Tabanus bovinus. L. 6. ———— bromius. L
3. ————— morio. Larr. 7. Heæmatopota pluvialis. Mer. D > falvus. Merc- 8. Chrysops cæcutiens. Me1c.
Après les savantes recherches de M. Macquart sur les Pangonies (Annal. de la soc. ent. t. VI, p. 429, et Dipt. exot. t. F, p. 93) tant indigènes qu’exotiques, ce n’est pas sans hésitation ‘ que Jj'aborde ce sujet, lorsque surtout je n'ai à parler que d’une seule espèce déjà connue. On ne nous a encore rien appris sur leurs habitudes. J'ai étudié la P. marginata, soit en Espagne, soit dans le midi de la France; J'ai remarqué que cet insecte se plaisait sur les collines voisines des cours d’eau, ce qui me porte à croire que sa larve doit se trouver, comme celle des Tabanus, dans les terres humides du littoral. Dans les jours chauds de juin et de juillet, je lai souvent aperçu bourdonnant dans les airs, non avec le timbre aigu du bombyle, mais plutôt avec celui du taon; tantôt 1l demeure suspendu et presque immobile, comme le syrphe et le bombyle, tantôt il change brusquement de place, ou pour éviter un danger ou pour poursuivre sa femelle, tantôt, enfin, on le voit s’abattre et disparaître dans les buissons; d’autres fois, il se pose sur les fleurs, et sa trompe s'enfonce dans les corolles tubuleuses pour en sucer le nectar. J'ai trouvé un liquide sanguin dans le canal digestif d’une femelle.
Je crois rendre service à la science en exposant avec quelque
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détail la structure de la trompe de la pangonie et en l'accompagnant de figures qui m'ont paru mieux répondre aux exigences actuelles que celles de Meigen!; le rapprochement de cette siructure de celle du taon, en mème temps qu'il confirme cette dernière, justifie de la contiguité de ces deux genres dans la série entomologique.
La trompe de la Pangonia, comme celle du Tabanus, se compose de sept pièces dans la femelle, et de cinq seulement dans le mâle, savoir : un fourreau et un suçoir qui est l'assemblage de six ou quatre lames cornées.
Ce fourreau est noir, coriace ; souple, et s'ouvre par une fente dorsale longitudinale destinée à favoriser le jeu du suçoir; mais cette fente ne se continue pas jusqu'au bout du fourreau. Ce bout, qui a la forme d’un gland ovalaire , a une organisation spéciale ; une ligne médiane, élargie en arrière, le partage en deux moitiés égales formant une bouche à deux lèvres. Une loupe trèsattentive constate à celles-ci, sur linsecte vivant, de légers mouvements vermiculaires, et le microscope y reconnait des plissures transversales : c’est évidemment un organe destiné à palper et à presser. Il est séparé du corps du fourreau par une demi- articulation qui lui permet des mouvements propres de totalité. Le corps du fourreau, soumis au plus fort grossissement, offre une texture bien propre à expliquer sa souplesse; ce sont des séries transversales fort serrées de points opaques tégumentaires sur un fond submembraneux, Quand on comprime expulsivement ce fourreau par sa base, lorsqu'il renferme les lames du suçoir, on peut en provoquer à volonté, par la fente dorsale, l'issue et le développement. C'est dans ce dernier état que J'ai figure le suçoir pour l'intelligence de sa composition.
Les six lames du sucoir sont toutes de même longueur et linéaires. D’après leurs attributions, on peut les diviser en deux valves, deux lancettes, une langue et un hypoglosse.
Les valves sont les deux lames externes du faisceau, qui tendent
” Dipt. europ, tab. 13, fig. 3, 4.
à presser entre elles, dans le repos, les autres pièces du sucoir; elles sont fort acérées, d’un brun foncé et marquées d’une nervure médiane. Je me suis bien assuré que chacune d'elles s'insère et adhère à la base interne du palpe, de manière que le mouvement de ce dernier peut se combiner avec celui de la valve. Latreille avait aussi remarqué cette insertion.
Les lancettes, situées au côté interne des valves, sont plus minces que celles-ci et d’une couleur plus claire, mais dépourvues de nervure médiane et à double tranchant; elles accompagnent la langue, qui est logée entre elles. Ces lancettes sont les lames qui manquent dans le suçoir des mäles, et elles jouent un rôle principal dans l’action de piquer ou d'inciser le derme des animaux.
La langue, plus fine et plus pâle que les autres lames, a une nervure médiane à peine sensible, qui s’efface avant sa pointe.
L’hypoglosse, situé à la partie inférieure et centrale du faisceau et d’un brun foncé, est creusé en dessus en gouttière, où canaliculé, et terminé par une sorte de capuchon. Les bords de la goutüère ont une nervure, et celle-ci conflue avec sa congénère pour border l'entrée du capuchon; le fond ou ja cavité de la gouttière a quatre nervures, dont les deux intermédiaires, un peu plus saillantes et conniventes à leur extrémité, semblent plus particuliérement destinées à servir de coulisse ou de sonde cannelée à la langue, tandis que les latérales, facilitant le jeu des lancettes, se continuent avec la marginale du capuchon.
Le mécanisme de la succion est des plus simples. Le fourreau, qui répond à la coulisse charnue de Réaumur, en même temps qu'il sert de régulateur et de point d'appui aux lames du sucoir, s'oppose aussi à l'extravasation du liquide alimentaire. Ce sont évidemment les lancettes qui dardent la peau, qui lincisent plus ou moins profondément; aussi manquent-elles dans le mâle, et ce trait négatif eùt seul suffi pour nous faire penser que ce sexe ne pouvait pas être sanguinaire. Les lancettes sont aidées dans leur fonction par la pression des valves, qui, elles-mêmes, sont
du "+
méditer, - . :
soumises à l’action des palpes; la langue s'insinue alors comme un instrument piquant dans la blessure, elle aspire le sang, qui glisse dans les rainures et entre les lames pour gagner le pharinx. Observez bien que la texture érectile du bout bilabié du fourreau lui permet de faire l'office d’une ventouse. Quelle admirable organisation |