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Il n'en fut pas toujours ainsi, et il vient un temps où cette inestimable ressource manque entièrement à ce récit. Puisse Dieu, lorsque nous en serons là, m' accorder la grâce de faire comprendre quelles furent les autres leçons qu'Alexandrine nous donna alors, sans y songer ! Et, après avoir été moi-même si souvent ravie par le don qu'elle posséda d'exprimer les mouvements de son âme, puissé-je profondément sentir et manifester, s'il se peut, quel fut le don plus rare encore et plus sublime qui éteignit peu à peu chez elle tout désir de parler d'elle-même, et jusqu'au besoin de se nourrir des souvenirs de ce passé si cher et dont nous allons la trouver, d'abord, uniquement occupée à recueillir les traces !
Au moment où nous en sommes, le journal tant de fois cité est devant moi. Ces pages déchirantes que, dans le volume précédent, je n'ai pas eu le courage d'ajouter aux autres, on va les lire. On va lire aussi les lettres d'Alexandrine, ainsi que celles d'Eugénie pendant cette période, et je puis encore maintenant poursuivre ma narration comme je l'ai fait jusqu'à présent, sans m'en charger moi-même.
Je reprends donc le journal d'Alexandrine au jour où je l'ai interrompu, c'est-à-dire au 30 juin 1836, le lendemain de la mort d'Albert K
1. Je rappelle ici encore une fois que le manuscrit terminé à la fin du précédent volume, et nommé par Alexandrine son Histoire, était le recueil fait par elle, après la mort d'Albert, de tous les papiers qui se rapportaient aux événements de leur vie, depuis le jour de leur rencontre à Rome, le 17 janvier 1832, jusqu'au jour de la mort d'Albert, le 2'J juin 1836.
Mais après cette époque, Alexandrine ne cessa point sur-le-champ d'écrire ses pensées. Ces pages, demeurées entre mes mains avec ses lettres, m'aideront à poursuivre ce récit. Seulement, au lieu de trouver, comme auparavant, tous ces documents déjà rassemblés et accompagnés de notes et, parfois, de pages précieuses ajoutées par elle-mOme, j'ai eu f» mettre en ordre et à recueillir de mon mieux