‹ Récit de ce qui s'est passé de plus remarquable á l'Armée de son Altesse Sérénissime Mgr le prince de Condé en 1791, 1792 et 1793Chapitre 7 sur 13 · IT · texte numérisé non relu

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passer ; ici des vign?s, ailleurs des rcdoufesf^ ici des batteries, là le poste de Dierbach qui l'arrête plus d'une heure, et qu'elle n'emporte qu'à force d'opinintreté. Cette intrépide et valeureuse infanterie trouve enfin à franchir et franchit toutes sortes d'obstacles sous le feii d'un ennemi nombreux.

Elle arrive à Wissenbourg. Une colonne autrichienne qui, des avant jour, avait enlevé la fameuse redoute de ^cheid , était devant cette ville ; une autre redoute de huit pièces, ainsi que d'autres en avant de Wissenbourg, étaient depuis quelques heures au pouvoir des Autrichiens. On canonnait eette ville. Des volontaires de Mirabeau escaladent une porte et l'ouvrent. Ici finit pour cette avant-garde une journée qui lui coûte trente-trois officiers tués ou blessés et des soîciats en proportion.

Le général baron de Hotze forçait ea xnême-tems les lignes à trois quarts de lieua de Lauterbourg , ayant à la tête de sa colonne le régiment de Pellegriny, qui n'eut pas moins de cinq à six cents hommes couchés par terre , et qui n'eu força pas moins tous les obstacles.

Les tropliëes de celle brillante journée furent vingt -sept recloutes et nombre ds postes, les deux villes de Wissenbourg et Lauterbourg, quatre petits camps tendus, trente-trois pièces de canon, quatorze ëien* dards ou drapeaux. C'était une superbe journée sans doute.

Mong.'' le duc de Bourbon , désirant q\i9 l'on cueillit le laurier jusqu'à la racine j demanda la permission de poursuivre la victoire avec la cavalerie du corps deCondé^ La journée , répondit le général en chef comte de Wurmser, est assez complète. Il avait des raisons pour qu'on ne pressât pas la fuite ou la retraite des troupes françaises.

M. le duc de Brunswick devait arriver le i3 à Waerth , et couper la retraite à ces troupes sur la chaussée de Wissenbourg à Phalsbourg. M. le prince de . Waldeck devait passer le Rhin et la leur couper sur la chaussés de Lauterbourg à Strasbourg.

M Le duc de Brunswick n'arriva que le 14 au soir à Waerth ; les lignes étaient forcées sur tous les points d'attaque le i3 au soir. M. le priiius da. WaidscL exéc^U^ la

passage du Rhin le i3 au matin. Un vent contraire l'empêcha de juger que les lignes étaient forcées 3 loin d'en avoir l'avis , il ent, dit-on au contraire , le faux avis qu'elles ne l'e'taient pas 3 il retourna de l'autre côté xiu Rhin.

Le long retard de M. le duc de Brunswick sauva d'un côté les troupes Françaises : la fatalité qni fit qu'un brave et loyal prince prit le change , les sauva de l'autre. Artillerie , caissons, vivres , bagages, tout devait tomber en leur pouvoir. L'armée de la convention , dans cette partie , devait être réduite à peu de chose : les places de l'Alsace devaient être privées de leur secours ; •telle devait être l'issue d'un superbe plan.

Suite de la prise des Lignes.

Le 14, l'armée traversa Wissenbourg et Lauterbourg. Elle alla camper à trois lieues des lignes.

Le 17 , le général Mezzaros, commandant l'avant -garde Autrichienne, se porta sur Haguenau^ dispersa l'arrière-garde des troupcg

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françaises, alla camper en avant de Hagiienau ,puis se porta surWegersheim et Hoerdt.

Le 18, l'armée traversa la forêt de Haguenau , puis la ville et alla ramper entre Batzeudorf et Drusenheim. Le Fort - Louis tut bloqué le même jour par le feld - maréchal prince de Waldeck. L'armée s'avança dans la suite, la division de gauche commandée par M. le prince de Waldeck, à Wantzenau vers Strasbourg ; la droite aux ordres de M. le baron de Hotze, à Bouxviller ; le quartier général de M. le comte de Wurmser , à Bru ma th.

Ce ne fut qu'après une action très-chaude, qui fut décidée dans un quart d'heure à la baïonnette , que M. le prince de Waldeck s'empara du village retranché deWantzenau. Cinq cents tués , le double de blessés, quatorze pièces de canon, quatorze charriots de poudre et quantité de fusils pris furent les trophées de sa victoire.

Le général Mezzaroset le colonel prince de Hohenlohe chassèrent en même-lcms les corps Français de la forêt de Brumath, quoiqu'ils y fussent en nombre.

Le 3 I , le général baron de Hotze occupa le Dacbsberg près de Bouxviller.

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Dans la nuit du 3 au 4 de novembre , le comte Alexandre d'Olonne , neveu du général comte de Vioménil et colonel de la cavalerie de Mirabeau , marche avec un détachement sur le village de Dotlvlllcr. Sa mission était de savoir des nouvelles de l'ennemi. Des détachemens de Français étaient barricadés dans ce village avec des charettes , à ce qu'il apprend. Il se rend maitre du pont, pour leur couper la retraite; il investit le village avec sa cavalerie ; il force les barricades avec son infanterie, trente-cinq hommes sont amenés , quarante à cinquante sont laissés morts sur le terrain.

Le i3, après quatre jours de bombardement, le Fort-Louis, laissé derrière la gauche de l'armée , se rendit. La ville était presque entièrement réduite en cendres. On trouve cent dix bouches à feu dedans. Trois mille cinq cents hommes sont faits prisonniers.

Le 18 , trente-cinq mille hommes des armées républicaines étaient devant Strasbourg^ vin«'t mille devant Saverne et huit mille

entre ces deux villes. La gauche de l'armée autrichienne , commandée par M. le prince de Waldcck, était à Wantzeuau j la droite ,

roramanclce par M. le baron de Hofze , à

])Ouxviller. Ils attaquent à trois reprises difl'érenles M. le prince de Waldeck ; à la troisième il les reponsse jusque sous le feu (de Strasbourg. Ils attaquent sur trois points diil'erens M. le baron de Hotze, et finissent P^v repjier ses avant-postes. Il fait plus que de les reprendre. La canonnade avait duré huit grandes heures ; les feux de file avaient duré presqu'autant. Le général Mezzaros les culbuta ce jour-là quatre fois de suite. M. le prince de Holienlohe les repoussa pareillement.

Le 19. on s'attendait à marcher en avant, point du tout , l'armée fit une marche rétrograde. M. le duc de Brunswick avait manqué le château de Bitche , il trouvait la saison trop avancée pour entreprendre, soit sur Phalsbourg , soit sur les hauteurs et les gorges de Saverne. Il se repliait vers Pirmascns pour prendre des cantonnemeus d'hiver.

Le général comte de Wurmser prit une position en arrière, la gauche commandés par M. le prince de Yv^aldeck , en avant de Drusersheini • la droite commandée par

(1.8) le génëral major de Hotze en arrière de Bouxviller ; la division aux ordres de Mong/ le prince de Condé eu arrière de Guuterhofen ; le lieutenant-rolonel comte de Clenau commandant un corps inlermédiaire entre le prince et le général-major baron de Hotze; le général major l^HBHril de Rospoth, vis-à-vis Brume !h, entre M. le prince de Waldech et M. le prince de Condé.

Le 25 , les troupes françaises essayèrent de tourner l'aile droite du corps d'armée de Condé; elles furent forcées de se retirer sans avoir eu d'autres succès que celui de tuer quelques chevaux. Elles avaient une batterie de seize et de plus petit calibre, en avant de la position de ce corps , et une dans le village de Berthcim , qui lui aurait fait beaucoup de mal sans un rideau derrière lequel cette aile était en bataille. Des carabiniers de l'Empereur , placés plus à droite , les chargèrent jusqu'à l'entrée d'un village , perdirent quelques hommes devant ce village et furent soutenus par les chevaliers de la couronne.

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