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détails. J'avoue que je n’ai point des idées arrêtées sur les causes ou les motifs de ces dissemblances dé l'appareil nerveux dans les sexes.
Dans la famille des OËstrides et dans celle des Muscides calyptérées, que J'ai composée provisoirement avec celte immense nation des Muscides créophiles et anthomizydes de M. Macquart, les centres nerveux se réduisent au cerveau et à un seul ganglion rachidien. Ce dernier est, dans OËEstrus, plus oblong que dans les véritables Muscides , et 1l offre en arrière comme le vestige d’un autre ganglion soudé, terminé par un cordon simple assez long.
Après la description et l'iconographie que j'ai données du sysième nerveux des trois morphoses (larve, nymphe et insecte ailé) de la sarcophage, dans un travail dont l'Académie a daigné voter l'admission dans ses mémoires, je craindrais de surcharger la science en reproduisant ici ces détails. Pour ne pas me dévier du plan adopté, pour ne point laisser de lacune, je me bornerai, en choisissant comme objet de comparaison et de contrôle, un autre type dans le même groupe des Muscides calyptérées, la Calliphora vomitoria où mouche bleue de la viande, à tracer rapidement son appareil sensitif.
Les hémisphères cérébraux, lorsqu'on les étudie étalés, s'épanouissent chacun en une masse optique subréniforme couronnée par la rétine oculaire et sa choroïde. Le bord antérieur du plancher inférieur du cerveau a deux petits mamelons qui émettent les deux nerfs buccaux, tandis que les nerfs antennaires naissent au-dessous de ces mamelons. Le nerf ocellaire est simple, mais renflé à son extrémité, qui laisse apercevoir les trois choroïdes des ocelles , sessiles en apparence, mais où une autopsie heureuse m'a permis de distinguer trois courts pédicelles nerveux.
La partie postérieure du cerveau, qu'on serait tenté d'appeler cervelet ou bulbe rachidien, est percée d’une fente oblongue longitüdinale pour le collier æsophagien. Le cordon simple qui unit au ganglion rachidien émet trois petites paires de nerfs.
SUR LES DIPTERES. 187
Ce dernier ganglion est unique, grand, ovalaire, thoracique. De ses côtés partent, comme à lordinaire, les trois paires de nerfs cruraux, sans compter plusieurs autres d’un petit calibre. Il se continue en arrière en un nerf médian grêle et long, d'où partent des paires symétriques de nerfs digestifs (cinq), et il se bifurque en deux grands nerfs génitaux.
Le système nerveux des Muscides acalyptérées n'offre pas, dans les diverses peuplades de ce groupe; cette conformité de composition ganglionnaire observée dans les calyptérées. Nous venons de voir dans celles-ci un ganglion unique, et il est thoracique; tandis que, parmi les acalyptérées disséquées jusqu’à ce jour, J'ai trouvé tantôt trois de ces ganglions (Ortalis), tantôt deux (Tetanocera, Loxocera, Platystoma), tantôt, enfin, et c’est limmense majorité, un seul. J'avoue que cette dissemblance de composition dans un appareil de première importance organique ébranle fortement mes convictions sur la légitimité de ce groupe, qu'il faudra, sans doute, diviser en plusieurs familles diversement combinées.
Je borne à ces quelques lignes ce qui concerne l'appareil sensitif des Muscides acalyptérées. Toutelois, je ne saurais passer sous silence un fait anatomique du plus piquant intérêt fourmi par l’hippobosque, un des derniers genres de tout l'ordre des Diptères : Je crois ce fait applicable à la généralité des insectes. Les paires de nerfs qui partent du ganglion rachidien unique de l'hippobosque sont disposées sur deux plans : l’un dorsal, l'autre ventral. Cette disposition porterait à penser que de ces nerfs les uns président au mouvement et les autres au sentiment, comme cela existe dans les nerfs rachidiens des animaux le plus haut placés.