‹ Récifs au soleil, poèmesChapitre 10 sur 31 · UN REVE · texte numérisé non relu

UN REVE

0 nuit, qui de lueurs fraîches déjà ranimes L'aile du songe au frêle azur du souvenir, N'est-ce pas toi qui pour le réveil fais s'ouvrir Mes rideaux de ténèbre au cri clair des abîmes ?

Le reflux de la vague au roc que nous gravîmes Plus loin, — comme tu dors, Chère! — semblait dormir. Dans ta poitrine et tes seins nus sens-tu courir L'âpre frémissement des lames unanimes ?

Au fond d'un tel silence en nous et au dehors J'étreins, d'une ferveur qui s'accroît, ton beau corps Si calme, et je te regarde vivre, Vivante !

Repose ainsi longtemps, très tendre ! Je te tiens

Et tu m'aimes ! — Pourquoi brusquement sur les miens

Fixes-tu tes yeux durs, que creuse une épouvante ?

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