‹ Récit complet et authentique des événements de décembre 1851Chapitre 11 sur 14 · XXXIV · texte numérisé non relu

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JOUBKéB DU 3«

Le ministre de la guerre, informé que les représentants de la Montagne préparent un mouvement insurrectionnel^ combiné avec les e'fforts des sections socialistes de Paris, adonné la veille, àsas cette prévision, des ordres pAir que l'armée soit approvisionnée .et

Kéte, en cas de combat, a résister avec tous les avantages possîcs.. Pour ne pas fatiguer inutilement leurs soldats, les généraux ne doivent prendre lenr position de combat que lorsque l'insurreotion sera dessinée.

Quelques barricade&con^truites dans le faubourg Saint-Antoine^ rues de Cotte et de Sainte*Marguerite, ainsi que rue Auniaire et rue dxi Lion-Samt-Sauveur, sont enlevées, dans la matinée par un bataillon du 44* de ligne, un bataillon du 19» léger et par des détaèbements. Des coups de £eu très nombreux ont été tirés sur la troupe pai: ks.émeutier&; le sang coule, la lutte commence. Les insurgea se sent réupJs d'abord au faubourg SaintrAntoine, oh ils ont engagé le feu les premiers, avec queLfues détachements de La brigade

Marulaz. Repousses dans leurs teutalives, ils sont allés agiler le quartier Saint-Marlin : tragués sur ce point par le général Herbillon et par le colonel Cliapuis, ils se sont diriges sur la rive gauche de la Seine, pour remuer les faiiboores Siinl-Jacques et Saint- Marceau, Des sommes d'argent sont dislribiiées : 1 cmeule s'organise.

Le teprésenlant Baudin est \zé par les soldats de la brigade Hanilaz. sur la barricade du faubourg Saint-Antoine, et le représentant Madier de Mont^au y est blessé.

Vers quatre heures, des ailroupemenls considérables se forment à la porte Saint-Denis el dans les environs. Une barricade élevée rue Bâmbuteau est enlevée sans coup férir par un détachement de ■ chasseurs à pied; deux barricades, rue Saint-Martin, sont facilement détruites par un détachement de la garde républicaine. D'autres barricades, en voie d'exécution, sont détruites par des colonnes du général Levasseur,

Pendant celte journée, la majeure partie des brigades est restée dans les casernes, et de très petits délachemens ont seuls agi, Toutefois, les émeuliers ne peuvent parvenir à soulever les fauoourçs, qui restent calmes, et qui repoussent dignemMI toutes les excitations et toutes les tentatives insensées d'embauchage à prix d'argent. Leur adhésion au gouvernement est complète.

Dans la prévision de nouveaux efforts du parti socialiste, la brigade Bourgon reçoit l'ordre de prendre ses positions de combat le i au matin, et les autres brigades de se tenir prèles.

On saisit des placards et des affiches lilho|»raphiées, qui font uii appel à la guerre civile, et qui portent les signatures de 51ichel (ae Bourçes), Schœlcher, Leydel, Mathieu (de la Drôme], Jules Favre, E. Arago, Madier de Montjau, E. Sue, Esquiros, de Flotte, ChaulMur, Bnves, etc.

Il est sept heures du soir, des agents provocateurs parcourent des groupes hostiles, el leur donnent renaez-vous, i huit heures, bdulevard Saint-Martin.— De nombreux attroupements se forment sur le boulevard des Italiens, mais ils sont dispersés, vers dix heures, par une patrouille de cavalerie, — A oOie heures, les boulevards sont déserts, et Paris paraît plus calme. — Les troupes sont rentrées. Les insurgés se concertent pour le lendemain.

■Le ministre de la guerre fait afficher une proclamalion qui rappelle en termes énergiques que, d'après les lois de l'élal de siège, tout individu pris les armes à la main, défendant ou constnaisant une barricade, sera fusillé. — Il rend aussi complices des insurgés les porteurs de fausses nouvelles. — On sent que son énergie ne pliera devant aucune considération.

Pendant la nuit,' le'minteti^e pnrfite «do (^md «Ii^)5ttliftnlanévlé1à^ ville, pour faire conduire , sous escorte,: de la priMl MiKafë iii cbenôn de fep du Nôird/ hait mpnfeétfeaiitè, ehefs de la f ésistftilce et du eom{rfot, pour le» "diriger^ur^k forteresse de Hatn. -^-Mm le cours de ce voyage, ces i^ej^réseiïtaflts 6nt éu plusieurs fors Fchh canon de voir combien l'opinion des vifles et dds campagnes qu'ils ont traversées leur était peu favora^e. Ils étaient reçm au ffiÈBà^ par les cris de : Vive Napoliùn, ^ "

Les 430 représentants, arrêtés le 2 à la mairie du 40* arrondissement, ont été transférés, en grande partie, au fort du mont ^a^ lérien. On offre à beaucoup d'entre eux la liberté immédiate, -qu-ils refusent, par un motif que tout |e monde appréciera, et qui prouve combien ils redoutaient d'être forcés de prendre part à une lutte entre la' société et TaiDarchie. Presque tous sont mis en liberté quatre jours après.

L^opinion si favorable an Président la veille, dans les quartiers de la Chaussée-d'Antin et des boulevards,, prend une couleur hostile, sous Tinlluence des représentants qui chercbenÉ par tous les moyens possibles à exciter Ta population à la révolte,

La nuit est assez calme, a A aemain les affoires sérieuses, s> dit le ministre de la guerre, qui prit seulement alors un peu de repos. — Il avait dirigé jusque là fa partie active de cet iminense mouvement, avec une énergie inflexible et une activité qui assuraie n le succès. — L'armée avait confiance dans son général, qu'iell vopit le front ceint des lauriers si récents de la Kabvlie : elle ne® demandait qu'à se mesurer avec les anarchistes, ces Kabyles pa-r"

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