‹ Récit de ce qui s'est passé de plus remarquable á l'Armée de son Altesse Sérénissime Mgr le prince de Condé en 1791, 1792 et 1793Chapitre 8 sur 13 · I.re Affaire a Bertheim, le i.^^' décembre · texte numérisé non relu

I.re Affaire a Bertheim, le i.^^' décembre

LiE 26, MoDg^. le prince de Condë fit occuper le village de Berlheim. Le général comte de Yioménil fit faire à la hâte deux redents , l'un eu avant de ce village, l'autre sur la gauche , tous les deux du côté de l'ennemi pour avoir au moins deux points de défense. Il en fit commencer un troisième en arrière du village pour protéger la retraite des deux premiers. Des alertes et des canonnades toujours revenues ne permirent pas de l'achever. Le village était dominé du côté de l'ennemi : c'était un mauvais poste que les talens de M. de Yioménil ne pouvaient pas rendre bon. Ce village important par sa position , en avant du corps d'armée de Condé , va devenir le théâtre de trois journées brillantes pour ce corps.

Le i.^'' décembre, on est attaqué sur divers points. Des troupes françaises ^ succèdent; elles se portent en nombre considérable contre Bertheim. Elles avaient dix pièces de, canon en batterie sur les hauteurs , en arr?,

rlère deKeffendorit , quafre pièces de seizo et deux obiisiers sur les hauteurs du viHago de Hoecbstett. Four iTpondre aux leux croisés de ces deux batteries, l'avant-gardei qui défendait Bertheim n'avaitquesix pièces, deux de Suit, deux de six et deux de trois.

En vain une artillerie formidable tonne sur la garde du redcnt, en avant du village, garde composée de cent hommes ; en vaia elle y foudroyé cinquante-cinq hommes , tant de Hohenlohe que de Mirabeau; ce qui n'est pas mis hors de combat tient comme le rocher battu par la tempête. Rien ne peut lui taire abandonner le redent , ua courage fait pour être cité la soutient contre tout. Les assaillans se retirent l'après-midi. L'attaque durait depuis le matin ; la cavaleiie de la légion et les hussards de Salm chargent leurs tirailleurs et les reconduisent à coups de sabre.

Quelques jours auparavant ils en avaient étendu par terre trente à quarante, faisant partie d'un essaim de tirailleurs dont quel* ques-uns venaient crier des sottises. On avait ëgaré le soldat français à un tel point qu'une partie des soldats trouvait de la gloire et de

C '2t ) î*honnPiir à servir des tyrans tels que Robespierre et consors. Quand on ne pouvait corrompre un régiment dans une garnison , on lui faisait traverser la fVance pour qu'il fût travaillé tous les jours par un nouveau cli'b. On avait mystifié le peuple à un tel excès que des pères et des mères faisaient donner pour nom de baptême, à leurs bis, le nom de Marat ! On voyait au coin d'une rue dans quelques villes, rue de IMarat , eii gros caractère.

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