‹ Récit d'une soeur: souvenirs de familleChapitre 11 sur 53 · LETTRE D ALBERT A ALEXANDRINS · texte numérisé non relu

LETTRE D ALBERT A ALEXANDRINS

(Renfermée dans nne lettre de Femand, qui, depnis la maladie d'Albert, avait conservé le privilège d'écrire tantôt à Alexandrine, tantôt à sa mère, pour leur donner des nouvelles d'Albert.)

i Chère, chère amie, un mot seulement pour vous dire le bien que m'a fait votre lettre. Si je ne craignais

gnation, Je me souviens d'un Jour, en 1 840, à Naples (elle avait alors dix-sept ans), où nous étions allées voir ensemble la procession de la Fête-Dieu qui passait dans la rue de Tolède. En marchant i Tombre dans la rue de Ghiaja, elle y voyait à merveille, et nous causions gaiement. Arrivées au coin de la rue, nous y attendîmes quelques instants, puis la procession passa ; mais Olga n^en entendit que la musique, car, dès que parurent les bannières, le soleil les éclairant vivement ainsi que les armes des soldats, elle cessa absolument de

que ce fût de la folie, je dirais qu'elle m'a guéri. Je suis si étonné de n'être pas malheureux! au contraire je suis gai, j'ai la plus grande confiance. Vous êtes toujours Ih. près de moi, il me semble que je vous parle. Enfin vous et moi, c'est un. Non, je n'irai pas vous rejoindre ; patience ! je trouve que le temps passe vite. L'hiver procham sera beau I Je demande tous les jours k Dieu que, si vous pouvez être plus heureuse avec un autre, vous me sacrifiiez sans hésitation. J'ai du bonheur pour toute ma vie, pourvu que vous soyez heureuse I Vous sentez bien pourtant qu'il y a autre chose que je préfère î Enfin, espérons. Dieu est si bon ! Ce n'est pas pour rien que je ne suis pas mort à Givita-Vecchia. Oui, je me soigne, je veux vous revoir. Est-ce que votre mtte trouverait mal ce petit mot! Je ne le crois pas. En tout cas, faites comme vous voudrez. Dites-moi si je puis continuer à vous écrire tout ce qui se passera en moi. Ma première lettre sera pour votre bonne mère. J'ai commencé par vous, c'est bien simple, n'est-ce pas? Je passerai l'été avec mon père et mon bon Fernand. Je ne crois pas m'ennuyer, car vous êtes là avec moi. Adieu. Mon épître n'est pas longue, c'est égal, vous savez ce quMl y a dans mon cœur. Je vous aime. Dieu est si bon. Confiance. « A. »

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