‹ Récit d'une soeurChapitre 26 sur 79 · Chez la comtesse de Gontaut · texte numérisé non relu

Chez la comtesse de Gontaut

3. VAtne exilée, par M""= d'IIautefeuille. 1 vol. in-12, 1830.

ressuscite et qui, revenue sur la terre, y languit et y meurt enfin de la douleur d'avoir quitté le ciel? Tu juges si j'ai dû l'aimer! Il y a des mots, des phrases, des pensées qui m'ont fait battre le cœur, en répondant à une pensée chère, intime, et souvent difficile à exprimer; des phrases qui m'ont fait pleurer de bonheur, en pensant qu'il est impossible de les lire sans adorer la religion, et que, dans le nombre de ceux qui les liront, il y en aura peut-être qui seront touchés et reviendront à ce Dieu qu'ils refusent de croire bon, indulgent, et rempli d'amour. Oh! Pauline, quand les hommes s'aimerontils? Quand aimeront-ils Dieu? Je désire ce jour avec tant d'ardeur quelquefois, que j'en suis malade! »

DE MON PÈr.E.

V Boury, le 5 août 1837.

« Ta mère m'assure que sa dernière lettre était un véritable chef-d'œuvre de crétinisme, et qu'elle est honteuse de te l'avoir envoyée. Je fais semblant de la croire et je me dis : bon! voilà le moment pour moi d'écrire; c'est un joint dont il faut que je profite, car, sans cela, l'esprit leur reviendra, et je n'aurai plus rien à dire à cette chère enfant, accoutumée à des lettres pleines de détails et d'intérêt. Ces trois femmes, la mienne, et tes deux sœurs \ sont d'impitoyables moissonneuses, qui ne laissent aJjsolument rien à glaner après elles; en sorte qu'un pauvre diable comme moi, qui aurais la bonne intention de causer longuement avec toi, se trouve n'avoir plus rien à t' apprendre , et demeure devant une feuille de papier blanc sans avoir à te raconter une seule chose qui ne lui ait été volée d'avance. Et toi,

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