DE MON PÈRE
« Boury, 27 octobre 1827.
« Je viens de passer cinq semaines à Gerbéviller*; et, dès le lendemain de mon retour à Boury, je suis reparti pour Paris, tu le sais déjà, avec Alexandrine et Eugénie, pour aller chercher les restes chéris de notre Albert... Ce voyage, au retour, pour bien des gens, aurait été cruellement pénible. Eh bien! je ne puis te dire de combien d'ineffables douceurs je sentais mon cœur se remplir; et cependant, je sentais aussi plus vivement que jamais le vide que le départ de ce cher enfant laisse au milieu de nous. Mais il est heureux, oh! oui, bien, bien heureux ! Quand je pense à moi, à nous, je souffre et je me résigne; mais quand je pense à lui, j'adore et je bénis. Chère Pauline, quelle douce chose que la foi ! Qu'il est beau de croire ! qu'il est bon d'espérer! Et comme la mort prend une douce apparence, lorsqu'on la voit ouvrant les portes de l'éternelle vie ! Que je plains ceux qui se condamnei?\ à vivre sans croire, à souffrir, à regretter, à mourir sans espérer! On me dit que lu as