Supérieur de la maison des Rédemptoristes de Bruxelles
2. La veille ou l'avant-veille de ce jour, on lui offrait de la tisane ou de l'eau, elle dit : « J'aime mieux de l'eau. » Puis elle reprit : « J'aime mioux!... Jésus-C;iuist sur la croix u'a pas dit : J'aime viieux, lui! »
la messe avait été dite dans une- chambre voisine et la communion lui avait été donnée chaque jour). Mais l'extrême faiblesse oii l'avaient laissée les souffrances de la nuit lui faisait craindre d'en être incapable, a Tu vas recevoir celui qui te donnera des forces, lui dit Alexandrine. — Oui, dit humblement Olga, mais comment? » Un peu après, je lui dis : « Chère petite sœur, ce n'est pas à toi qu'il faut rappeler que ce sont ceux que Dieu aime le plus qu'il fait souffrir comme tu souffres,, — Oh ! dit-elle avec une expression angélique, cela, c'est Va b c ! n
Elle entendit la messe, reçut la communion, après laquelle elle se fit lire en italien l'acte d'amour de Silvio Pellico : « Amo, e sovra il mio cor\ n puis nous la quittâmes pour une heure, A midi, nous fûmes rappelés en hâte : elle était à l'agonie !
Ici je transcrirai les lignes que je trouve dans mon journal, à la date de ce jour, imparfaites et incohérentes, mais exactes, et par conséquent préférables à tout autre récit.
« Bruxelles, 10 février 1843,
« Dès les premiers moments de défaillance et de suffocation, elle a demandé un prêtre, puis elle a regardé avec anxiété vers la porte pour voir si mes frères venaient. M. Slevin^, au bout de quelques instants, a commencé les prières des agonisants. Olga a croisé les bras sur sa poitrine, disant d'une voix basse et fervente : « Je crois, j'aime, j'espère, je me repens. » Puis : « Pardon, tous, Dieu vous bénisse tous, »
i. V. Appendice, III.
2. Un bon prêtre irlandais qui demeurait chez nous par 1 asard en ce moment.
« Un moment après, elle a dit : « Je laisse ma Vierge à Adrien » (en jetant les yeux sur la Vierge de Sasso Ferrato, suspendue près de son lit).
« Puis voyant là mes frères, elle a appelé Charles d'abord, l'a embrassé, en lui disant : « Aime Dieu, sois bon, je t'en prie. » Les mêmes paroles à peu près àFernand, avec encore plus d'instance, y ajoutant des mots d'adieu pour les Narishkin. Elle a embrassé Marie, Emma, à laquelle elle a dit quelques mots à voix basse; puis elle a dit : (c Merci, pauvre Justine ^ » Ensuite elle m'a embrassée, puis enfin elle s'est tournée vers ma mère, pour qui elle semblait vouloir garder son dernier baiser.
« Elle a encore une fois répété : « Je crois, j'aime, j'espère, je me repens. Je remets mon âme entre vos mains! » puis enfin quelques mots inarticulés, dont le dernier et le seul que j'aie entendu a été le nom d'Eugénie,
(c Le P. Pilat était arrivé en toute hâte, et il a prononcé sur elle, à ce dernier moment, les grandes indulgences attachées au scapulaire. Olga a levé les yeux au ciel et cela a été son dernier regard ; son dernier mouvement avait été de baiser son petit crucifix qui ne quittait jamais sa main et qu'elle avait baisé au moins dix fois pendant cette courte agonie.
« Oh ! mon Dieu ! que ce souvenir nous reste bien clair toujours! Une expression rayonnante a toujours triomphé de l'effrayante décomposition de ses traits. Elle était haletante, mais comme on peut l'être au moment de gagner le prix d'une course, hors d'haleine et fatiguée, mais joyeuse et triomphante, sachant qu'elle allait être couronnée et se reposer!