SEPTEMBRE
(autrefois)
Quand, nue en ce décor d'étoffes, Tes clairs cheveux ruisselleront En feux de rubis sur mes strophes, Pose la parure à mon front.
Chaque grain des grappes de vigne S'éblouit sous tes doigts pieux, Et ta pâleur t'a faite digne D'être adorée au rang des dieux.
Tu frôles les murs de ma chambre, Automne ! Est-ce, mensonge vain, Que dune treille de septembre Ton sceptre aurait surgi soudain ?
Hélas, la guirlande est fanée :
Mois des raisins, arômes tels, Quelles offrandes pour l'année Suspendrai-je sur mes autels ?
La flamme ultime va descendre, Fruits et corolles, sourds parfums, Trop tôt se dissolvent en cendre, Tous mes désirs sont-ils défunts ?.