‹ Récit d'une soeurChapitre 53 sur 79 · Lamartiii'', //i/ri)io.>nVs · texte numérisé non relu

Lamartiii'', //i/ri)io.>nVs

ces produisait la seule partie réelle de ses peines. Âprè« avoir lu ses lettres, on comprendra facilement, en effet, qu'elle se fît, de bonne foi, un chagrin de ce qu'elle nommait « son absence d'esprit, de vivacité, de talent pour la conversation, » et on aura peine à concevoir l'inquiétude qui en était résultée. A cette époque de sa vie, on peut dire que cette modestie surprenante et charmante (qui avait toujours été si remarquable en elle), était devenue un malheur et presque un tort, ou du moins une faiblesse que la maladie augmenta et transforma en souffrance.

Hélas! je riais et je pleurais à la fois, lorsque j'entendais cette sœur si charmante à mes yeux, dont l'esprit me semblait si vif, si élevé, si profond, et dont la gaieté naturelle était telle que je l'avais vue souvent obligée de se méfier de son penchant à saisir le côté risible des choses et des personnes, et de la facilité à les contrefaire que lui donnaient la flexibilité de sa voix et celle de sa physionomie; lorsque, dis-je, je l'entendais se reprocher sa nullité, s'accuser d'être sotte, ennuyeuse, inutile, et se faire de ces reproches un si profond chagrin, qu'on ne saurait dire si, au début, il n'aggrava pas l'état maladif qui était, sans doute, la cause première de cet abattement.

Tandis que je faisais ce séjour près d'elle à Lumigny, tous ceux de la famille que nous avions quittés à Naples en étaient partis à leur tour, pour aller s'établir près de Lucques, à la villa Cittadella (la même où, à mon premier voyage en Italie avec mon père, nous avions passé l'été de 1829). C'est de ce lieu que sont datées les pages suivantes du journal d'Olga, qui me semblent curieuses à rapprocher ici de ce que pensait d'elle-même, alors, celle dont la jeune sœur pensait ce qu'on va lire.

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