. — Il ne sera question ici que de trois points spéciaux : «les commissures infra-œæsophagiennes; 8 l’innervation des appendices dorsaux; } l’innervation du pénis.
«) Commissures infra-æsophagiennes. — À part la commissure stomatogastrique, il y a chez les Nudibranches quatre commissures in fra-œæsophagiennes : la viscérale, la pédieuse, la parapédieuse et la subcérébrale !. Les deux premières sont suffisamment connues et ne sont pas l’objet de contestations; il y a néanmoins des remarques à faire à leur sujet, comme à propos des autres.
* Commissure viscérale. — Il y a, chez les Polyceratidæ, une grande variabilité des éléments ganglionnaires de cette commissure (exemples : Polycera, Goniodoris, etc.), ce qui a fait croire à von Jhering ? au caractère secondaire des ganglions viscéraux des Nudibranches. Le même fait s’observe d’ailleurs aussi chez les Pleurobranchiens, parmi les Tectibranches.
I n’y à jamais de symétrie dans les nerfs naissant de la commissure viscérale des Nudibranches; ces nerfs sont exclusivement génitaux et réno-
« triaules », ce que supposait von Jhering (Zur Kenntniss der Sacoglossen, loc. cit., p. 374); je présume que la seconde poche copulatrice de H. bifida (iv, fig. 159) est l’homoloque du vagin des autres Élysiens, et que par spécialisation, cette poche se serait ouverte directement au dehors (comme le fait le vagin de Elysia, fig. 178, xn1, longtemps après le développement des ouvertures péniale et oviducale) : une preuve de la plus grande spécialisation des Hermæa à trois orifices génitaux est l'extension de la glande albuminipare jusque dans les papilles dorsales.
! La « commissure » labiale de Doris tuberculata est une anastomose de deux nerfs labiaux, ainsi qu’il a été indiqué à propos de Pleurobranchæa. — Au-dessus de l’æsophage, il n’y a que la commissure cérébrale; en aucun cas, il n’y a de commissure pleurale ; à cet égard sont inexactes les figures de Bergh relatives à Trevelyana et Euplocamus (Beiträge zu einer Monographie der Polyceraden, UE (VERHANDL. Z00L.-B0T. GESELLSCH. WIEN, Bd. XXXIII, pl. VI, fig. 11 et X, fig. 8), et de von Jhering, relative à Tritonia (Vergleichende Anatomie des Nervensystemes und Phylogenie der Mollusken, pl. I, fig. 6).
? VON JHERING, Sur les relations naturelles des Cochlides et des Ichnopodes, loc. cit.,
cardiaques; aucun d'eux ne prend part à l’innervation des appendices dorsaux !,
** Commissure pédieuse. — Dans la généralité des Nudibranches, elle est fort longue, plus que chez les autres Opisthobranches. Il y a toutefois à noter qu'elle est très courte ou nulle dans Fiona, Ancula, et chez la plupart des Élysiens, par suile de la juxtaposition des centres pédieux qui restent alors sous l’œsophage ; on peut d’ailleurs encore noter que ces centres sont voisins, sous l’œsophage, dans Dendronotus et Doto?, où leur commissure est, par suite, également courte, Le nom « Notoneurés », par lequel de Lacaze- Duthiers a voulu désigner les Nudibranches (+ les Pleurobranches) 5, indiquant par là que tous les centres nerveux sont à la face dorsale du tube digestif, n’est donc aucunement justifié, puisqu'il rencontre autant d’exceptions.
*** Commissure parapédieuse. — La seconde commissure pédieuse constatée dans la généralité des Nudibranches, mais souvent contenue avec la pédieuse proprement dite dans une enveloppe commune, est homologue à la parapédieuse des Tectibranches : chez ces derniers elle est ordinairement plus longue que la pédieuse, et porte un petit nerf vers son milieu (exemple : fig. 29, vnr), tandis que dans les Nudibranches, les deux commissures sont parallèles, d’égale longueur et sans nerf « parapédieux » (exemple : fig. 100, vr et x1). Toutefois, parmi les Tectibranches, on peut déjà voir que la parapédieuse, tout en conservant son nerf, devient parallèle à la pédieuse, et de même longueur qu’elle, dans Tylodina et Umbrella, et que dans les Pleurobranchidæ, elle est parallèle et sans nerf, contenue dans la même gaine que la pédieuse, tout comme chez les Nudibranches.
***? Je nai pas reconnu l'existence, chez les Nudibranches, d'une commissure « paracérébrale » distincte, signalée par von Jhering # : ce doit
1 Contrairement à l'opinion de von Jhering (Vergleichende Anatomie des Nervensystemes und Phylogenie der Mollusken, p. 179, »).
2 Espèces étudiées : D. fragilis Forbes et D. coronata Müller, toutes deux de la Manche et de la Mer du Nord.
3 pe Lacaze-Durniers, La classification des Gastéropodes basée sur les dispositions du système nerveux (Comptes RENDUS, t. CVI, p. 716 et suiv.).
# von JneriNG, Sur les relations naturelles des Cochlides et des Ichnopodes, loc. cit., p. 198, 199. — Dans Polycera, où von Jhering signale cette commissure, je n’ai vu, outre les commissures pédieuses et viscérale, que la subcérébrale.
être la subcérébrale, Je n'ai, en effet, trouvé chez les Opisthobranches que cette dernière en plus des trois précédentes. Pleurobranchæa a été étudié à ce point de vue, de façon à ne rien laisser échapper (fig. 88 à 95); et par sa situation intermédiaire entre les Tectibranches et les Nudibranches, ce genre rend compte de ce qui existe dans lun comme dans l’autre groupe.
Cette commissure nait des centres cérébraux, c’est du moins ce qui a été observé dans les formes étudiées spécialement à ce point de vue parmi les Nudibranches; il en est de même chez Pleurobranchæa, où elle sort des centres cérébraux (comme dans les autres Tectibranches), en arrière du dernier nerf cérébral postérieur, La commissure subcérébrale a été reconnue chez Tritonia (fig. 100), Marionia, Dendronotus, Tethys, Melibe, Polycera (fig. 118), Goniodoris (fig. 122), Corumbe, Glaucus, Herméæea, etc.
“***% Rapports de l'aorte avec les commissures infra-œæsophagiennes. — Les Nudibranches sont réputés avoir l'aorte passant hors des commissures !. Or, dans les divers Élysiens, ce vaisseau passe à l’intérieur des commissures pédieuse et viscérale (fig. 158, n1; 168, 1x); les relations sont donc variables dans le groupe des Nudibranches comme elles le sont d’ailleurs chez les Tectibranches. Je trouve, en effet, les différentes dispositions suivantes parmi les Opisthobranches : l'artère passe,
1° Dans les deux commissures pédieuses ? : Lobiger (fig. 65); 2° Dans la commissure parapédieuse seule : Acera (fig. 29), 1. Hors de la commissure Aplysiens (fig. 78 et 81); viscérale. 3° Hors des deux commissures pédieuses : la plupart des Bullidés, les Pleurobranches et la plupart des Nudibranches ; 2. Dans la commissure viscérale et dans la commissure pédieuse 5 : les Élysiens.
8) Innervation des appendices dorsaux. — Herdman et Clubb, étudiant l’innervation des appendices dorsaux des Nudibranches, arrivent à ce résultat
1 Von IneriNc, Sur les relations naturelles des Cochlides et des Ichnopodes, loc. cit., p. 201. — Bouvier, Quelques observations anatomiques sur les Mollusques Gastéropodes, p. 2 (CompTes RENDUS Soc. B10L. Paris, 17 déc. 1892).
2 Comme dans les Pulmonés (voir par exemple la fig. 205 : Auricula).
3 Comme dans les Streptoneures ou Prosobranches.
qu'ils sont innervés tantôt par les centres pédieux (£olis), tantôt par les centres pleuraux, tantôt par les deux (Dendronotus) !.
Or, chez Eolis, j'ai constaté qu'il n'arrive aux papilles dorsales, en dehors de nerfs pleuraux, que des nerfs de la commissure stomato-gastrique (fig. 134, 1v), qui en innervent la partie endodermique (cæcum hépatique) et dont l’origine est toute voisine (en apparence) des centres pédieux, ce qui à pu tromper des observateurs.
Quant à l'innervation pleuro-pédieuse chez Dendronotus, elle résulterait de la formation d’un plexus pleuro-pédieux chez ce genre. Or, dans ce plexus, que j'ai retrouvé chez Phyllirhoe (du même groupe — Tritoniens — que Dendronotus), il n'y a pas échange de fibres, mais simplement accolement local de deux nerfs, pleural et pédieux, qui conservent leur complète indépendance et dont le premier seul prend part à l’innervation des téguments et appendices dorsaux.
Les appendices dorsaux des Nudibranches sont donc tous homologues entre eux et de nature palléale.
7) Innervation du pénis. — Dans divers Nudibranches, le pénis est renseigné comme innervé par le centre pleural droit : par exemple chez Goniodoris ?, Polycera 5, ete. Or, l'examen que j'ai fait de ce point m'a montré que le pénis est innervé par le ganglion pédieux droit dans Goniodoris (fig. 122), Polycera (fig. 116 et 118), Tritonia, Dendronotus, Elysia. D'autre part, Vayssière a constaté linnervalion pédieuse du pénis de HMarionia * el Glaucus *. Enfin, dans Pleurobranchæa, il en est encore de même (fig. 90, vin); et la situation de ce genre, intermédiaire entre les Nudibranches et les Tectibranches, rend vraisemblable qu'il en est chez ces deux groupes
1 Herpman et CLupr, On the innervation of the Cerata of some Nudibranchia, loc. cit., p. 03.
? ALper et Hancock, À Monograph of the British Nudibranchiate Mollusca, fam. 1, pl. 17, fig. 4, 7.
3 von JueriNe, Vergleichende Anatomie des Nervensystemes und Phylogenie der Mollusken, pole
4 VayssiÈRE, Atlas d'anatomie comparée des Invertébrés, Mollusques, pl. IX, fig. 2, 3.
5 VAYSSiÈRE, Observations sur l'anatomie du Glaucus (ANN. D. sc. NaT., sér. 6, t. I, fig. 4 et 9, 3.).
comme chez lui; en effet, j'ai trouvé le pénis innervé par le centre pédieux droit dans Actœæon (fig. 3, v), Acera (fig. 29, 11), les Aplysiens (fig. 84, m1) ; et il résulte des observations de Vayssière que les Bullidés sont dans le même cas !.
On peut donc conclure que dans les Opisthobranches comme dans la généralité des Streptoneures où Prosobranches, le pénis est un organe de nature pédieuse.
b) Système reproducteur. — Meckel a, le premier, reconnu que la glande génitale des Nudibranches est formée d’acini mâles et femelles distinets ; mais il supposait que ces acini de sexe différent étaient sans communication entre eux, et que dans les conduits communs, il y avait un canal mâle emboité dans le canal femelle ?. Nordman avait reconnu, l’année suivante, que les acini ovulaires débouchent dans des poches pleines de spermatozoïdes ; mais il prenait la glande hermaphrodite pour la partie exelusivement femelle de l’appareil génital, et tenait les sacs pleins de spermatozoïdes pour des « poches de fécondation » 5.
C'est R. Leuckart qui a, le premier, déterminé et exactement interprété la constitution de la glande hermaphrodite des Nudibranches, notamment de Eolis * : « acini périphériques exclusivement ovulaires, s'ouvrant dans des poches centrales productrices de spermatozoïdes ». Son interprétation a été confirmée, depuis, pour un grand nombre de genres, par divers auteurs ; et lorsque certaines formes paraissaient faire exception, un examen plus approfondi montrait qu'elles se comportent comme les autres (exemple : Phyllirhoe, fig. 114) : il est même des Nudibranches où les acini mâles et femelles se voient à la loupe (exemple : Fiona, fig. 444). Il faut noter
{ Vayssière. Recherches anatomiques sur les Mollusques de la famille des Bullidés (ANN. D. sc. NAT., sér. 0, t. IX, pp. 67, 104, 106, 109 du tiré à part.
? Mecket, Ueber den Geschlechtsapparat einiger hermaphroditischer Thiere (ARrcH. F. ANAT. uND Puys., 1844, pp. 498, 504; pl. XV, fig. 14 [ Dendronotus]).
3 NorDMANN, Versuch einer Monographie des Tergipes Edwardsi (MÉM. PRÉSENTÉS À L'ACAD. Sr-PÉTERSBOURG, t. IV).
# In Frey et Leuckar, Beiträge zur Kenntniss der Wirbelloser Thiere, p. 63, pl. 1, fig. 11. — Leuckarr, Zoologische Untersuchungen, WI, p. 78, pl. IL, fig. 15.
cependant que chez Eolis (Coryphella) Landsburgi, tous les acini de Ja glande hermaphrodite produisent des ovules par leur hémisphère distal, et des spermatozoïdes par leur hémisphère proximal, et que cette disposition a été reconnue générale chez les Élysiens (fig. 182, x1; 189 à 194).
C'est aussi, je crois, Leuckart qui a, le premier, fait connaitre l’hermaphroditisme protandrique chez les Gastropodes hermaphrodites !. Ce phénomène peul être considéré comme général ; je lai reconnu dans les divers cas que j'ai examinés : £olis (fig. 138), Elysia, parmi les Nudibranches; Clio (fig. 754), Lobiger (fig. 63), Clione, ete., parmi les Tectibranches.
D'après Trinchese, les œufs ne se développeraient pas au même endroit du corps que les spermatozoïdes, chez Bosellia (forme voisine de Elysia) ? ; cel auleur ne peul d'ailleurs expliquer comment les parties mâle et femelle des acini se rejoignent par la suite. A l'encontre de cette opinion, je ferai remarquer que dans Elysia, si lon examine des individus de plus en plus grands, on voit les premiers œufs apparaitre dans les acini, là même où des spermatozoïdes seuls existaient précédemment, de sorte qu'on ne peut pas conclure à la formation d'une glande hermaphrodite par fusion de deux parties mâle et femelle d’origine distincte (respectivement exodermique et endodermique : Fol, « Ptéropodes »); tous les éléments génitaux sont mésodermiques, d'origine commune. Et j'ajouterai que dans des formes hermaphrodites, où il y a, chez l'adulte, des acini mâles et femelles séparés (Pelta), on voit au contraire, chez le jeune, les ovules et les spermatozoïdes naître ensemble de la paroi non encore spécialisée d’une poche commune (Hig. 61, 1v).
1 Leuckarr, Zoologische Untersuchungen, HE, pp. 75, T6. 2 TriNcuese, Descrizione del nuovo genere Bosellia (MEN. ACCAD. DE sc. DEL Isriruro, BoLocn, sér. à, t. 1, p. 771).
IT. PULMONES.
À. Asricula !.
a) Conformation extérieure et téguments. — Moquin-Tandon a signalé autrefois dans ce genre l'existence de tentacules antérieurs rudimentaires ?, qu'aucun autre Basommatophore ne possède. Ces organes existent en effet (fig. 195, 1; 196, v) sous forme de saillies hémisphériques situées à la partie antéro-dorsale du mufle, innervées comme les tentacules antérieurs d’un Stylommatophore.
Le pied présente au côté droit un sillon latéral allant de louvertre génitale hermaphrodite à l’orifice du pénis (fig. 195, m; 196, 3 197, iv; 200, vin). Ce sillon existe probablement dans les autres espèces du genre; on le reconnait en effet dans diverses anciennes figures d’Auricules 5. Il y a, à la partie antérieure du pied, une « glande supra-pédieuse » (fig. 200, v), s'étendant moins profondément toutefois que chez les Stylommatophores.
L'ouverture de la cavité palléale ou « pneumostome » se trouve très en arrière (fig. 197, v; 198, x) et n’est pas pourvue d’un lobe palléal inférieur, ou lobe respiratoire, commun à tous les autres Basommatophores (fig. 209, vu, 213, vin). Les seuls autres orifices extérieurs du côté droit sont l’ouverture hermaphrodite et l’orifice du pénis; l'anus ne s'ouvre pas hors de la cavité palléale ; c'est le seul Pulmoné qui soit dans ce cas.
Antérieurement, au côté gauche du bord du manteau, il y a une grosse glande muqueuse palléale, ovoide (fig. 198, n; 200, 1; 202, vi), que Souleyet a prise pour un poumon #, mais qui est sans communication avec la cavité palléale : elle s'ouvre au dehors, entre le manteau et le pied, en avant (fig. 202°", iv). Outre cette glande palléale, il y a encore, au même endroit, un peu plus dorsalement, un cæcum assez profond (fig. 200, n).
{ Espèce étudiée : A. (Alexia) myosotis Draparnaud; provenance : Manche.
2 Moquix-Taxpow, Histoire naturelle des Mollusques terrestres et fluviatiles de France, t, Il, pp. 411, 412.
3 Quoy et GaimarD, Zoologie du voyage de l’Astrolabe, Mollusques, t. Il, p. 157.
SouLEeYET, Zoologie du voyage de la Bonite, Mollusques, pl. 32, fig. 1, p.
Dans beaucoup d'individus, le tortillon viscéral ne montre plus de tours séparés, par suite de la concrescence qu’amêne entre eux la disparition des cloisons internes de la coquille; la trace des tours reste cependant plus ou moins visible (fig. 198, vu) (on sait que dans d’autres Auricula, la masse viscérale ne présente pas de tours du tout, dans aucun individu : exemple, À. brunnea ).
b) Système nerveux (fig. 205). — Le collier œsophagien se trouve en avant du bulbe buccal (fig. 203, n). Les centres cérébraux sont séparés par une assez longue commissure. Le ganglion pleural droit est à peu près à égale distance des centres cérébral el pédieux correspondants, mais le pleural gauche est accolé au pédieux.
La commissure viscérale est assez longue (pour un Pulmoné) et porte trois ganglions très espacés; le gauche, accolé au pleural correspondant, donne un nerf palléal en avant : c’est le centre infra-intestinal; le médian, gros et silué un peu à droite de la ligne médiane, présente deux nerfs principaux, postérieurs, qui se distribuent aux organes génitaux : c’est le ganglion abdominal; enfin, le centre de droite ou supra-intestinal, situé plus dorsalement que celui de gauche, donne naissance à un gros nerf palléal dirigé en avant, bifurqué dans le bord du manteau et dont la branche postérieure porte un renflement ganglionnaire à sa naissance (fig. 205, 1v).
Les ganglions pédieux sont accolés l’un à l’autre; l'aorte passe au-dessus d'eux (fig. 202, xv), mais sous la commissure viscérale (fig. 205, vin).
Les centres stomalo-gastriques sont écartés l’un de l’autre et situés postérieurement entre l’œsophage et le bulbe buccal (fig. 2014, m1), reliés aux ganglions cérébraux par de longs connectifs.
I n’y a pas, à gauche, de ganglion interprété par Spengel ? comme osphradial; à droite, il n’y a pas non plus d’osphradium différencié, mais il reste néanmoins un ganglion osphradial 5 : c’est le petit ganglion situé sur le nerf du centre supra-intestinal (fig. 205, rv). Les otocystes se trouvent sur la face dorsale des centres pédieux, un peu latéralement (fig. 202, 1x;
4 SouLexeT, loc. cit., pl. 32, fig. 1.
2 SreNGEL, Die Geruchsorgane und das Nervensys!em der Mollusken, loc. cit., p. 364. 3 C'est le seul Pulmoné terrestre qui ait encore ce ganglion bien développé.
205, vi); ils renferment de nombreux oloconies oliviformes. Quant à l'œil, il est parfaitement normal !.
c) Système digestif (fig. 203). — Le buibe buceal est assez long ; il y a une mandibule dorsale unique; les glandes salivaires (x) sont longues également (ne traversant pas le collier œsophagien) et peu lobulées. L'œsophage est long et porte en son commencement un renflement à parois minces; il arrive à l’estomac (situé dans le tortillon, fig. 206, r) par le côté gauche.
L’estomac est ovoïde, un peu allongé, pourvu d’un anneau musculaire transversal, épais, sans dents intérieures ?, mais à revêtement culiculaire continu (le contenu de l'estomac est de nature végétale). Le foie, qui occupe la plus grande partie du tortillon (fig. 204 et 206, n1), débouche dans le tube digestif par deux orifices (fig. 203, vu, vin) : l’antérieur, qui est le plus petit, dans la portion terminale de l’œsophage, au côté droit; le postérieur, plus fort, dans la partie postérieure de l’estomac, en arrière de lanneau musculaire, au côté gauche, ventralement.
L’intestin naît de la partie antérieure de l'estomac; dans sa portion initiale est un fort repli intérieur longitudinal. Cet intestin fait quatre coudes plus ou moins complets : le premier d'avant en arrière; le deuxième de droite à gauche; le troisième de gauche à droite et le dernier, d’arrière en avant (fig. 203). L’anus débouche à droite, dans la cavité palléale, à la partie tout à fait postérieure, dans le voisinage du pneumostome (c’est le seul Pulmoné dont l'anus ne s'ouvre pas hors de la cavité palléale).
d) Système circulatoire et excréteur. — Le cœur (fig. 198, m1) est placé superficiellement, au côté ventral gauche de la masse viscérale antérieure. Il est disposé transversalement (en avant de l’extrémité postérieure du rein), très légèrement « prosobranche », c’est-à-dire le ventricule un peu plus en
{ Auricula Midæ et À. Judæ sont réputés aveugles; or, dans le premier, Recluz (Journ. de Conchyl., t. 1, p. 298) a indiqué que les yeux sont enfoncés dans les téguments; dans le second, Quoy et Gaimard ont indiqué la même chose (Zoologie du voyage de l'Astrolabe, t. Il, pp. 28 et 158), et la présence d'yeux y a été confirmée par von Jhering (Vergleichende Anatomie des Nervensystemes und Phylogenie der Mollusken, p. 222).
2 Ce n’est qu'avec doute {« wenn ich recht sah ») que von Jhering a mentionné des dents dans l'estomac de Auricula (Vergleichende Anatomie des Nervensystemes und Phylogenie der Mollusken, p. 221).
arrière que l'oreillette (c’est le moins prosobranche des Basommatophores).
Le rein est un sac sans uretère, à paroi intérieure plissée et cloisonnée (fig. 207, 208). Il est placé transversalement (fig. 198, iv), au plafond de la cavité palléale (fig. 204, x; 207, 1; 208, 11), et va en se rétrécissant de gauche à droite, où il s'ouvre (fig. 208, 1) à une certaine distance du preumostome, plus en avant. L’orifice réno-péricardique se trouve en arrière du rein, à son côté gauche (fig. 198, v).
e) Système reproducteur (fig. 199). — La glande génitale occupe la partie postérieure du tortillon, avec le foie ; elle est composée d’acini produisant tous des ovules et des spermatozoïdes. Le conduit hermaphrodite, renflé et contourné, est toujours rempli de sperme, sauf au moment de la descente des ovules qui précède la ponte; il arrive à la glande albuminipare qui n’est qu’un épaississement glandulaire loca! de sa paroi (les cellules glandulaires y sont groupées en follicules, fig. 208, x), puis, à l'extrémité de celle-ci, il reçoit la glande muqueuse (fig. 207 et 208, 1x). I poursuit alors sa route à droite, d’arrière en avant, et vient s'ouvrir dans le vagin (fig. 199, v; 204, x): celui-ci est l'extrémité élargie du canal de la poche copulatrice; ce vagin s'ouvre au côté droit, hors de la cavité palléale, mais près du bord du manteau, tout en haut et en arrière du pied (fig. 197, 1), non loin du pneumostome. Cette ouverture du vagin est donc un orifice hermaphrodite, puisque le conduit génital ne s’est pas encore bifurqué : Auricula est le seul Pulmoné qui soit dans ce cas. Quand à la poche copulatrice (fig. 199, 1x), elle est sphérique, à long col (fig. 207, v; 208, n) et située au côté gauche, contre les glandes accessoires (albuminipare et muqueuse).
De l'ouverture génitale hermaphrodite part un sillon auquel il a été fait allusion plus haut (a) et qui va jusqu'à l'orifice du pénis (fig. 197, iv); au fond de ce sillon se trouve le conduit spermiducal, elos (Gg. 199, m1; 200, 1x), sauf auprès de l'ouverture hermaphrodite, où il est ouvert pour communiquer librement avec le conduit hermaphrodite (fig. 199, x; 202, x); ce conduit est intérieurement cilié sur toute sa longueur. Le pénis, gros el musculeux, traversé par le spermiducte (fig. 199, x1; 202, 1v), sort tout en avant du pied, au côté droit, près du mufle (fig. 197, mn) !.
{ La conformation (toute pareille à celle des Limnæidæ) attribuée par Moquin-Tandon
RECHERCHES SUR DIVERS OPISTHOBRANCHES. Fil B. Chilina !{.
Ce genre, dont je ne connais aucune description anatomique, ressemble, par beaucoup de points d'organisation, aux Limnéens d'Europe, notamment par les organes génitaux, le rein, le tube digestif. C'est-à-dire que le conduit hermaphrodite se bifurque assez 1ô1 en conduits mâle et femelle (fig. 211, x, x1); il est à noter toutefois que sur le trajet du premier (spermiducte), il n’y a pas ce renflement prostatique sensible, qu’on trouve chez Limnæa. D'autre part, pour ce qui concerne le tube digestif, ce genre est réputé (sur la foi de Dall) dépourvu de mandibule. Or, il y a, à la partie dorsale antérieure du bulbe buccal, une mandibule impaire (fig. 219, 1), de la même structure que chez les autres Pulmonés, pourvue de stries longitudinales, el continuée en arrière par deux prolongements latéraux moins épais, qui se rejoignent ventralement et forment un revêtement cuticulaire continu sur la partie antérieure du tube digestif.
Un caractère propre à Chilina se trouve dans son ouverture palléale : celle-ci est plus large que dans aucun autre Pulmoné (fig. 209, 1); au bord ventral de cette ouverture est un lobe palléal inférieur, de la forme de celui d’Actæon (vu), mais traversé par l'ouverture anale, comme dans les autres Limnéens.
Système nerveux (fig. 210). — Il diffère très sensiblement de celui des Limnæidæ, et présente un aspect neltement archaïque, caractérisé par la longueur et la forme de la commissure viscérale et par le fait que le collier œsophagien se trouve en avant du bulbe buccal.
Les ganglions cérébraux sont fort écartés l’un de l’autre. La commissure viscérale commence à gauche par le ganglion infra-intestinal (xr), accolé au pleural gauche, comme chez Auricula, et donnant un nerf palléal antérieur; ensuite la commissure passe sous le tube digestif, où elle est assez forte et s'enfonce dans le plancher musculaire du pied : elle y présente un ganglion abdominal allongé longitudinalement, qui donne naissance, en arrière, à un
aux organes génitaux de Auricula (Histoire naturelle des Mollusques terrestres et fluviatiles de France, pl. XXX, fig. 1) est donc absolument inexacte, quant aux conduits.
1 Le matériel étudié se composait de quelques exemplaires d’une petite espèce (C. Mülleri, Jhering), de l'Amérique du Sud.
gros nerf viscéral et est continué par la branche droite (plus mince) de la commissure viscérale; celle-ci porte, sur le côté du tube digestif, et plus dorsalement que toute autre partie de la commissure viscérale, le ganglion supra-intestinal (1v) (dont la position correspond ainsi à celle qu’il a chez Bulla, fig. 20, vi) : de ce centre naît le nerf osphradial (v) et un petit nerf palléal. Enfin, entre le ganglion supra-intestinal et le pleural droit, la commissure viscérale est formée par les prolongements ganglionnaires de ces deux centres.
Les ganglions pédieux sont accolés. Les centres stomalo-gastriques (1n)sont écartés l’un de l’autre et situés de chaque côté de l’origine de l’œsophage ; vers le milieu du connectif qui relie chacun d’eux au cérébral correspondant, nait un nerf postérieur.
Le nerf osphradial se bifurque avant d'arriver à l’osphradium, qui est allongé et non circulaire (fig. 210, v) : la branche la plus forte présente seule un ganglion.