‹ Récit d'une soeur: souvenirs de familleChapitre 5 sur 53 · AU MEME · texte numérisé non relu

AU MEME

« Quelques jours plos tard.

« Cher bon ami, ce matin j'ai reçu ta délicieuse lettre et, sans un déjeuner en ville, je t'aurais répondu sur-le-

champ. Si tu avais pu voir le bien que lu m'as fait! Mille fois merci de ta confiance. J'en suis touché, car je n*ai d'autre droit que celui de t' aimer tendrement , tandis qu'il est naturel que je ne puisse rien te cacher, à toi si complètement bon, à toi à qui je dois des émotions si pures, si ineffables, à toi, enfin, qui m'es devenu indispensable. Je voudrais tant te montrer tout ce qui se passe en moi ! Je me sens froid pour tout ce que j'aimais quand nous étions ensemble. Je suis dans un état d'indifférence inexplicable, car je l'aime. Mais je la vois là devant moi, comme un point lumineux à l'horizon, qu'on ne peut atteindre et dont on ne peut détacher ses yeux, parce qu'il nous semble beau, et qu'il nous apparaît comme un pressentiment, comme une destinée ! — Tu ne pourras sans doute me comprendre, ce que j'éprouve est presque aussi diffus. Ce qu'il y a de positif, c'est mon amour. »

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