‹ Récit d'une soeurChapitre 74 sur 79 · Aujourd'hui, curé de Saint-Tliomas d'Aquin · texte numérisé non relu

Aujourd'hui, curé de Saint-Tliomas d'Aquin

raisonnable et si modéré) vient de me dire que, de nos jours, il y a de la lâcheté à ne pas montrer qu'on aime la Compagnie de Jésus, et ceci enflamme en moi une certaine fierté ; aussi attends-toi à une lettre chaleureuse. Eh! oui, je l'aime et je m'en fais gloire, je l'aime, et sans esprit de parti, car je veux voir et rendre justice à tout ce qui est beau et bon partout. Crois-tu que l'amour de la vérité que Dieu a daigné me donner, brûle moins vivement dans mon âme, depuis que je suis dans le foyer éternel de la lumière? Je l'aime; pourquoi? Parce que le plus obscur et le plus étroit des jésuites me ferait mieux aimer Jésus-Christ que Gioberti avec toute sa philosophie, et tu sais pourtant que j'aime la philosophie et que je sais qu'elle est l'instrument nécessaire de plusieurs âmes*.

« Tu m'as dit que la grande base de tant d'amertumes, c'est que les jésuites empêchent les idées libérales de se répandre. Oh! voilà de quoi me faire m'écrier : Seigneur Jésus! avez-vous dit: « soyez libéral, » ou bien avezvous dit : « soyez parfait? » — et ne va pas conclure de là que je n'aime pas la vraie liberté : je l'aime quand elle est vraie, mais pas autant que la perfection. — Je ne nie pas, du reste, subir, de mon côté, une influence; mais, par la grâce infinie de Dieu, c'est celle qui enseigne

1. A ce même sujet elle m'adressait le charmant petit apologue suivant :

« Un roi possède un délicieux jardin rempli de fleurs plus ou moins belles. Un des personnages de sa cour parle beaucoup et bien de ce superbe jardin , mais se déchaîne sans cesse et d'une façon turbulente et bizarre contre une espèce de fleur qui n'est pas des moins belles, et que le roi a témoigné aimer; il voudrait les arracher, i! les blesse môme de ses propres mains...

u Un jour le roi lui dit : « Ce jardin que je vois avec plaisir que vous aimez, ne l'aimeriez-vous pas encore davantage, si vous ne haïssiez pas ces pauvres fleurs? »

RECIT D'UNE SŒTIR. G03

« Jésus, et Jésus crucifié. » Puissé-je y ouvrir davantage mon cœur, et perdre l'esprit et la raison, plutôt que d'embrasser une science, une éloquence ou un génie qui en détournent le moins du monde. Saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventure ne savaient que cela : « Jésus et Jésus crucifié, » et aucun génie n'a surpassé le premier, car cela conduit à tout, et jamais ils n'eussent écrit ce qu'a écrit ce pauvre Gioberti.

« Qu'on ne vienne pas ensuite me dire : « C'est l'ordre et non les individus qu'il attaque ! » Comment cela te ferait-il, si tu entendais dire : « Cette famille la Ferronnays est anti chrétienne, nuit à la religion, est h^-pocrite; mais il y a au milieu d'elle cette bonne Pauline, ou bien cette petite Albertine qui est très-pieuse, qui a telle ou telle vertu. » Pour moi, je livre au contraire les individus , non pas tant que cela plaira à leurs ennemis , mais tant que leurs accusations seront prouvées.

« Quant à l'ordre, tant que Dieu ne me fera pas voir qu'un autre en fait davantage, tant que je ne verrai pas ailleurs de meilleurs confesseurs, de meilleurs missionnaires et même de meilleurs collèges, je dormirai tranquille en écoutant et même en admirant la Compagnie de Jésus.

« Hier j'ai rencontré l'abbé Dupanloup chez M"»* de Gontaut, et il a dit absolument comme toi, qu'il avait été à peu près aussi malheureux pour les jésuites d'être défendus comme ils l'ont été par*** que d'être attaqués par Gioberti ; mais, du reste, j'aurais voulu que tu pusses l'entendre et ouvrir yeux et oreilles de l'âme et du corps. Il est temps, sœur bien-aimée, âme chère et lumineuse, il est temps que tu ne te laisses plus séduire par le génie et l'éloquence, rayons divins tant qu'ils restent solidement attachés au soleil vivant qui les a fait naître,

mais rayons qui brûlent et détruisent dès qu'ils s'en détournent le moins du monde* !

(t II va sans dire que toute cette controverse ne peut altérer le moins du monde notre amitié, qui est le plus doux parfum de ma vie.

« Je vais, dans quelques jours, oublier un peu cette terre, ou ne m'en souvenir que pour le ciel ! Je penserai bien à toi, dans ma retraite de huit jours, et dans le cœur de notre Dieu. »

\ . Je retrouve eucore , au sujet de Gioberti , les excellentes remarques suivantes :

« lOoct. 1847.

« Revenons au grand philosophe chrétien Gioberti (que je nomme ainsi sans ironie : tu sais que c'est comme cela que j'en ai parlé et en parle toujours). Je crois que, di'-jà autrefois, j'ai trouvé ta comparaison avec Pascal juste; tu sais aussi que je suis trop Italienne et trop Romaine pour ne pas comprendre l'intérêt vif qu'il vous inspire à tous deux. Je le trouve juste aussi, lorsque tu trouves*** injuste à son égard, et ju^te encore, lorsque tu remarques et que tu t'applaudis de l'effet qu'il a produit en Allemagne. Mais voici ce que je répète : M""^ Swetchine avait jugé, dès ses premiers livres, que toute notion iVascélisme lui était étrangère. On n'a pas tous les dons, mais ce pauvre Gioberti devrait savoir qu'il ne sait pas la science des sciences, celle de la vie intérieure, et c'est ce qui fait qu'il ne peut pas juger les jésuites.

« Je conçois les combats de ton esprit et de ton cœur, mais le cœur est immense. A l'image du bien -aimé, aimons donc tout ce qui peut être aimé.

« Es-tu enfin de l'association de ce divin cœur? Sinon, ne tarde pao à te procurer ce bonheur, et alors tu vivras niystiquement dans ce cœur de notre Dieu, tu j' prendras des richesses inépuisables et tu lui feras tout réparer et il suppléera à tout. »

« Paris, samedi 27 novembre au soir, !8i7. H Que diras-tu d'une lettre qui commence par :

« La mort, application des sens^. »

Je viens d'en rire tout haut dans ma solitude. Fruit de la retraite, ma chère amie! Ma Pauline, il faut que tu te passes cette jouissance, cette impression, des plus fortes, qu'on voudrait bien ne pas voir s'effacer, mais qui du moins, bien certainement, mûrit l'àme. Ah ! on cherche des émotions, on va pleurer à un mélodrame, et pourquoi? Pour un si petit événement fictif de cette si petite terre, dont il restera infiniment moins que de la politique, si noblement méprisée par notre cher ami Radowitz, — et, à ce propos, j'aime bien ses belles idées que tu me communiques, mais la politique est le jeu des âmes, le drame de « l'homme qui s'agite et de Dieu qui le mène, » et je crois, sans la connaître, qu'il y en a une qui peut être magnifique-, mais quant à ses intrigues de toutes les espèces, Radowitz a bien raison, il n'en restera décidément rien, pas même une noire fumée. — Quelle parenthèse !... Enfin je te disais donc que, comme les émotions ont tant de charme, on devrait les chercher là où tout est réel, là où l'on voit que l'invisible est beaucoup plus vrai que le visible, là où l'on voit quel rôle on joue soi-même dans la divina commedia, qui a des personnages et des scènes, — et quels

1. Alexandrine, suivant en retraite les Exercices de saint Ignace, avair eu l'idée de me copier en totalité celui qui a pour objet la contemplation de la mort, dont elle avait été frappée, cette fois, comme jamais elle ne l'avait été dans aucune de ses retraites précédentes. Je fus en efTot un peu surprise en ouvrant sa lettre. Sa mort, (jui suivit de si près cette dernière retraite, donna plus d'importance à la vive impression qu'elle y avait reçue.

personnages et quelles scènes! — et qui n'est pas une fiction ! On est étonné quand on sort de là, étonné et heureux. Ma sœur, donne-toi ce bonheur.

« M"^ Aubin , dont tu te souviens au Roule et que tu as trouvée si agréable , me disait qu'en sortant de retraite, elle avait toujours le sentiment de je ne sais quel saint qui demandait : « Est-ce qu'on bâtit encore des maisons? » Et j'ai été frappée de ce mot; car, malgré toutes mes distractions, je venais de penser quelque chose de semblable en allant retrouver le bruit et les affaires !

« Je comprends du reste à merveille que ce qui te détache le plus de la terre, c'est la transfiguration de la mort; chacun a son attrait, et il faut le suivre en liberté. Mais comment dire que tu ne vois pas le but d'une méditation qui vous fait palper ce que deviendra notre corps, lorsque, plus ou moins, tous nous aimons tant ce corps et sommes si incrédules à l'égard de sa dissolution! Quand cela ne ferait qu'humilier et nous montrer notre néant, ce serait encore excellent. »

C'était peu de jours avant cette dernière retraite qu'Alexandrine était venue prendre possession de sa petite chambre au couvent de Saint-Thomas de Villeneuve, et c'est là qu'elle revint s'établir au bout de ces huit jours qui avaient semblé avoir été pour elle une préparation si spéciale au passage du temps à l'éternité.

Il est superflu de dire avec quelle ardeur elle reprit toutes les occupations auxquelles elle avait voué sa vie. Elle n'était venue à Paris, dans cette saison, et n'y avait choisi cet humble domicile que pour ne pas dérober aux pauvres trois mois d'un temps qu'elle aurait voulu leur donner sans partage. Seule à Paris, sans aucun dexoir de famille ou de société à remplir, il en fut maintenant

réellement ainsi. A toute heure et par tous les temps, elle était en marche; elle rentrait souvent transie de froid dans une chambre où elle ne permettait pas qu'on allumât de feu en son absence, elle se contentait ensuite d'une nourriture fort différente de celle à laquelle elle était accoutumée. Qui sait jusqu'à quel point elle diminua ainsi ses forces? et qui sait si, déjà alors, elle ne luttait pas contre la maladie, lorsqu'elle ne croyait combattre que la fatigue ? Un matin qu'elle entendait comme à son ordinaire la messe, dans l'église du couvent, une dame qui s'y trouvait comme elle l'entendit tousser, et, regardant cette femme à genoux si pâle, si pauvrement vêtue, et qui semblait si faible, elle en eut compassion, et elle alla trouver une des sœurs du couvent pour lui dire qu'il y avait là dans l'église « une pauvre dame, trop pauvre sans doute pour se procurer le nécessaire, et à laquelle elle donnerait bien volontiers du lait, si elle en avait besoin et ne pouvait pas le payer, n

La charitable dame fut confuse lorsqu'on lui nomma M'"^ Albert de la Ferronnays; mais Alexandrine elle-même trouva la méprise très-divertissante, et en rit de bon cœur, sans se traiter moins rudement que par le passé, et pendant quelques semaines encore, elle continua à mener la même vie, et à y épuiser ses dernières forces. Elle arriva ainsi jusqu'aux premiers jours de 18/j8... i8i8 1 année de tant de manières et pour tous, si mémorable et si funeste, et qui, dans le passé, n'eut pour moi sa pareille en douloureux jours que l'année i8-i2.

Le premier jour de cette année, ma mère étant encore absente, Alexandrine dîna chez mon frère anié, avec tous ceux de la famille qui se trouvaient à Paris.

Elle semblait avoir bonne mine, car elle avait déjà la fièvre. Peu de jours après, elle fut obligée de se mettre au lit. Le 6 janvier, quoique fort souffrante , elle voulut

descendre dans la froide église de Saint-Thomas de Villeneuve, où elle entendit la messe et reçut la communion. En remontant, elle se remit au lit. Se sentant beaucoup plus malade le lendemain, elle fit appeler M"^ Amédéo Thayer, et, quoiqu'il n'y eût pas encore apparence de danger, elle demanda sur-le-champ, et voulut recevoir en sa présence Textrême-onction. Elle indiquait sans doute assez par là de quelle gravité lui semblait être à elle-même le mal dont elle était atteinte ; mais son but principal, dans cette précipitation, était d'éviter à ma mère (attendue le lendemain) une émotion qui en eût renouvelé tant d'autres. Mais ma pauvre mère était déjà arrivée; pendant ce temps, elle priait seule en bas dans l'église, et, fidèle à son constant oubli d'elle-même, elle se refusait la consolation d'être auprès d'Alexandrine dans ce moment suprême, pour ne pas la priver de celle qu'elle avait trouvée à le lui épargner !

Pendant quelques jours rien ne s'aggrava, et les lettres de ma mère contiennent le récit de ses fluctuations entre la crainte et l'espoir; mais bientôt elle m'écrivit celles qui suivent :

(( Hélas! mon enfant, ma pauvre enfant. Dieu semble vouloir nous la retirer aussi! Il l'a mise dans cette maison, comme dans une retraite préparatoire pour l'éternité, et tous ceux qui y ont concouru ont été, sans le savoir, les instruments de sa volonté. Notre-Dame de la Délivrance, près de laquelle elle se félicitait tant de venir habiter, deviendra, je le pressens, je le vois, le gage de la sienne ! Te dire dans quelle consternation je suis est impossible. Jamais pareille crainte n'avait même traversé mon esprit. Quelques soins raisonnables eussent

peut-être prévenu cette maladie, mais puis-je dire qu'elle les eût pris davantage avec moi ? puis-je me tenu' pour assurée que j'aurais pu la décider à les prendre? Que j'eusse moi-même vu le danger avant qu'il fût manifeste, c'est ce que je n'ose affirmer. Depuis longtemps elle changeait, elle maigrissait; nous nous en apercevions tous, nous l'exhortions à se ménager : elle prétendait se reposer de temps en temps, puis, si une affaire survenait, elle partait sans penser à ses forces, et faisait toujours un chemin énorme à pied. Enfin, ma pauvre Pauline, il n'y a pas un mot à dire . le bon Dieu veut nous écraser; il faut s'abandonner à sa volonté. Il me prouve tous les jours combien mes prières sont infimes; j'ensuis pénétrée de tristesse, mais je n'ai pas un mot à dire à cela non plus ! »

« 5 février 1848.

« Cette pauvre enfant ne va pas plus mal, et, quoique cruellement maigrie, elle a encore bonne mine. Mais une fièvre, une oppression, qui laissent bien peu d'espérance; et si j'en ai, c'est bien plus dans les prières que dans les médecins.

« Je vois bien, à présent, qu'une des choses qui l'ont amenée ici, c'est l'amour de la pauvreté, et c'est là sûrement ce qui a conquis le consentement du P. de Ravi-gnan. Cette passion augmentait tous les jours chez elle, et il n'est pas douteux qu'une fois livrée à elle-même, elle n'ait vécu de privations! Et cependant je me reproche ce que j'ai dit contre son établissement ici, je me reproche la manière humaine dont j'ai jugé cette résolution, car il m'est clair maintenant que Dieu préparait ainsi ses desseins sur elle. Il la mettait comme en un lieu d'attente, et il acceptait sou iutention de mener une vie encore plus pauvre, plus détachée, plus rapprochée

de lui! Quel mérite pour elle! mais pour nous, quelle

douleur! »

« 8 février.

« Nous sommes toujours dans l'attente de notre malheur, mais il n'est pas encore accompli, et peut-être en ce moment reçois -tu la lettre où je te rendais un peu d'espérance, car j'en avais repris un peu moi-même; mais elle est d'une telle faiblesse, que cela ne laisse aucune ressource aux remèdes pour agir : la nature n'a rien fait pour les aider. Son zèle l'a tuée ; c'est ce qu'il ne faudrait jamais souffrir, mais ce qui certes ne diminue point la sainteté et le mérite que Dieu est pressé de couronner. Pauvre chère admirable enfant! elle parle tout simplement de sa mort, et hier elle me disait : « Ma mère, parlons-en donc ouvertement. » Ma pauvre Pauline, je t'assure que je bénis le ciel de ton absence, de l'impossibilité où tu es de venir. Pour moi, c'est une mort à petit feu, et je conçois à peine qu'on résiste à tant d'angoisses. Mon Dieu! que l'on prévoit peu ce qui vous est réservé!... »

« Paris, le 9 février 1848.

« Ma pauvre enfant chérie, tout est fini! et Albert et Alexandrine sont réunis pour toujours! Oh! mon Dieu! mon Dieu ! quel rude décret sur nous ! mais sans doute pour elle, il est tout de miséricorde, car il ne peut être douteux qu'elle ne fût si préparée, qu'elle n'avait plus qu'à monter au ciel, et sans doute alors Dieu n'écoute plus ni les prières, ni les larmes, et il est pressé d'admettre dans la gloire l'âme épurée et brillante. Au milieu de toutes ces angoisses, tu m'étais sans cesse présente. A ce que je souffrais , je sentais ce que tu

souffrirais, et tu sais si mon cœur se brise et se fond de tendresse pour toi, pauvre fille bien-aimée!

u II faut pourtant te le faire, ce triste récit, et je vais en avoir la force; je trouve d'ailleurs une grande consolation à parler de cette sainte enfant. Que ne puis-je partager avec sa pauvre mère toutes celles que nous laissent son souvenir et ses exemples! Oh! que mon cœur se déchire quand je pense à elle!

« Hier, toute la journée avait été agitée et pleine d'angoisse, et le soir elle dit à Hortense * qu'elle voudrait bien qu'on lui donnât un calmant ordonné par Cruveilhier, mais qu'elle craignait que cela ne me contrariât, parce que je tenais à l'homœopathie. Je répondis bien vite que je ne tenais qu'à ce qui pourrait lui faire du bien, et elle prit en effet ce calmant, qui la remonta et lui rendit toute sa tranquillité. En lui disant bonsoir, je l'embrassai encore, et elle me pria de lui « faire ma petite croix sur son front; » elle me chargea aussi de te dire encore combien elle t'aimait. Je vins dans l'autre chambre faire mes prières et me jeter sur un lit, prête à me relever à la première alerte. M'"* Thayer vint quelques instants après me dire que le calmant qu'Alexandrine avait pris lui avait fait un tel bien, qu'elle se sentait tout à fait soulagée. « Aussi , je crois , dit-elle , que la nuit se passera bien. — Mon Dieu ! lui dis-je avec une sorte d'effroi, il y a souvent un mieux semblable avant la fin! » Elle me dit qu'elle ne croyait pas que nous en fussions là, qu'elle croyait même à une prolongation de plusieurs jours; et, sur cette espérance, je m'endormis vers onze heures. A trois heures, je ne dormais plus guère : j'entends entrer doucement dans la chambre, et je vois la femme de chambre de M""^ Tluiyer s'approcher

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